Textuel

  • La défaite dans les urnes ne fera que confirmer la déroute idéologique : c'est aujourd'hui encore une gauche complexée qui échoue à contrer la droite décomplexée. La gauche gouvernementale chasse en effet sur les terres d'une droite qui braconne elle-même depuis des années sur celles de l'extrême droite. Or le « réalisme » de gauche n'est pas plus efficace que la « démagogie » de droite : ces stratégies qui se veulent pragmatiques sont vouées à l'échec. D'ailleurs la « gauche de gauche » n'en bénéficie pas pour autant dans la bataille électorale.
    Mais Éric Fassin de ne se contente pas d'une critique sans concession de la dérive droitière de la gauche de gouvernement. Il s'interroge sur comment réussir à renverser l'hégémonie idéologique qu'elle représente.
    Gauche : l'avenir d'une désillusion esquisse des pistes, à partir de la comparaison avec les États-Unis, et en recourant à l'exemple du « mariage pour tous », pour penser des stratégies visant à « reprendre la main » sur d'autres thèmes : immigration, économie. C'est récuser l'alternative entre questions « sociales » et « sociétales », classes populaires et minorités, pour repenser la question du populisme depuis la gauche.

  • Philippe Corcuff lance ici un appel à la vigilance pour résister aux tendances les plus régressives de l'air du temps. Il nous alerte quant au sombre écho des années 1930 qui résonne dans l'humeur idéologique actuelle. La montée d'un " postfascisme " républicanisé - le Front national de Marine Le Pen - se développe sur le terreau intellectuel d'un néoconservatisme xénophobe, sexiste, homophobe et nationaliste.
    Terreau doté de deux pôles : celui d'Alain Soral, référence intellectuelle de Dieudonné, avec ses tendances antisémites, et celui d'Eric Zemmour aux dérapages islamophobes. Cela intervient dans un contexte où la tyrannie du " politiquement incorrect " (Alain Finkielkraut, Elisabeth Lévy, etc.) crée de nouvelles porosités et où les gauches se trouvent désarmées par des brouillages intellectuels (de Jean-Claude Michéa aux défenseurs du repli national).

  • Dans le choeur largement consensuel qui accompagne la politique du gouvernement Sharon dans les territoires occupés, les voix dissonantes en Israël ont du mal à se faire en entendre.
    Et pourtant, à contre-choeur et à contre-courant, elles existent. Ce livre leur donne la parole. Il présente dans sa diversité un paysage complexe des dissidences israéliennes. Voici une soixantaine d'articles, de discours, de pétitions, émanant du monde artistique, médiatique, universitaire, aussi bien que des soldats ou des mouvements féministes, sans omettre la voix des arabes israéliens. En filigrane de ces textes, se dessine une photographie inédite de la société israélienne, de ses clivages et de ses rêves, loin des clichés simplistes que les médias colportent trop souvent.
    Une riche introduction de Michel Warschawski situe cette polyphonie des oppositions dans le contexte de la société israélienne. Il souligne les détresses dont elle témoigne, mais aussi les espoirs dont elle peut être porteuse.

  • La victoire de François Hollande est-elle le signe d'un épanouissement des idées de gauche en France ? Non, répond Philippe Corcuff. Paradoxalement, la gauche aurait gagné à un moment de décomposition avancée sur le plan intellectuel. Malheureusement semblent aujourd'hui dominer à gauche des stéréotypes, des préjugés, une pensée technocratique étroite et parfois même un anti-intellectualisme. Bref les gauches (la gauche de gouvernement comme la gauche de la gauche) circulent souvent intellectuellement sur des rails rouillés.
    C'est une rupture dans l'histoire de la gauche française que pointe l'auteur : des Lumières du XVIIIe siècle aux grandes figures contemporaines comme Sartre, Foucault et Bourdieu, les gauches se sont nourries d'interrogations critiques exigeantes et de perspectives alternatives imaginatives.

    Avec des outils empruntés à la philosophie et aux sciences sociales, Philippe Corcuff décrypte les impensés et les automatismes des ces gauches intellectuellement molles : économisme, productivisme, nationalisme, étatisme, professionnalisation politique, caricatures républicardes et laïcardes, conspirationnisme, essentialisme...
    Un pamphlet sous forme de mise en garde et d'appel à retrouver les chemins de l'alliance entre la gauche et le travail intellectuel. Un livre destiné aux citoyens critiques soucieux de quitter les chemins de la paresse intellectuelle.

