Pu De Rennes

  • Sous l'effet récent d'un coup de baguette magique législatif, la plupart des grandes agglomérations françaises sont devenues des métropoles reconnaissant ainsi une réalité à l'oeuvre depuis plusieurs décennies. Mais le changement de vocabulaire n'est qu'une étape vers une gestion plus intégrée de territoires aux tensions très fortes du fait des pratiques de mobilité, en leur sein, comme à leur périphérie.
    Comment peuvent se faire écho les nouvelles échelles de gestion politique de ces mobilités et les pratiques sociales ? A l'écart des controverses et avec recul historique, cet ouvrage fait le choix d'observer plusieurs territoires français confrontés à ces questions. Il se fonde sur des cas diversifiés, de l'incontournable exception parisienne à des situations plus courantes, comme celle de Brest ou de territoires ruraux polarisés par des centres urbains pourtant distants, pour lesquels l'automobilisme joue toujours un rôle majeur.

  • Les crises sanitaires, environnementales et sociales des dernières décennies ont mis en question le modèle industriel de production agricole et alimentaire. Le grand public s'immisce désormais dans les débats sur les façons de fabriquer et distribuer nos aliments, auparavant confinés aux négociations entre pouvoirs publics, profession agricole et industriels. Fait biologique premier, fait social incontestable, l'alimentation s'affirme aujourd'hui comme fait politique.

    Qui gouverne le système alimentaire et influence les décisions publiques ? Qui innove et expérimente d'autres systèmes alimentaires? Comment sont pris en compte les enjeux environnementaux et sociaux liés à l'alimentation ? A partir de recherches originales sur la défiance, la gastronomie, le gaspillage, la sécurité alimentaire, la FNSEA, l'agriculture raisonnée, la lutte contre l'antibiorésistance, les politiques locales, l'agriculture biologique, les marchés de gros, les circuits courts, la pêche durable ou encore la pisciculture, cet ouvrage aborde ces questions sous un jour nouveau.

    Malgré un consensus politique apparent faisant de l'alimentation un enjeu majeur, celui-ci s'avère particulièrement fragile lors de la définition et de la mise en oeuvre concrète des politiques alimentaires. Face aux attentes grandissantes des mangeurs, les acteurs du système alimentaire agroindustriel développent des stratégies de canalisation des critiques et de résistance aux potentiels changements.

    Un éclairage indispensable pour toutes les personnes s'intéressant à l'évolution contemporaine des systèmes alimentaires.

  • L'oeuvre de Michel Dobry apparaît comme une des plus singulières et fécondes dans l'univers de la science politique contemporaine. Les réflexions tirées de Sociologie des crises politiques, récemment réédité, sont soumises ici à des épreuves empiriques et des questions théoriques renouvelées. Les hypothèses et méthodes proposées dans le livre de 1986 y résistent bien : elles permettent de saisir les logiques des basculements historiques, de ces moments où les repères ordinaires s'effondrent et où la légitimité des dirigeants s'épuise brutalement. Et parce que cette sociologie nous engage à saisir l'effectuation même de ces processus d'écroulement, sans postuler qu'ils doivent tout à des causes lointaines, sans faire du résultat des crises le moteur de leur déroulement, elle est un des remèdes efficaces contre ces lectures étiologiques et rétrospectives qui encombrent l'histoire des révolutions. D'autres points sont soumis à la question : comment la sociologie des crises s'accommode-t-elle d'une sociologie de l'habitus avec qui elle entend cohabiter, ou encore comment intègre-t-elle l'historicité des sciences sociales : est-on voué à penser la crise sur le mode de la contingence ou faut-il viser une épistémologie à prétention nomologique souvent laissée aux seules sciences dures ?

    Nul doute qu'il y a là des interrogations qui traversent les sciences sociales contemporaines et auxquelles un entretien avec Michel Dobry, publié en fin de volume, apporte quelques réponses.

    Brigitte Gaïti et Johanna Siméant-Germanos, coordinatrices de cet ouvrage, sont professeures de science politique, respectivement à l'université Paris 1 (CESSP) et à l'Ecole normale supérieure (CMH). Le livre rassemble les contributions de Assia Boutaleb, Yves Buchet de Neuilly, Annie Collovald, Bruno Goyet, Jean-Philippe Heurtin, Brian Jenkins, Liban Mathieu, Frédérique Matonti, Violaine Roussel, Carole Signtan, Zeev Sternhell, Frédéric Vairel, et Sebastiâo Velasco e Cruz.

