Grasset Et Fasquelle

  • La chute du Mur a laissé les gauches européennes en plein désarroi. Sur le champ de bataille des idées, le progrès, la liberté et l'universel ont cédé la place à une nouvelle triade directement importée des USA : le genre, l'identité et la race.
    On se battait hier au nom du prolétariat, du Tiers-monde et des damnés de la terre ; on condamne aujourd'hui l'homme blanc, coupable du colonialisme, de l'esclavage et de la domination des femmes. Trois discours - néo-féministe, antiraciste et décolonial - le désignent comme l'ennemi commun de l'humanité. Il est devenu le nouveau Satan, celui que son anatomie même désigne comme violeur ontologique, sa couleur de peau comme raciste, sa puissance comme exploiteur de tous les « dominés » et « racisés ».
    Tout l'enjeu de cet essai est d'analyser comment, sous l'impulsion d'une américanisation caricaturale de l'Europe, la lutte des genres et celle des races sont en train de remplacer la lutte des classes, de balayer la méritocratie et de détruire l'idée d'humanité commune. Faire de l'homme blanc le bouc émissaire par excellence, ce n'est jamais que remplacer un racisme par un autre ; avec, comme horizon funeste, des sociétés tribalisées, crispées sur leur trésor identitaire et en proie à la guerre de tous contre tous.

  • Le Brexit, l'élection de Trump puis celle de Bolsonaro, le piratage massif de nos données personnelles par Cambridge Analytica, l'essor des climatosceptiques, la montée des extrêmes en Europe, la généralisation de la défiance et le goût pour l'apocalypse... Derrière tous ces fléaux, un homme, peu connu du grand public, semble tirer les ficelles : Steve Bannon.
    Craint ou adulé, ce personnage ne laisse personne indifférent. Né dans une famille irlandaise modeste, catholique et démocrate, au coeur de la banlieue américaine, Bannon devient banquier chez Goldman Sachs puis producteur à Hollywood - où son talent et son énergie lui permettent d'amasser une fortune considérable... qu'il va choisir de mettre au service de la droite dure.
    En 2012, il prend la tête de Breitbart News, le site de la nouvelle droite radicale qui ne recule devant rien - ni racolage ni fake news - pour marquer les esprits et manipuler les foules. Une expérience et un pouvoir d'influence qu'il mettra au service de Donald Trump. Une fois élu, Bannon devient son stratège, son âme damnée. Pour lui, il théorise l'affrontement avec la Chine et lance l'alerte contre les risques de sa 5G.
    Evincé de la Maison Blanche, il se rabat sur l'Europe. Son « Mouvement » ambitionne de fédérer tous les courants nationalistes d'extrême droite... Il sévit jusqu'en France, où il conseille le Front National et rêve d'instrumentaliser les Gilets jaunes. Il n'a pas vu venir la crise du coronavirus, mais croit au Chaos et à ses bienfaits en 2020.
    Cette enquête haletante, menée sur plusieurs continents, nous révèle bien des aspects cachés du destin de cet homme. Partout, il apparaît comme l'idéologue par qui le populisme advient. Quels sont ses réseaux ? Comment parvient-il à manipuler l'opinion ? Est-il un aventurier opportuniste ou un penseur intraitable ?
    En route à ses côtés, on croise des vendeurs d'armes et des catholiques radicaux, des souverainistes et des ultralibéraux, des informaticiens qui surveillent et des ouvriers qui perdent leur boulot, des idéalistes et des apocalyptiques.
    Pour parvenir à ses fins, Bannon semble prêt à tout. Mais que veut-il vraiment ?Fiammetta Venner nous offre ici le livre qui nous manquait : toute époque a son roi secret, le voici mis à nu

