Grasset Et Fasquelle

  • L'homme qui écrit ce livre n'est pas celui dont les Français croient tout connaître. Encore aujourd'hui, il suscite les moqueries, l'hostilité, rarement l'indifférence. Trop européen et libéral pour une gauche frondeuse ne se reconnaissant plus dans la social-démocratie ; trop laïque au goût des communautaristes ; trop social pour une République en marche qui découvre - jamais trop tard - le peuple en gilets jaunes... Mais Manuel Valls est un homme surprenant, qui dissimule, sous une raideur dont il ne s'est jamais départi, une profondeur et une culture inattendues.
    Aujourd'hui apaisé, il se livre avec sincérité. Images de jeunesse, entre son père, peintre, sa mère et sa soeur, dans le petit appartement du Marais. Combats politiques : de Michel Rocard à Emmanuel Macron, engagé à sa seule cause ; du quinquennat Hollande, qu'il observe avec lucidité, au combat sans fin contre Dieudonné et Soral ; sans oublier des pages engagées sur les Badinter, Eric Zemmour ou l'affaire Traoré.
    L'homme nous raconte aussi ses passions : la peinture, la musique et la scène, de Vianney débutant à Blanche Gardin risquant tout ; la littérature, dont il est fou, de Jules Verne à Camus , et en passant par Pagnol ; le football, bien sûr, depuis Battiston et Rocheteau.
    Manuel Valls regarde, s'interroge, découvre, et sa double nationalité lui donne sur la France un regard particulier : à la fois jacobine et girondine, laïque et chrétienne. Intenable, politique, merveilleux, ce pays tant aimé.

  • L'ultra-droite est de retour, obsédée par la fin de la République. Des attentats se fomentent sur notre sol. Des groupuscules se montent partout ; gagnent la bataille idéologique ; pénètrent les principaux mouvements de contestations dans le pays, saccagent nos institutions, l'Arc de triomphe lors d'une manifestation des Gilets jaunes. Leurs relais sont médiatiques, littéraires, politiques. La thèse du « grand remplacement » de Renaud Camus a irrigué bien au-delà des rangs extrémistes, pour s'imposer dans le débat public.
    Ils sont de plus en plus nombreux, sur le territoire, à se radicaliser autour des thèmes du déclin de la France, des crises économiques et sociales, de l'abandon du pays aux musulmans, de la faiblesse de l'État, au point que les services de renseignement pensent désormais inéluctable un affrontement entre communautés, dessinant l'ébauche d'une future guerre civile. Y sommes-nous déjà ? La société craquelle, la « dissidence », elle, s'organise. Alain Soral, Dieudonné, Boris Le Lay et autre prêcheur de haine sont interdits de Youtube Facebook ou Twitter, avant d'être poursuivis en justice et de devenir des martyrs de leur cause. Leurs sites sont fermés, ils en ouvrent de nouveaux. Quand leurs mouvements sont dissous, ils se reforment sous un autre nom. Actions coup de poing contre les immigrés - « kebabs, mosquées, on en a assez ! », camps d'été survivalistes, projets d'attaques, fermes à trolls, propagande numérique, etc. La DGSI craint l'attaque de loups solitaires de l'ultradroite et relève avec inquiétude l'apparition d'une frange de militants identitaires qui leur étaient jusqu'alors inconnus.
    Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon les ont rencontrés et font parler ceux qui s'estiment être les « Grands remplacés ». C'est à une plongée inquiétante que nous invitent ici les auteurs de Mimi. Portraits, réseaux, généalogie du combat, entrée dans la clandestinité : le feu couve.

  • La chute du Mur a laissé les gauches européennes en plein désarroi. Sur le champ de bataille des idées, le progrès, la liberté et l'universel ont cédé la place à une nouvelle triade directement importée des USA : le genre, l'identité et la race.
    On se battait hier au nom du prolétariat, du Tiers-monde et des damnés de la terre ; on condamne aujourd'hui l'homme blanc, coupable du colonialisme, de l'esclavage et de la domination des femmes. Trois discours - néo-féministe, antiraciste et décolonial - le désignent comme l'ennemi commun de l'humanité. Il est devenu le nouveau Satan, celui que son anatomie même désigne comme violeur ontologique, sa couleur de peau comme raciste, sa puissance comme exploiteur de tous les « dominés » et « racisés ».
    Tout l'enjeu de cet essai est d'analyser comment, sous l'impulsion d'une américanisation caricaturale de l'Europe, la lutte des genres et celle des races sont en train de remplacer la lutte des classes, de balayer la méritocratie et de détruire l'idée d'humanité commune. Faire de l'homme blanc le bouc émissaire par excellence, ce n'est jamais que remplacer un racisme par un autre ; avec, comme horizon funeste, des sociétés tribalisées, crispées sur leur trésor identitaire et en proie à la guerre de tous contre tous.