  • En 1966, H. Becker écrivait que « les sociologues aiment parler de fonctionnement, de processus, etc., mais [que] leurs méthodes les empêchent, en général, de saisir concrètement les processus dont ils parlent si abondamment ». Près de cinquante ans plus tard, les techniques permettant de saisir les processus in itinere, que l'on a pris pour habitude de qualifier de longitudinales se sont développées. Ces méthodes de recueil et d'analyse longitudinales sont rarement discutées ensemble et sont au contraire souvent présentées comme constitutives de traditions de recherche opposées. C'est à ces différentes manières de faire usage des techniques longitudinales que cet ouvrage voudrait constituer une introduction.

    Avec le soutien de l'unité de recherche « Mobilité, logement, entourage » de l'Ined - Institut national d'études démographiques, du Curapp et l'université Picardie Jules Verne.

  • Comment des hommes deviennent des militants féministes ? Dépassant l'apparent paradoxe de la question, ce livre y répond en développant une sociologie historique et politique de cet engagement statistiquement minoritaire et socialement improbable. À partir d'entretiens biographiques avec des militants et de sources d'archives diversifiées, il analyse ainsi les contextes historiques et militants et les trajectoires sociales qui ont rendu possibles ces engagements féministes en France, depuis les débuts de la Troisième République jusqu'à la période contemporaine.

  • Au-delà des rhétoriques de la déploration sur le " silence " ou la " fin des intellectuels ", que reste-il de ce rôle de " préceptorat de l'opinion publique " parfois prêté aux clercs ? Trente ans après l'essai de Régis Debray sur Le Pouvoir intellectuel en France, les études réunies à la suite d'un colloque organisé à ta faculté de droit et de science politique de Rennes en janvier 2010 revisitent ce thème.
    A côté des figures hexagonales (Raymond Aron, René Guénon, Bernard-Henri Lévy et Pierre Bourdieu) ou étrangères (Jürgen Habermas, Charles Wright Mills) émergent des formes originales d'intervention dans l'espace public. Qu'ils se définissent comme catholiques ou européistes, qu'ils empruntent la forme des think tanks à l'image des Thirdwayers britanniques, des prophètes libertariens américains ou des Chicago boys chiliens, ces intellectuels collectifs témoignent de la vitalité et de la variété des engagements.
    Si l'histoire des intellectuels a multiplié les taxinomies, distinguant intellectuel prophétique, spécifique, médiatique, démocratique, la mosaïque des figures évoquées offre, sur fond de contextualisation, une relecture des liens complexes, d'attraction et de répulsion, qu'entretiennent les intellectuels à l'égard du champ politique et du pouvoir. De la contestation radicale du " Trotsky du Texas " (Mills) aux entrepreneurs intellectuels proches de Tony Blair et de la Troisième Voie, de l'intellectuel de cour béhachélien à l'intellectuel " total " bourdieusien, c'est toute une palette contrastée de postures qui se décline et révèle les mutations advenues.
    Des " Idiots utiles " aux prophètes d'institution ?

  • Cet essai propose une façon de comprendre les processus intégrateurs dans les sociétés divisées, basée sur l'observation des développements politiques en Europe centrale et orientale depuis 1989. L'absence de conflits violents dans ce contexte amène l'auteure à explorer la formation de la « colle » qui tient ensemble les groupes culturels autrement divisés : le rapprochement des mémoires collectives, l'élaboration des lois linguistiques et éducationnelles, les formes de représentation politique et le rôle des acteurs externes, dont l'Union européenne.

  • Dans une perspective de politologie lexicale, ce livre veut saisir le mot Grenelle dans ses dimensions historique, sociopolitique et lexicale. Pourquoi emploie-t-on cette expression ? Comment a-t-elle évolué ? Connaît-elle des concurrents ? Bien qu'elle soit plus ancienne, la diffusion de la formule doit beaucoup au Grenelle de l'environnement tenu en 2007. Mais comment cette opération, précisément, a-t-elle été menée ? Quelles en sont les origines et les enjeux politiques ?