  • L'amitié en politique existe-t-elle ? Nombreux sont ceux qui en doutent. Que reste-t-il du désintéressement et de la permanence au pays des rivalités et des revirements sans frein ? Etudier l'amitié en politique revient à se pencher sur un sentiment pur dans un monde impur. Mais l'amitié, ce lien rare, ce mot galvaudé, possède ses parts d'ombre et la politique ses accès de sincérité. L'amitié n'est ni le compagnonnage, ni la camaraderie, ni la sympathie, ni la fraternité, ni le copinage. C'est en revanche un sentiment totalement tourné vers l'autre, comme devrait l'être la politique. Il semblait logique de passer de l'autre côté de l'image publique et de demander à des hommes et des femmes politiques de livrer leur vision de l'amitié et leur version d'une amitié. Ainsi Edouard Philippe explique pourquoi il tient l'amitié en politique en haute considération. Pierre Moscovici raconte une amitié loyale, une autre trahie, une dernière inexistante. François Hollande revient sur ses liens avec ses premiers ministres. Bruno Le Maire analyse pourquoi l'amitié en politique mène inexorablement à des blessures. Aquilino Morelle compare deux figures tout à fait opposées. Patrick Stefanini se plonge dans une histoire compliquée avec Alain Juppé. Bernard Cazeneuve explique pourquoi il est resté loyal à François Hollande. Sylvain Fort livre une vision sans fard des liens humains en politique et Anne Hommel raconte, pour la première fois, son long cheminement auprès de Dominique Strauss-Kahn et ce qu'il en reste.
    Un livre sur l'amitié vire-t-il parfois à un livre sur l'inimitié ? Les amitiés sont des histoires qui comportent ruptures, malentendus, trahisons, réconciliations. Aussi le récit possède-t-il ses fantômes (Dominique Strauss-Kahn), ses figures de référence (François Mitterrand et Lionel Jospin), ses absents (Jérôme Cahuzac). L'amitié achoppe sur deux écueils omniprésents en politique : la hiérarchie et la rivalité. L'amitié entre Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin survivra-t-elle à la compétition de leurs ambitions ? L'amitié entre Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux est-elle un exemple de pure loyauté ou un simple lien de subordination ?
    Marie-Laure Delorme a choisi la forme du portrait car nos amis sont un reflet de nous-mêmes. Elle a rencontré, pour des témoignages inédits, François Hollande, Edouard Philippe, Brice Hortefeux, Sylvain Fort, Marielle de Sarnez, François Bayrou, Patrick Stefanini, Pierre Moscovici, Bruno Le Maire, Bernard Cazeneuve, Gilles Boyer, Anne Hommel, Sébastien Lecornu, Aquilino Morelle. « J'ai tenté de montrer que nos décisions quant au juste et à l'injuste dépendront de quelle compagnie nous choisissons, de ceux avec qui nous souhaitons passer notre vie », écrit Hannah Arendt. L'amitié est un choix, une élection, une affinité. Nos amitiés sont de chair et non de papier. Elles nous engagent dans le monde. Avec qui voulons-nous vivre ?

  • « aujourd'hui, le présent est humilié. naguère, il fut arrogant. assez pour convoquer l'histoire et la révolution, comme si elles venaient de naître. j'ai pris part à cette arrogance. je m'appuie encore sur elle pour m'interroger à son propos. le gauchisme, mai 68, le maoïsme, qu'en puis-je dire aujourd'hui qui soit à la hauteur de ce que je sais ? les noms donnent la clé de l'énigme. des noms imaginaires - ouvrier, mao, france -, le maoïste que j'ai été passe aux noms réels. parmi les noms réels, le plus réel d'entre tous s'est fait entendre : le nom juif. après avoir confronté l'europe à ses propres penchants, après avoir dessiné la figure du juif de savoir, j'ai rencontré le juif de révolution. grandeurs et vanités, le triptyque est achevé. qu'on le replie ou le déplie, on y reconnaîtra le lieu des discordes à venir. » j.-c.m.

  • « La finalité des polices dans les démocraties ne devrait pas être de faire régner un ordre. L'ordre devrait, en réalité, n'être qu'un moyen. Mais un moyen de quoi ? Les agents ne forment pas une armée face à un adversaire même si certains responsables aiment à les caricaturer ainsi. La mission éminente des polices est de produire de la certitude et de la confiance en défendant des normes et des valeurs supérieures et, ainsi, de contribuer à la cohésion sociale ».
    Toute démocratie a besoin d'une police, et réciproquement la police a besoin que les citoyens la soutiennent, qu'ils la considèrent comme « leur police ». Mais les gouvernements ont peu soutenu la transformation des forces de l'ordre en service tourné vers le public et soucieux de l'égalité de tous les citoyens, en particulier des minorités. Nos grands voisins européens sont bien meilleurs que nous sur ces points.  Les conséquences sont lourdes, sur notre sol, au moment où la confiance est particulièrement nécessaire.
    D'autres défis sont également devant nous. Le ministère de l'Intérieur confond force et autorité. Or, la façon dont la police agit en banlieues et l'injustice observée dans les contrôles au faciès fragilisent encore l'autorité étatique. A l'heure où la diversité de la population est une réalité que nul ne peut plus ignorer, et où les conflits de valeurs et d'identité entre les différentes communautés (musulmane en premier lieu) sont soulignés, la question religieuse s'invite dans les enjeux de police. La distance prise par certaines communautés face à la collectivité politique nationale et aux valeurs qu'elle doit incarner (liberté, égalité) se traduit par une défiance croissante manifestée face à la police. Sa légitimité, et partant son efficacité, sont affaiblies. Et avec la cohésion de notre pays.
    Dans cette enquête unique et inédite, Sebastian Roché analyse « l'expérience de la police » vécue par la population française actuelle et dresse un constat préoccupant. Loin des stéréotypes et des idées toutes faites, il dévoile l'état de la police et de son rapport au peuple dans un pays en colère et en transformation, et propose des solutions pour renverser la spirale négative dans laquelle nous sommes engagés.
     

