Flammarion

  • «Machiavel a largement défini la politique comme un art souverain du mensonge. Elle doit pourtant être autre chose : la capacité d'une société à s'emparer de son destin, à inventer un ordre juste et se placer sous l'impératif du bien commun ».
    Pour Alain Badiou, la politique n'est pas affaire de cynisme, ni même de pragmatisme. Loin de se résumer à la gestion des affaires publiques, elle est une quête collective de justice et de vérité.
    Rappelant les grands principes du communisme, le philosophe pose son regard acéré sur notre époque dans cet essai vif et engagé, nourri de références à l'actualité autant que de retours sur l'histoire des révolutions.

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  • « Que peut bien signifier aujourd'hui le vieux clivage droite-gauche tel qu'il fonctionne depuis l'affaire Dreyfus ? Il me semble que c'est avant tout le refus de remettre cette question en chantier - et de tirer ainsi les leçons de l'histoire de notre temps - qui explique en grande partie l'impasse dramatique dans laquelle se trouvent à présent tous ceux qui se reconnaissent encore dans le projet d'une société à la fois libre, égalitaire et conviviale. Dans la mesure, en effet, où la possibilité de rassembler le peuple autour d'un programme de sortie progressive du capitalisme dépend, par définition, de l'existence préalable d'un nouveau langage commun - susceptible, à ce titre, d'être compris et accepté par tous les "gens ordinaires" -, cette question revêt forcément une importance décisive. Je vais donc essayer d'expliquer pour quelles raisons j'en suis venu à estimer que le nom de gauche - autrefois si glorieux - ne me paraît plus vraiment en mesure, aujourd'hui, de jouer ce rôle fédérateur ni, par conséquent, de traduire efficacement l'indignation et la colère grandissantes des classes populaires devant le nouveau monde crépusculaire que les élites libérales ont décidé de mettre en place. »

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  • Il existe un consensus chez artistes et critiques qui consiste à perpétuer l'idéal d'une oeuvre d'art susceptible d'éveiller les consciences aliénées, de modifier le cours de l'histoire, de créer de la « reliance » là où le tissu social s'est déchiré. Ce livre émet une hypothèse radicalement différente, critique et polémique : analysant les pôles de résistance que l'art oppose depuis une vingtaine d'années à l'effondrement du politique, il montre combien une partie de l'art contemporain peut se révéler naïf, encore pétri d'illusions humanistes, clivé entre les positions désormais caduques des néo-avant-gardes et les oeuvres dites « relationnelles », prônant une convivialité de bon aloi et occultant l'extrême dureté des fractures sociales. Constat d'échec ? Pas seulement. Car l'art pourrait passer le témoin à d'autres formes visuelles : le documentaire engagé, photographique et plus encore cinématographique, puissante « machine à penser », selon l'expression de Thierry Garrel. Un hommage à la modestie lucide du documentaire, au travail du temps, à la parole incarnée, à l'écart des bruyantes imageries postmodernes.

  • 1958. André Malraux, ministre du général de Gaulle, incite les Guyanais à voter oui au référendum sur la nouvelle Constitution et à confirmer l'ancrage des dernières colonies dans la France. Ce jour-là, la petite Christiane découvre la politique et la révolte d'un peuple. Plus tard, elle créera son parti politique, Walwari (l'Éventail), et sera élue députée de Guyane après une campagne particulièrement éprouvante sur fond de coups bas et de dénigrement. C'est désormais dans le feu de l'adversité qu'elle ouvrira sa route.
    Christiane Taubira raconte dans ce livre, avec une langue riche et inventive, ses premiers pas à l'Assemblée nationale, ses discussions mouvementées avec Bernard Tapie, ses mots avec Henri Emmanuelli, sa rencontre avec François Mitterrand. Elle nous fait ainsi revivre la campagne présidentielle de 2002, ses désagréments, les reproches de l'entourage de Lionel Jospin l'accusant de l'échec du Parti socialiste.
    Analysant l'insurrection des banlieues de 2005, elle touche à un point névralgique, le rapport à l'autre. De la Guyane aux palais de la République, c'est dans un incessant va-et-vient qu'elle apprend à concilier les petits services à rendre et les grandes causes à étreindre.
    Et l'on mesure le coût de son implication dans la politique : le peu de temps consacré à ses enfants, un divorce, les douleurs physiques. Sentiment du temps qui passe, conscience de l'oeuvre accomplie, lucidité sur l'immensité du reste...
    Dans un réjouissant parler-vrai, Christiane Taubira nous invite aussi à partager ses plus belles rencontres ? Toni Morrison, Édouard Glissant, Aimé Césaire, Nelson Mandela ?, sans jamais oublier l'un de ses plus grands combats, mené avec succès : la reconnaissance de la traite négrière et de l'esclavage comme crime contre l'humanité.

