Le Temps Des Cerises

  • En 1818, en pleine période de Restauration, quand la faillite de la Révolution française paraissait évidente, même ceux qui l'avaient d'abord saluée favorablement se préoccupaient de prendre leurs distances avec l'événement historique commencé en 1789 : la Révolution française aurait été une erreur colossale ou, pire, une honteuse trahison de nobles idéaux. Byron allait en ce sens lorsqu'il chantait : « Mais la France s'enivra de sang pour vomir des crimes / Et ses Saturnales ont été fatales / à la cause de la Liberté, en toute époque et pour toute la Terre ».
    Devons-nous aujourd 'hui faire nôtre ce désespoir, en nous limitant seulement à remplacer la date de 1789 par celle de 1917 et la « cause de la Liberté » par « la cause du socialisme » ? Les communistes doivent-ils avoir honte de leur histoire ? Réfutant avec une grande rigueur historique et un style brillant les lieux communs de l'idéologie dominante, Losurdo met en évidence l'énorme potentiel de libération issu de la révolution russe et de la révolution chinoise.

  • Les gouvernements de Modibo Keita au Mali, de Sekou Touré en Guinée, de Gamal Abdel Nasser en Egypte, de Ben Bella en Algérie, de Mengistu en Ethiopie, de Sankara au Burkina Faso, etc., ont soulevé en leur temps un véritable enthousiasme populaire ; puis ils se sont effondrés, parallèlement à l'URSS et ses alliés européens, et ils ont été réduits dans la mémoire à une image sombre, une succession d'échecs, d'actes arbitraire, de crimes.
    Il est temps d'en venir à une analyse sérieuse de ces épisodes « socialistes » africains, évitant à la fois le panégyrique nostalgique et la criminalisation. Chacun des 14 auteurs a traité le pays dont ils étaient spécialiste ; universitaires et /ou acteurs, ils ont bien connu ces périodes charnières.

  • La résistance irakienne a la parole : à travers cet ouvrage, le second que l'Appel Franco-Arabe consacre à la question irakienne, nous voulons à travers des informations recueillies auprès de sources diverses souvent ignorées des principaux média, faire connaître la véritable résistance irakienne, ses analyses de la situation présente, ses projets pour une société respectueuse des diversités, pour un État unitaire, souverain et démocratique, et finalement ses espérances qui sont aussi pour l'essentiel les nôtres.
    Des forces et des intérêts gigantesques s'opposent certes à cette renaissance, mais quand un peuple veut se faire nation, ceux qui le combattent apparaissent toujours finalement pour ce qu'ils sont, les ennemis de tous les peuples.

  • « Tant de livres ont été et sont encore écrits sur le génocide « rwandais » qu'il serait tentant d'en esquisser une comparaison. Mais comment rapprocher des genres aussi différents que les témoignages à chaud d'acteurs de l'humanitaire présents sur le terrain pendant la période des massacres [..], les enquêtes institutionnelles ou d'ONG de défense des droits de l'homme [..], des témoignages de rescapés du génocide, des travaux universitaires, qui apportent, à partir de points de vue, de connaissances diverses et de pratiques professionnelles différentes, des éclairages tout aussi diversifiés ? Jean Chatain connaît bien toute cette production, et il le montre dans l'usage qu'il en fait dans son livre, Paysage après le génocide. Cependant, il a un parti pris, qui est celui d'un journaliste et qu'il assume totalement, dans la forme narrative comme dans la perspective d'analyse. Journaliste à L'Humanité, Jean Chatain est un des rares grands reporters français (avec sa consoeur Monique Mas de Radio France Internationale qu'il cite abondamment) à avoir couvert la période des massacres et du génocide (avril-juin 1994) en suivant dans ses mouvements le Front patriotique rwandais (FPR) qui combattait les forces du gouvernement rwandais et l'armée régulière sous la responsabilité desquels étaient commises les atrocités. Il a donc enquêté « à chaud », et c'est, entre autres aspects intéressants, cela qui confère à son livre un caractère saisissant. » Extrait de la préface de José Kagabo.