  • A 24 ans, Waleed Al-Husseini est un homme libre, et cette liberté, il en a payé le prix. En 2010, à 20 ans, il est la première personne arrêtée en Cisjordanie pour "diffamation de la religion".
    Fils aîné d'une famille de musulmans modérés, il s'interroge très tôt sur l'instruction religieuse qui lui est imposée. Adolescent, il rejette l'Islam et exprime ses convictions sur Internet, seul espace de liberté. De façon frontale ou humoristique, il expose sur son blog et sur les réseaux sociaux sa vision d'une religion dont les textes et la jurisprudence prouvent selon lui le caractère rétrograde, agressif, misogyne et aliénant.
    Très vite, l'écho rencontré par ses propos inquiète. On ne quitte pas l'Islam, et bien qu'elle se dise laïque, la société palestinienne ne peut pas tolérer une telle liberté de parole. Arrêté par la police de l'Autorité palestinienne, il subit pendant dix mois des mises en scène de procès et des tortures psychologiques et physiques. Grâce à des soutiens internationaux, il parvient à sortir de prison avant d'être jugé et s'exile en France.
    Témoignage poignant, Blasphémateur! offre une vision absolument inédite sur l'Etat palestinien, une société paralysée par les conflits internes, la collusion des pouvoirs, la prégnance du religieux. C'est aussi le portrait d'un homme déterminé à ne rien céder sur son combat pour la liberté de penser, malgré tous les risques encourus. Un homme des Lumières.

  • La République est un trop beau combat pour que l'on consente à la voir confisquée par un étrange parti qui va de Jean-Pierre Chevènement à Charles Pasqua, en passant par Max Gallo, Régis Debray, Pierre Bourdieu ou Philippe Séguin.
    Car telle est la leçon que ces bons maîtres voudraient nous inculquer : la France, c'est la République jacobine recyclée par l'Empire ; ce modèle serait aujourd'hui le seul rempart contre l'horreur économique du capitalisme mondial ; et quiconque - fût-ce par Corse interposée - écornerait l'Etat-nation un et indivisible nous livrerait à la férocité du marché.
    Et si le véritable risque n'était pas là ? Et s'il était moins dans l'autonomie des régions, ou dans le pouvoir nouveau des juges, que dans l'assoupissement nostalgique d'une France rêvée ? Entre le nihilisme moral et la restauration jacobine, entre les chimères de la pensée identitaire et la résurrection d'un néo-bonapartisme, il y a place pour les héritiers d'une tradition girondine, qui entendraient rénover et refonder une République inachevée.
    En revisitant la question corse comme miroir et lapsus du modèle français, Jean-Marie Colombani remonte au coeur du malaise politique contemporain et propose une certaine idée de la République - démocrate, plurielle et girondine.

  • Pendant des années, il a agi en toute impunité. Depuis sa première condamnation en 1966, à l'âge de vingt-quatre ans, près de 40 ans de la vie d'un prédateur sexuel qui a su profiter des failles du système judiciaire et du manque de communication entre les différents services de police. A l'une de ses victimes en 2003, Michel Fourniret affirme  : «  Je suis pire que Dutroux  ».
    Le 28 mai 2008, Michel Fourniret écope d'une réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour sept assassinats, viols et enlèvements. Son épouse et complice Monique Olivier est aussi condamnée à la perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 28 ans.
    En novembre 2018, il est jugé pour le meurtre de Farida Hamiche, commis le 12 avril 1988, pour s'emparer du trésor du «  Gang des postiches  ». Le 16 février 2018, «  L'ogre des Ardennes  » reconnaît les assassinats de Marie-Angèle Domece et de Joanna Parrish, tuées en 1988 et 1990, pour lesquels il doit passer en jugement en 2019.
    Mais le passé criminel de Fourniret recèle encore beaucoup de zones d'ombre, notamment entre 1990 et 2000...
    Ce livre-témoignage retrace le terrible parcours du couple Fourniret-Olivier, mais il donne aussi la parole aux victimes et à leurs proches, aux enquêteurs, aux magistrats et avocats parties prenantes dans la traque d'un des pires tueurs en série ayant sévi en France et en Belgique.

