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  • « Comment et pourquoi un populiste sans pitié, avec l'aide d'une bande de sympathisants toujours plus nombreux, a pu mettre fin à la démocratie turque au cours de la nuit du 15 juillet 2016, est une histoire longue et compliquée. Le propos de ce livre n'est pas de raconter comment nous avons perdu notre statut de démocratie, mais d'essayer d'en tirer des leçons au profit du reste du monde. »   E. T.
    Dans ce livre vivant, passionné et provocateur, Ece Temelkuran dissèque la montée du populisme à l'international. Elle révèle les schémas, explore les causes profondes et les différentes façons dont les pays, même les nôtres, peuvent sortir de la démocratie sans s'en apercevoir.

  • Au football, mettre la balle au centre permet de relancer l'action. En politique, c'est l'inverse : nous n'aimons pas centrer. En revanche, nous suivons sans broncher le une-deux entre la droite et la gauche, le débordement populiste par les ailes, les tirs directs du referendum et les coups de boule du coup d'État. Pourtant, il faut l'admettre : depuis 1789, on a joué au centre plus souvent qu'on croit et qu'on nous l'enseigne.

    De Mirabeau à Macron en passant par Ferry, Queuille, Barre ou Bayrou, cet essai visite le parent pauvre des discours et des études sur notre vie politique : la centralité, si souvent raillée par les prétendus esprits forts, mais toujours vivace dans une France contemporaine qu'on croit, à tort, si éternellement révolutionnaire et divisée qu'elle ne peut pas donner à la position médiane une légitimité populaire et une onction de souveraineté.

    Pendant plus de deux siècles, pourtant, des hommes ont joué à contre-pied de « la » droite comme de « la » gauche, du conservatisme étroit, du progressisme délirant ou de l'appel au peuple vengeur. Loin d'être des mollassons ou des vaincus d'avance, ils ont été des volontaires du bien commun et de l'intérêt général qui ont mouillé le maillot pour gouverner au mieux plutôt que d'imposer des solutions partisanes et bellicistes. Ils ont montré qu'en politique, le droit et la raison, l'équité et la solidarité ne sont pas toujours à la merci des idéologies casquées, du bloc contre bloc, des fronts vite disloqués, des majorités impotentes et des alternances sans projet. Voici leur histoire.

  • « «Don't shoot. Don't waste your bullets. I am immortal» était la devise inscrite sur la voiture, qui était le prolongement de son être, de Paul Marchand à Sarajevo, pendant le siège de la ville. D'autres sources prétendent que Paul avait plutôt écrit : Morituri te salutant. Ceux qui vont mourir te saluent.
    C'est le sujet de Sympathie pour le Diable, qui fuse comme des balles dans la nuit : comment un grand reporter outrepasse son rôle, tombe amoureux et sauve des vies malgré lui, dans un Sarajevo de neige et de sang, de larmes et d'espoir. On ne revient pas entier de pareil voyage, et la balle qui traversa la main de Paul fracassa aussi sa conscience.

    Je n'ai donc pas été surpris d'apprendre un 20 juin 2009 son suicide, alors que nous nous étions parlé quelques jours auparavant.
    Paul Marchand est une légende, une étoile filante, un styliste suicidaire, un Hemingway fréquentable, qu'il faut absolument découvrir et lire.
    En 1997, je tombe sur un texte de cet inconnu, Sympathie pour le diable, publié au Québec puis par Florent Massot. C'est une rhapsodie de vie et de mort, l'un de ces livres de guerre qui, avec ceux de Norman Mailer et de Malaparte, devraient figurer au rang de classique.
    Peu d'écrivains me restent en mémoire comme l'indomptable Paul, inventeur de sa vie de Beyrouth-Ouest sur la ligne verte, à Sarajevo qu'il franchissait à tombeau ouvert, humant les morgues, aidant les uns et les autres, refusant d'accepter l'inacceptable quotidien.
    À sa mort, il laissa une femme à la beauté nordique et une petite fille, Asta.
    Il laissa aussi ce livre que Guillaume de Fontenay a adapté au cinéma dans une fougue aussi partageuse et irréductible que celle de Paul, le fumeur de toscans.
    Souvenez-vous : cette boucherie de Sarajevo, au coeur de l'Europe, c'était hier.
    So Long, Paul. ».

