Economica

  • Qui sont vraiment les experts, quelle place occupent-ils non seulement dans le procès mais plus largement dans le fonctionnement ordinaire de la justice ? L'expert est sur la corde raide, constamment entre le dehors et le dedans du monde judiciaire.
    " Meilleur d'entre tous ", il a pour carte d'entrée et légitimité principale ses compétences non juridiques. Théoriquement extérieur au droit, il n'appartient à aucune profession juridique ou judiciaire. Pourtant, il intervient dans un univers baigné de concepts et de références juridiques. de normes et de codes judiciaires. C'est à l'analyse dynamique de cette figure de l'expert judiciaire qu'est consacré cet ouvrage.
    Par une approche de sociologie politique originale et une enquête de terrain fouillée, l'auteur en restitue la sociogenèse, les incarnations, les usages politiques et les effets pluriels dans la justice. il souligne aussi combien cette figure a irrigué d'autres espaces sociaux pour devenir un modèle de l'expertise.

  • La réflexion de clausewitz a fait l'objet, quasiment depuis sa première diffusion, de remises en cause régulières.
    Mais elle a tout aussi régulièrement résisté aux constats de péremption. qu'en est-il aujourd'hui ? nous sommes entrés depuis la fin de la guerre froide dans une nouvelle époque stratégique marquée par un renouvellement des modalités d'emploi des forces armées occidentales. comme à chaque transformation majeure du contexte international, les spécialistes des questions stratégiques se sont lancés dans une redéfinition des moyens conceptuels appropriés à l'intelligence des phénomènes militaires contemporains.
    Certains n'ont pas manqué de déclarer clausewitz mort une nouvelle fois. de la théorie du " choc des civilisations " amenant son lot de commentaires sur la " dépolitisation de la violence " à l'éventuelle inadaptation de l'" étrange trinité " aux armées professionnelles, en passant par les analyses affirmant l'irrationalité politique et stratégique de certaines formes de violence collective, c'est la totalité de l'édifice clausewitzien qui est mis en question.
    Que faut-il retenir, abandonner ou redécouvrir de clausewitz à l'heure de la professionnalisation, des opérations multinationales, de l'hyperterrorisme et de la prolifération nucléaire ?

  • L'Europe s'élargit au risque du morcellement.
    Demain, une constitution, un Président, ou deux, pour l'unification, au risque qu'elle soit trop formelle ! Mais comment conjuguer au mieux unité et diversité ? Pas seulement d'en haut ! Il faut que les Européens puissent se reconnaître et s'inventer à travers des rencontres, des échanges : de l'école à l'université comme ensuite aux plans politiques, économiques, associatifs. Aujourd'hui, les échanges s'accroissent en nombre et en durée.
    Cela permet de mieux comprendre et traiter ressemblances et différences. Non sans avoir besoin de s'appuyer sur une révolution mentale : une autre mobilité, une autre compréhension de l'histoire, des traitements plus adaptatifs des conflits, des cultures cultivées, médiatiques, nationales et régionales en dialogue. Nouvelle culture à partager, à inventer, pour entraîner l'Europe dans un projet démocratique.
    Pour la rendre plus proche d'un monde qui doit, lui aussi, comprendre et composer sa diversité. Dynamiques interculturelles pour l'Europe présente expériences, méthodes, évaluations, formations approfondies en partie déjà mises en oeuvre. L'Europe, région du monde, ne se construit qu'en inventant son propre modèle de société. Au coeur de l'interculturalité européenne, les auteurs, universitaires et consultants, s'appuient sur leurs communes contributions antérieures qui, de Pédagogie des rencontres interculturelles à L'histoire interculturelle des sociétés, sont déjà publiées chez Anthropos.
    Leur Guide de l'interculturel en formation est publié chez Retz.

  • On a souvent avancé que les femmes allaient faire de la politique autrement, voire remédier à la " crise de la représentation ".
    Six ans après l'entrée en vigueur de la loi sur la parité, qu'en est-il vraiment ? Le meilleur équilibre des sexes dans la représentation politique a-t-il affecté la question du genre, autrement dit les rapports sociaux historiquement établis entre le masculin et le féminin et leurs effets sur les comportements des hommes et des femmes ? Avec la parité, les stéréotypes de genre ont-ils été affaiblis ou au contraire renforcés ? Au terme d'une enquête sociologique de plusieurs années, menée par une équipe de chercheuses et chercheurs de plusieurs universités, ce livre propose, pour la première fois, un bilan complet de la " parité " en politique.
    Un bilan pour le moins contrasté, parfois surprenant.