  • Figure du Mouvement du 22 mars en mai 1968, puis de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) et du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), Daniel Bensaïd (1946-2010) est aussi un philosophe.
    Un philosophe qui a défriché des pistes originales pour un marxisme ouvert, récusant les impasses totalitaires d'hier. Au-delà même du marxisme, il a fourni une contribution majeure à une pensée de l'émancipation pour le XXIe siècle. Ce recueil de textes, allant de 1992 à 2006, offre une palette inédite des problèmes diversifiés que Daniel Bensaïd a été amené à traiter les vingt dernières années de sa vie.
    Il suit le fil d'une mélancolie radicale et joyeuse, de l'obstiné " pari mélancolique " pour un autre monde contre les illusions d'une prétendue éternité du capitalisme. Quatre personnalités historiques émergent de ces sentiers anticonformistes : Auguste Blanqui, Karl Marx, Charles Péguy et Walter Benjamin. Un rapport critique au thème de " l'engagement intellectuel " se dessine. De nouvelles questions, comme celle de l'écologie politique, font leur entrée.
    Daniel Bensaïd y révèle tout à la fois une profondeur philosophique, une acuité politique et un style littéraire. Ces textes ont été choisis et sont présentés par Philippe Corcuff, sociologue, ami de Daniel Bensaïd et également membre du NPA.

  • Les années qui ont suivi Mai 68 restent dans les mémoires comme une période mythique sur le plan des mouvements sociaux.
    Ouvriers, femmes, immigrés ou encore homosexuels et écologistes, ces contestations émanant de groupes divers ont bouleversé la société de l'époque. Dans ce livre, Lilian Mathieu ne se contente pas de retracer l'histoire des seventies contestataires, il tire les principaux enseignements que ces combats passés peuvent apporter aux luttes du présent.

  • La réorganisation néolibérale du capitalisme s'effectue souvent au nom de " l'individu ".
    Mais doit-on pour autant choisir le collectif contre l'individuel ? Non, répond clairement ce livre. On ne doit pas laisser au capitalisme et à la droite le monopole de " l'individu ". On doit proposer une critique du capitalisme associant les exigences de justice sociale et écologique mondiale aux aspirations à l'autonomie, à la reconnaissance, à l'épanouissement et à la créativité personnelle. Les altermondialistes reprendront ainsi le flambeau libertaire de l'émancipation individuelle et collective.
    Cela suppose de penser l'individualisme contemporain dans ses aspects à la fois positifs et négatifs. ATTAC France (Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne) est une association altermondialiste créée en juin 1998. Cet ouvrage collectif a été réalisé dans le cadre du groupe " Individualisme contemporain " du Conseil scientifique d'ATTAC.

  • Face aux rêveries planétaristes et à la mondialisation de l'économie, face à la tentation du repli communautaire et à la démagogie du Front national, P.-A.
    Taguieff désigne la menace qui pèse sur le modèle universaliste français. Il défend ici une conception " héroïque " de la politique. Ni vertueuse, ni utopique, mais lucide. Contre la fatalité économique. Contre la complaisance vis-à-vis des mouvements identitaires. Pour sauver l'universel.

  • Tariq Ali jette ici une lumière vive sur la zone de tempêtes au carrefour de l'Afghanistan, du Pakistan, du Cachemire, de l'Inde et des anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale.
    Nourri d'une grande connaissance de l'histoire, il démêle l'imbroglio des contradictions nationales, sociales et religieuses explosives au seuil du XXIe siècle. Il dévoile ainsi la logique infernale qui aboutit aux attentats de Manhattan. Engagé sans simplisme, ce livre inclassable défie les conformismes culturels en brassant l'histoire, la littérature, la politique, et l'autobiographie. Il introduit ainsi une part de Lumières dans les labyrinthes obscurs de l'histoire au présent.