  • Caroline fourest s'est fait une spécialité de clarifier et de mettre en lumière les grands débats comme les aime notre époque, mouvante et inquiète. avec un talent unique, elle créée des concepts, les clarifie, et fournit ainsi une « boîte à outils » intellectuelle pour ceux qui se sentent malmenés ou perdus dans les violentes ruelles de la pensée. ainsi, dans la tentation obscurantiste, caroline fourest ouvrait une voie d'analyse historique sur la gauche française : elle distinguait deux gauches, l'une fondée sur la résistance au nazisme ; l'autre fondée sur la lutte contre le colonialisme. cette clé d'apparence simple n'a cessé de montrer sa force, et d'être reprise par tous. depuis bientôt quatre ans, caroline fourest travaille sur une question majeure : l'agonie de l'universalisme - notre dernière utopie. cette belle ambition, gravée dans le marbre de la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, est battue en brèche. pourtant, il n'existe pas de meilleur remède à la crise que connaît le multiculturalisme depuis le 11 septembre 2001, à force de tout tolérer au nom de la culture et du religieux. cet enjeu dépasse largement l'aspect rhétorique. il est au coeur de débats qui agitent quotidiennement le monde. les nations-unies, le canada, les etats-unis, l'afrique du sud, l'australie, l'inde, la belgique, les pays-bas, la france... dans tous les pays où le respect des minorités et le culte de la diversité progresse, on se déchire pour savoir comment concilier droit à la différence et respect des valeurs communes. peut-on tout tolérer - l'excision ou l'infanticide - au nom des coutumes ? faire passer le respect du voile avant l'égalité hommes-femmes ? accepter des menus séparés dans les cantines ? des créneaux non-mixtes dans les piscines ? faut-il retirer les sapins de noël des places publiques ? reconnaître des arbitrages basés sur la charia ? dans ce livre puissant, caroline fourest explique le « modèle français », admiré et controversé, le malentendu avec le monde « anglo-saxon ». elle revient sur la révolution française, la constitution américaine, raconte le débat canadien sur les « accommodements raisonnables ». elle rend clair, enfin, les termes qui nous font perdre la tête : communautaire, communautarisme, multiculturalisme, essentialisme, racisme, islamophobie, musulmanophobie... et nous livre, à trente ans, le bréviaire courageux sur lequel rebâtir l'envie de faire société.

  • Qui doit gouverner ? Cette question, que chacun se pose avant de mettre son bulletin dans l´urne, est aussi celle de la philosophie politique depuis son origine. Le citoyen d´aujourd´hui est ainsi, sans toujours le savoir, l´héritier d´une longue tradition d´hésitation et de perplexité. Est-ce un seul, plusieurs ou tous, qui doivent gouverner ? Et au nom de quoi ? De leur compétence, de leur charisme, de leur sens du service ? Vote-t-on par analyse, par fidélité, par affinité ? Ce livre se propose de faire l´inventaire des grandes réponses qui ont scandé l´histoire de la politique et de la pensée. Elles nous instruisent sur la nature de la démocratie contemporaine et les dilemmes qui la traversent ; car si nous sommes désormais convaincus que c´est le peuple qui doit gouverner, nous sommes encore très loin de savoir ce qu´est le peuple en vérité et quel est le portrait de son meilleur représentant. C´est pourtant là que se trouve la clé du passage à l´âge adulte des démocraties, qui, loin d´être vieilles et fatiguées, comme on le dit parfois, semblent encore trop juvéniles. Peut-être leur faut-il aujourd´hui moins « s´indigner » que prendre la mesure de l´extrême difficulté de l´exercice du pouvoir à l´âge de la mondialisation.

  • « Il est indispensable de passer d'un idéal de prospérité partagée, dont nous n'avons cessé de nous éloigner, à un idéal de bien vivre ensemble. »

  • L'un a vécu et couvert la décolonisation, l'autre la fin du communisme. Témoins et, souvent acteurs des deux fractures de l'histoire qui ont fait les temps présents, Jean Lacouture et Bernard Guetta confrontent, ici, leurs espoirs et leurs mémoires, leurs ferveurs et leurs déceptions. De Hanoi à Alger, de Varsovie à Moscou, en accord ou en désaccord, ils font revivre les grands moments de l'après-guerre avant d'analyser le présent, ce paysage après la bataille. Avec eux nous rencontrons Nasser et Jaruzelski, Hô Chi Minh et Reagan, Gorbatchev et Mitterrand, Kuron et Ben Bella, les dissidents et les Fedayins.