    Manuel Carcassonne

  • La philosophe ouvre l'essai par le récit de son propre parcours. Selon elle, sa génération a été le laboratoire d'une idéologie de la désidentification qui continue à gouverner, d'une renonciation à la transmission du monde sous prétexte de liberté. Un plaidoyer pour la réhabilitation du besoin de frontières, d'histoire, de passé et d'identité, flétri et diabolisé par l'idéologie progressiste.

  • Il n'y a pas d'humanité sans échange entre les hommes, cela ne fait aucun doute. C'est pourquoi le partage, le troc et le commerce ont joué depuis les origines un rôle si essentiel dans l'édification des sociétés humaines. Jusqu'au XVIIe siècle, on a généralement pensé que l'on pouvait garantir conjointement la satisfaction des besoins individuels et des besoins collectifs.
    Mais quand la pensée libérale est née, au XVIIIe siècle, elle s'est fondée sur une conception pessimiste de la nature humaine : les êtres humains sont fondamentalement égoïstes et ils visent avant tout la maximisation de leur profit.
    Comment une société d'êtres égoïstes peut-elle défendre l'intérêt général ?
    À partir de là, deux courants du libéralisme économique se sont opposés, celui pour lequel les vices privés conduisent à eux seuls aux vertus publiques et celui qui juge indispensable l'intervention d'un régulateur garant du bien commun. Axel Kahn explique comment le succès, dans les années 1980, de la première ligne, a plongé le monde dans la crise ; il fait le pronostic que, sans réhabilitation du concept d'intérêt général, cette crise sera fatale au libéralisme.

  • L'élection de Barack Obama a profondément modifié l'image de l'Amérique dans le monde légué par George W.
    Bush. Mais est-ce que le changement d'homme entraînera forcément un changement de politique ? Est-ce que la superpuissance américaine dont George W. Bush a démontré combien elle pouvait être agressive peut se révéler aujourd'hui plus douce ? C'est à cette question essentielle que ce livre, pour la première fois, tente de répondre en s'appuyant sur une étude minutieuse de la personnalité de Barack Obama, de son discours, de l'équipe qui l'entoure, et des choix de politique internationale qu'il a été amené à prendre depuis son entrée en fonction en janvier 2009.
    Dans cet ouvrage, Zaki Laïdi montre que l'objectif d'Obama est double : sortir l'Amérique de l'emprise du 11 Septembre qui l'a conduite à voir le monde de manière manichéenne, et réhabiliter le leadership américain dans le monde sur la base du principe suivant : admettre que l'Amérique ne peut plus, à elle seule, régler les problèmes mondiaux mais refuser que ces mêmes problèmes se règlent sans elle. Obama n'a certainement pas renoncé à ce que les États-Unis demeurent la première puissance du monde. Mais il sait aussi que, pour maintenir cette position, ils doivent davantage composer avec le monde, au risque de s'en isoler. Ceci étant, il ne faut sous-estimer ni la continuité de la politique américaine, qui comme toute politique d'un grand État ne peut pas changer du jour au lendemain, ni les innombrables contraintes politiques qui attendent l'administration américaine de l'Afghanistan au Moyen-Orient, en passant par l'Iran et l'Irak.
    Zaki Laïdi signe ici le premier ouvrage consacré à la politique étrangère de Barack Obama.

  • Lettre du maroc

    Daure-Serfaty C.