  • Cet ouvrage étudie les politiques d'intégration des jeunes en France et en Europe, leurs enjeux, leurs histoires et leurs contenus. Il s'agit de comprendre comment la France se situe vis-à-vis de cette frange de la population qui attire l'attention des politiques sans que l'intervention de l'État soit suffisante. Or, intégrer et mobiliser la jeunesse sont des enjeux vitaux pour le développement de la société.

  • Cet ouvrage analyse l'origine, le contenu et la mise en place des réformes managériales qui se sont succédées depuis trente ans au Royaume-Uni, ainsi que leurs conséquences pour les usagers et pour les professionnels (médecins, infirmières et personnels paramédicaux). A. Kober-Smith s'intéresse particulièrement au programme de santé mis en oeuvre par les néo-travaillistes et s'efforce de dresser un bilan de leur action. Cet ouvrage s'adresse principalement à un public de professionnels de la santé, de cadres hospitaliers, de chercheurs et d'étudiants s'intéressant aux politiques sociales et de santé.

  • Ce livre analyse l'utilisation et le contrôle de la télévision par le général de Gaulle, mettant en évidence le rôle joué par l'association du pouvoir charismatique et de la télévision dans l'évolution présidentialiste des institutions de la Ve République. De ses débuts hésitants face aux caméras jusqu'à la campagne de 1965 et Mai 1968, ce livre met en scène le premier leadership télévisuel de l'histoire de l'Europe contemporaine, usage que ses adversaires dénoncèrent sous le terme de « télécratie ».

    Avec le soutien du SEPS.

  • L'étude de Benjamin Ferron propose de revenir sur les stratégies politiques et médiatiques d'un réseau transnational de militants, le zapatisme mexicain, souvent considéré, après son émergence en 1994, comme le principal initiateur des mobilisations altermondialistes qui ont marqué les années 1990 et 2000. L'auteur compare les stratégies déployées par les militants de ce réseau pour construire publiquement une cause « globale » centrée sur la lutte contre la mondialisation néolibérale et, progressivement, le problème de la démocratisation des médias au Mexique et dans le monde.

    Avec le soutien de l'université Rennes 1.

  • La défaite électorale est un phénomène structurant de la vie politique démocratique. Rares sont les hommes politiques à ne jamais y avoir été confrontés, soit directement en tant que candidats, soit indirectement en tant que militants, collaborateurs ou membres d'un comité de campagne. Cet ouvrage propose une plongée du côté de ces battus des élections, qui, éclipsés par les glorieux vainqueurs, n'ont jusqu'à présent suscité qu'un intérêt de recherche réduit. En réunissant des contributions empiriquement fondées sur des expériences variées de défaites électorales, dans différents contextes historiques, géographiques et politiques, il se donne pour objectif de mieux saisir les enjeux symboliques et matériels de la défaite aux niveaux individuel et collectif.

    Trois angles d'analyse complémentaires sont plus particulièrement explorés par les auteurs : le premier centré sur la production du verdict de défaite, le deuxième sur les potentielles bifurcations biographiques des battus et enfin le troisième sur les appropriations partisanes de la défaite.

    Les études de la défaite "au concret" ici réunies ouvrent ainsi des pistes de recherche originales pour interroger de manière novatrice les processus de (dé)construction des carrières politiques, d'engagement et de désengagement politique, de transformation des milieux partisans ou encore de définition des règles de la compétition électorale.

  • Ce que le politique fait à la communication et ce que la communication fait au politique : cet ouvrage interroge le travail de légitimation des décisions politiques sous l'angle de la « communication publique ». Il en ressort que la compréhension de ce travail ne peut désormais faire l'économie d'une approche attentive à la sociologie des acteurs et à l'analyse des pratiques discursives ou sémiotiques, tant les manières de faire des acteurs sont indissociables des discours qui les fondent.

    Avec le soutien de l'université Paris-Est.

  • Que sont et que font les émotions en politique ? Ce livre ouvre à nouveau le débat et en propose les illustrations, les limites, les orientations disciplinaires. Volontairement courtes, les vingt-deux contributions s'emparent de la banalisation des émotions en politique et en étudient les propriétés, en cernent les mécanismes à l'épreuve de plusieurs disciplines, parmi lesquelles, dans le creuset qu'est la science politique, la sociologie, l'anthropologie, l'histoire, la musicologie, l'histoire de l'art.

