Presses De Sciences Po

  • « Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu'il décide d'appeler un Atlas, le rapport des forces s'est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l'on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n'est plus la Terre que l'on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l'on domine, que l'on possède et que l'on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s'inverse à nouveau : paraît un «Atlas» qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c'est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules. » Bruno Latour Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux... Voici le premier atlas réunissant l'ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.

  • Comment l'État fonctionne-t-il quand il est sous pression? Lorsqu'il est pris en étau entre les intérêts économiques, les mobilisations de citoyens, les conflits internes et les luttes politiques, le tout dans un contexte de connaissances incertaines et d'emballement médiatique? Pourquoi les décisions qu'il prend dans ce type de situation donnent-elles souvent une impression d'incohérence, voire d'instabilité? Y aurait-il un décalage entre les discussions qui se mènent dans les coulisses et les déclarations officielles, ou est-ce plus complexe?Les auteurs s'attaquent à cette boîte noire - la fabrique des politiques publiques - à partir d'un exemple très frappant pour lequel ils ont mené une vaste enquête: l'interdiction du gaz de schiste, votée en 2011 malgré les ambitions des groupes pétroliers et l'opinion des experts, contre l'avis de l'administration, du chef de l'État et même de l'Union européenne.S'appuyant sur des entretiens avec les principaux protagonistes et sur la consultation exclusive des archives gouvernementales, ils décrivent les multiples espaces politico-bureaucratiques, publics et discrets, où a pris place le débat et se sont déployées les batailles argumentaires, toujours indissociables des luttes de pouvoir, sur le sujet. Leur approche pragmatique éclaire d'un jour nouveau la politique en train de se faire.

  • Les actes violents commis au nom d'une cause ne sont pas quantifiés, contrairement à ceux de la délinquance dont les statistiques se voient diffusées régulièrement. Pourtant, les images des violences politiques s'invitent chaque jour dans nos salons: attentats, dégradations d'équipements publics, séquestrations, etc.Prenant froidement le parti des chiffres, les auteurs ont constitué une base inédite de quelque 6 000 épisodes de violence politique survenus de 1986 à nos jours, en les catégorisant selon la nature de la cause défendue: idéologique, indépendantiste, religieuse, professionnelle ou sociétale.Leur approche à la fois quantitative et narrative, portant sur une trentaine d'années, fait tomber nombre de présupposés du débat politico-médiatique. Sans masquer la tragédie des attaques terroristes ni les manifestations émeutières des années récentes, elle nuance l'idée d'un regain de violence politique en France, où le nombre d'atteintes aux personnes est aujourd'hui très inférieur à celui des atteintes aux biens. Elle confirme un net recul de la violence indépendantiste, mais révèle aussi toute la palette d'expressions d'une colère grandissante contre la démocratie représentative.

  • Un monde sans faim : gouverner la sécurité alimentaire Nouv.

    En 2008, malgré une production agricole très élevée, le monde connaît une grave crise alimentaire, provoquant des «émeutes de la faim» dans une quarantaine de pays. Une mobilisation massive de la communauté internationale s'ensuit, à l'issue de laquelle un consensus se fait jour: la sécurité alimentaire ne peut plus être seulement envisagée sous l'angle des quantités produites et des questions de développement, elle doit aussi prendre en compte les aspects sanitaires, sociaux, climatiques et environnementaux. Que l'on appelle à une nouvelle révolution verte, à une diversification radicale de l'alimentation ou à des interventions transversales dans les secteurs de la santé et de la protection sociale, aucune approche ne peut en outre faire l'impasse sur les rapports de pouvoir entre les acteurs des différents systèmes alimentaires.Et si, pour relever le défi de nourrir neuf milliards d'êtres humains en 2050, le levier le plus efficace était une transformation de nos modes d'alimentation?