  • Ce livre se propose d analyser les raisons du recul du PCF et son avenir possible. Ce recul s apparente, en effet, à une forme de « séisme social » dans la vie politique française compte tenu de la place occupée par le PCF et de l ampleur de ce recul dans un temps extrêmement bref. Les profondes transformations de la société française, les mutations politiques (union de la gauche, prédominance du PS...), la stagnation des sociétés socialistes précédant leur effondrement... se télescopant dans une courte période historique et le fait que le PCF se déclare prêt dans la décennie 1990 à les prendre en compte créaient, du point de vue de l auteur, des conditions favorables à la libération de la parole militante et à son expression sous la forme d entretiens approfondis. Les entretiens qui fournissent la matière de cet ouvrage ont concerné ceux qui, à un moment ou un autre, ont fait l histoire de ce parti, qu ils en soient encore membre ou l aient quitté : toute la « diaspora » communiste en somme. Ils concernent toutes les catégories de militants parmi la quarantaine d entretiens réalisés on trouve aussi bien des dirigeants d hier ou d aujourd hui, des « intellectuels », des élus nationaux ou locaux , d anciens ministres mais aussi des militants de base. Ont participé à ces entretiens : Marie-George Buffet, Martine Bulard, Simone Brigando, Jean-Pierre Brovelli, Elsa Cayron, Sophie Celton, Daniel Fontaine, Jean-François Gau, Daniel Guérin, Gaston Lenfant, Fabien Marion, Roger Martelli, Maurice Perche, Jack Ralite, Marel Rigoult, Jacqueline Rouillon, Alain Ruscio, Antoine Spire, Marcel Tassy...

  • Dans ce volume (dont le titre original en anglais est « Hold everything dear ») sont réunis des articles et des essais écrits par John Berger au cours de ces dernières années et pour la plupart publiés dans de grands journaux internationaux, (Le Monde diplomatique, El Pais, le Times...).
    John Berger, (qui vit en France depuis de nombreuses années, dans un village de montagne, et qui est sans doute l'un des intellectuels anglais les plus marquants d'aujourd'hui) y traite de nombreux sujets : du pouvoir de la désinformation ou de la lutte contre le terrorisme à Mahmoud Darwish et à la Guerre à Gaza, de nos rapports aux morts, au pouvoir de l'art ou à la puissance du désir...
    Chaque fois, il allie la plus grande attention à la réalité sensible, un regard d'écrivain empreint de sympathie et de compassion, avec l'esprit critique le plus aigü et une grande exigence de lucidité.
    Ce beau livre est celui d'une conscience sensible, attentive au devenir de la civilisation humaine.

  • Cet essai a pour but de présenter la culture communiste et progressiste-révolutionnaire au sein du régime capitaliste français - qu'on l'appelle libéral ou néo-capitaliste - c'est-à-dire face à un ensemble d'intérêts et de pressions qui s'exercent dans leur milieu naturel, celui de l'inégalité sociale et de rapports de classes érigés en système. Seront rappelées des luttes, initiatives et réponses, depuis le congrès fondateur du P.C.F. en 1920 et après, lors de moments majeurs du mouvement social, jusqu'à l'aube du XXIe siècle.
    Complétées par des références à l'oeuvre du théoricien Karl Marx, les paroles communistes rapportées ici ont pour origines des : livres et revues, articles, tracts, cours des Universités populaires, propos de conférences et de meetings, débats, et même chansons.
    /> Une source particulièrement considérable est l'ensemble des analyses du journal L'Humanité en ses milliers d'exemplaires, au fil des années. Enfin, cet essai rend compte de l'influence d'ouvrages antérieurs à 1920, d'ouvrages étrangers aussi, puisque la culture communiste, émanant âu départ de l'internationalisme prolétarien, est constituée de ce qu'elle a reçu comme de ce qu'elle-même produit : luttes liées aux idées de classe,de peuple, de nation.

  • « Les pages qui suivent ne constituent en aucune manière une « histoire de l'ère de Bandoung ». J'ai proposé, dans de nombreux articles et ouvrages qui couvrent la période, des réflexions et des analyses concernant de nombreux aspects des réponses que les peuples concernés du Sud ont apportées à l'époque aux défis de l'impérialisme dominant. Il s'agit ici de Mémoires qui comportent nécessairement et toujours une dimension personnelle marquée, et ajoutent peut-être, je l'espère, aux analyses proposées.
    Les activités de l'Institut africain de développement de l'ONU - IDEP - (de 1970 à 1980) puis du Forum du tiers-monde - FTM - (à partir de 1980) - séminaires et conférences, ateliers de recherche - la poursuite de mes recherches personnelles comme l'occasion offerte par des missions de consultation - de gouvernements et d'organisations politiques - auxquelles il me paraissait utile de donner suite, m'ont offert la possibilité de connaître a peu près le monde entier - Australie et îles du Pacifique exclus. Je n'infligerai pas au lecteur une énumération de mes voyages qui risquerait de lui faire croire que j'exerce la profession de tour operator ou que j'appartiens à la surclasse (pour employer le terme stupide et vulgaire d'Attali dont Gilles Chatelet nous a donné un commentaire fort amusant) des jet-experts. Je ne suis ni l'un ni l'autre, mais plus modestement un militant de la cause du socialisme et de la libération des peuples, convaincu que cette cause est universelle et que, de ce fait, la bataille se déploie sur tous les continents. Les circonstances de ma vie professionnelle m'ont, de surcroît, offert fort heureusement la possibilité de donner un terrain d'action à cette conviction. »

