Puf

  • Plus personne ne se permettrait de traiter Albert Camus de « philosophe pour classes terminales ». La poussière des polémiques retombée, il apparaît que l'écrivain a porté un regard bien plus lucide, profond et courageux que beaucoup de ses contemporains sur les enjeux politiques, moraux et esthétiques. Il a même des choses importantes à nous apprendre, aujourd'hui encore, afin d'éclairer les combats pour la liberté face au nihilisme et à la violence. C'est un Camus écrivain-philosophe et penseur pour notre temps qu'explorent les contributions de ce dossier : ses relations au mouvement anarchiste et à l'antitotalitarisme, son regard artiste et moraliste sur la folie meurtrière du XXe siècle, sa critique de la fuite en avant technologique, ses avertissements sur les logiques liberticides de notre temps sont autant de thèmes étudiés ici par quelques-uns de ses meilleurs spécialistes.

  • Un classique de l'histoire politique, couronné par le prix Koenigswarter (Histoire du droit) de l'Académie des sciences morales et politiques.
    Comment les Grecs ont-ils créé l'État laïc, la démocratie et le principe de la liberté individuelle garantie par la loi ?
    Comment les juristes romains ont-ils inventé un droit civil protégeant la propriété et la liberté de la personne, condition d'émergence de l'humanisme ?
    De quelle manière l'Europe du Moyen Âge a-t-elle articulé les apports civiques et juridiques gréco-romains avec l'éthique et l'eschatologie bibliques, préparant ainsi la naissance de l'État de droit moderne ?

    Ce manuel retrace de façon claire et détaillée l'histoire des idées politiques dans l'Antiquité et au Moyen Âge en les inscrivant dans leur contexte historique précis. Il présente les idées d'un très grand nombre d'auteurs et, pour les plus importants, offre un exposé substantiel de leurs doctrines : Platon, Aristote, Xénophon, les stoïciens, Polybe, Cicéron, Sénèque, Tacite, Dion Chrysostome, saint Paul, saint Augustin, saint Thomas, Jean Gerson, Nicolas de Cues, etc.

  • Du XVIe au XXe siècle, la pensée politique européenne a élaboré les principes de l'État de droit démocratique et libéral. Cette forme d'État a déterminé la croissance économique et démographique, l'explosion des sciences et des techniques caractérisant la « modernité ». Telle est l'analyse de l'auteur. Ce tableau cohérent et exhaustif de l'histoire des idées politiques, de la Renaissance à nos jours, est complété de rappels historiques et d'un index des auteurs et des notions.

  • Depuis les années 1990, la notion de cosmopolitisme est devenue un objet d'analyse privilégié pour la philosophie politique. Les réseaux de solidarité transnationale, les problèmes liés aux risques globaux et le développement des modalités de gouvernance supranationale ont donné une pertinence nouvelle au concept de citoyenneté mondiale. Aujourd'hui, la perspective cosmopolitique ne désigne plus seulement une façon de se représenter en tant qu'individu dans le monde, mais aussi une manière de concevoir la politique au-delà de la sphère nationale.
    Dans le cadre des débats autour d'une possible démocratisation du pouvoir à l'échelle supranationale, le cosmopolitisme propose des réponses originales, qui n'échappent pas à certaines critiques radicales. Cet ouvrage analyse cette perspective et ces critiques.

  • Le terrorisme djihadiste révèle les peurs secrètes des sociétés démocratiques : la crainte d'une division de la Cité et d'une dislocation du monde, d'un pouvoir abandonné par l'autorité et d'un droit dépassé par le fait. Parce qu'il ne vise plus seulement à atteindre l'intégrité territoriale d'un État mais l'intégrité morale de la société en niant radicalement ses moeurs, ses manières de vivre et ses principes politiques, il menace la nature même de la démocratie.
    Placées ainsi sous pression, nos démocraties se trouvent exposées au couperet d'une double injonction : une réaction sécuritaire excessive au mépris de la liberté qui les fonde, ou la capitulation, que serait une trop grande clémence. Pour dépasser cette alternative, il faut opposer à la dialectique de la guerre et de l'état d'exception le fil rouge d'une épreuve démocratique qui met sous stress la Constitution et les institutions. Car les armes à opposer au terrorisme ne sont pas seulement guerrières, policières ou procédurales : elles reposent sur notre capacité à cultiver les vertus démocratiques de résistance et de sérénité.

