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  • 2010. L'année du cinquantième anniversaire d'un certain nombre d'états africains a été marquée par la réalisation de processus électoraux sur le continent africain. Neuf élections présidentielles ont eu lieu en 2010 sur ce continent contre douze en 2009, et quatorze étaient prévues en 2011. L'Afrique bouge incontestablement sur le plan politique. Partout en Afrique, les peuples revendiquent légitimement la démocratie. Non pas celle qui leur a été concédée par les pouvoirs en place parce qu'ils y ont été contraints de l'extérieur, mais celle très concrète fondée sur une auto-appropriation de leur destin collectif. Ainsi, pour accompagner ce processus, l'Union africaine a adopté depuis 2007 une Charte pour la démocratie, les élections et la gouvernance. Curieusement, ce nouvel instrument juridique ne semble pas exercer un attrait irrésistible alors que tous les dirigeants politiques africains s'en réclament. Toutes ces contradictions n'empêchent pas de mener une réflexion sérieuse sur le nouveau cadre politico-juridique ainsi institué mais aussi la pratique actuelle de cette organisation régionale africaine. Cette Charte est-elle à la hauteur des enjeux ? Permet-elle à l'Union africaine d'avoir une vraie maîtrise des ressorts de la démocratisation du continent ? L'organisation régionale est-elle en mesure de gérer les crises susceptibles de surgir ? Les peuples du continent ont-ils la maîtrise de leur futur ? Quel est l'avenir de la démocratie en Afrique ? Autant d'interrogations sur lesquelles l'auteur apporte des réponses.

  • Ainsi que l'indique explicitement son titre, l'ouvrage de El Hadji Omar Diop interroge et met à jour les enjeux portés par la notion de neutralité électorale. Aussi s'intéresse-t-il au cas particulier du Sénégal. A qui doit revenir la charge de l'organisation des élections au sein d'un Etat ? Le vote peut-il être soumis au contrôle des administrations de l'Etat ? Quel organisme peut être garant de la neutralité électorale ? A travers son exploration de l'exemple sénégalais, pays qui instaure en 2005 sa Commission Electorale Nationale Autonome, O. Diop nous invite donc à une réflexion sur l'application de la démocratie dans ce pays, passant nécessairement par le contrôle impartial des scrutins. Mais en filigrane, n'est-ce pas aussi à un questionnement sur le fonctionnement de notre - et par extension de toute - démocratie que l'auteur nous incite à entreprendre ?

    Docteur en droit public et titulaire d'un diplôme d'"Administrateur d'élections" du Centre d'études comparatives des élections de l'Université de Paris II, El Hadji Omar Diop est également chercheur au Centre d'études et de recherches sur les droits africains et le développement institutionnel des pays en développement, à Bordeaux.

  • Aux frontières de l'économique, de l'écologique, du technologique et du droit de chacun de se déplacer, l'univers des transports - qu'ils soient automobiles, ferroviaires, maritimes, aériens - s'est imposé en ce début de XXIe siècle comme un intense foyer de réflexion politique nationale et européenne. Pour preuves, les mesures en termes de sécurité, la volonté de l'Union européenne d'établir une feuille de route des actions à mettre en oeuvre pour aboutir à un réseau plus performant, les tensions sociales qui y sont en jeu, l'élaboration de ce que sera la voiture de demain. Autant de sujets qui posent la question du réaliste et du réalisable, du juste et de l'injuste, de l'utopique et du sensé, autour desquels G. Voisin, député spécialiste des questions de transport, livre ici ses doutes et critiques, ses espérances et propositions. Synthétisant cinq années de travail auprès de la Commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale, "L'Homme transporté" sort des limites étroites des cénacles pour exposer à chaque citoyen, non seulement un état des lieux en la matière, mais encore l'avenir qui s'y dessine. Un futur et des projets que G. Voisin analyse dans leur faisabilité, leurs limites, leurs faiblesses et leurs points forts, au sein d'un essai politique au sens noble du terme, c'est-à-dire soucieux d'un meilleur vivre-ensemble, à l'échelle de la France et de l'Europe.