  • Ce voyage intérieur raconte une expérience d'accession au pouvoir jusqu'à son abandon, nous en faisant vivre et partager les espérances et les échecs.
    Un récit intime et sentimental qui passe de l'enthousiasme au doute, de l'inquiétude au conflit. La dimension humaine de l'action politique nous fait découvrir la difficulté d'agir, de concrétiser, d'exercer sa volonté au fil de dossiers qui deviennent ici des feuilletons, des imbroglios, parfois des romans noirs Arnaud Montebourg est à la fois un homme sincèrement engagé dans l'action et un narrateur toujours sur le fil du doute. Les portraits qu'il dresse sont cruels et joyeux, sa peinture des situations rocambolesque, parfois trépidante, ses confessions troublantes de vérité sur ce monde des puissants qu'il faut pourtant bien contrôler, diriger et conduire.
    Le « démondialisateur » raconte de l'intérieur la fermeture des hauts fourneaux de Florange, la quasi-faillite de Peugeot, la vente à la découpe d'Alstom aux Américains par une poignée de dirigeants... Il se bat contre la technostructure, observe la faiblesse des individus confrontés aux rapports de force des sommets internationaux. Il assiste à la naissance du Macronisme dans le ventre de François Hollande, à l'effondrement d'un quinquennat perdu, engage la bataille de la marinière Made in France pour une reconquête industrielle, affronte le mur de l'austérité de l'Union Européenne, jusqu'à la confrontation dans le coeur du collège gouvernemental, menant à la rupture.
    Son retour à la vie au milieu des abeilles est comme un retour à la terre lointaine d'une sincérité retrouvée.
    Ce livre est le récit d'une ligne de vie brisée par les circonstances, mais une ligne de vie une et indivisible, dans la force intime de sa cohérence.

  • En ces premières années du XXIe siècle, le monde présente de nombreux signes de dérèglement.
    Dérèglement intellectuel, caractérisé par un déchaînement des affirmations identitaires qui rend difficiles toute coexistence harmonieuse et tout véritable débat. Dérèglement économique et financier, qui entraîne la planète entière dans une zone de turbulences aux conséquences imprévisibles, et qui est lui-même le symptôme d'une perturbation de notre système de valeurs. Dérèglement climatique, qui résulte d'une longue pratique de l'irresponsabilité.
    L'humanité aurait-elle atteint son " seuil d'incompétence morale " ? Dans cet essai ample, l'auteur cherche à comprendre comment on en est arrivé là et comment on pourrait s'en sortir. Pour lui, le dérèglement du monde tient moins à une " guerre des civilisations " qu'à l'épuisement simultané de toutes nos civilisations, et notamment des deux ensembles culturels dont il se réclame lui-même, à savoir l'Occident et le Monde arabe.
    Le premier, peu fidèle à ses propres valeurs ; le second, enfermé dans une impasse historique. Un diagnostic inquiétant, mais qui débouche sur une note d'espoir: la période tumultueuse où nous entrons pourrait nous amener à élaborer une vision enfin adulte de nos appartenances, de nos croyances, de nos différences, et du destin de la planète qui nous est commune.