  • Presse, sondages et commentateurs content à l'envi la perte de confiance des Français envers tout : leurs dirigeants, la politique, l'avenir... et nourrissent ainsi le pessimisme dont ils glosent. C'est une erreur d'appréciation radicale. D'un côté, la France est soumise au même choc que toutes les autres démocraties, qui est la crise de maturité du couple de la démocratie et de la modernité. Seul Tocqueville l'avait entrevu : il vient un point où elles peuvent s'opposer et se nuire. Nous y sommes. La modernité économique et sociale venue avec la démocratie parait avoir vidé celle-ci de son énergie.. C'est la grande leçon politique de ce début de millénaire : la démocratie n'est pas, à elle seule, une garantie de bonheur et de stabilité. Elle ne suffit pas à fournir son propre sens et son propre équilibre. Elle ne s'use pas comme organisation politique mais elle s'affadit comme société. D'un autre côté, la France est un pays unique. Depuis quatre cents ans, depuis Richelieu et l'avènement des Modernes, sa culture du pouvoir ne fait pas de place à la confiance. C'est tout simplement une catégorie politique qui n'existe pas. Ce qui existe est un pouvoir qui trouve sa légitimité dans son efficacité. Pour tout et tous, l'Etat était l'administrateur du quotidien et le garant de l'avenir : c'est cela qui se termine sous nos yeux. Dans ces conditions, les douleurs de la France ne sont pas celles de l'agonie mais de l'accouchement. Elle est en train de quitter une pensée politique vieille de quatre siècles, qui a résisté à tous les changements, et d'inventer autre chose. Et elle est dans une position unique pour y parvenir car elle seule a exploré les limites mais aussi la valeur de l'Etat comme source du pouvoir légitime. Ce n'est le cas d'aucune autre démocratie moderne. La réconciliation de l'autorité et de la confiance est le coeur de cette modernité politique. Parce que le pouvoir seul n'est plus assez puissant pour nous rassurer et que, désormais, il échoue à nous endormir. Et les Français sont bien plus avancés sur ce chemin que leurs souffrances ne le laissent croire. Le désir de changement existe et le désir de confiance aussi, y compris envers la politique et les dirigeants. Ils sont durement critiqués mais leur rôle n'est pas nié. Au contraire. Le déclin de la politique en France est celui de sa force, pas de son besoin. Et si les Français paraissent attendre un miracle, ce n'est pas pour autant une chimère. Car ce miracle existe et il a un nom : c'est l'action.

  • Pour comprendre le trouble ou l'égarement de notre début de siècle, il serait vain d'en revenir au vieux clivage droite/gauche. Tout indique en effet que ces deux catégories sont désormais obsolètes. Il y a plus grave: nous avions cru que les valeurs nées du siècle des Lumières étaient à jamais un acquis de notre civilisation. Devant la résurgence des obscurantismes, nous nous avisons qu'il n'en est rien. Résultat: nos "Lumières" se retrouvent face à des idéologies régressives dont l'islam radical est le plus terrible exemple. Que s'est-il passé? Pourquoi les intellectuels européens se sont-ils à ce point aveuglés tandis que l'histoire enfantait un monstre? Et qui, en Occident, s'est fait le complice de cet enfantement? C'est ce que cet essai entend explorer.
    Sur le fond, Alexandra Laignel-Lavastine pense que certaines élites de notre civilisation humaniste et universaliste ont eu du mal à admettre que le Mal - la barbarie, la haine, le refus de l'autre - puisse parfois provenir de ce qu'elles croyaient être le "camp du Bien", celui des damnés de la terre, des exclus, des victimes. A cet égard, le conflit du Proche-Orient est une matrice féconde de malentendus puisque la "victime" (disons, pour être tout à fait clair, les plus radicaux des Palestiniens) se trouve être celle-là même qui, par glissements discrets, revendique le "choc de civilisation" dont nous constatons chaque jour les conséquences dramatiques.
    Ce livre, écrit pour l'essentiel avant le traumatisme des évènements de Janvier 2015, en fait la généalogie : comment en est-on arrivé là? Par quel chemin de capitulation? Alexandra Laignel-Lavastine - qui ne dissimule jamais son engagement intransigeant contre toute forme de racisme et d'antisémitisme - traverse l'histoire récente, ainsi notre actualité tragique, tout en se référant aux grands systèmes philosophiques qui ont "fait" la culture européenne.
    Son livre exprime une pensée puissante et jette les bases d'un combat farouche.

  • «" What's wrong with France? " : telle est la question que me posent inlassablement, à l'étranger, les amis de notre pays. J'ai écrit ce petit livre pour y répondre. La France ne va pas bien. Le constat en est devenu banal, mais les remèdes proposés évitent généralement de poser les vraies questions.
    Pourquoi le débat politique français s'est-il à ce point dégradé ? Pourquoi l'esprit d'entreprise et d'innovation sont-ils si atrophiés, au point de faire émigrer de nombreux talents ? Où sont passés notre leadership intellectuel et notre universalisme? Pourquoi la France aborde-t-elle le XXIe siècle à reculon ? En un mot, pourquoi nos élites politiques, économiques, intellectuelles faillissent-elles à leur mission ?
    Repenser le fonctionnement de notre vie politique, le mode de formation et d'évaluation de nos élites, notre relation au travail, notre rapport au monde : telles sont certaines des pistes, parfois radicales, souvent inattendues, sur lesquelles nous entraîne ce petit ouvrage.»L. C.-T.