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    • 10 Avril 2000

    " Nous sommes assis côte à côte dans l'avion, silencieux, la main dans la main, dans le ciel qui s'assombrit, dans l'irréalité du moment. En dessous, l'Espagne, le détroit, Tanger, d'où tant de souvenirs reviennent : les enfants petits, la beauté des plages, la rencontre des deux mers aux couleurs différentes ; mais aussi les longues pluies d'hiver, les élèves trempés dans les classes froides, la pauvreté extrême. Par habitude, comme je le faisais autrefois, je regarde par le hublot pour tenter de voir la prison centrale de Kenitra, où Abraham a passé dix-sept années. Maintenant il est là, à côté de moi, et quand l'avion touche terre à Rabat, je le regarde et je pense qu'il y a vingt-six ans qu'il n'a pas été un homme libre au Maroc - un quart de siècle. Le Maroc et lui vont enfin se connaître, et j'ai bien de la chance d'assister à cette rencontre." Au mois de septembre 1999, Abraham Serfaty, le plus célèbre opposant politique au régime Hassan II, revient dans son pays. Sa compagne, Christine Daure-Serfaty, raconte ce retour : les amis retrouvés, les lieux ressuscités, les souvenirs et les émotions qui affleurent. Témoin d'exception, elle dessine également le portrait d'un pays qui tourne peut-être une page décisive de son histoire. Mohammed VI, le "roi des pauvres", comme on l'appelle, a montré par des actes forts son réel désir de moderniser le Maroc. Y parviendra-t-il ?


    Christine Daure-Serfaty a enseigné au Maroc pendant quinze ans. En 1986, elle épouse Abraham Serfaty, alors emprisonné à Kenitra. Elle a publié Tazmamart, une prison de la mort au Maroc (Stock, 1992) et,avec Abraham Serfaty, La mémoire de l'autre (Stock, 1993). Elle est également l'auteur d'un roman,. La femme d'Ijoukak (Stock, 1997).

  • Retour au jardin du Luxembourg Romancier célèbre mais aussi journaliste, critique, professeur, André Brink a été à la fois un protagoniste et un témoin de l'étonnante transition de son pays d'un état policier à une démocratie naissante. Sorte de suite à Sur un banc du Luxembourg, publié il y a quelque quinze ans, les textes réunis ici ont été écrits de 1982 à 1998, période charnière au cours de laquelle l'Afrique du Sud a décidé de faire table rase d'habitudes séculaires. On y retrouve, en même temps que la preuve constante de l'engagement total de l'auteur pour la liberté politique et individuelle, les problèmes particuliers rencontrés par les intellectuels sud-africains. Définir le rôle de l'écrivain dans la société a cessé alors d'être un thème de débat virtuel pour devenir une nécessité. Le monde des lettres s'est vu confronté à l'impérieuse exigence d'ouvrir les portes du pouvoir, d'en être les passeurs, en un mot de "réinventer un continent." Né en Afrique du Sud en 1935, André Brink est l'auteur de douze romans et de plusieurs essais traduits en trente langues. Il est professeur à l'université de Cape Town.

  • Un an après le vote de la loi sur le foulard islamique, il convient de faire le point. Fallait-il voter cette loi ? A-t-elle réglé les problèmes ? Deux auteurs bien connus ont choisi d'en débattre : Alain Touraine, sociologue, a fait partie de la commission Stasi dont le rapport a été à l'origine de la loi ; Alain Renaut, professeur de philosophie politique, est connu pour ses prises de position en faveur d'un multiculturalisme raisonné.
    Ils partagent les mêmes valeurs républicaines. Mais ils divergent sur les moyens à employer pour faire face à la montée du fondamentalisme musulman, sur les moyens de reconnaître les droits des minorités culturelles, sur le rôle de l'école. Alain Renaut est fondamentalement opposé à la loi et, d'une façon générale, très critique à l'égard de la politique française en matière de reconnaissance de la diversité culturelle. Alain Touraine continue de défendre la loi sur le foulard, dont il pense qu'elle a servi à marquer un cran d'arrêt dans la pénétration des fondamentalistes.

