Mauvaises filles Mauvaises filles
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Mauvaises filles (édition bilingue français/anglais)

À propos

"Depuis quelque temps, il y a du nouveau dans la maison. Un Monsieur qui vient nous voir régulièrement. Il a l'air très riche, toujours élégant et soigné, quoiqu'un peu âgé. Il entre discrètement, en nous saluant comme des vraies Dames. On se sentirait presque empotées avec nos corsets un peu élimés, nos chaussures aux talons boiteux et nos ongles jamais parfaits.
On surveille notre langage, mais rien à faire, on est habituées à se parler comme des hommes, avec l'odeur du tabac sur la langue et tout. Ce qui est bien, avec ce Monsieur, c'est qu'on n'est jamais obligées de faire des choses un peu bizarres, comme avec certains autres. Ce qu'il veut, c'est nous prendre en photographie." En 1980, un vieux monsieur se rend chez un libraire parisien spécialisé, Alexandre Dupouy, et lui propose sa collection : des centaines de photos de jeunes femmes nues qui posent pour cet inconnu. Ces filles ne sont pas des modèles de peintres ou de photographes, et pas d'avantage d'hypothétiques rencontres qui auraient consenti à se dénuder devant un objectif : elles ont l'habitude de s'exhiber. On devine qu'elles vivent nues dans le même décor, dans la même maison : ce sont des prostituées "en maison". Une vue prise d'un balcon donnant sur la place Pigalle en temoigne. Elles s'appellent Fanfan, Mado, Suzy, Nenette, et pendant des années, l'inconnu les a photographiées. Il est le E.J. Bellocq français, ce photographe américain du début du siècle dont Louis Malle a illustré la vie dans son film La Petite, avec Jodie Foster sur les filles de Storyville, le quartier chaud de la Nouvelle-Orléans. Le photographe a jeté tous les négatifs et désire juste laisser quelques tirages à l'intention d'amateurs qui partagent ses goûts à la condition expresse qu'on ne révèle jamais son identité. Il devint Monsieur X pour les collectionneurs.
Les clients défilent en ces temps où les "maisons" tournent à plein régime et sont le symbole de l'hypocrisie des moeurs bourgeoises de l'époque. Parmi eux donc, Monsieur X leur demande de poser pour son bon plaisir. Portraits, scènes suggestives, scènes de la vie quotidienne dans les bordels, rien n'échappe à l'objectif du photographe passionné qui va conserver toute sa vie ces clichés. Moments de répit dans la journée des pensionnaires des bordels, ces photos, si elle sont explicites, ne sont pas pornographiques : on y devine avec émotion l'étrange regard de ces filles dont le corps exposé est livré à la société de l'époque.
2015 : grande exposition au Musée d'Orsay consacrée à la prostitution de 1890 à 1920 avec une mise en avant à la librairie du musée des clichés d'Alexandre Dupouy Livre bilingue français/anglais

Rayons : Arts et spectacles > Arts de l'image > Photographie

  • EAN

    9782358870849

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    160 Pages

  • Longueur

    24.5 cm

  • Largeur

    17.5 cm

  • Épaisseur

    2 cm

  • Poids

    674 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Beaux-livres

Infos supplémentaires : Multilingue   Broché  

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