    Avec le soutien du CEPEL et du Pacte des universités de Montpellier et de Grenoble.

  • La loi sur le droit au logement opposable du 25 mars 2007, dite DALO, introduit une possibilité de recours à la justice administrative afin de permettre aux personnes sans domicile ou mal-logées d'accéder à un logement adapté, sous peine de condamnation de L'État. Adoptée dans la foulée du mouvement des Enfants de Don Quichotte, la loi est annoncée comme une avancée décisive en matière de protection sociale. Présentée comme une "opération vérité", sa mise en oeuvre doit fournir une représentation d'autant plus juste des besoins urgents et prioritaires de logement qu'elle se fonde sur le recours à la justice. Si la loi DALO permet de lutter contre certaines discriminations dans l'accès aux HLM, elle peine toutefois à s'appliquer. A l'aube de son dixième anniversaire, les condamnations de l'Etat s'accumulent, quand bien même le tri des requérants dont la situation est reconnue prioritaire et urgente s'avère de plus en plus strict. En outre, des risques de ghettoïsation des quartiers populaires liés au relogement au titre du DALO sont régulièrement dénoncés par des élus locaux et relayés jusqu'au gouvernement.

    Au croisement de l'analyse des politiques publiques, de la sociologie du droit et de la sociologie urbaine, cet ouvrage donne à voir une tentative de rationalisation de l'action publique par le recours à la justice, tout en pointant ses limites et ses effets pervers. A travers une approche transversale - des sommets de l'Etat aux demandeurs de logement - et la combinaison de méthodes qualitatives et quantitatives, il éclaire les transformations des politiques du logement des personnes défavorisées, mais aussi, plus largement, les logiques du recours croissant à la justice dans la gestion du social.

  • En 1998, le Portugal a officiellement reconnu que, comme de nombreuses nations, il possédait au sein de ses frontières une minorité linguistique territorialisée. Michel Cahen brosse l'histoire de cet isolat asturo-léonais en terre lusitanienne, la Tierra de Miranda, et il montre pourquoi cette minorité linguistique n'est pas devenue une minorité nationale. Pour autant, cette « limitation » dans la trajectoire identitaire mirandaise n'en fait pas une question seulement culturelle et encore moins folklorique : la survie et la promotion de la langue mirandaise et, plus généralement, de la culture spécifique qui lui est attachée, est une question politique relative à l'égalité des droits des citoyens au sein de la République.

    Préface d'Alain Viaut * La Tierra de Miranda, histoire et idéologie * De la langue à l'identité * La loi de reconnaissance * La persistance contemporaine du mirandais * Folklorisation versus culture populaire ?
    * En être ou pas ?
    * Le Portugal et la Charte européenne des langues régionales et minoritaires * Crise finale ou salutaire

  • Ce livre restitue l'histoire des transformations dans le contenu des pages Politique d'une dizaine de quotidiens et d'hebdomadaires nationaux. S'appuyant sur une vaste enquête auprès des protagonistes de cette histoire, il met à l'épreuve trois scénarios explicatifs qui interrogent les incidences respectives de l'évolution des règles du jeu politique, des reconfigurations économiques de l'espace médiatique et du renouvellement générationnel des services Politique.

  • Cet ouvrage entend rompre avec les jugements de valeurs qui alimentent de façon récurrente « la crise de la représentation ». Le parti pris est ici de ré-insèrer la représentation politique issue du suffrage universel dans l'espace de la compétition permanente pour la représentation des intérêts sociaux. L'élection est ainsi envisagée comme une modalité et une temporalité, spécifique mais non exclusive, de désignation des représentants et de légitimation des groupes qu'ils prétendent représenter.

    Avec le soutien de l'université de La Rochelle.