  • Un formidable document, remarquable travail de journalisme et d'investigation sur l'un des aspects les plus méconnus de l'ère Mitterrand.
    Par les révélations qu'il contient, par la qualité des personnes qui ont accepté de témoigner ce livre fera date et se révélera incontournable pour la compréhension de l'homme et de son action.

  • Le monde ne cesse de devenir plus complexe, à mesure qu'augmentent le nombre des acteurs et les réseaux d'interdépendance, à mesure aussi que se multiplient les défi s planétaires : défi s énergétiques, menaces de l'hyperterrorisme, révolutions technologiques, etc. Dans ce monde de plus en plus « épais », qui ou quoi maîtrisera le pouvoir ? Comment les décisions seront-elles prises ? En fonction de quoi ? Après l'ascension des États-Unis, allons-nous vivre l'ère de la prépondérance asiatique oe
    Dans ce livre, François Heisbourg s'eff orce de dessiner ce que pourrait être le monde de demain, un monde pas forcément moins brutal que le précédent, mais où la brutalité sera moins aisément décisive. Comprendre et gérer l'épaisseur du monde est désormais le défi auquel nos sociétés et leurs dirigeants ont à faire face.

  • La question de la sensualité met les socialismes à l'épreuve : la poser, c'est s'interroger sur les formes et les limites de l'émancipation commune. Telle est l'hypothèse peu orthodoxe qui sous-tend cette enquête au long cours où deux siècles d'histoire des socialismes français sont passés au crible des plaisirs des sens. Depuis les harmonies sensuelles de Charles Fourier jusqu'au socialisme gouvernemental et pâlot d'aujourd'hui, une tension joue en permanence : d'un côté, dominant, un socialisme anguleux adepte de l'ascèse militante ; de l'autre, minoritaire, un socialisme tout en rondeurs qui intègre la bonne chère, la fête et l'amour à son programme.

    Les Fruits défendus visite les fronts multiples du débat sur la sensualité. On y rencontre Pierre-Joseph Proudhon et Léon Blum, Claire Démar et Jeannette Vermeersch, Marcel Sembat, Roger Vailland et François Mitterrand ; on y tourne les pages de L'Atelier ou de L'Humanité ; on y rejoint dans leurs combats les militants de la SFIO ou du MLF ; on y découvre la retraite de Ménilmontant, les milieux libres de la Belle Époque ou le restaurant des Lipp ; on y suit ceux qui se régalent d'une douzaine d'huîtres et ceux qui ferraillent contre les séductions de l'amour charnel. Au terme du parcours, c'est une autre histoire des socialismes qui se dessine.

  • La Chine est la deuxième économie mondiale. Les investissements à l'étranger d'entreprises chinoises ont explosé. Les bénéfices des cinq premières banques nationales dépassent les 100 milliards d'euros. Le président Xi Jinping verrouille, en stratège et héritier du système communiste, toutes les portes des pouvoirs. Et les classes moyennes consomment et s'amollissent. Tout va bien, alors, pour la Chine au grand concert des nations ?
    Il y a un risque chinois, dit l'auteur, dans cet essai documenté au quotidien, et fruit d'enquêtes à Pékin et ailleurs depuis 2010 : « Il n'est pas excessif de dire que l'injustice politique fondamentale de la Chine a accouché d'un système inégalitaire mais que cette inégalité a contribué à propulser le pays sur la trajectoire du développement. » La croissance, mais à quel prix ? Absence de liberté politique, concentration des pouvoirs, périls sur la contestation 2.0, dégradation de l'environnement, smog urbain, cancer des pollutions dévastant les campagnes, inégalités devant l'immobilier, marginalisation des minorités, et 230 millions d'humbles infortunés qui vivent clandestinement, sans le fameux passeport intérieur. Le modèle chinois aurait-il vécu ? Pris en étau entre la crise industrielle du low cost, car il y a désormais moins cher que la Chine au Bangladesh ou au Cambodge, et l'étouffement de l'arbitraire politique, la Chine entre dans le brouillard. Pour combien de temps et à quel risque imposé aux démocraties occidentales, dont la France ?