  • La stupeur provoquée par l'attentat du 11 septembre a laissé place à l'inquiétude quant à la paix dans le monde et à l'interrogation quant aux véritables enjeux de la guerre en cours.
    Qui sont vraiment les terroristes ? Comment analyser les forces en présence ? S'agit-il d'une opération de police ou d'une nouvelle guerre impérialiste dont les objectifs véritables seraient le pétrole de l'Asie centrale, les intérêts géopolitiques des Etats-Unis, voire la relance de l'industrie de guerre ? Est-ce la fin ou le début de l'Empire ? Les intellectuels réunis dans ce volume livrent leurs réactions et leurs analyses, écrites à chaud mais en refusant de céder au climat de psychose qui semble s'être emparé d'une partie de la planète.
    /> Ce nouvel ouvrage collectif aide à mieux percevoir les défis auxquels les peuples sont confrontés au seuil de ce nouveau siècle.

  • Journaliste sur les circuits de courses automobiles, puis rédacteur en chef de la revue franco-suisse Constellation et grand reporter à L'Humanité, René Ballet a toujours défendu la même conception du reportage, forcer les frontières de l'interdit : clandestin dans le Chili de Pinochet et chez les tontons macoutes de Haïti ; jouant à la taupe dans la secte Moon et à l'organisateur de soirées avec un patron de " boite " qui prêtait cent " filles " pour l'achat de cent bouteilles de whisky ; fuyant les fastes officiels pour rencontrer Hrabal-le-récalcitrant dans une taverne pragoise ; révélant comment le maire communiste de Naples dut organiser un sabotage pour faire respecter la loi, comment le peintre mexicain Siqueiros réalisa son oeuvre la plus monumentale en prison, comment l'affrontement entre Ferrari-le-despote et les ouvriers rebelles de l'Émilie rouge donna les plus belles voitures du monde et comment, sur le chantier de l'" autoroute des géants ", des camionneurs deviennent fous à leur volant.

  • Qu'est-ce que le travail social ? A quoi sert-il ? Et à quoi ne peut-il pas servir oe
    Les employeurs, les tutelles administratives et financières, le grand public, les usagers s'interrogent sur ce que les travailleurs sociaux peuvent réellement faire. Les travailleurs sociaux eux-mêmes ne sont pas toujours convaincus de servir à quelque chose.
    Saül Karsz montre comment la place du travail social a évolué avec les changements de la société et comment il ne peut aujourd'hui résoudre les questions matérielles (trouver un logement, un travail, de l'argent) mais plutôt faire en sorte que les personnes s'interrogent sur leur rapport au logement, au travail, à l'argent... On serait passé de la charité à la prise en charge des personnes, pour évoleuer vers une troisième figure du travail social : la prise en compte.

  • Le capitalisme est un système mondial. Ses victimes ne peuvent donc faire face efficacement à ses défis qu'à la condition de s'organiser également à cette échelle.
    La mondialisation des stratégies du capitalisme dominant appelle celle de la riposte de ses victimes. Alors pourquoi ne pas concevoir qu'une nouvelle Internationale puisse fournir un cadre efficace pour la construction des convergences nécessaires au succès des luttes engagées par les peuples contre le capital oe
    La réponse que je fais à cette question est positive, sans hésitation, mais à condition que l'Internationale envisagée soit conçue comme le fut la Première, et non la Seconde, la Troisième ou la Quatrième.


  • L'échec de l'expérience soviétique et celui de la social-démocratie en Europe ont une double et même origine : politique et théorique. L'échec politique c'est l'échec de l'étatisme, de l'intervention « par en haut », sans une véritable intervention des masses dans la Cité comme dans l'entreprise.
    L'échec théorique c'est l'échec d'un marxisme mécaniste marqué par le modèle culturel de la révolution industrielle, où le socialisme était identifié à un système pyramidal centralisé, où le pouvoir était détenu par une élite dirigeante coupée des masses populaires. La révolution informationnelle offre au contraire des moyens tout à fait nouveaux pour mettre en oeuvre l'intervention directe des citoyens. Autonomie individuelle, réseaux décentralisés et interactifs, coopérations horizontales, citoyenneté active directe, contrôle du travail des élus, cette nouvelle manière de faire de la politique implique un renouvellement profond des partis politiques. Le nouveau « Front populaire » qui se cherche, devra mobiliser un salariat multiforme, réunissant ouvriers, employés et travailleurs intellectuels, sans groupe hégémonique.