  • L'État de droit renvoie au droit et à la norme, à la normalité et à l'ordinaire : il est une finalité politique de l'État, un horizon de perfection nourri de séparation des pouvoirs et de garantie des droits. Quant aux états d'exception, ils évoquent le dérèglement et l'extraordinaire, la concentration des pouvoirs et la restriction des droits. Ces termes antithétiques s'avèrent pourtant indissociables : ils se comprennent, se saisissent, l'un par rapport à l'autre ; ils se conçoivent, s'engendrent, l'un l'autre. Le couple est interactif ; la tension est dialectique. En étudiant la souveraineté étatique moderne (sous la forme de l'État de droit), dans la gestion des situations extrêmement graves (avec la technique des états d'exception), il est possible de proposer une conception de l'État, une appréhension de la modernité politique.

  • Ouvrage publié sous la direction de Gilbert Achcar Ce livre est fondé sur les communications présentées lors du premier séminaire organisé par le Centre d'études Ernest Mandel, Amsterdam, 4-6 juillet 1996, dont le thème était : "La contribution d'Ernest Mandel à la théorie marxiste" Première partie : Le marxisme d'Ernest Mandel Un portrait intellectuel, E. Mandel, 1923-1995 (G. Achcar) E. Mandel et la voie de la socialisation (R. Blackburn) L'humanisme révolutionnaire de Mandel (M. Löwy) Après l'âge d'or, sur Le troisième âge du capitalisme (M. Husson) E. Mandel et la pulsation de l'histoire (F. Louça) E. Mandel et la théorie marxiste de la bureaucratie (C. Post) Mandel et les problèmes de la transition au socialisme (C. Samary) Les marxistes face à l'Holocauste, Trotsky, Deutscher, Mandel (N. Geras) Deuxième partie : Deux textes d'Ernest Mandel et un bibliographie "Prémisses matérielles, sociales et idéologiques du génocide nazi " "Pourquoi je suis marxiste" Ecrits parus en français

  • L'ouvrage s'articule autour de deux perspectives. La première consiste à analyser des processus factuels touchant la réalité, mais aussi les représentations, la hiérarchie des valeurs, le statut de la violence au sein des démocraties contemporaines. Il ne s'agit pas de donner une vision globale, mais de mettre en évidence des transformations singulières, obscures et inaperçues qui affectent pourtant profondément la politique et sont susceptibles de rendre compte des dérives de la démocratie aujourd'hui. Ainsi, le monstre ordinaire, le maître anonyme, la nouvelle trinité sont des concepts qui permettent de comprendre les métamorphoses du rapport entre la norme et sa transgression, la mise en place de nouveaux dispositifs de domination ou encore l'hégémonie de valeurs purement instrumentales. La seconde est normative, elle entend dépasser les faits pour s'interroger sur notre capacité à repenser et à changer le cours des choses au plan politique. Il en va ainsi de la reconsidération de la notion de légitimité démocratique, de la distinction des différents modes de consultation des populations, de l'élucidation des modes d'identification collectifs, des réflexions sur les conditions d'une laîcité vivante.

  • Depuis le milieu des années 1980, les formations politiques dites « populistes » ou « néopopulistes » de droite, sans perdre leur dimension protestataire et anti-élites, sont devenues de plus en plus identitaires, anti-européistes et anti-immigrés. On peut y voir l'apparition de nationalismes non classiques, qui ont substitué aux visées expansionnistes ou impérialistes des préoccupations défensives ou conservatrices, centrées sur la préservation des identités collectives supposées menacées. Dans ces nouvelles mobilisations nationalistes qui séduisent de plus en plus de citoyens, l'orientation xénophobe est moins politique que culturelle. L'ennemi principal n'est plus le pays voisin, rival menaçant, mais l'ensemble des forces et des flux censés mettre en péril les manières de vivre, de penser et de sentir des citoyens de telle ou telle communauté nationale. C'est à ce titre que l'« américanisation » ou l'« islamisation » des moeurs sont dénoncées.
    Loin d'avoir mis fin aux mobilisations nationalistes, la construction européenne et la mondialisation sont devenues les principales causes de ces réactions nationalistes non prévues par les experts. Cette évolution de nombreuses formations politiques vers une nouvelle forme de nationalisme, un néonationalisme idéologiquement compatible avec le néolibéralisme comme avec le social-étatisme (l'État-providence), a été masquée par le style populiste de leurs leaders, pratiquant l'appel au peuple contre le « système » ou les élites dirigeantes, ainsi que par un étiquetage polémique consistant à les inclure dans la catégorie diabolisante d'« extrême droite », interdisant toute analyse fine et non biaisée de leurs conditions d'apparition, de leurs traits distinctifs et des facteurs de leurs succès électoraux. Il est contre-productif de dénoncer ces formations politiques comme anti-démocratiques, alors que la plupart d'entre elles exigent plus de démocratie et d'engagement civique que n'en permettent aujourd'hui les démocraties représentatives, minées par l'érosion de la confiance entre gouvernants et gouvernés. S'il est légitime de s'interroger, non sans inquiétude, sur cette grande vague national-populiste qui balaie l'Europe depuis une trentaine d'années, il faut aussi reconnaître que la séduction croissante de ces mobilisations idéologiquement nationalistes et rhétoriquement populistes constituent un défi pour tous les citoyens soucieux de revivifier la démocratie sans restreindre le champ des libertés individuelles.