    Portrait de Christiane Taubira par Patrick Swirc © Flammarion

  • Une approche anthropologique, historique et artistique des rapports entre l'homme et l'arbre. L'auteur étudie les métamorphoses des représentations, de l'imaginaire et des usages associés à ce végétal depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine.

  • Fragilisation de l´école, montée de l´individualisme, expérience toujours plus problématique de la parentalité : jamais les modèles d´après lesquels les adultes exercent leurs responsabilités à l´égard des enfants ne sont apparus aussi énigmatiques.
    Ni la posture réactive - il faut réarmer les formes anciennes de l´autorité - ni le discours progressiste - on ne doit à aucun prix brader les libertés acquises - ne s´attaquent frontalement à la question décisive : les formes de pouvoir qui, dans les sociétés traditionnelles, ont fonctionné sur le mode de l´autorité (éducative, mais aussi politique, judiciaire, médicale) sont-elles encore compatibles avec la logique de la démocratie ?
    Si l´exercice de l´autorité consiste à conférer au pouvoir une dimension mystérieuse qui le rende indiscutable, la crise de l´autorité n´est-elle pas inhérente aux sociétés qui considèrent qu´aucun pouvoir n´est légitime s´il n´a obtenu l´adhésion de ceux sur qui il s´exerce ? Curieusement, nos sociétés n´ont pas encore tiré toutes les conclusions de la conviction qui constitue leur pari le plus audacieux.
    Entre l´appel réitéré à réactiver purement et simplement l´autorité et l´affirmation illimitée des formes les plus spontanées de la liberté, cet essai tente d´ouvrir une voie originale : les interrogations qui traversent aujourd´hui la famille, l´école et plus généralement tous les lieux de pouvoir n´appellent-elles pas surtout à repenser les pouvoirs, voire à les consolider sur des bases renouvelées ?

  • Initialement publié en 2000, cet ouvrage défendait l'idée que la nation était une figure centrale de la modernité. Après l'éclatement de l'Union soviétique et de la Yougoslavie dans les années 1990, la décennie écoulée a confirmé cette hypothèse avec la montée des courants indépendantistes en Europe (Écosse, Flandre...) et la persistance dans le reste du monde de revendications nationalistes (Kurdistan, Tibet...). Vingt-cinq nouveaux États ont vu le jour au cours des vingt dernières années, signe éloquent de la vitalité du principe d'autodétermination. Une double perspective guide la réflexion d'Alain Dieckhoff : comprendre les ressorts cachés (sociaux, culturels) des dynamiques identitaires, du Kosovo à la Catalogne, de la Flandre à la Corse ; s'interroger sur la manière dont les sociétés peuvent répondre au défi du pluralisme national. Car aujourd'hui ni le libéralisme, ni le républicanisme, ni le multiculturalisme ne sont à la hauteur des enjeux. Seule la construction d'États démocratiques multinationaux serait à même de prévenir l'exacerbation des tentations sécessionnistes.

    En couverture : Illustration originale d'après une photo © Jorg Greuel / Getty Images

  • Françoise Barret-Ducrocq et Evelyne Pisier livrent ici la photographie en mouvement d'une nouvelle génération de femmes, à l'Université, dans les entreprises, au pouvoir et dans les media.
    De Martine Aubry à Julia Kristeva, de Jacqueline de Romilly à Anne Sinclair, une centaine de portraits retracent des histoires singulières, attachantes, heureuses et douloureuses. Pour la première fois dans l'histoire sur une petite partie de la planète, " des " femmes prouvent que " les " femmes sont capables d'accéder aux postes de haute responsabilité. Pour la première fois en France, elles sont en nombre suffisant pour qu'on ne puisse plus parier de " femme-alibi ".
    Le processus semble désormais irréversible. Mais il est si récent qu'aucune de ces femmes n'a eu le droit d'être banale. Conscientes des obstacles qu'elles ont eu à affronter, elles sont sans illusion devant les difficultés de l'avenir. Femmes en tête, elles ouvrent le chemin. Françoise Barret-Ducrocq est professeur d'histoire de la civilisation britannique à l'université Paris-7-Denis Diderot. Spécialiste de l'histoire des idées au XIXe siècle, elle a publié plusieurs ouvrages sur les femmes en Grande-Bretagne et en France.
    Elle est secrétaire général de l'Académie Universelle des Cultures. Directeur du livre et de la lecture au ministère de la culture de 1989 à 1993, professeur à l'Université Paris-I, Evelyne Pisier a publié de nombreux ouvrages en droit public et en sciences politiques ainsi qu'un roman chez Flammarion.