  • Sarko s'est tuer

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    • 5 Novembre 2014

    Abus de biens sociaux Trafic d´influence Faux et usage de faux Abus de confiance Escroquerie en bande organisée Prise illégale d´intérêts Blanchiment en bande organisée Favoritisme Corruption Détournement de fonds publics Abus de faiblesse Comment et pourquoi Nicolas Sarkozy, qui a construit sa carrière sur une image de « Monsieur Propre », se trouve aujourd´hui menacé par onze affaires en cours.

  • Le 17 Novembre 2001, les chars israéliens entrent dans Ramallah. Dans le monde entier, des analyses géopolitiques s'étalent à la une des journaux. Fallait-il qu'Israël réagisse ainsi à la vague d'attentat- suicides ? Boucler le quartier général d'Arafat est-il un pas vers la paix ?

    A Ramallah, Souad Amiry, elle aussi se pose des questions. Doit-elle dormir habillée ? Les quinze minutes d'autorisation de sortie suffisent-elles pour aller chercher sa belle-mère à l'autre bout de la villeoe Est-il raisonnable de se faire un Cappuccino quand la machine à café se trouve sur le plan de travail près de la fenêtre oe Avec son journal de guerre qui couvre dix mois d'occupation israélienne, Souad Amiry réussit un exploit difficile à imaginer : nous conduire à l'intérieur du conflit et nous faire rire. Cappuccino à Ramallah est un livre drôle, qui oscille entre le tragique et le comique.

    L'arme de Souad Amiry est l'ironie, une arme qu'elle manie avec beaucoup de finesse.
    Elle sait qu'il lui suffit d'observer et de raconter cette réalité traversée par l'absurde, où souffle un vent de folie. En s'attardant sur le quotidien et ses petits gestes, jugés pourtant si dérisoires en temps de conflit, Amiry nous révèle la vie au milieu des chars et des soldats.
    « Ecrire mon journal était pour moi une sorte de thérapie. » Souad Amiry

  • Le procès Villepin

    Laurent Valdiguié

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    • 27 Janvier 2010

    Le tribunal correctionnel rend son jugement le 28 janvier 2010. Villepin, Lahoud et Gergorin seront fixés sur leur sort dans la ténébreuse affaire Clearstream. Prison ferme, sursis, relaxe ? Face au président Pauthe, trois virtuoses exceptionnels se sont succédés à la barre : Lahoud, un faussaire de génie et un escroc au renseignement hors pair ; Gergorin, un stratège machiavélique, formé dans les années 1970 à la lutte contre le KGB ; Villepin, le meilleur orateur de cette génération, spécialiste des « opérations spéciales » de l'Élysée.
    Le procès Villepin raconte de l'intérieur les cinq semaines d'audience : les coulisses, les stratégies secrètes, les coups bas, les pièges et les parties de bluff. Le livre relate comment chacun des trois camps, au fur et à mesure, a ajusté sa défense. Comment chaque camp, dans la salle et à l'extérieur, a manoeuvré pour affaiblir les deux autres. Lahoud a d'abord encaissé avant de sortir ses armes dans la dernière ligne droite. Gergorin, à contre-emploi, a joué la carte de la bêtise, pilonnant Lahoud et ménageant une frappe chirurgicale contre Villepin. L'ancien Premier Ministre a opéré de magistrales diversions, chaque fois qu'il était en difficulté à la barre, pour que les journaux évitent de détailler ses mensonges.
    Le livre raconte comment s'est joué le procès, au jour le jour, avant l'audience, dans la salle elle-même, et dans les débriefings de chaque camp. L'auteur a suivi l'affaire Clearstream depuis son démarrage et met en perspective les personnages du procès. Il dévoile le rôle de chaque avocat, et la façon dont le parquet s'est préparé pour la condamnation de Villepin. Il détaille la défense de Sarkozy et le bras de fer à distance entre les deux rivaux de la droite. Le livre révèle aussi comment l'avocat du président de la République a été à deux doigts de faire éclater le « chaînon manquant » de toute l'affaire...