  • Après trente-sept ans passés au Quai d'Orsay à occuper les postes les plus prestigieux de la diplomatie française, Gérard Araud analyse ici la longue séquence historique dont il a été un acteur et un témoin privilégié :
    « Ma carrière, commencée un an après l'élection de Ronald Reagan et conclue deux ans après celle de Donald Trump, s'est inscrite dans un moment particulier de l'histoire qu'à défaut d'un autre terme, j'appelle le « néo-libéralisme ». Fondé, en économie, sur la souveraineté du marché, sur la méfiance vis-à-vis de l'État et sur l'ouverture des frontières et, en politique étrangère, sur la conviction de la supériorité des valeurs de l'Occident. » Ses mémoires se lisent comme un essai, clair et érudit, confrontant les analyses pour expliquer l'effondrement d'un monde et comprendre celui qui vient. A la théorie s'ajoute un grand art du trait et du portrait. L'ambassadeur, à la manière d'un moraliste, incarne les anecdotes, conte incidents et situations cocasses, distille conseils aux jeunes diplomates et avis sur les ministres et les Présidents qu'il a servis.
    Haut-fonctionnaire iconoclaste, connu pour son franc-parler, son humour fin et sans concession, Gérard Araud emmène le lecteur dans les coulisses de la diplomatie : il nous donne le sentiment, soudain, d'être au coeur de la machine, d'en comprendre les rouages et les complexités (le chapitre des négociations sur le nucléaire iranien, notamment, est particulièrement passionnant).
    Un ouvrage incontournable pour ceux qui veulent comprendre comment se fait la politique de notre pays sur la scène internationale.

  • « Cette enquête retrace, pour la première fois, l'histoire de la conversion de Jean-Luc Mélenchon au « bolivarisme », ce néo-populisme qualifié de « socialisme du XXIe siècle ». Mélenchon n'a jamais caché son admiration pour Hugo Chavez mais, jusqu'à présent, on ne connaissait pas la nature exacte de leurs liens. Tout se résumait à un acronyme opaque, l'ALBA, imprimé sur les programmes de la France Insoumise aux élections présidentielles de 2017. Mais derrière l'ALBA se dresse la personne d'Hugo Chavez et l'ombre d'une « opération d'influence » conduite en secret, depuis Caracas, par une « cellule spéciale » lovée au coeur du palais présidentiel. L'objectif de cette cellule était de fédérer en Europe un puissant réseau de soutien, puisant ses recrues dans les rangs de « l'autre gauche », que ce soit en Espagne, en Grande Bretagne, en Grèce ou en France.
    Le bolivarisme de Mélenchon ne s'arrête pas à des alliances politiques : il a façonné par mimétisme la méthode du chef des Insoumis et de ses alliés : guerre de communication, haine des médias, stratégie d'intimidation, théories du complot érigées en système. Autant de pratiques qui ont été initiées et théorisées en Amérique Latine, au début des années 2000. Cette doctrine politique a éclaté au grand jour lors des récentes crises qui ont secoué les Insoumis. L'affaire des assistants parlementaires, celle des comptes de campagnes et les perquisitions au siège des Insoumis ont jeté une lumière crue sur le mouvement de JLM. Il s'agit à présent d'en éclairer les dessous- documents à l'appui. ».
    F.C.
    Revisitant les épisodes les plus significatifs du parcours politique de Jean-Luc Mélenchon, dont son passage dans les rangs du groupe trotskiste de Pierre Lambert, Frédéric Charpier souligne les influences qui ont façonné le chef des Insoumis, du trotskisme au mitterrandisme et au « bolivarisme », esquissant le profil d'un homme toujours en quête d'un mentor providentiel.

  • Terreur

    Yann Moix

    « Ce livre, écrit au jour le jour pendant et après les attentats contre Charlie Hebdo et à l'Hypercacher, ne sort que deux ans après les événements : il fallait respecter le temps du deuil ; et me donner la faculté de suspendre celui de la réflexion. "Penser" les attentats est une gageure, parfois même un oxymore : le risque est soit de donner trop de sens à ce qui n'en a pas, soit de rater les étapes d'un processus plus complexe qu'il n'y paraît. Penser les attentats, c'est possiblement se tromper. Ce livre est un cheminement, une progression, une interrogation, un questionnement sur la radicalité, la radicalisation, la jeunesse, l'islamisation, la violence, le nihilisme. Autant de termes qu'on ressasse à longueur de journées sans jamais s'arrêter pour les creuser, les approfondir jusqu'à la nausée. Ce petit essai est obsessionnel : revenir à l'infini sur les actes, les causes, les effets, les acteurs, les conséquences, sans jamais se raturer, au risque même, çà et là, de se contredire. Les frères Kouachi, Amédy Coulibaly sont les tristes protagonistes d'un événement originel, matrice de tous les attentats qui suivirent : les notes et scolies rédigées à chaud et publiées maintenant, doivent se plaquer sur tous les attentats qui suivirent, et qui sortent tout droit, peu ou prou, de janvier 2015.Car ce qui me frappe à la relecture d'un texte rédigé il y a deux ans, c'est à quel point ce qui y était prévu est déjà advenu ou encore, hélas, à advenir . Je n'ai donc rien censuré des passages prophétiques qui me donnent aujourd'hui le sentiment d'une réflexion rattrapée par le réel, au prétexte qu'ils pourraient être lus comme ayant été rédigés rétroactivement à partir du réel : on ne s'excuse pas d'avoir eu raison trop tôt. "Nous sommes en guerre" a dit le président de la République. Les écrivains ont toujours voulu dire la guerre. Je n'échappe ni à la règle, ni à la tradition. » Y.M.