  • Les 15 entretiens qui composent cet ouvrage sont reliés par un fil rouge, celui de la conscience en émergence de l'unité qui existe entre la quête de justice sociale, le souci de la Terre, le bien être de ses habitants, le respect des mémoires et du pluralisme des cultures.
    Si ce livre raconte bien un histoire, celle d'une militance paysanne au coeur de la démarche communiste dans le département de l'Allier, il ouvre aussi des perspectives, qui vont du local au global, du bocage du bourbonnais à la " Terre-patrie ", pour prendre une belle formule d'Edgar Morin. La figure de l'élu a été privilégiée. Les 15 maires, conseillers municipaux, conseillers généraux et régionaux qui ont accepté de participer à cette écriture collective sont profondément ancrés dans leur territoire et prend tout son sens grâce aux parcours des élus, à leurs racines familiales, à leurs trajets militants.
    L'idéal de la transformation sociale prendra tout son élan s'il s'appuie vraiment sur les histoires de vie, les subjectivités, les intimités. Les élu-e-s, accompagné-e-s par les témoignages et analyses d'André Chassaigne et d'André Lajoinie, apportent leur pierre à la défense de l'intérêt général et des services publics, ainsi qu'à la mise en évidence de l'actualité des potentialités émancipatrices de la mémoire culturelle et sociale du communisme paysan et travailleur de l'Allier.

  • Ca bouge en Amérique latine...Le continent est en effervescence. Sous des formes différentes, de l'Argentine à la Bolivie, des peuples se sont sont mis en mouvement. Mais le pays qui paraît engagé dans le processus le plus neuf et le plus radical est sans doute le Venezuela. Hugo Chavez, un lieutenant-colonel qui s'était déjà rebellé en février 1992, est élu président en 1998.

    Depuis, ses adversaires, dans le pays comme à l'étranger, n'ont de cesse de tenter de le destabiliser. Mais le soutien populaire dont il bénéficie a été confirmé par pas moins de six consultations électorales, de caractère divers, en deux ans à peine. Pour comprendre ce qui se passe au Venezuela, il fallait donner la parole au président Hugo Chavez.

    C'est l'intention de ces entretiens qui ont eu lieu à deux moments décisifs, dans une période qui n'a pas connu de trêve: trois mois avant le coup d'Etat du 11 avril 2002 et un mois après le sabotage pétrolier par lequel on a une nouvelle fois tenté de le renverser, à partir de décembre de la même année. On y voit progresser, dans le feu de l'action, une révolution authentique et originale, qui tire sa force de la détermination de ses acteurs et d'un développement résolu de la démocratie.

  • L'insurrection est une tradition française: les Jacqueries, la Bastille, les Tuileries, 1830, les Canuts, 1848, la Commune, l'été 1944. Les circonstances ne sont plus celles de l'été 1944, encore qu'il se mette à flotter sur le pays d'étranges relents de Vichy. Explosion collective et libération des désirs personnels, l'insurrection est aussi un plaisir.

  • Les idéocrates du capitalisme prétendument triomphant somment les révolutionnaires de « s'assagir ». Et si, à l'heure où « l'exterminisme » devient le « stade suprême du capitalisme » (militairement, socialement, écologiquement.), l'heure venait tout au contraire de « révolutionner la sagesse » ?
    Dans les essais qui composent cet ouvrage, Georges Gastaud (philosophe, militant de la Renaissance communiste) et Marion Gandiglio (syndicaliste, professeur de philosophie) passent au crible de la dialectique matérialiste et de leur expérience personnelle et militante, différentes questions « existentielles » que les marxistes n'osaient plus guère approcher : sens de la vie et sens de l'histoire, psychanalyse de la contre-révolution, désir d'enfanter, salut et damnation, individualisme et collectivisme, apport des sagesses antiques, critique du « magisme », rapport entre pessimisme et optimisme historique (« Cassandre et Prométhée »), critique du « fascynisme », etc.
    Ou comment les enjeux les plus apparemment intimes peuvent-ils être pensés, et surtout agis, politiquement.

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