  • Alors que la mise en place de la politique d'émergence prônée par les nouvelles autorités gabonaises fait grand débat dans les milieux politiques et sociaux, l'ambition de cet ouvrage est de proposer à partir de diverses contributions une réflexion globale qui s'attache à rendre le discours sur le «Gabon émergent» plus opérationnel et plus pertinent d'un point de vue scientifique, en lui donnant une relative intelligibilité et en le faisant sortir de la forclusion politique et «théâtrale» dans laquelle il paraît confiné. D'une manière générale, il tente de répondre à une série de questionnements centrée sur la recherche du sens à donner à l'idée même d'émergence au Gabon. Quelle signification précise attribuer au concept de «Gabon émergent» ? Les politiques et les citoyens ont-ils la même perception philosophique de l'«émergence» ? Le Gabon présente-t-il les atouts économiques et institutionnels, et un contexte favorable pour en faire un pays «émergent» ? Faut-il y voir un slogan politique de plus sans incidence majeure sur le fonctionnement de l'État ? Mot d'ordre du président Ali Bongo Ondimba, le principe d'émergence ne laisse pas de susciter questionnements et interrogations quant à ce qu'il recouvre et ce qu'il implique. Coquille vide ou réel projet ? Énième slogan ou voie de développement pour le pays ? Leurre ou écueil ? Tels sont les pôles entre lesquels oscillent les contributions qui se succèdent ici. Des contributions balançant entre pessimisme et propositions pour demain, entre critique et espérances, qui posent néanmoins toutes l'exigence, maintenant, d'une politique gabonaise responsable et transparente.

  • Le chef de terre qui est-ce donc : homme politique ou technocrate ? L'autorité préfectorale, qu'on appelle habituellement le chef de terre, est investie de multiples rôles dont l'importance administrative, sociopolitique et économique est telle qu'elle doit apporter des réponses appropriées à des questions fondamentales : comment, quand et que doit-elle faire pour bien assumer ses fonctions ? C'est autour de ces interrogations que l'auteur détermine les outils théoriques et les recettes pratiques indispensables à la bonne exécution des missions de service public par les autorités préfectorales sur le terrain. À travers ce « Vade-mecum du chef de terre » présenté ici en version bilingue français-anglais, l'auteur vise à accompagner les autorités préfectorales africaines, principaux animateurs des programmes gouvernementaux à la périphérie, à un véritable changement de mentalités pour, non plus imposer, mais dialoguer et convaincre. Porté par une philosophie volontariste associée à un regard critique, ce guide concret et pertinent révèle une mine de conseils et de pistes de réflexion destinées à assainir les relations entre administration et citoyens.

  • Le chômage est-il une fatalité ? Doit-on se résigner à l'exclusion ? Comment venir à bout de la corruption ? Pourquoi l'immigration est-elle une chance ? Et quid d'une construction européenne dont les peuples se sentent de plus en plus tenus à distance ? Sur quelles bases redéfinir les relations France-Afrique et la francophonie ? En prise avec les préoccupations des Français qui ont vu leur quotidien être par exemple assailli par des sujets comme la dette et la crise, l'ouvrage de C. Beng apporte clés de décryptage et grilles de lecture au citoyen inquiet du lendemain. Au fil d'échanges avec S.?D. Rougier, dont on retiendra et la clarté du propos et la volonté de briser certaines idées reçues, C. Beng élabore une pensée politique volontiers iconoclaste, qui ravive encore celle de P. Séguin, dont l'une des qualités fut sans doute de savoir aborder les problèmes avec réalisme et acuité, en les situant dans des contextes élargis.

  • Sans la culture de l'écriture et une bonne connaissance et une pratique de la tradition orale, un peuple est dans d'incapacité de parler de politique, d'éducation, de démocratie ou d'un Etat de droit et encore moins de développement. Autant d'avancées que le Congo s'est vu priver de par ses nombreuses crises sociopolitiques. Si la politique humaniste s'appuie sur les droits civils et politiques, c'est en cultivant ses racines par le dialogue que l'humanité pourra bâtir son avenir. A travers "La tradition et la culture face à la politique en République démocratique du Congo", c'est une radiographie complète de la société congolaise que dresse Constant Tshimbalanga Kalala. Confrontant systèmes traditionnels et nouvelles générations du XXIe siècle, il mène une réflexion pertinente et très documentée sur la démocratie culturelle dans un pays sclérosé à l'ère de la mondialisation.