  • Depuis les accords d'Evian, les relations entre Paris et Alger ne se sont jamais vraiment apaisées : un mélange de douleur, de pragmatisme, d'histoires personnelles, de contrats d'entreprise. Mais depuis le début de l'année 2005, ce vieux couple tangue comme jamais, entre amertume et passion.
    Le 6 mai 2005, à Sétif, où l'on commémore la répression de 1945, qui fit sans doute des milliers de morts, le président Bouteflika fait lire un discours où la vérité - jamais vraiment élucidée - se mêle aux excès : " Les commandos de mort ont exécuté par centaines et milliers les citoyens. Les corps gisaient sur le sol, en proie aux animaux. Qui ne se souvient des fours de la honte installés par l'occupant dans la région de Guelma au lieu dit El hadj Mebarek, devenu lieu de pèlerinage où la mémoire conte les secrets de la victime et du bourreau. Ces fours étaient identiques aux fours crématoires des nazis. "
    Ces propos, qui font scandale en France, sont-ils la conséquence du projet de loi du 23 février 2005, déposés par le groupe UMP, où sont affirmés les " aspects positifs de la colonisation " oe
    Les années 2005 et 2006 devaient être celles de la réconciliation et de la mémoire. Un grand traité franco-algérien était en préparation, à l'image du Traité franco-allemand... de 1964. Colin de la Verdière, l'ambassadeur de France, préparait des gestes symboliques. Puis tout s'est effondré. La colère s'est répandue des deux côtés de la Méditerranée, entre maladresses et incompréhension, entre repentance et mauvaise foi, entre les discours de Bouteflika et ses séjours secrets à l'hôpital du Val de Grâce, entre libération d'islamistes emprisonnés et reprise des attentats... Un cocktail empoisonné.
    Dans ce livre corrosif, Jean-Pierre Tuquoi nous fait découvrir un couple détonnant. Deux pays qui se détestent et sont irrémédiablement proches. Deux pays qui se disputent dans les mots, mais ne cessent de commercer et d'échanger. On croise un président algérien roué, cultivé, francophone, mais affaibli politiquement et malade. On voyage dans un Quai d'Orsay ambigu, et dans notre histoire immédiate. Des faubourgs d'Alger aux banlieues de Paris, de Tibhérine à Tizi Ouzou, Jean-Pierre Tuquoi enquête, raconte, et cisèle un portrait de famille corrosif...



  • Avec ce nouvel essai, Alexandre Adler nous offre son histoire du monde moderne. J'ai vu finir le monde ancien s'achevait à proximité de « la plaine d'Armaggedon » - autrement dit le Proche-Orient légendaire. L'odyssée américaine s'ouvre, symboliquement, à Washington.
    L'auteur estime en effet que nous sommes au commencement du « quatrième cycle » américain. Le premier courait de 1788 à la guerre de Sécession - naissance des Etats-Unis d'Amérique, prophétisés par Bacon comme la nouvelle Atlantide. Le deuxième de 1865 à 1932 - de la réconciliation des Etats à la domination économique mondiale, incarnée par la Ford T et le gold-exchange standard. Le troisième de 1932 à 2004 - qui est l'Iliade américaine : la poursuite des ennemis hors des terres, de l'Allemagne nazie aux fous d'Allah, en passant les dictatures communistes.
    Tel un Ulysse, qui rentre dans son pays après avoir livré bataille aux peuples du monde, George W. Bush clôt en 2004 le troisième cycle américain. Fort d'avoir combattu le Mal, sur les hauts plateaux afghans, dans les plaines irakiennes, sur tous les points du globe où plane l'ombre de Ben Laden, de l'Indonésie au Maroc, de Birmingham à Francfort, le président américain s'invente un nouveau leitmotiv, loin du « America is back ! » reaganien : le « Back to America ».
    La mère-patrie n'est donc plus seulement la façade blessée du skyline new-yorkais, mais un vaste patchwork : le Capitole, les tourbes du Mississippi, les Cold mountains, le Texas des derricks...
    Contre le discours commun, Alexandre Adler affirme que les Etats-Unis ne constituent pas un empire. Et surtout, qu'ils ne veulent pas l'être. Seul le 11 septembre les a décidés à partir à la conquête du monde, avec ou sans l'ONU.
    Retraçant ces trois cycles de 72 ans chacun, l'auteur s'attache à décrire les bouleversements tectoniques de la planète. Il applique ici sa méthode coutumière : ne s'interdire aucun rapprochement géographique, historique, artistique, procéder par « sauts et gambades ». Bref, être à chaque instant, un « observateur engagé et perplexe », qui nous laisse épuisés mais conquis.