  • Le Brexit, l'élection de Trump puis celle de Bolsonaro, le piratage massif de nos données personnelles par Cambridge Analytica, l'essor des climatosceptiques, la montée des extrêmes en Europe, la généralisation de la défiance et le goût pour l'apocalypse... Derrière tous ces fléaux, un homme, peu connu du grand public, semble tirer les ficelles : Steve Bannon.
    Craint ou adulé, ce personnage ne laisse personne indifférent. Né dans une famille irlandaise modeste, catholique et démocrate, au coeur de la banlieue américaine, Bannon devient banquier chez Goldman Sachs puis producteur à Hollywood - où son talent et son énergie lui permettent d'amasser une fortune considérable... qu'il va choisir de mettre au service de la droite dure.
    En 2012, il prend la tête de Breitbart News, le site de la nouvelle droite radicale qui ne recule devant rien - ni racolage ni fake news - pour marquer les esprits et manipuler les foules. Une expérience et un pouvoir d'influence qu'il mettra au service de Donald Trump. Une fois élu, Bannon devient son stratège, son âme damnée. Pour lui, il théorise l'affrontement avec la Chine et lance l'alerte contre les risques de sa 5G.
    Evincé de la Maison Blanche, il se rabat sur l'Europe. Son « Mouvement » ambitionne de fédérer tous les courants nationalistes d'extrême droite... Il sévit jusqu'en France, où il conseille le Front National et rêve d'instrumentaliser les Gilets jaunes. Il n'a pas vu venir la crise du coronavirus, mais croit au Chaos et à ses bienfaits en 2020.
    Cette enquête haletante, menée sur plusieurs continents, nous révèle bien des aspects cachés du destin de cet homme. Partout, il apparaît comme l'idéologue par qui le populisme advient. Quels sont ses réseaux ? Comment parvient-il à manipuler l'opinion ? Est-il un aventurier opportuniste ou un penseur intraitable ?
    En route à ses côtés, on croise des vendeurs d'armes et des catholiques radicaux, des souverainistes et des ultralibéraux, des informaticiens qui surveillent et des ouvriers qui perdent leur boulot, des idéalistes et des apocalyptiques.
    Pour parvenir à ses fins, Bannon semble prêt à tout. Mais que veut-il vraiment ?Fiammetta Venner nous offre ici le livre qui nous manquait : toute époque a son roi secret, le voici mis à nu

  • Les 7 et 8 mars 2007 s'est tenu au palais de justice de Paris un procès suivi dans le monde entier : celui des "caricatures". Un an auparavant, Charlie Hebdo avait décidé de publier des caricatures du Prophète Mahomet, accompagnées d'un appel à la lutte contre l'islam radical - ce nouveau mal totalitaire. On voyait en Une le Prophète, débordé par les extrémistes, se tenant la tête entre les mains : « C'est dur d'être aimé par des cons.... » Deux jours d'audience agitées, sous haute protection, comme au théâtre de notre démocratie, combattante et menacée. Avec en première ligne, Philippe Val, Elisabeth Badinter, François Hollande, François Bayrou et tant d'autres, défendus par leurs avocats : Georges Kiejman et Richard Malka. Face à eux, des associations réclamant la censure du journal : la Mosquée de Paris et l'UOIF, entres autres.
    Ce qui se joua, pendant ces deux journées, devant la presse internationale ? Le droit de se moquer des idées, des religions. Le droit à la caricature. Le droit à l'irrévérence. Le droit au libelle, à l'excès, dans la tradition française du dessin de presse, du libelle révolutionnaire. Le droit à l'ironie salvatrice. Les débats furent âpres, décisifs ; juridiques aussi.
    Il était temps de rendre aux citoyens deux textes fondateurs - les plaidoiries de Malka et Kiejman - éloges superbes de la liberté de pensée, déconstruisant le totalitarisme en chemin ; moquant les censeurs ; défendant, comme une valeur supérieurement belle, le droit à rire non des êtres mais de leurs idées ; et confiant au lecteur les tendres armes démocratiques pour continuer de rire, d'éveiller, de croire ou de ne croire en rien.
    Plus tard, on le sait, Charlie Hebdo titrera "Charia Hebdo", sera incendié, puis connaîtra le drame de janvier 2015, avec son cortège de morts. Le procès de l'année 2007 est historique : comme un noeud, comme la répétition originelle d'un drame qui ne cessa de se répéter. 