  • L'abolition de l'histoire et de l'espace dans le discours des acteurs politiques illustre le mythe de l'éternel retour - la fin pour commencement - typique du temps de crise. Lié au concept de « Frontière », il permet d'aborder les fondements mythico-religieux de la société américaine et de décrypter le discours politique comme construction des identités, comme en témoignent les grandes messes électorales du président Barack Obama. Pour comprendre l'Amérique dans son individualité, l'ouvrage s'attache à établir la relation du sens entre mythe, histoire, rhétorique politique et cinéma. Comment décrypter la rhétorique politique et les rouages du « rêve américain » ? De quoi l'obamamania découle-t-elle ? En quoi son image trouve-t-elle son fondement ? Au travers d'une approche interdisciplinaire - histoire, anthropologie, théologie, psychologie. - en s'intéressant notamment aux travaux d'Eliade Mircea, Bastaine Yannick Moubamba décode de manière remarquable la communication politique liée au mythe américain.

  • Après le fiasco politique de 2002, comment les français vont-ils aborder les élections présidentielles de 2007 ? Pour qui allons-nous voter ? D´après André Guillemaut, seulement 20% des électeurs lisent en partie les programmes politiques. Les 80% restants se contentent de suivre leur parti aveuglément. C´est pour cette raison qu´il propose de réécrire sous la forme d´un jeu, tous les programmes des 16 candidats à l´élection du premier tour de 2002 : Pour qui voteriez-vous aujourd´hui ? Inquiet pour l´emploi et la société, l´auteur désire, grâce à ce livre, réveiller la conscience des électeurs afin de ne pas saboter une nouvelle fois les élections présidentielles.

  • Ce livre est une contribution au débat sur la mondialisation et la réforme de l'ordre mondial actuel, contribution basée sur les principales préoccupations de l'humanité d'aujourd'hui et les exigences de son évolution actuelle et future, de même que sur des positions qui n'hésitent pas à remettre en cause nombre d'aspirations, principes, valeurs, choix et pratiques régissant actuellement les communautés humaines.

  • Après plus d'un siècle d'esclavagisme suivi d'une colonisation qui ont fait émerger les valeurs occidentales, comment l'Afrique noire peut-elle se reconstruire, comment l'être noir a-t-il les moyens de recouvrer son identité ? À ces questions existentielles et fondamentales, l'avenir de tout un continent dépend des réponses qui y seront apportées. Convoquant ses pairs pour établir une véritable réflexion, l'auteur allie les théories politiques aux cas pratiques de leurs exécutions et mises en place. D'un style ludique et pertinent, Alfred Mbuyi Mizeka développe les axes de pensée de toute une communauté dans un seul et unique but : recouvrer la dignité et ressouder l'unité du peuple noir. Loin du pathos anti-colonialiste, l'auteur propose de véritables solutions pour améliorer la vie de ses confrères, interroger les pratiques quotidiennes en vue de changer les mentalités.

  • La démocratie représentative a fait ses preuves de par le monde. Elle doit sa longévité au respect d'un certain nombre de principes clairement définis et acceptés par la majorité des femmes et des hommes vivant dans les pays de tradition démocratique. Mais elle doit aussi sa longévité à l'existence d'un contre-système expérimenté dans les pays de l'Est. Cela est si vrai que l'on découvre aujourd'hui de nombreuses tares du système libéral naguère érigé en modèle irremplaçable. Sans prétendre réinventer une démocratie sui generis, la Guinée se doit de chercher le modèle démocratique de sa convenance. Celui-ci doit intégrer les réalités sociopolitiques du pays. Force est de croire, à cet égard, que son chemin de recherche passera par l'analyse du système de partis en vigueur. La Guinée, qui fait l'apprentissage de la démocratie, doit-elle orienter sa vie politique vers un modèle bipartie ou multipartite ? Une problématique ardue que Djibril Kassomba Camara explore et tente de résoudre en s'appuyant sur les forces et faiblesses de chacun de ces modèles, mais encore sur les spécificités de la société guinéenne contemporaine, sur son dynamisme et ses attentes, sur ses lignes de fracture. Éminemment contextualisée mais aussi théorique, la réflexion qui se développe ici se veut encore citoyenne et accessible, l'auteur s'adressant en priorité au Guinéen qui vote pour mieux l'impliquer dans le devenir politique de son pays.