  • Visant à éclairer le sens des principes générateurs de la démocratie moderne (l'égalité des conditions, l'autonomie de l'homme, l'indépendance des individus), Robert Legros tente, dans cet ouvrage, de montrer qu'ils ne sont pas simplement issus d'idées nouvelles, d'une compréhension de l'homme qui serait enfin libérée des préjugés et de l'obscurantisme, ni le simple produit d'un processus historique ou social, ou d'une transformation du mode de production, mais émanent plus profondément d'une expérience neuve d'autrui, de soi, de notre humanité ; mais aussi, dans le même temps, de l'au-delà, de la nature, de l'origine des normes, en un mot du monde. Il est vrai que l'égalisation des conditions, l'autonomisation et l'individualisation qui sont à la source de la démocratie suscitent une dissolution de toute image de l'homme, et font naître l'idée d'une indétermination essentielle de notre humanité. Pourtant la reconnaissance de l'autre comme semblable, instaurée par la démocratie, ne relève pas d'expérience sensible de notre humanité.

    Dans quelle mesure l'expérience démocratique est-elle libératrice ? Telle est la question qui est au centre de cet ouvrage. Robert Legros tente de la traiter en s'inspirant de l'enseignement de la phénoménologie.

    Il montre en effet que la démocratie est libératrice dans la mesure où son avènement (l'égalisation progressive des conditions) est lié à une mise en suspension des identités d'appartenance qui est indissociable de ce que la phénoménologie appelle une suspension du monde " naturel ", une mise entre parenthèses de toutes les évidences du monde quotidien. Et dans la mesure où cette mise en suspension collective des identités d'appartenance ouvre à une expérience d'autrui, de soi, du monde, qui incite à préserver l'indétermination essentielle de l'homme sans le dissoudre dans le vide d'une universalité abstraite.

  • " Le conformisme a changé de camp. Ce n'est plus le vieux conformisme bourgeois qui règne, mais un nouveau " politiquement correct " à la française. Il est l'apanage des maîtres du moment : féministes, gays, communautaristes, croisés de l'anti-mondialisation, dévots de la pureté, apôtres du populisme, parmi d'autres. Leur discours est omni présent ; leurs aspirations triomphent ; leurs fantasmes fabriquent désormais l'imaginaire collectif. La société a abdiqué devant eux, comme elle le faisait autrefois devant les seules classes dirigeantes. Etonnant renversement de perspective : est devenue dominante l'idéologie de ceux qui ont l'intelligence de se présenter encore comme les dominés. " Ni Dieu ni maître " : pourquoi le plus beau des principes ne s'appliquerait-il pas à nos nouveaux maîtres ? Pourquoi échapperaient-ils à toute interpellation? Pourquoi, exhibant, tels des quartiers de noblesse, leurs souffrances passées, ou leur marginalité d'hier, seraient-ils à l'abri de la critique qu'ils ont, à juste titre, développée à notre endroit ? " Dix épîtres à nos nouveaux maîtres pour lever cette chape de plomb :Premier épître : à nous-mêmes, les mal pensantsDeuxième épître : aux féministesTroisième épître : aux gaysQuatrième épître : aux communautaristes de tous acabitsCinquième épître : aux zélotes des " ONG "Sixième épître : aux croisés de l'anti-mondialisationSeptième épître : aux obsédés de l'anti-américanismeHuitième épître : aux dévots de la puretéNeuvième épître : aux apôtres du néo-populismeDixième épître : à nous-mêmes, hypothétiques bien-pensants

  • « L'intellectuel moderne naît, à mes yeux, au XVIIIe siècle, lorsqu'il échappe à la mainmise royale et à l'omniprésence religieuse.
    C'est la société qui constitue désormais son bain amniotique et non plus la monarchie et l'Eglise. Il prend place pour un face-à-face avec le pouvoir : cet affrontement définit son identité autant que le travail de création. L'intellectuel pense le monde : les mots sont des actes, les idées des armes, les théories des canons. C'est une spécialité très française. C'est donc à la rencontre de ce personnage que je suis parti.
    En quête aussi d'une réponse à une question lancinante : pourquoi les intellectuels français se sont-ils mis, au fil des décennies, à penser de plus en plus faux ? Pourquoi parviennent-ils à mener souvent des combats empreints d'humanisme et simultanément à divaguer idéologiquement ? Pourquoi la nuance, la mesure, l'équilibre sont-ils devenus aux yeux de la plupart, y compris aujourd'hui, des mots obscènes ? De même qu'historien du dimanche j'ai osé une Histoire de France, intellectuel de pacotille, je prends le risque de plonger au coeur de la corporation la plus durablement puissante de notre pays.
    De multiples pas de côté, des impasses voulues, des choix assumés, des raccourcis osés, des coq-à-l'âne délibérés, d'innombrables jugements à l'emporte-pièce ; tous les ingrédients sont là d'un procès en sorcellerie. Mais un peu de mauvaise foi souriante n'est pas interdit vis-à-vis des intellectuels qui cultivent souvent la mauvaise foi grinçante. »A. M.