  • « Bonjour à tous, bonjour chers assistés, bonjour les patrons qui prennent des risques et bonjour les rentiers, les planqués, les gens de l'arrière, les salariés, ceux qui ignorent la compétition !
    Et si la France était un pays d'assistés ?
    « Ce magnifique pays d'assistés », c'est ainsi que nous voit The Guardian de Londres. Pays de fonctionnaires, de retraités, de profiteurs de l'État-providence. Certes, The Guardian reconnaît que grâce au système de Sécurité sociale il y a moins d'écart entre les riches et les pauvres en France qu'au Royaume-Uni ; mais ce système de providence étatique diminue notre esprit de conquête. Il faut redonner l'esprit d'audace à notre pays dit Jacques de Chateauvieux, un grand patron français du sucre et du pétrole. Refus du risque égale rente, égale peur ? Bureaucratie égal inefficacité ?
    Vraies ou fausses questions ? Elle sont au coeur des reproches des patrons, qui ne cessent de râler contre les formulaires qu'on leur demande sans cesse de remplir et contre cette bureaucratie. qui ne se laisse pas faire. » B. M.

    Ce mélange unique d'histoire économique, de liberté pamphlétaire, de traditions bousculées, de foucades, de bagarres utiles ou de mécontentements joyeux : c'est la parole de Bernard Maris ; et son regard incomparable. Mais oui, souriez, vous êtes Français ! Traversez notre beau et bizarre pays, comprenez-le, aimez-le, changez-le.

  • Voici le premier récit complet de la plus grande aventure politique du XXe siècle : celle qui a porté les plus folles espérances et qui a conduit à la plus terrible catastrophe humaine de tous les temps, par sa durée et son ampleur.
    Le communisme n'a pas seulement régné sur une trentaine de pays et régi la vie de plus d'un tiers de l'humanité, il a également occupé la plupart des esprits pendant des décennies, aux quatre coins du monde. Nulle autre idéologie, nul autre système politique n'ont connu dans l'histoire une si foudroyante expansion.
    Comment expliquer ce succès, à quoi correspond-t-il, de quelle manière le communisme a-t-il triomphé, pourquoi a-t-il partout échoué, pour quelles raisons tant de vie humaines ont-elles été sacrifiées en son nom ? Seule une histoire mondiale de cette épopée permet de répondre à ces questions, de comprendre à la fois ce siècle communiste et l'héritage qu'il nous a laissé.
    D'octobre 1917 à la Révolution culturelle chinoise, de la collectivisation des campagnes à l'industrialisation menée à marche forcée, de la pénurie généralisée à la culture bâillonnée, de l'enfermement des peuples aux camps de concentration, tous les aspects de la réalité communiste, de son vécu sont ici racontés, analysés, mis en perspective.

  • «  La vie m'a donné, depuis quarante ans, l'opportunité de me trouver au carrefour de plusieurs mondes  : économique, politique, médiatique, intellectuel. Ils constituent, à eux quatre, l'essentiel de ce que les populistes baptisent «  le système  » afin de mieux le vomir et de ce qu'ils nomment avec hostilité «  les élites  » afin de les vouer à la vindicte publique. Aussi la tentation m'est-elle venue de décrire «  le système  » de l'intérieur, tel qu'il m'est apparu et que je l'ai vu se métamorphoser.
    C'est sans doute, de ces quatre mondes, le politique qui a le plus persévéré dans son être et l'univers médiatique qui a été le plus bouleversé. La vie capitalistique et la sphère intellectuelle se sont contentées de muter sans que leurs fondamentaux aient volé en éclats.  »A.M.Analyses, portraits, récits, souvenirs, confidences: ce livre bref est certainement la meilleure introduction au fonctionnement réel de quatre piliers du pouvoir français et de leur évolution dans les dernières décennies, par un «  frontalier  » qui les connait tous de l'intérieur et qui n'a pas peu contribué à les rapprocher.