  • Qui sait qu'une partie importante de la population en Turquie - entre 10 et 30 % n'est pas musulmane sunnite, mais hétérodoxe ? L'existence des alévis oblige ainsi à repenser la question de la laïcité et de l'identité nationale turques. En raison de leur différence religieuse, linguistique et sociale, les alévis révèlent une " autre Turquie " souvent passée sous silence dans un pays sommé, à l'heure de sa candidature européenne, d'amender son nationalisme kémaliste et de reconsidérer sa diversité humaine. A travers l'analyse du mouvement aléviste depuis les années 1980, au pays mais aussi en Allemagne, cet ouvrage porte un regard nouveau sur l'enjeu identitaire et les manières de faire de la politique dans la Turquie contemporaine. Il analyse en particulier les changements dus au rapprochement avec l'Union européenne, et aux dynamiques nouvelles en migration, et propose une réflexion novatrice sur les mouvements transnationaux à l'heure de la mondialisation.

  • Au moment où l'on dit nos démocraties représentatives en crise, il a paru intéressant de s'interroger sur le trait distinctif de ce type de régimes - à savoir l'élection des gouvernants par le peuple. La place, le fonctionnement et les justifications de cette procédure de désignation sont ainsi analysés par d'éminents spécialistes des sciences sociales, politiques ou juridiques. L'ouvrage s'ouvre par un article inédit de Jon Elster, dans lequel il se demande ce qu'il est permis d'espérer de ce type de procédures.
    Deux autres contributions (de Pasquale Pasquino et Michel Troper) s'interrogent, en défendant chacune une position opposée, sur la place occupée aujourd'hui par les cours constitutionnelles - par hypothèse non élues - dans des systèmes qui se réclament du principe démocratique. L'élection du président au suffrage universel direct sous la Ve République est également envisagée d'un point de vue critique (Pierre Brunet et Arnaud Le Pillouer), en ce qui concerne aussi bien ses fondements que ses conséquences institutionnelles.
    Enfin, Yves Sintomer présente de façon argumentée les avantages (mais aussi les inconvénients) du tirage au sort des gouvernants, sinon comme une alternative, du moins comme un complément possible de l'élection.

  • Avant-propos de la nouvelle édition La crise de la représentation et son remède Première partie - Le gouvernement de Port-Royal Présentation de la première partie I. L'art de penser ou la politique de Port-Royal 2. Les dépendances de Port-Royal 3. Les contre-dépendances de Port-Royal 4. Harmonies autogestionnaires 5. La parole - acte magique Deuxième partie - L'administration du symbole Présentation de la deuxième partie 1. Malade de son histoire 2. Figures de guérison 3. Achille et la Tortue 4. Politique à mémoire politique sans mémoire 5. Le jugement dernier

  • Dix études sont ici regroupées avec comme fil conducteur, les politiques de l'Histoire définies par rapport aux enjeux politiques de la réflexion sur l'Histoire en Allemagne de la fin du 18e siècle au milieu du 20e siècle. Le risque majeur d'un tel regroupement était de mettre en exergue en vertu de l'ordre chronologique adopté, les penseurs des 18e et 19e siècles comme précurseurs, sur le plan théorique, du grand dérapage totalitaire du 20e siècle.
    En réalité le but est autre, il s'agit de restituer la complexité du lien entre théorie politique et réflexion sur l'Histoire, dans un pays où la naissance de l'historicisme a bouleversé le cadre des questionnements sur le politique. Ce n'est donc pas un enchaînement linéaire des idées mais une analyse des articulations entre politique et Histoire. La deuxième partie de l'ouvrage recherche les éléments pouvant aider à rendre ces articulations intelligibles.