  • Jean-françois revel va droit à la question clé de notre temps, à savoir le lent glissement qui nous fait consentir à l'impérialisme soviétique. les démocraties ne vont pas mal, dit-il. et elles ne sont plus, comme dans les années trente par exemple, menacées par une gangrène intérieure. mais tout se passe comme si elles avaient par avance abdiqué devant la force. comme si les cadres mentaux étaient prêts, déjà, pour accepter la servitude. et comme si, avant même que de livrer bataille, nous nous étions résignés à l'inévitable. ce livre, autrement dit, n'est pas le énième livre sur le totalitarisme. c'est le premier qui pose, avec cette rigueur et cette lucidité, le problème du destin des démocraties ; ces régimes bénis qui pourraient bien apparaître très bientôt comme de minces et précaires parenthèses à la surface de notre histoire. et si la démocratie n'était qu'une infime péripétie ? et si notre occident s'avérait n'être qu'un accident ? et si, non point par la force ni les chars seuls, mais par une sourde entropie dont nous serions les acteurs, le totalitarisme devenait le destin même de la planète ?

  • Ce livre part d'un paradoxe : la mondialisation "dissout" les Etats. Or, la crise de cette même mondialisation rappelle leur nécessité. Les peuples réclament plus d'Etat contre les dérégulations venues d'ailleurs. Ce que l'on prenait pour l'agonie du vieil Etat-nation dissimulerait-elle, en vérité, sa renaissance ? "Les Etats reviennent au coeur du projet politique des peuples", écrit Michel Guénaire, parce que ceux-ci "aspirent à une défense de leurs intérêts et veulent retrouver leur identité dans la marche du monde". Dans ce livre qui est une fresque historique et politique, l'auteur analyse les types culturels des grands ensembles étatiques qui renaissent. Avec ses vertus. Avec ses risques (retour du souverainisme, litanies anti-européennes, etc..) Ce livre se propose surtout de "remettre à l'heure" les horloges de nos débats intellectuels, lesquels en sont encore à faire l'éloge de la mondialisation alors que cette question est d'ores et déjà dépassée.

    Michel Guénaire est avocat-associé dans le cabinet Gide-Loyrette-Nouel. Il a déjà publié de nombreux essais et collabore régulièrement à la revue Le Débat.

  • Le 8 août 2008, poutine lançait ses chars contre la géorgie sous les yeux de l'occident stupéfait. ce n'est ni un accident, ni un hasard de l'histoire mais l'aboutissement d'un processus qui débute au milieu des années 1990 alors que se noue, sans qu'on n'en ait encore conscience, le tragique échec de la démocratie en russie. ce livre raconte la renaissance d'un « système » qu'on croyait défunt et comment, depuis le kremlin, poutine et ses hommes ont engagé la reconquête idéologique, politique et économique de la population et du territoire russes. il explique les raisons qui conduisent aujourd'hui à la contre-attaque de l'empire. parce que laure mandeville a été au coeur du volcan russe depuis 1989, parce qu'elle a été le témoin privilégié des arcanes du pouvoir, son histoire de la russie post-communiste se lit comme un véritable roman avec ses héros, ses mauvais génies, ses drames, son peuple ballotté et sa quête d'une démocratie introuvable. de l'échec de l'ère elstinienne qui a tourné au pillage à l'invasion de la georgie, de la montée de poutine au pouvoir à la chute du nouveau prince du capitalisme russe, mikhaïl khodorkovski, c'est la même logique d'un pouvoir prédateur qui s'impose, détruisant systématiquement toute possibilité d'opposition. aujourd'hui cette dérive nationaliste russe sonne comme un défi majeur pour l'occident. saura-t-il arrêter les apprentis sorciers qui, au kremlin, ont agi jusqu'ici en toute impunité ? si tel n'était pas le cas, la reconquête russe ne serait pas seulement synonyme d'une nouvelle tragédie pour la nation russe mais sonnerait le glas de la sécurité de nos démocraties.

  • Sous des formes et avec une intensité variables selon les époques, l'Etat, en France, s'est toujours mêlé de ce qu'on appelle aujourd'hui la culture. Nos partenaires, d'Europe ou d'ailleurs, ne laissent pas de s'étonner de cette particularité française dont, selon le cas, ils s'inspirent ou se moquent. Dans le débat européen et la compétition mondiale des années quatre-vingt-dix, on commence à comprendre que la culture, même si elle demeure pour chacun un choix intime, est aussi un enjeu collectif de taille. Facteur d'identité des groupes et des nations, expression de l'esprit créateur, richesse économique, source d'emplois, voire de devises : la culture est tout cela. La France, étatiste, unitaire et encore monarchique par certains côtés, a une manière bien à elle de traiter la culture et revendique aujourd'hui à grand bruit cette {exception culturelle} qu'elle n'hésite pas à brandir à la face du monde sans trop se demander si elle la sert aussi fidèlement qu'elle le prétend.

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