  • Cet ouvrage présente une analyse de la vie politique hexagonale dont l'originalité repose sur la place décisive accordée aux mouvements sociaux qui ont occupé le devant de la scène et aux transformations profondes de la société française. Il y a vingt ans, des commentateurs autorisés saluaient l'avènement de la « République du centre », celui d'une société fondamentalement pacifiée, réconciliée avec les réalités de l'économie « de marché » et les principes du libéralisme politique. Aujourd'hui, le constat d'une société en proie à une crise profonde, qui va en s'aiguisant, s'impose à l'observateur le moins averti. Quelles sont les raisons de cette crise ? À partir des mobilisations grévistes de l'hiver 1995, mouvements sociaux et séismes électoraux se succèdent à intervalles rapprochés. Ce qui prend corps alors c'est une révolte populaire, issue non du passé mais des contradictions d'une période nouvelle. Pourquoi ce réveil social, après une longue période d'atonie ? Quelles sont les caractéristiques nouvelles de ce mouvement populaire multiforme, différencié, mais uni dans son refus du néolibéralisme ? S'agit-il d'une « exception française » ? Comment penser ses rapports à la politique ? Cet essai aborde sous un angle neuf la question des perspectives d'avenir de la gauche antilibérale et offre en conclusion une analyse des résultats électoraux des présidentielles de 2007.

  • " Un autre monde est possible ! " est devenu le cri de ralliement des manifestations et des forums sociaux contre la mondialisation impérialiste.
    Il exprime le refus d'un monde où les dérèglements écologiques s'ajoutent aux dérèglements sociaux et aux incertitudes quant à l'usage des technologies nouvelles. La nécessité de changer cet univers impitoyable est de plus en plus partagée. La possibilité d'y parvenir reste en revanche hypothétique, tant est lourd le passif hérité du siècle écoulé. Quels acteurs du changement, quelles stratégies de transformation, quelles ébauches d'alternatives ? Divisions sociales et alliances, pouvoirs et contre-pouvoirs, expertise et engagement, classes et multitudes : ces débats au point mort depuis les années 1970 Sont aujourd'hui relancés et revêtent une dimension internationale.
    /> Le présent livre a pour but d'y contribuer. Il prolonge le précédent, également publié par les éditions Textuel, sur Le Nouvel Internationalisme (2003).

  • Le renouveau de la contestation sociale à partir des années 1990 en France a souvent été qualifié tout à la fois de " radical " et de " pragmatique ".
    Dans quelle mesure ces deux termes, souvent opposés, peuvent-ils être associés ? Irène Pereira revient sur des controverses historiques ayant marqué l'histoire du mouvement ouvrier et des gauches, avec une attention particulière aux courants libertaires. Dans un deuxième temps, elle s'arrête sur " le nouvel esprit pragmatique " d'une partie des mouvements sociaux actuels.

  • Balayé par un vent de gauche, le continent sud-américain présente une carte politique inédite. Comment décrire ces régimes ? Quelles sont leurs différences ? Quels sont leurs points communs ? C'est un véritable atlas politique que les 20 auteurs de ce livre ont bâti ici. Les problématiques continentales sont d'abord envisagées dans leur ensemble : réformes agraires, relations avec les Etats-Unis, multinationales en Amérique latine, mouvements indigènes ou bien féministe. Autant de thèmes qui permettent une approche transversale et globale des enjeux qui se présentent à ce continent.
    Cependant la pluralité des expériences de gouvernements de gauche nécessite également une vision plus resserrée et se doit d'être analysée au cas par cas.

  • Sommes-nous contraints de choisir entre société disciplinaire ou société morcelée ? Entre " tolérance zéro " ou complaisance à l'égard des illégalismes ? Pour.
    Didier Peyrat, il est non seulement possible mais nécessaire de sortir de ces dilemmes. Récusant les facilités du sécuritarisme comme de la sécuriphobie, il cherche ici à fonder une action intelligente contre la violence, l'incivisme et le cynisme. Il montre que fureur répressive et angélisme renvoient à une véritable crise de la faculté de juger. Sans nostalgie à l'égard d'une république perdue, mais en cherchant à dégager le socle d'une possible république de la civilité, l'auteur formule des analyses et des propositions adaptées à notre.
    Société compliquée ". Pour réconcilier changement social et sécurité.

  • Menacée d'implosion, la société israélienne est entraînée dans une tragique fuite en avant.
    Michel Warschawski critique ce qui mine à ses yeux le processus de paix : la philosophie de la séparation. Une forme d'apartheid qui ne dit pas son nom. Nourri d'une longue expérience quotidienne de la réalité israélienne et d'une compréhension de l'évolution des mentalités à laquelle participe notamment le travail des " nouveaux historiens " israéliens, ce livre, constitue l'un des plus beaux plaidoyers pour la paix et l'égalité des droits dans une perspective plurinationale.
    La contribution d'Elias Sanbar donne en contrepoint un regard palestinien sur ce " pari binational ", sur les espérances, les doutes, et les interrogations qu'il peut susciter. Cette réflexion à deux voix illustre la possibilité et la nécessité d'une discussion aussi franche que fraternelle, à la recherche d'une solution commune.
    " Si engagé, actif, impliqué soit-il, Michel Warschawski m'est apparu dès notre première rencontre comme habité d'une sérénité intérieure que l'on " entend " à la lecture de ces pages.
    " Elias Sanbar.