  • De la crise grecque de l'été 2015 au lendemain des primaires en France de la droite et du centre, Anne Sinclair nous livre ici dix-sept mois d'un Journal très personnel tenu tandis qu'elle animait et présentait sur Europe 1, le samedi matin, l'émission d'entretien la plus écoutée de la station. Au-delà de l'éphéméride d'une année et demi particulièrement riche en péripéties politiques pour la France, l'Europe et le monde, décryptés ici par une observatrice privilégiée à la plume sans complaisance, au-delà de la variété des sujets d'intérêt (la vie de la culture et des idées se mêle au théâtre cruel de la politique ou aux soubresauts des crises et attentats qui ont caractérisé la période), ce sont les rencontres et portraits, dans un cadre public ou privé, qui font aussi le sel de ce témoignage.
    On y croise François Hollande, Manuel Valls, Emmanuel Macron, Michel Rocard, Bernard Cazeneuve, Alain Juppé, Bruno Le Maire, Jean-Louis Debré, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen. Mais aussi Alain Finkielkraut, Jean Daniel, Régis Debray, Karl Lagerfeld, Boualem Sansal, Isabelle Huppert, et tant d'autres... Chronique d'une France blessée qui a perdu tous ses repères : deux gauches irréconciliables, deux droites fracturées, une parole politique devenue inaudible, les valeurs fondatrices de notre pacte républicain foulées aux pieds, la crise des migrants et celle de l'Europe, l'irruption obsédante de la "question islamique" et la crispation sécuritaire.
    Un tableau sensible et percutant de notre pays à l'heure d'un choix crucial.

  • Il s'agit d'abord d'un récit retraçant la course vers le pouvoir d'un homme et de son équipe, mais aussi de comprendre le fonctionnement caché de la machine (choix tactiques, élaboration des discours, relations avec les journalistes, organisation logistique, rencontre avec les différentes composantes de la société française...). Le livre ne se limite pas à un simple portrait de Hollande mais évoque abondamment les seconds rôles (Moscovici, Valls, Montebourg...) ainsi qu'une foule d'anonymes rencontrés au fil des déplacements dans les usines, les écoles, la rue...
    Le récit est à la première personne et se distingue d'un ouvrage journalistique par une subjectivité surexposée qui s'inspire du journalisme gonzo de Hunter S. Thompson. Ce parti-pris permet de rendre compte d'une dimension burlesque qui se révèle omniprésente. Enfin, au-delà du résultat, l'un des enjeux dramatiques du livre est le suivant : l'auteur, qui observe jour après jour l'altération de sa subjectivité, va-t-il finalement se convertir à la sociale-démocratie et voter Hollande ou tenter le diable, oublier 2002 et voter Mélenchon ?

  • "J'étais au Concorde, accoudé au comptoir, un café froid sous le nez, quand il m'est soudain apparu (...) Il m'a vu là, debout, l'air hébété, figé dans un jean usé. Il m'a semblé plus vieux et plus voûté que lors de notre dernière rencontre. Ses gestes étaient également moins prestes. Il avait l'air fatigué, le teint hâve et les cernes bistres le rendant plus grave qu'il n'est réellement. Il poussa un grand râle de surprise et, d'un coup de menton, m'invita à le rejoindre dans le fond de la salle, où la maîtresse des lieux, éponge à la main, venait d'aligner trois tables. Je ne me fis pas prier. Il m'indiqua une chaise en face de lui. De près, à deux mètres à peine, j'épiais son visage, comme on le ferait devant un Rodin, en m'arrêtant sur sa verrue, sur cette bouche qui a perdu ses lèvres, sur ces petites croûtes nouvelles qui parsèment la lisière de ses cheveux, puis sur ses mains impactées de tâches brunes et ses doigts aux ongles ternes. Sous la table il ne se passait rien, aucune trépidation de la jambe ou contorsion de la cheville. Il commanda une «tomate», qu'il but à la paille, et moi, un Perrier." Jeune et brillant journaliste du Point, Saïd Mahrane a gagné la confiance de l'ancien Président de la République. Afin de pénétrer son cercle intime et de l'interroger sur sa vie et son parcours politique, Saïd Mahrane a eu raison de tous les obstacles : Claude, la fille de Jacques par qui tout passe et qui gère l'image de son père d'une main de fer ; Bénédicte Brissart, attachée de presse attentive et protectrice. De ces figures, le journaliste se fait des alliées qui lui permettent d'atteindre le "grand Jacques", et de nouer avec lui une relation forte et rare. Dans ce récit attachant, on croisera un Nicolas Sarkozy froissé, un François Hollande porté aux nues par Chirac à la veille de son élection, François Pinault l'ami indispensable, mais aussi Marine Le Pen, Charles Pasqua, Philippe Seguin, et, bien sûr, son épouse Bernadette.