  • Les « gauches françaises » se présentent comme l'étude de l'évolution historique de la gauche depuis sa naissance au XVIIIe siècle jusqu'à ses avatars les plus récents, à partir d'un certain nombre de temps forts : les Lumières, la Révolution, le libéralisme censitaire, l'idée républicaine, le radicalisme, le grand schisme de l'entre-deux-guerres, la reconstruction mitterrandienne.Trois hypothèses sont à la base de cette étude :
    1. L'affrontement gauche-droite jusqu'à une date récente est la summa divisio de notre vie politique.
    2. La gauche dans son essence est la rencontre de l'idée scientifique de progrès et de l'idée sociale de justice.
    3. L'agent historique de ce mouvement est le peuple devenu, à partir du milieu du XIXe siècle, la classe ouvrière.
    Ces trois idées sont aujourd'hui remises en cause. Que devient la gauche ? Elle a été amenée récemment à changer de logique pour envisager de nouveaux problèmes : libéralisation des moeurs, droit d'ingérence international, problèmes d'environnement, mondialisation de l'économie. Inextricablement unitaire et pluraliste, elle a vu récemment son patrimoine historique issu de la Révolution française se dissoudre progressivement (question institutionnelle, religieuse, sociale) mais conserve son identité par la priorité donnée à l'égalité. Reste que les deux camps politiques, la gauche et la droite, qui ont vécu longtemps sur l'idée d'une extermination réciproque, ont commencé à se reconnaître. Paradoxalement, le bipartisme, imposé par les institutions de la Ve République, loin de contrarier cette évolution, a accéléré cette reconnaissance. C'est ainsi que le gaullisme a fini par sonner le glas de l'exception française. Un ouvrage qui fera date pour ses analyses brillantes et novatrices de notre histoire politique et intellectuelle.

  • L´élection de Barack Obama a profondément modifié l´image de l´Amérique dans le monde légué par George W. Bush. Mais est-ce que le changement d´homme entraînera forcément un changement de politique ? Est-ce que la superpuissance américaine dont George W. Bush a démontré combien elle pouvait être agressive peut se révéler aujourd´hui plus douce ? C´est à cette question essentielle que ce livre, pour la première fois, tente de répondre en s´appuyant sur une étude minutieuse de la personnalité de Barack Obama, de son discours, de l´équipe qui l´entoure, et des choix de politique internationale qu´il a été amené à prendre depuis son entrée en fonction en janvier 2009.  Dans cet ouvrage, Zaki Laïdi montre que l´objectif d´Obama est double : sortir l´Amérique de l´emprise du 11 Septembre qui l´a conduite à voir le monde de manière manichéenne, et réhabiliter le leadership américain dans le monde sur la base du principe suivant : admettre que l´Amérique ne peut plus, à elle seule, régler les problèmes mondiaux mais refuser que ces mêmes problèmes se règlent sans elle. Obama n´a certainement pas renoncé à ce que les États-Unis demeurent la première puissance du monde. Mais il sait aussi que, pour maintenir cette position, ils doivent davantage composer avec le monde, au risque de s´en isoler. Ceci étant, il ne faut sous-estimer ni la continuité de la politique américaine, qui comme toute politique d´un grand État ne peut pas changer du jour au lendemain, ni les innombrables contraintes politiques qui attendent l´administration américaine de l´Afghanistan au Moyen-Orient, en passant par l´Iran et l´Irak.  Zaki Laïdi signe ici le premier ouvrage consacré à la politique étrangère de Barack Obama.

  • Crise de la politique et interrogations sur la construction européenne, effervescence religieuse, montée en puissance de l'Asie, nouveaux modes de gestion des entreprises : ces différents phénomènes sont rarement mis en relation, et c'est le cloisonnement des analyses qui empêche de comprendre le monde en train de naître.
    1989 ne ferme pas seulement la parenthèse soviétique, il met fin à l'âge des Etats-nations né de la Révolution française. La mobilité des hommes et des capitaux remet en cause la logique territoriale sur laquelle reposent nos sociétés. Ce mouvement de fond, un moment retardé par la confrontation Est-Ouest, produit maintenant tous ses effets : les grandes constructions institutionnelles et la concentration du pouvoir cèdent la place à un monde de réseaux et à une diffusion de la puissance qui posent des questions nouvelles. Comment gérer les communautés humaines et répondre à leur besoin d'identité ? Comment contrôler des pouvoirs de plus en plus insaisissables et préserver la liberté dans un monde caractérisé par le conformisme et par la corruption ? Et que veut dire le mot paix dès lors que la multiplication de «guerres sans front» vide de son sens la distinction entre sécurité intérieure et sécurité extérieure ?
    En réponse à ces questions, Jean-Marie Guéhenno propose une nouvelle grille de lecture pour un monde «impérial», qui devra davantage à l'Asie qu'à la tradition européenne de l'Etat-nation et de la démocratie : comprendre les règles du jeu de ce monde nouveau, c'est se mettre en mesure non de lutter contre lui, mais de sauver ce qui peut - et doit l'être - de l'idée de liberté.