  • Appeler à ce que «vive la République!», c'est rappeler qu'elle peut mourir. La réduire à un slogan, c'est perdre de vue l'idée forte qui la guide: la recherche du bien commun.Ancrée dans la longue histoire européenne, cette idée n'a pas attendu la Révolution française pour s'incarner, sous sa forme moderne, dans les Provinces-Unies du XVIe siècle. Bien avant 1789, ce sont les révolutions anglaises et américaine qui ont fait émerger les grands principes de vie collective. En France, proclamée trois fois, la République a souvent vacillé, et il a fallu attendre la troisième du nom pour que les grandes libertés publiques soient instaurées.Il est important de garder à l'esprit cette histoire tumultueuse si nous voulons préserver l'héritage républicain. La République est fragile et doit sans cesse s'adapter: inscrire son avenir dans l'Europe, rééquilibrer ses institutions, inventer des modes de décision plus proches des citoyens, redonner à l'école sa puissance d'intégration, faire vivre la laïcité, répondre au défi écologique. Autant de chantiers politiques à venir.

  • Idéalistes ou arrivistes, courageux ou dogmatiques, les militants verts ont une image très contrastée. Leur parti, Europe Écologie - Les Verts (EELV), passe pour divisé et cacophonique. Il est pourtant une terre d'accueil pour celles et ceux qui croient à la nécessité du projet écologiste et à son caractère émancipateur. Près de quarante ans après sa création, et alors que la volonté de gouverner s'affirme chez les écologistes depuis les vagues vertes des élections européennes et municipales de 2019 et 2020, le parti vert français reste à bien des égards méconnu.Prenant appui sur une somme inédite de matériaux, cette enquête au coeur d'EELV et des Jeunes écologistes analyse les ressorts de l'engagement et de la semi-professionnalisation politique de militants dont les valeurs et les pratiques sont indissociables. Elle conte, à hauteur d'adhérents, l'histoire d'un parti qui entend faire de la politique autrement.

  • Face à la critique du système représentatif, la démocratie délibérative est de plus en plus fréquemment invoquée. Cet ouvrage revient, grâce aux contributions d'une quinzaine de spécialistes français comme internationaux, sur les manières multiples de penser la démocratie délibérative mais aussi ses limites.
    A l'origine, le « tournant délibératif » désigne le développement, à partir des années 1980, de théories normatives de la légitimité démocratique qui ont proposé de faire de la délibération publique le pivot d'une nouvelle articulation entre bien commun, justification et légitimité.
    Si la démocratie délibérative a d'emblée suscité l'intérêt des philosophes et des théoriciens du politique, elle a progressivement touché d'autres disciplines (sociologie des institutions politiques, sociologie de l'action collective, sciences de l'information et de la communication, sociologie des sciences et des techniques, sciences de l'argumentation, sociologie de l'action publique...) où se sont multipliés les recherches de terrain et les questionnements, souvent critiques, des cadres théoriques initiaux. Elle a donné lieu à un ensemble de débats portant sur la formulation de l'idéal délibératif et confrontant diverses déclinaisons de la démocratie participative, que ce livre explicite et discute.

  • Si les Françaises et les Français ne se reconnaissent plus dans l'offre politique, ce serait en raison de son organisation selon un clivage droitegauche largement obsolète. L'élection d'un Emmanuel Macron « et de gauche et de droite » en 2017 en apporterait la preuve.
    La politiste Janine Mossuz-Lavau, s'appuyant sur les enquêtes quantitatives de ses collègues et plus encore sur ses entretiens réalisés depuis cinquante ans auprès des citoyennes et citoyens, ne partage pas ce constat trop rapide. En regardant du côté de la demande, elle observe au contraire la permanence de ce clivage tout en mettant au jour les évolutions internes à ces oppositions de valeurs.

  • « Chercheur embarqué », Frédéric Mérand a pu faire une immersion au sein du cabinet du commissaire européen Moscovici entre l'été 2015 et l'automne 2019. Passant deux mois par an au Berlaymont , il a suivi l'évolution de chaque dossier (crise du Grexit, surveillance budgétaire, taxe sur les GAFA, etc.) presque en temps réel. De la cantine aux rencontres internationales, il a observé le commissaire et son cabinet. Il a recueilli au quotidien, leurs stratégies et leurs espoirs mais aussi leurs étonnements, leurs craintes et leurs déceptions. L'objectif, scientifique, n'était pas de savoir si la politique menée fut bonne ou mauvaise, mais de comprendre et de raconter comment elle s'est faite dans les pratiques.
    Un voyage unique dans les arcanes de la politique européenne.