  • Départ imprévu

    Anatole Alfride

    Pour tout habitant de la côte ou d'une île, la mer est synonyme d'espoir, de richesses à conquérir, de pérennité du peuple, mais aussi d'inquiétude, de danger imminent et de proximité de la mort. Les victimes noires du commerce triangulaire ont dû affronter cet océan acharné, écho des esclavagistes européens résolus à les arracher à leur terre et à les emporter de force vers des rivages inconnus. Ce déracinement violent est le sujet de « Départ imprévu ». Empreint d'une poésie certaine tant l'entrelacement des mots et des sonorités se révèle intimement juste et beau, cet ouvrage pourtant écrit en prose prend à bras-le-corps le problème de l'esclavage et plus généralement du racisme qui persiste encore aujourd'hui. S'inscrivant en droite lignée des grands auteurs ayant pris la parole pour le peuple noir, à l'instar de Césaire, Luther King ou Fanon, Anatole Alfride réalise ici un texte remarquablement fort.

  • Au carrefour de nombreux changements significatifs, la société actuelle offre avant tout nombre d'interrogations et d'incertitudes. Analyser et décrypter ne sont pas des tâches aisées, mais demeurent essentielles à la compréhension du monde et à l'établissement de nouvelles perspectives. Fort de son expérience qui englobe rencontres et voyages aux quatre coins du monde, Olivier Tatin propose ses propres pistes de réflexion en sortant des sentiers battus. Écrit sans langue de bois et avec toute sa force de conviction, « Voyageur du monde, dis-moi comment sera demain » est un ouvrage décapant d'un penseur moderne qui dit résolument ce qu'il pense et qui n'a pas froid aux yeux.

  • Les richesses de la République Démocratique du Congo devraient lui offrir une place de choix sur l'échiquier mondial, dont l'image est gérée par un ministère des Affaires étrangères efficace. Mais force est de reconnaître que la diplomatie congolaise n'a pas survécu aux nombreuses crises sociopolitiques que le pays a traversées. Alors qu'aujourd'hui l'État doit aux diplomates de la Deuxième République dix-neuf années de salaire, que les missions diplomatiques se révèlent désorganisées et que le personnel est aux abois, un plan de réformes s'avère nécessaire pour que le ministère des Affaires étrangères puisse espérer relever le défi de la réhabilitation d'un secteur vital pour l'État congolais.

  • S'il est un homme qui incarne plus que jamais l'Algérie contemporaine, cet homme est A. Bouteflika, qui porte à son crédit la réconciliation nationale, la lutte contre la corruption, l'essor économique de son pays, sa reconnaissance sur la scène diplomatique. Un politicien qui a réussi à surmonter une décennie noire, qui n'a cessé d'oeuvrer pour les siens, qui a su affronter ses ennemis et se rallier la cause du peuple, un être de promesses tenues et d'actions dont A. Houmad établit aujourd'hui le bilan. Quel état des lieux dresser de l'Algérie ? Quels ont été les chantiers auxquels s'est attelé A. Bouteflika ? Quelles sont ses indéniables réussites ? Comment a-t-il bouleversé la donne ? Essai portant sur l'oeuvre du président qui a voulu unifier son peuple, le présent ouvrage rend compte, non sans reconnaissance et ferveur, de l'inattendue transformation d'un pays qui était au bord du chaos, tout autant qu'il esquisse le portrait d'un chef d'État volontaire et témoigne de l'engagement de l'auteur auprès de celui-ci.

  • Drôle de planète

    François Dauphin

    La petite Elisa est heureuse, son papa est là pour le week-end. Maman est en villégiature en Espagne. Tous les deux vont pourvoir converser librement pendant toute la promenade. Mais bien vite, la petite fille s'avère intarissable, pose des questions et nous fait part des ses réflexions sur le monde des adultes d'aujourd'hui . qu'elle ne comprend pas.

  • Sourde et pernicieuse, la violence (et son corollaire, la domination) se développe, au-delà des coups et des armes, à tous les degrés d'une organisation sociale, qu'ils soient structurels, économiques, politiques ou encore institutionnels. Véritable hydre, elle cerne de toutes parts un groupe humain réduit à l'impuissance et empêché dans son progrès. En cela, elle sclérose, annihile, détruit implicitement son dynamisme et ses ambitions. Véritable système aux rouages complexes, elle touche depuis plusieurs décennies un Congo-Brazzaville littéralement désillusionné et placé dans la dépendance des grandes compagnies pétrolières et des pays occidentaux. La dénoncer n'est qu'une étape vers son endiguement. La déconstruire, en déceler les origines et les ramifications sont l'étape suivante, nécessaire, vitale pour son éradication. Tel est le projet qui sous-tend l'essai de Michel Ange Tsiba qui analyse avec une rare acuité les tares qui frappent le Congo et le maintiennent dans un immobilisme douloureux.