  • La représentation humanitaire de la victime a modifié notre perception du malheur.
    Elle conditionne les actions qui peuvent être menées pour secourir les populations en détresse. Elle sert aussi de caution à la politique internationale. Sur elle repose désormais notre vision ou notre interprétation des violences politiques. La victime humanitaire symbolise également ce qui subsiste de l'engagement : une indignation morale face à la souffrance. Que voyons-nous dans la mise en scène de corps brisés ou affamés ? Le regard ne risque-t-il pas d'y perdre la vue ? Ces questions mettent en jeu la responsabilité de tous les partenaires du champ humanitaire : organismes de tutelle, agences de publicité, médias, photojournalistes, politiques, bailleurs de fonds.
    Faut-il alors tirer la conclusion que la représentation de la victime humanitaire fournit au capitalisme la justification éthique dont il est en quête depuis le XIXe siècle ?

  • La rébellion contre les vingt ans de recettes libérales monte. L'ensemble des pays d'Amérique latine est engagé dans une grande négociation planétaire au niveau de l'Organisation mondiale du commerce et dans le cadre du projet de grand « libre marché » des Amériques, qui signifierait leur annexion de fait à l'économie des États-Unis.
    Des gouvernements sont renversés en Argentine, en Équateur, en Bolivie, des coups d'État tenus en échec au Venezuela. L'expérience du gouvernement Lula franchit le cap d'une première année au bilan contrasté. Devant les turbulences du continent, l'emprise économique et militaire du voisin étasunien se renforce, de plans économiques comme le plan Puebla en plans militaires comme le plan Colombie. Face à ces incertitudes, ce numéro de Contretemps dresse l'état des lieux et ouvre les débats stratégiques à l'ordre du jour.

  • Cet ouvrage a l'ambition de fournir une introduction critique aux penseurs altermondialistes. Véritable guide pour s'orienter dans les pensées nées à l'intérieur du réseau altermondialiste, l'ouvrage présente, en outre, un état des lieux des débats les plus récents.
    La Planète altermondialiste aborde différentes générations de penseurs qui ont contribué à l'élaboration des problématiques " alter ". Il s'agit d'un livre ouvert sur le monde, qui dépasse le cadre français : il traite de penseurs européens, états-uniens, africains, latino-américains et asiatiques. Il brosse le paysage intellectuel de la galaxie altermondialiste : les différentes générations de penseurs qui ont contribué à l'élaboration des problématiques " alter ", les sources culturelles surgies de plusieurs continents, l'apport des traditions théoriques divers, les nouvelles thématiques féministes, écologiques, postcoloniales. Il présente, pour chacun d'entre eux, un parcours biographique et une introduction critique à leur pensée.
    L'ouvrage aborde en outre les principales problématiques touchant à plusieurs auteurs (par exemple la question Empire/impérialisme), en soulignant similitudes et différences, et en donnant ainsi un panorama des principaux débats et enjeux politiques, économiques, socio-historiques.
    Un rappel biographique et bibliographique accompagne l'introduction critique à la pensée et à l'action des auteurs choisis pour leur représentativité ou leur influence.
    Le lecteur trouvera également des liens Internet pour poursuivre sa recherche.

  • C'est pendant la révolte des quartiers populaires et en pleine controverse sur le rôle de la France dans ses colonies qu'a été écrit cet essai par Sadri Khiari.
    Il propose une réflexion sans tabous sur le legs colonial, l'insertion des populations issues de l'immigration, la place de l'Islam dans la République... Et ce dans l'esprit des thèses développées par l'Appel des indigènes de la République : des questions qui sont au coeur de l'élaboration d'une nouvelle identité de gauche en France.
    S'inspirant d'Albert Memmi, de Frantz Fanon ou encore de Malcolm X, l'auteur revient de manière critique sur l'histoire des luttes de l'immigration et des mouvements antiracistes.
    Il ébauche alors les contours de ce que représenterait une " politique de la racaille ", autonome et spécifique mais insérée dans une dynamique plus large d'émancipation. Elle-même fondée sur la contestation des logiques postcoloniales toujours à l'oeuvre, selon lui, dans le champ social et politique.