  • Il n'y a peut-être pas, en théorie politique, de notion plus controversée que celle de peuple. A ceux qui, afin de justifier le gouvernement démocratique, l'invoquent et expliquent la manière dont il forme une unité, répondent ceux qui ne voient là qu'un agrégat d'individus sans compétence politique, une foule gouvernée par les passions et prête à suivre les leaders qui la flattent ; et à ceux qui, sans nier qu'il ait pu exister un demos dans les démocraties anciennes, doutent de la pertinence d'un tel principe dans le monde contemporain, répondent ceux qui considèrent qu'il doit rester un fondement intangible de la souveraineté.
    Qu'en est-il réellement du peuple ? Faut-il réaffirmer son existence, alors que les instances post-nationales de pouvoir sont toujours plus nombreuses et les individus toujours plus différents ? Le populisme est-il la vérité d'un régime démocratique qui n'a jamais réellement su donner un statut politique au "peuple", ou sa caricature la plus profonde ? Croisant les approches politiques, philosophiques et historiques, ce livre s'interroge sur la réalité de ce qu'on a, dans l'histoire de la pensée, invoqué sous le nom de peuple et sur les relations complexes que le populisme entretient avec la démocratie.

  • Depuis 2004 l'Europe est devenue plus que jamais un sujet de débats et de suspens. En 2004 l'Europe a radicalement changé de taille, passant de 15 à 25 membres. En 2004 l'Europe s'est dotée, pour la première fois, d'un projet de constitution dont le sort est loin d'être tranché ! En 2004 l'Europe a tout à coup découvert qu'il lui fallait répondre à l'appel de la Turquie. Pour y voir clair dans les troubles qui résultent de toutes ces transformations, l'Académie des sciences morales et politiques a organisé, au cours de l'année de présidence de Michel Albert en 2004, trente-deux conférences qui forment autant de regards croisés et contrastés sur l'Europe. Ces regards sont ceux de personnalités aussi éminentes que diverses : historiens, économistes, sociologues, femmes et hommes politiques, français et étrangers. Dans tout cela, aucune orthodoxie fermée, aucun message normatif, mais le souci de clarifier, de comparer et de confronter en toute liberté.

  • Philosophie, économie, histoire, sociologie, littérature, histoire de l'art, psychanalyse ... autant de sciences humaines qui délimitent les champs du savoir. Autant de disciplines fondamentales présentes de bout en bout dans la collection "Quadrige", à travers les plus grands auteurs, les plus grands titres, les plus grands textes. Quadrige : des ouvrages d'hier et d'aujourd'hui qui sont aussi des textes pour demain.
    La collection se divise en quatre sections : -- Références (dictionnaires, histoire générale ...) jaune pantone 116 -- Textes (Bachelard, Bergson, Durkheim ...) rouge 2718 -- Essais (Laplanche, Levinas ...) bleu 2728 -- Manuels (Ellul, Denis ...) vert green c .

  • La raison d'etat

    Reynie/senellart

    • Puf
    • 1 Mai 1992

    Il apparat au 16e sicle une dfinition de la raison d'Etat, laquelle se rattachent les contributions de cet ouvrage : on se persuade alors que rien ne prside plus efficacement aux destines d'un Etat que la connaissance de ses qualits propres (peuple, gographie, ressources, etc.) et de la manire d'en amliorer l'usage.

  • Les villes européennes vont-elles vers des explosions à l'américaine dans leurs quartiers défavorisés ? les facteurs de convergence sont visibles : déréliction, délinquance, drogue, bandes, violence individuelle, affrontements collectifs avec la police.
    Cette violence au premier regard apparaît comme une ressource de groupes minoritaires : la politisation de l'exhibition de la violence civile se produit par le truchement des médias utilisés comme voix des exclus et moyen de pression sur les autorités. pour autant, les désordres qui font la " une " des journaux télévisés procèdent-ils de la même logique que la rage - type malcolm x - exprimée par les noirs américains quand ils brûlent le drapeau américain ?
    Seule une approche comparative permet de répondre à ces questions.
    Dans chacun des pays étudiés - etats unis, royaume-uni et france -, l'analyse des configurations socio-politiques spécifiques et des outils dont disposent les gouvernants, tant à l'échelon national que local, révèle, en effet, de fortes divergences très éclairantes sur le fonctionnement de nos démocraties.

empty