  • Après la seconde guerre mondiale, et la contribution décisive des armes nouvelles conçues dans les laboratoires, le pouvoir de décision est progressivement passé des mains des généraux à celles des scientifiques et des ingénieurs.
    Particulièrement dans les domaines aérien et naval, la guerre est théoriquement devenue scientifique, parce que ni la valeur des hommes ni la quantité d'armements ne peuvent désormais pallier une forte infériorité technologique. ainsi, l'issue des combats est déterminée dès la sortie des laboratoires. cette unique facette de la réalité est cependant une illusion trompeuse. prenant l'exemple de la bataille de l'atlantique, on démontre donc que, dans un premier temps, c'est moins la supériorité technologique qui importe que la conception d'armements, ainsi que des tactiques et principes opérationnels associés, adaptés à un certain état de la technologie.
    Il ne suffit pas d'utiliser de nouvelles briques, il faut repenser les architectures. les facteurs économiques ont alors autant d'importance que les facteurs techniques. l'hypothèse du conflit symétrique est une autre erreur fondamentale quand l'histoire montre que le conflit dissymétrique où des belligérants de forces comparables sont dans des postures très différentes, y compris dans le choix des armements, est en fait la règle générale.
    Aujourd'hui, on ne peut donc continuer à concevoir les mêmes systèmes d'armes qu'il y a soixante ans, pour faire face à des menaces du passé. ainsi, dans les airs, dans ses fonctions de bombardement, face au missile de croisière, l'avion de combat, qui, en soixante ans, est passé du statut de chasseur-bombardier à celui de mini-bombardier stratégique, apparaît comme une solution dépassée. si cela n'est pas une évidence technique, c'en est une sur le plan économique.
    Sur terre, les armées, victimes du double héritage de la seconde guerre mondiale et de l'hypothétique conflit en ambiance nucléaire, ont du mal à abandonner le char pour la troisième dimension. elles ne prennent pas conscience des immenses potentialités que le développement massif des communications et télécommunications donnent aux commandos - forces légères à distinguer des forces spéciales. sur mer, on ne peut que s'interroger sur l'existence d'une défense surface-air dont la portée est deux fois inférieure à celle des missiles air-surface.

  • Les textes réunis dans cet ouvrage ont été élaborés à partir des interventions présentées au colloque ; Le discours de Jacques Chaban-Delmas sur la Nouvelle Société, un projet pour demain ? .Ce colloque a eu lieu le 16 septembre 2009 à l'Assemblée Nationale pour célébrer le quarantième anniversaire de la déclaration de politique générale prononcé à l'Assemblée Nationale par Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre. Nous avons souhaité, pour comprendre l'importance historique de ce discours et sa portée, réunir autour d'historiens, les principaux acteurs et témoins qui ont participé à son élaboration et à son application pendant les trois années de Jacques Chaban-Delmas à Matignon 1969 à 1971). Quatre tables rondes ont été organisées autour des thèmes: la genèse, le message, la portée et l'actualité du discours. Au-delà de la qualité de l'analyse scientifique apportée par les historiens de l'Université et de Sciences po, les différents intervenants ont permis de donner un éclairage diapré de l'engagement politique et humain de .Jacques Chaban-Delmas et de ses équipes au service de la France et des Français. La diversité des intervenants, leurs témoignages sincères, percutants, enthousiastes ou critiques permettent de mieux comprendre les ambitions d'un tel projet, ses réussites et les raisons et modalités de sa mise à mort .Cette lecture passionnante apporte des révélations parfois surprenantes sur le déroulement de l'histoire. Il en reste également les perspectives que nous offre la Nouvelle Société comme projet politique pour aujourd'hui.

  • Comment des groupes catégorisés comme " exclus ", et semblant condamnés à l'invisibilité et à l'inexistence publique, se mobilisent-ils pour accéder malgré tout à la représentation ? C'est la question que pose cet ouvrage, en analysant le cas des mouvements de chômeurs, sans-papiers et mal-logés qui ont marqué la France des années 1990.
    Mettant en évidence les tentatives de ces mouvements pour construire des formes de représentation alternatives (par le travail sur l'identité collective des groupes concernés, par l'invention de dispositifs originaux de délibération et de modes spécifiques d'irruption dans l'espace public), l'enquête révèle aussi les difficultés et les tensions résultant de la rencontre de ces tentatives avec les contraintes propres à la mobilisation.
    Cet ouvrage entend par là apporter une contribution plus générale à la connaissance des logiques de la représentation politique.