  • La tragédie humaine à laquelle est associée l'histoire du communisme est-elle la conséquence de circonstances malheureuses ou d'une politique délibérée ? Ce débat, récurrent depuis l'apparition du premier régime communiste en Russie, ne peut être tranché que si l'on prend en considération la dimension mondiale du système.
    Quelles que soient la géographie, l'histoire, la culture des pays où le communisme a triomphé, les mêmes méthodes ont abouti aux mêmes résultats. Ce ne sont pas les circonstances qui ont scellé le sort des peuples concernés, mais l'application d'une politique identique, quelles que soient les particularités nationales. Rien ne ressemble davantage à une victime russe qu'une victime chinoise, cubaine, coréenne ou roumaine.
    La guerre civile permanente que les régimes communistes ont menée contre leur population, pour imposer leur dogme, explique l'hécatombe sans précédent qui en a résulté. C'est en toute conscience que des dizaines de millions d'êtres humains ont été enfermés, torturés, déportés, affamés. C'est en toute conscience que des centaines de millions d'autres êtres humains ont été surveillés, exploités, endoctrinés, asservis.
    L'histoire mondiale du communisme, vue du côté des victimes, montre à quel point les utopistes parvenus au pouvoir n'ont pas davantage cherché à en finir avec les inégalités qu' à construire la société idéale promise : c'est à l'humanité de l'homme qu'ils s'en sont pris.

  • Au départ de ce petit livre, une question toute simple : pourquoi les Américains sont-ils allés en Irak ? Ou plutôt : pour quelles vraies raisons ? étant entendu que tous les motifs invoqués (armes de destruction massive, etc ) apparaissent, depuis longtemps, bien caducs. Pour Antoine Sfeir, l'affaire est claire : les Américains ont déclenché cette guerre afin de briser les nations arabes et de hâter l'avènement d'une multitude de micro-états fondés sur des communautés (schiite, kurde, maronite, alaouite, chrétienne, sunnite ). On l'observe déjà avec la tripartition de fait de l'Irak ; on le constate également avec le Liban... et demain, la Syrie. Cette stratégie ? affaiblir le monde arabe, l'émietter, face à la puissance israélienne... serait, d'après les théoriciens de Washington, la seule façon de sécuriser l'approvisionnement pétrolier des Etats-Unis. Mais, si tel est le constat, le chemin a été long pour y parvenir. D'où l'intérêt majeur de ce livre extraordinairement pédagogique : raconter (brièvement) la genèse séculaire des enjeux dans cette région cruciale. De la naissance d'Israël à celle du Parti Baas, de la pensée des « Néo-cons » à la stratégie anglaise, puis américaine, du nationalisme nasserien à l'Iran des mollahs, tout est ici résumé, éclairé,analysé... de telle sorte que le profane peut enfin comprendre ce qui se mijote dans cette partie du monde. Un ouvrage limpide et fort utile. Une démonstration qui s'adresse aux spécialistes aussi bien quoeau simple curieux qui ne comprend pas toujours ce qu'on lui raconte à la télévision ou dans les journaux.