  • Comment évoluent les politiques publiques en temps de crise? Traditionnellement, deux visions s'opposent: certaines analyses mettent en avant la continuité, tandis que d'autres insistent sur la brutalité des changements opérés. La réalité est plus nuancée: de grandes variations s'observent selon les secteurs et les échelles, comme le montre cette étude de l'action publique dans les différents pays de l'Union européenne avant, pendant et après la crise économique et financière de 2008.Trois grandes leçons s'en dégagent: tout d'abord, les principaux changements se sont produits aux niveaux supranationaux, signe d'un renforcement des politiques publiques internationales et européennes; ensuite, des dynamiques antérieures portées par des acteurs réformateurs dans des domaines tels que l'emploi et la protection sociale se sont amplifi ées; enfin, les usages politiques de la crise ont joué un rôle clé dans les variations constatées entre continuité et changement. Le cadre comparatif et international que propose cet ouvrage se révèle précieux pour comprendre l'action publique menée durant les crises, jusqu'à celle de la Covid-19.

  • « Le mot "international", j'en conviens, est nouveau ; bien que, j'espère, clair et explicite. » Ainsi s'exprimait le philosophe Jeremy Bentham en 1781 lorsqu'il conçut ce néologisme. Si le terme est passé dans le langage courant au XVIIIe siècle, avec la prise de conscience de l'essor des États- nations et de la multiplication des transactions entre eux, la discipline des Relations internationales a tardé à s'imposer dans le champ des sciences sociales, en France particulièrement. Pourtant, l'étude savante de ce qui se passe sur la scène internationale aide à comprendre le monde. Pédagogique et exhaustif, cet ouvrage destiné aux étudiants, enseignants, diplomates et journalistes, s'y emploie. Il présente l'environnement intellectuel et historique de la discipline, ses paradigmes, ses concepts et débats structurants, et s'interroge sur les liens entre théorie et pratique. Il propose un état de l'art en ce début de XXIe siècle, en France et dans le monde.
    Cette sixième édition, augmentée de deux chapitres sur l'apport des études féministes et sur la diplomatie, met à jour l'ensemble des analyses et des bibliographies de ce vaste champ d'étude.

  • État, conflits, institutions, réseaux Chaotiquement, une métropole parisienne est en train d'émerger. C'est ce que démontrent les auteurs de cet ouvrage, en relisant l'histoire de la gouvernance de ce territoire, prise en tension entre la volonté de l'État de contrôler la capitale à coup de plansstratégiques et d'organisations, et l'établissement de coopérations horizontales respectant la vieille opposition entre Paris et sa banlieue.
    Avec le temps, ces deux logiques ont perdu de leur force. La décentralisation a rebattu les cartes au sein de l'Île-de- France. Les politiques publiques menées dans les domaines des transports, de la police ou de la rénovation urbaine ont fait bouger les anciennes lignes de structuration et d'opposition politique. La toute-puissance de Paris, symboliquement défendue par le boulevard périphérique, s'est estompée sous l'action des réseaux, des institutions et même des conflits.
    Nourrie de recherches originales, cette analyse documentée éclaire avec précision les dynamiques politiques et institutionnelles d'une métropolisation inachevée.

  • Si la violence conjugale est aujourd'hui reconnue comme une question de société légitime, il n'en a pas toujours été ainsi. C'est grâce aux mobilisations féministes des années 1970, qui définissent alors la violence dans le couple comme une violence faite aux femmes, produit des rapports de domination entre les hommes et les femmes, que ce phénomène sort de la dénégation sociale dans laquelle il était tenu. Comment une cause féministe devient-elle un problème public dont s'emparent les associations, les institutions internationales et l'État ?

    En apparence, le problème de la violence conjugale paraît semblable partout : il s'agit de développer des lieux d'accueil pour les victimes de violence, de créer des lois pour rendre la violence illégitime et d'appeler à sanctionner ceux qui transgressent ces nouvelles normes sociales et juridiques. Cependant, les conditions institutionnelles, politiques et idéologiques diffèrent dans chacun des pays et le problème public y est traité selon des modalités distinctes. À travers la question des violences conjugales et en comparant le cas français et américain, Pauline Delage analyse avec acuité quelles sont, de part et d'autre de l'Atlantique, les formes légitimes de l'intervention publique dans le domaine de l'intime et des inégalités sexuées.