  • Alors si ce n'est rien, pourquoi en parle-t-on autant ? Les commentateurs de la vie politique se trouvent dans la situation de leurs confrères commentateurs sportifs devant un match de foot au cours duquel le joueur vedette de l'équipe de France monopoliserait le ballon pour s'épuiser en figures incroyables.
    Il faudrait s'extasier, applaudir la dextérité de l'artiste, la précision du jongleur ou bien dénoncer la frime, le jeu perso et l'accaparement. Puis constater à la mi-temps qu'il n'y a toujours pas de but marqué. Rien. À mi-mandat, on attend la grande réforme. Au-delà d'une parole effrénée empreinte de volontarisme, on cherche la rupture, la modernité, la gouvernance modeste et transparente. Que sont devenus les marqueurs idéologiques du sarkozysme, le " travailler plus pour gagner plus" (impraticable), la " discrimination positive " (abandonnée), la " laïcité positive " (oubliée), la " réforme de la Françafrique " (même pas essayée), l'" immigration choisie " (infaisable), la " politique de civilisation (disparue), le " Grand Paris " (une ligne de métro) ? Ce n'est rien, Nicolas Sarkozy ne représente donc pas un danger pour la République.
    Il n'est qu'un Président banalement de droite, un pragmatique opportuniste dont le ton péremptoire n'a d'égal que sa capacité au revirement. Une perte de temps pour la modernisation de la vie politique française. Un Jacques Chirac en sueur, le dernier Président du XXe siècle.

  • Côté pile, les insultes sont réputées injustes et blessantes. Côté face, on les dit futiles et indignes d'attention. Elles semblent incarner les petitesses du débat politique. Elles méritent pourtant mieux que l'irritation, le sourire ou le mépris. Que l'on choisisse simplement d'en étudier une de près et l'enquête, palpitante, commence. Car la parole mordante ne se laisse pas cerner si facilement. Elle ne se révèle dans toute sa profondeur que si l'on prend le temps de décortiquer les mots incriminés, d'identifier les auteurs, victimes et témoins, de mettre les principaux enjeux en lumière, de décrypter le déploiement des conséquences immédiates ou lointaines. Au-delà de leur impact immédiat, « menteur », « ruraux », « vous êtes du Syndicat », « chiens couchants » ou « représentants du peuple entre guillemets » exigent - bien davantage que le très pauvre « Cass'toi alors, pauv'con » de Nicolas Sarkozy - un patient décodage. Noms d'oiseaux est l'étude suivie d'une douzaine de ces situations d'insultes extraites de l'histoire française, au fil de deux siècles de parlementarisme. On y croise, au gré des chapitres, des groupes d'ultraroyalistes, de boulangistes ou de communistes en colère, mais aussi Honoré Daumier à sa table de travail, Michel Goudchaux en pleine déconfiture, Victor Hugo à l'assaut de « Napoléon le Petit », Georges Clemenceau l'épée au poing, Jean Jaurès frappé à la nuque, Léon Blum ou Simone Veil estomaqués par l'abjection de ce qu'ils viennent d'entendre, Dominique de Villepin les deux index pointés contre François Hollande. Par la petite porte, les insultes permettent de s'installer au coeur des débats d'hémicycle, de la Restauration à nos jours, en passant par l'Affaire Dreyfus, le Front populaire ou encore la Guerre froide.

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