  • How can one explain movements of immigrationoe What can well push thousands of men and women to leave their city, their country, their families, to tempt a new adventureoe The despair, the dream, money, the flightoe And how are these immigrants welcomedoe How do they influence the economy of the country who shelters themoe In presenting the regions of the Caribbean and of Central America as a basis, Alfredo Reid-Ellis gives us details and explicits the different faces of migration. He puts in relief with dexterity its evolution through the years, but especially the own specificities of this region of the world.

  • Sportivement politique

    Alain Herbet

    Un calcul des subventions à réformer, une politique territoriale à réviser, un budget à réévaluer, de nouveaux acteurs à convoquer, un rôle du département à préciser, des équipements à rénover, un sport de haut niveau à défendre. Alain Herbet pointe ici du doigt les défaillances en matière de politique sportive. Valdoisien de coeur, appartenant au tissu administratif de son département, consterné et d'autant plus motivé par l'ampleur de la tâche qui attend un Conseil Général aux moyens limités et aux ressorts complexes, il signe aujourd'hui un essai qui fera date par son intransigeance et son humilité, par son honnêteté et son engagement auprès de tous ceux qui réclament enfin les ressources, matérielles et/ou financières, pour exercer ce qui ne saurait se limiter à un simple passe-temps.

  • L'histoire a besoin de dates et de figures autour de desquelles s'articuler et s'organiser. De plus en plus des secondes semble-t-il, la faute à une ère où l'image est reine. Or, parce que celle-ci demeure fixe et inamovible, parce qu'elle s'élève souvent à l'icône (qu'elle soit chargée de positivité ou de négativité), elle ne permet qu'une lecture caricaturale et partielle des faits, des révolutions, des héritages, des bouleversements sociopolitiques, des idéologies. Des analyses biaisées et à oeillères contre lesquelles s'érige l'essai de Jean-Luc Bigot, dont les efforts iconoclastes percent les glacis de la mémoire pour laisser poindre une approche plus raisonnée, dépourvue de sensibilité, du passé. L'histoire n'est pas établie par l'action et sous l'impulsion de quelques-uns. Infiniment plus complexe, se faisant et se défaisant à travers un réseau complexe de facteurs (humains, sociaux, économiques, politiques), elle doit être appréhendée dans toute sa subtilité et refuser son appropriation, directe ou indirecte, par quelques hommes ou femmes embématiques dont les actions doivent parfois être rééxaminées. Tel est le projet qui soutient ce parcours au travers des légendes noires ou dorées, l'essayiste s'employant à pulvériser les réductions sclérosantes.

  • La chute du Mur de Berlin, la transformation d'un monde autrefois bipolaire en un système de relations internationales plus complexes et le soucis de composer désormais avec l'Europe de la Défense, d'une part, les dysfonctionnements d'une coopération traditionnelle, compromise, discréditée et dénoncée consécutivement au fiasco politico-humanitaire sur fond de génocide au Rwanda, d'autre part, constituent autant d'éléments explicateurs de la remise en cause et la redéfinition aussi bien du contenu que de la répartition géographique de la coopération militaire française ; redéfinition décidée par le Conseil de Défense du 3 mars 1998 qui, en identifiant un spectre typologique de nouvelles actions à mener pour chacune des trois composantes de la coopération militaire, a décidé, non seulement, de la réorganisation du dispositif, de la fixation de doctrines régionales, mais également, de la définition des priorités par région. En Afrique, la nouvelle coopération, conçue et pilotée par un noyau décisionnaire reconfiguré, s'articule autour de deux concepts : RECAMP et ENVR dont la mise en oeuvre, en dépit de quelques péripéties, semble susciter l'adhésion des récipiendaires tant ils viseraient à aider à ce que les armées locales soient mieux équipées et mieux entraînées pour la prise en charge autonome des menaces et des vulnérabilités, à ce que les Etats développent des structures de formation militaire et d'encadrement pédagogique autonomes au sein desquelles les enseignements tiendraient compte des réalités technologiques, géopolitiques et géostratégiques propres au continent, à ce que ces structures acquièrent progressivement une excellente renommée internationale grâce aux efforts de multilatéralisation, garante de la qualité des enseignements dispensés et de la crédibilité des diplômes octroyés.

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