  • Ces dernières décennies, la figure de l'État comme garant de la justice territoriale a été profondément remise en cause, en particulier en France, où planification nationale et aménagement du territoire ont longtemps constitué des outils majeurs de modernisation économique et sociale.
    Les politiques territoriales sont confrontées à de nouveaux enjeux sociétaux et environnementaux tandis que de nouveaux dispositifs institutionnels ont été adoptés.
    En une centaine d'entrées nouvelles ou actualisée, ce dictionnaire entièrement actualisé donne les clés pour comprendre et analyser le kaléidoscope de l'action publique dans les territoires.

  • Tous les ans, plusieurs milliers d'agents du secteur public chinois s'inscrivent dans un MPA (Master in Public Administration), un programme créé à la Harvard Kennedy School et arrivé en Chine avec le nouveau siècle. Une internationalisation qui peut surprendre.
    Comment la Chine, après avoir adapté les principes de développement économique, implante les techniques de formation des démocraties occidentales, tout en se dispensant de la démocratie ? À travers l'histoire de ces « Mandarins 2.0 », l'auteure éclaire la façon dont l'Étatparti entend concilier le changement nécessaire au développement de la Chine et la stabilité de son pouvoir.

  • Les politiques publiques interviennent dans tous les domaines de la vie quotidienne des citoyen·ne·s et agissent sur l'ensemble de la société. Ce dictionnaire ne se contente pas de définir des notions telles que « fenêtre d'opportunité », « gouvernance », « dépendance au chemin emprunté » ou encore « policy feedback ». Il montre comment les grands concepts de ce champ d'étude se sont forgés, puis modifiés et enrichis pour prendre en compte les nouveaux acteurs et instruments à l'oeuvre. En faisant dialoguer les courants, en s'ouvrant aux autres disciplines et en accordant une large place aux recherches francophones et internationales les plus actuelles, il offre les outils intellectuels indispensables pour comprendre les transformations contemporaines de l'action publique.

  • L'Affordable Care Act de 2010 a permis à vingt millions de citoyens américains de bénéficier d'une couverture maladie. Réforme la plus ambitieuse en matière de santé depuis les années 1960 aux États-Unis, l'Obamacare est aussi une réussite politique. Même Donald Trump n'est pas parvenu à la faire abroger.
    Ce succès tient au travail de fond, à l'abri des regards, d'un petit groupe de « gardiens des politiques de santé », habitués de longue date aux arcanes washingtoniennes et fins connaisseurs des rouages du système de santé américain. En périphérie du pouvoir sous la présidence de George Bush Jr. puis au sein de l'administration fédérale sous celle de Barack Obama, ces insiders échaudés par l'échec de la réforme Clinton au début des années 1990 ont usé de leurs ressources politiques pour faire évoluer un système devenu obsolète. S'ils n'ont pu mettre en place une couverture universelle, du moins ont-ils accru les capacités de régulation de l'État fédéral dans le domaine de la santé, créant par là-même la possibilité de futures améliorations.
    L'enquête de William Genieys met au jour le rôle de ces nouvelles élites politiques américaines qui oeuvrent pour que l'État fédéral soit au service non pas des lobbyistes, mais de l'intérêt général.

  • Alors que la mobilité est reconnue comme un facteur essentiel de développement humain, les deux tiers des habitants de la planète ne peuvent circuler librement. Quant aux pays traditionnels d'immigration, ils ont fermé leurs portes, si ce n'est bâti des murs ou installé des camps de rétention.

    Les effets pervers de la fermeture des frontières sont pourtant légion. Aux victimes innombrables, aux sans-papiers et aux sans-droits, s'ajoutent les camps de réfugiés, l'économie maffieuse du passage, les déficits économiques et démographiques liés à l'absence de mobilité, sans parler des coûts exorbitants des politiques de fermeture et d'expulsion.

    Face à ces paradoxes, ne vaudrait-il pas mieux inverser la logique ? Considérer que la liberté de circulation des personnes est un droit universel, tout en laissant aux États la possibilité de restreindre l'entrée sur leur territoire ?

    Un plaidoyer pour un droit à la mobilité et pour l'avènement d'une diplomatie internationale des migrations, plus urgente que jamais.