  • La laïcité française, loin d'avoir été un simple aménagement technique des rapports entre l'Eglise et l'Etat, a longtemps figuré au nombre des principes fondamentaux de la société française : elle visait à asseoir l'ordre politique sur les prescriptions de la raison universelle, à reléguer les appartenances confessionnelles dans la sphère privée et à instituer l'Etat en conscience rectrice de la communauté des citoyens.
    Or, depuis quelques années, ce modèle est sévèrement questionné. A la " séparation-neutralité " qu'il impliquait tend à se substituer, sur fond de crise de l'ethos républicain, une " séparation bienveillante " davantage ouverte à la publicisation des allégeances particulières. Cet ouvrage, issu d'un colloque tenu à Rennes à l'automne 1999 sous le patronage de l'Association Française de Science Politique, entend examiner les conditions de cette mutation.
    Après s'être arrêté sur la signification originelle du système français de laïcité, il s'emploie, d'une part, à décrypter les raisons de son obsolescence et, d'autre part, à analyser les modalités tout à la fois intellectuelles et normatives de sa recomposition. Si la laïcité demeure bien une " valeur d'aujourd'hui ", c'est au prix d'une transformation significative de son contenu.

  • " Tabou " est un terme plurivoque dont les usages font signe d'abord vers une réalité ethnographique, vers un concept des sciences sociales - particulièrement de la psychanalyse - ensuite, puis vers des repères sociaux qui sont en constantes remises en question et que certains s'efforcent d'ébranler à grand fracas.
    C'est l'actuelle inflation de l'expression, employée dans divers domaines, qui nous a conduit à faire son histoire et l'analyse critique de ses instrumentations à partir d'une approche pluridisciplinaire. A cette tâche a été consacré le 15e Forum Le Monde/Le Mans, qui s'est tenu du 24 au 26 octobre 2003, dont ce volume rassemble les actes. Dès le début du XXe siècle, certains anthropologues estimèrent que la valeur du " tabou " était plus pittoresque que légitime, sorti du contexte polynésien où il avait été découvert par tes grands navigateurs du XVIIIe, - à commencer par James Cook, le premier à en déceler l'existence.
    Mais bien loin de mettre fin à l'emploi de " tabou ", ces réserves laissèrent au contraire Le champ libre à une utilisation potentiellement universalisable du terme. Au début du XXIe siècle, " tabou " a tendance à désigner, non sans susciter de l'agacement, les barrières que tel ou tel groupe est censé ériger devant la liberté d'expression, fût-elle celte d'énoncer les opinions les plus scabreuses ! Particulièrement visé est ce que l'on a appelé aux Etats-Unis la Political correctness (le " politiquement correct ").
    Qu'y a-t-il de légitime ou d'illégitime dans ce genre d'exaspération ? Dans les réponses qui sont données aux questions soulevées par ce recours au " tabou " se dévoilent de nombreux enjeux, essentiels non seulement à notre compréhension de la démarche scientifique, de ta littérature comme de l'art contemporain mais aussi de la vie démocratique.

  • L'élargissement de l'Union européenne en mai 2004 à 10 nouveaux membres est exceptionnel par le nombre de pays concernés et par leur spécificité, la plupart d'entre eux ayant connu jusqu'à la fin des années quatre-vingt un régime politique et socio-économique différent des pays de l'Union européenne. La préparation de cet élargissement est donc étroitement imbriquée avec leur transition, la perspective de l'intégration à l'Union européenne lui donnant une orientation générale et constituant une stimulation à la poursuite des transformations systémiques. Pour autant, 2004 ne signifie pas la fin de leur transition, en particulier pour la Bulgarie et la Roumanie qui n'intégreront l'Union européenne qu'en janvier 2007. Ce nouvel élargissement ne sera pas le dernier. Il laisse en effet de côté les Balkans occidentaux auxquels la perspective de l'intégration a été affirmée par l'Union européenne en juin 2003. Pour ces pays, marqués par la dislocation conflictuelle de l'ex-Yougoslavie, cette perspective a une dimension de stabilisation politique régionale, avec cependant les aléas de l'action extérieure de l'Union européenne. Se pose également la question de l'intégration à terme de la Turquie avec laquelle l'Union européenne a engagé des négociations depuis 2005. Ces thèmes sont traités au fil des contributions qui, dans une perspective pluridisciplinaire, croisent les regards économiques, juridiques et politistes de la part de spécialistes issus des pays de l'Union européenne comme de ceux concernés par ces élargissements.

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