  • Le pouvoir

    Collectif

    Des textes de grands philosophes de tous pays et de toutes les époques sur ce thème.

  • Ce recueil de cent cinquante textes, illustrant Les gauches françaises de Jacques Julliard, réunit des « incontournables » : la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, le programme de Belleville de Gambetta de 1869, l'expérience de la condition ouvrière décrite par Simone Weil, le discours de Robert Badinter sur l'abolition de la peine de mort de 1981. Mais aussi, au fil de l'Histoire, la chanson des Canuts, les Mémoires de Charlotte Robespierre, l'expérience du TNP de Jean Vilar, le Manifeste des 121 pendant la guerre d'Algérie... Il commence symboliquement en 1762, avec la publication du Contrat social de Rousseau, et se termine avec un fragment du discours de François Hollande au Bourget (22 janvier 2012). C'est ici la chronique à plusieurs voix d'une gauche immuable et changeante, traversée par la zizanie, parfois la guerre civile, et accompagnée d'une incoercible aspiration à l'unité.

    En couverture : © Sylvain Grandadam / Getty Images.


  • Synthèse sur la pratique de la communication des hommes politiques français depuis le début du XXe siècle et le passage des discours politiques à la radio.


  • Malheur provisoire ou mutation durable ? La dégradation de l'État à laquelle nous assistons est-elle définitive ou réversible ? Les confidences de hauts fonctionnaires ont nourri ce livre à la fois angoissé et combatif.

    Jean-Noël Jeanneney par Carole Bellaïche © Flammarion

  • Plus de dix ans après le livre « coup de poing » de Véronique Vasseur dénonçant la vie quotidienne dans les geôles de la République, et malgré les commissions d'enquête parlementaires qui ont suivi sa parution, la prison reste cet archaïsme barbare qui prive la personne incarcérée de ses droits élémentaires. « La prison doit changer, la prison va changer ! », avait dit Nicolas Sarkozy, à l'issue de sa visite à la prison pour femmes de Rennes, le 22 janvier 2007. La loi pénitentiaire votée en 2009 n'a pourtant pas tourné le dos à l'arbitraire carcéral. Comment en est-on arrivé là ? C'est la question posée à Véronique Vasseur et « Gabi » Mouesca, ex-prisonnier basque. Leur réponse retrace les étapes de l'un des renoncements politiques les plus consternants de l'époque contemporaine.
    Ce regard croisé donne un éclairage inédit sur le scandale des prisons françaises et rappelle la nécessité de faire de la réinsertion des prisonniers l'axe central d'une politique pénale enfin digne de la patrie de droits de l'homme.

  • Un ensemble fondamental pour comprendre la pensée politique de Rousseau.

  • Ou va l'allemagne ?

    Gougeon J-P.

    Une analyse de l'évolution politique, économique, sociale et culturelle de l'Allemagne réunifiée.

  • Tente de reconstituer, témoins à l'appui, le passage d'Edith Cresson à Matignon en 1991-92, sa vie et ses mésaventures, comme femme, dans le milieu politique.

  • «De quoi est né ce livre ? Du refus de me justifier et de la nécessité de révéler.
    Depuis deux ans et demi en effet, après avoir été arrêté, mis en examen et détenu pendant deux mois à la prison de la Santé, je me bats.
    Pour faire connaître la vérité et donner à chacun les moyens et les éléments pour comprendre, depuis deux ans et demi je me suis enfermé dans une solitude de nécessité. J'ai lu des milliers de pages de rapports parlementaires, déconstruit le dossier d'instruction de la fameuse affaire des paillotes, recueilli des confidences inédites, accumulé des documents révélateurs et mobilisé mes souvenirs. Je suis allé au-delà même de ma propre histoire pour découvrir où l'on voulait mener la Corse, dans quelles conditions et avec qui.
    Mon objectif ? Raconter, pièces à l'appui, ce qui s'est réellement passé dans cette île de tous les dangers et ce qui s'y passe encore.
    Après tous ces mois d'une contre enquête serrée, je peux désormais, sans méconnaître mes erreurs ni mes fautes, dissiper le brouillard des mensonges officiels. Et affirmer, faits, preuves et documents à l'appui, que l'enquête sur l'assassinat de mon prédécesseur Claude Erignac pourrait avoir été court-circuitée par Matignon, que l'histoire des paillotes sent le piège diabolique, et que cette pantalonnade servit de prétexte pour changer une politique qui dérangeait trop d'intérêts mal établis en Corse.
    Avec ce livre, désormais ce sera... à vous de juger.»

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