  • Depuis le début des années 2010. L'Europe doit faire face à une critique publique de plus en plus visible de son « déficit démocratique », à la résurgence du populisme, à des difficultés fondamentales dans la coordination des flux de réfugiés et de leur accueil, à la transformation des démocraties libérales polonaises et hongroises en démocraties illibérales, à la décision du Royaume Uni de quitter l'Union, et peine à répondre économiquement en financièrement à la pandémie du Covid-19.
    Entièrement actualisé pour cette deuxième édition, cet ouvrage met à disposition des lecteurs les idées et concepts clés qui permettent de comprendre la complexité et les crises de l'Europe. Pour débattre de l'intégration (ou de la désintégration) européenne aujourd'hui.

  • Ce numéro est entièrement consacré à l'oeuvre scientifique et politique de William Edward Burghardt Du Bois (1868-1963), l'une des plus grandes figures de l'histoire noire américaine. Premier Noir à obtenir un doctorat à Harvard, il est à l'origine des premières recherches sociologiques et historiques sur la communauté afro-américaine.
    Ce numéro étudie la façon dont Du Bois a pensé et travaillé la relation entre question raciale et sciences sociales. À partir de six articles originaux, ce dossier met en lumière les instruments de connaissance des mécanismes de domination sociale et raciale mis au point par Du Bois en faveur de la justice, de l'action et de l'émancipation politiques.

  • Les droits des personnes handicapées se sont développés en France, mais quels en sont les effets concrets ? Ces droits très divers ne sont-ils que du « blabla », en décalage avec les faits, ou ont-ils des effets réels dans les vies des individus ?
    À partir des témoignages de personnes handicapées, Anne Revillard révèle l'ampleur du combat quotidien des individus pour rendre effectifs des droits à l'inclusion, à l'égalité, sociaux, etc. Elle rappelle aussi que le changement social ne peut être porté que par ces individualités quand, par exemple, un escalier et des discriminations produisent le handicap au moins autant qu'une paraplégie.

  • La crise des réfugiés qui secoue l'espace européen depuis 2015 a mis en lumière l'incapacité des institutions politiques à fournir des réponses satisfaisantes à tous les profils de migrants. Fruits de globalisations contradictoires, les flux migratoires s'accélèrent à travers le monde. Alors même que des frontières se ferment et que des murs s'érigent, les catégories de migrants et de réfugiés se brouillent, les pays de départ deviennent pays de transit et d'accueil et inversement, le contenu de la citoyenneté se diversifie, l'expression d'un droit à la mobilité des personnes émerge partout dans le monde. Réel enjeu planétaire, longtemps oubliées des grandes questions mondiales, les migrations transforment et affectent les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des États. Elles disent surtout l'urgence d'une diplomatie nouvelle intégrant leur gouvernance mondiale et régionale.

  • Souvent raillée par les États les plus puissants qui lui préfèrent le Conseil de sécurité ou le G20, l'Assemblée générale de l'ONU est le seul organe au monde à composition quasi-universelle (193 États en 2019) fonctionnant selon une règle procédurale démocratique (un État, une voix).
    Les auteurs de cet ouvrage ont mobilisé des observations de terrain, des entretiens et les sources de l'Assemblée elle-même (débats et résolutions des sessions, commissions et organes subsidiaires) pour dresser le portrait de cette tribune exceptionnelle. Où l'on découvre que, malgré toutes ses imperfections - la faible portée normative de ses résolutions en particulier - , session après session, l'Assemblée est le creuset dans lequel, depuis 75 ans, s'élaborent les références communes de notre planète.
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  • Les liens entre terre et pouvoir semblent avoir été oubliés, au moins dans les sociétés urbanisées. Cependant, le vaste mouvement d'accaparement des terres qui se dessine un peu partout dans le monde, en particulier depuis la crise des matières premières de 2007-2008, a redonné à cette « agro-politique » une actualité ou du moins une médiatisation nouvelle.
    En revisitant l'histoire récente à l'aune de la question foncière, Pierre Blanc montre comment les terres cultivables constituent un facteur d'explication largement sous-estimé de l'instabilité politique et des logiques de puissance qui traversent la planète depuis le XXe siècle. Un ouvrage indispensable à la compréhension des (dés)équilibres géopolitiques de notre temps.

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