  • Jamais comme durant ce dernier quart de siècle, la gauche française n'aura autant occupé les institutions de la République. Qu'elle doive ce « gouvernement durable » à un régime qu'elle avait si violemment dénoncé comme un « coup d'état permanent » n'est pas le moindre paradoxe. Tout s'est passé pourtant comme si la gauche avait abandonné toute critique de la Ve République au point de se poser comme la meilleure avocate de sa survie ! Alors que la France possède le système politique le plus anachronique de l'Union Européenne, le Parti socialiste et ses alliés restent sans voix sur la nécessité de sa rénovation. Les institutions se réduisent-elles à l'usage qu'on en fait ? Les élites politiques seraient-elles donc responsables de leur bon ou mauvais fonctionnement ? Une telle sous-estimation politique de l'institution républicaine est l'histoire d'un abandon de toute réflexion critique sur le pouvoir dans la société. Tout se passe comme si l'important n'était plus que dans les stratégies pour prendre le pouvoir indépendamment de l'usage qu'on en fait. C'est l'histoire de ce renoncement que Paul Alliès restitue ici en confrontant l'impensé de la gauche d'aujourd'hui à ses ambitions d'origine. Il montre comment les institutions sont ainsi devenues plus fortes que les partis et les hommes qui prétendent s'en servir pour appliquer leurs programmes. Il dénonce cet abandon, montre comment cette gauche a été ensevelie sous la Ve République et souligne sa part de responsabilité dans la crise contemporaine de la démocratie française.

  • Il s'agit d'un n° entièrement international, construit autour de contributions venant de spécialistes d'Inde, d'Amérique latine hispano- et luso-phone, d'Italie, d'Allemagne, du monde anglophone. L'idée est celle d'un « Marx » comme ensemble et de travaux se rattachant à ce nom, déjà confrontés à ces limites internes et travaillant à leur dépassement. Parmi ces limites, le n° abordera plus particulièrement les thèmes suivants : 1. Marx est-il eurocentrique ? Les sociétés non-occidentales sont-elles l'Autre de la pensée de Marx et de ceux qui s'en réclament ? Les sujets sociaux et politiques qui apparaissent aujourd'hui gagnent-ils à être analysés en référence aux outils du marxisme (par ex : les mouvements "indigénistes" d'Amérique latine, les intouchables en Inde) ? 2. La question de la nature et de l'écologie est-elle une limite "absolue" de la pensée marxisteoe 3. Les concepts de la tradition marxiste sont-ils pertinents pour comprendre les rapports internationaux et inter-étatiques ? Ou bien faut-il admettre qu'ils sont caducs ? Et chercher ailleurs : par exemple, du côté de l'école dite « réaliste » des relations internationales ? 4. Dernière question enfin, l'inachèvement de l'oeuvre de Marx : pourquoi le Capital est-il resté inachevé ? Est-ce là le signe d'un échec ? Ou d'une limite interne ?

  • Ce livre propose une lecture synthétique de l'oeuvre de Castoriadis.
    Plus de 10 ans après sa disparition, Cornelius Castoriadis (1922-1997) reste une figure atypique dans le paysage des gauches critiques. Connu pour ses analyses de la bureaucratie stalinienne, ses contributions réorientant la pensée politique sont largement ignorées.
    Il faut dire qu'elles se présentent comme la promotion d'une démocratie radicale, distincte du marxisme traditionnel comme des thèses néolibérales. Résolument anticapitalistes, ses vues originales redéfinissent le social, en incluant sa dimension imaginaire, et permettent de mieux saisir la place de l'individu en son sein.
    Car l'autonomie, c'est-à-dire la liberté bien comprise dans une double perspective individuelle et collective, constitue pour Castoriadis une question fondamentale. Si la démocratie authentique est la forme adéquate pour la garantie de la liberté, elle n'a rien à voir avec le système oligarchique que nous subissons aujourd'hui.
    Penser les conditions de l'autonomie revient alors tout à la fois à développer une sévère critique de l'ordre existant et à proposer des voies pour une émancipation repensée. C'est ce à quoi ce petit livre donne accès de manière synthétique et pédagogique.

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