  • Issu du corps des sous-officiers, médaillé militaire, 18 fois cité et 5 fois blessé, le Général Georges Grillot a vécu tous les drames du soldat aux avant-postes.
    Obligé de jeter dans la balance Le Code de l'Homme de Guerre et ses Traditions pour tenter de mettre fin à tant d'horreurs rencontrées, " il en revient " la chair meurtrie et l'âme brisée : - " Comment faire la guerre contre la guerre ? " Aujourd'hui maire de son petit village dans le Morvan et fondateur d'une association pour l'égalité de ses frères d'armes (blancs, jaunes et noirs) devant l'Honneur et le Devoir, il est convaincu qu'il est temps de repenser notre système de défense - " Et si la guerre civile était à notre porte...
    ? " En soulignant la Primauté et la Responsabilité du Politique en ce genre de conflit où la morale trouve difficilement ses repères, son livre veut interpeller à la fois le soldat montant assurer la relève, et le citoyen aux prises avec la violence quotidienne dans la rue, à l'école ou dans les transports publics : " Comment établir une nouvelle alliance entre la société civile qui veut la paix, et ceux de ses fils ou filles qui ont mission de la défendre ? " Qu'on ne s'y trompe pas ! La Patrie reste " une idée sainte ".
    Et la réponse à ces questions ne peut jaillir que de la vigilance, de la communion et du courage patriotiques de notre jeunesse. Oui ! À l'aube du nouveau millénaire, cela vaut toujours la peine de mourir pour la France.

  • Petites guerres

    Callwell C.C.

    Le major général Charles E.
    Callwell est l'un de ces militaires intellectuels, plus rares en Grande-Bretagne que sur le continent, mais de très haute tenue. Au cours d'une carrière ponctuée De postes importants, mais qui ne lui a pas apporté les honneurs auxquels il pouvait prétendre, Callwell a fait montre d'une inlassable curiosité et a offert des vues érudites et originales sur nombre de sujets. On redécouvre aujourd'hui certains des aspects de sa riche pensée, tenant notamment aux opérations combinées et à la petite guerre.
    Le présent livre a été écrit dans les années 1890 à la lumière des enseignements recueillis au cours des guerres incessantes que la Grande-Bretagne a dû soutenir à travers son Empire, mais aussi à la lumière de lectures d'une grande étendue qui ont donné à son auteur une connaissance inégalée de la matière. La petite guerre, que l'on a également appelée guérilla après la guerre d'Espagne, est celle qui oppose une armée régulière à des forces irrégulières qui ne sont pas susceptibles d'être défaites dans une seule bataille rangée.
    Le résultat est qu'elles sont, comme le dit Callwell, dans une situation d'infériorité tactique mais de supériorité stratégique. Formule saisissante qu'illustreront plus encore les développements ultérieurs de la guerre révolutionnaire. Par l'acuité de ses jugements tactiques et stratégiques et l'étendue de sa base historique, l'oeuvre de Callwell reste décisive pour comprendre ces conflits asymétriques qui semblent aujourd'hui promis à un grand développement.

  • Alors que nous sommes désormais bien ancrés dans les années 2000, l'ambition de cet ouvrage est de mieux faire comprendre les enjeux et les évolutions de la défense nationale : nouvelles menaces, mondialisation, guerre de l'information, intelligence économique, accords de défense, professionnalisation des armées, coopération militaire, politique étrangère et de sécurité commune de l'Union Européenne.
    Cet ouvrage de référence, pour lequel ont été sollicités de nombreux experts, couvre 59 thèmes organisés en cinq grands chapitres couvrant : enjeux, fondements et doctrine de la défense nationale, organisation et acteurs, missions et moyens, esprit de défense. Etudiants et enseignants en relations internationales-défense et sécurité, élèves des IUFM concernés par l'enseignement de la citoyenneté, candidats aux concours administratifs, personnels de la défense et plus généralement les citoyens intéressés par les questions de défense nationale y trouveront des éclairages variés, des données actualisées et des références.

  • Depuis 1945, la guerre a changé de visage au point qu'on hésite désormais à la nommer.
    Interventions extérieures, guerres irrégulières, conflits asymétriques ou " de basse intensité "... De nouvelles expressions sont apparues pour souligner la singularité du contexte stratégique contemporain. Ainsi les conflits actuels sont-ils souvent présentés comme l'antithèse des guerres d'autre fois, qui étaient " grandes ", " totales " et " majeures ". Que s'est-il passé ? Comment interpréter les mutations de la guerre ? Comment les Etats occidentaux, dont les armées semblent avoir intériorisé le modèle de la guerre majeure tout au long du XXe siècle, peuvent-ils relever les défis soulevés par les formes contemporaines de la conflictualité ? A l'âge de la mondialisation, qui voit émerger de nouvelles puissances, peut-on écarter tout scénario de guerre majeure ? Telles sont les principales questions posées dans cet ouvrage qui croise les regards d'historiens, de philosophies j et de politistes pour proposer une approche originale et synthétique des problèmes stratégiques d'hier et d'aujourd'hui.
    De la Guerre de Trente ans à la Guerre Froide, il apparaît que les guerres majeures ont profondément marqué l'histoire et la pensée stratégique en Europe. Au XXIe siècle, ha guerre devient à la fois plus limitée et moins lisible, au sens où la technologie ne représente plus la solution tactique adéquate et où la victoire politique tarde à se concrétiser. Le reflux des guerres majeures ne préfigure pas la disparition de la guerre.
    C'est la raison pour laquelle il ne faut cesser de la penser.

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