  • L'amitié en politique existe-t-elle ? Nombreux sont ceux qui en doutent. Que reste-t-il du désintéressement et de la permanence au pays des rivalités et des revirements sans frein ? Etudier l'amitié en politique revient à se pencher sur un sentiment pur dans un monde impur. Mais l'amitié, ce lien rare, ce mot galvaudé, possède ses parts d'ombre et la politique ses accès de sincérité. L'amitié n'est ni le compagnonnage, ni la camaraderie, ni la sympathie, ni la fraternité, ni le copinage. C'est en revanche un sentiment totalement tourné vers l'autre, comme devrait l'être la politique. Il semblait logique de passer de l'autre côté de l'image publique et de demander à des hommes et des femmes politiques de livrer leur vision de l'amitié et leur version d'une amitié. Ainsi Edouard Philippe explique pourquoi il tient l'amitié en politique en haute considération. Pierre Moscovici raconte une amitié loyale, une autre trahie, une dernière inexistante. François Hollande revient sur ses liens avec ses premiers ministres. Bruno Le Maire analyse pourquoi l'amitié en politique mène inexorablement à des blessures. Aquilino Morelle compare deux figures tout à fait opposées. Patrick Stefanini se plonge dans une histoire compliquée avec Alain Juppé. Bernard Cazeneuve explique pourquoi il est resté loyal à François Hollande. Sylvain Fort livre une vision sans fard des liens humains en politique et Anne Hommel raconte, pour la première fois, son long cheminement auprès de Dominique Strauss-Kahn et ce qu'il en reste.
    Un livre sur l'amitié vire-t-il parfois à un livre sur l'inimitié ? Les amitiés sont des histoires qui comportent ruptures, malentendus, trahisons, réconciliations. Aussi le récit possède-t-il ses fantômes (Dominique Strauss-Kahn), ses figures de référence (François Mitterrand et Lionel Jospin), ses absents (Jérôme Cahuzac). L'amitié achoppe sur deux écueils omniprésents en politique : la hiérarchie et la rivalité. L'amitié entre Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin survivra-t-elle à la compétition de leurs ambitions ? L'amitié entre Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux est-elle un exemple de pure loyauté ou un simple lien de subordination ?
    Marie-Laure Delorme a choisi la forme du portrait car nos amis sont un reflet de nous-mêmes. Elle a rencontré, pour des témoignages inédits, François Hollande, Edouard Philippe, Brice Hortefeux, Sylvain Fort, Marielle de Sarnez, François Bayrou, Patrick Stefanini, Pierre Moscovici, Bruno Le Maire, Bernard Cazeneuve, Gilles Boyer, Anne Hommel, Sébastien Lecornu, Aquilino Morelle. « J'ai tenté de montrer que nos décisions quant au juste et à l'injuste dépendront de quelle compagnie nous choisissons, de ceux avec qui nous souhaitons passer notre vie », écrit Hannah Arendt. L'amitié est un choix, une élection, une affinité. Nos amitiés sont de chair et non de papier. Elles nous engagent dans le monde. Avec qui voulons-nous vivre ?

  • « Après moi, il n'y aura plus de grand Président » avait prophétisé François Mitterrand. Peut-être en effet la prose du réel devait-elle succéder à la poésie des lendemains qui chantent. Mais l'abandon du romantisme révolutionnaire ne nous condamnait pas inexorablement à celui de la volonté politique.

    Comment en est-on arrivé là ?

    Pour la première fois, ce n'est pas François Hollande qui distille ses confidences ni un ministre démissionné ses commentaires ou un journaliste ses observations, mais un conseiller de premier plan, dont le bureau, « la chambre d'Eugénie », jouxtait celui du Président de la République, qui nous fait voyager au coeur de la machine de l'Etat.

    Il ne se contente pas de raconter mille et une « choses vues », scènes et dialogues vécus. Il analyse, avec une profondeur historique éclairante, les tendances lourdes comme les traits de caractère qui ont conduit notre monarque républicain à l'abdication. Une abdication qu'il a annoncée aux Français le 1er décembre 2016 mais dont on découvrira ici qu'il y avait consenti dès le premier jour de son mandat.

    A travers ce témoignage prennent vie non seulement un Président demeuré pour beaucoup « une énigme, entourée d'un mystère, cachée dans un secret », mais aussi les figures qui veulent refonder une politique progressiste dans notre pays : qu'ont dit et fait Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Emmanuel Macron et les autres lors des grands rendez-vous du quinquennat qui s'achève ?

    Un livre politique de haute tenue.

  • « aujourd'hui, le présent est humilié. naguère, il fut arrogant. assez pour convoquer l'histoire et la révolution, comme si elles venaient de naître. j'ai pris part à cette arrogance. je m'appuie encore sur elle pour m'interroger à son propos. le gauchisme, mai 68, le maoïsme, qu'en puis-je dire aujourd'hui qui soit à la hauteur de ce que je sais ? les noms donnent la clé de l'énigme. des noms imaginaires - ouvrier, mao, france -, le maoïste que j'ai été passe aux noms réels. parmi les noms réels, le plus réel d'entre tous s'est fait entendre : le nom juif. après avoir confronté l'europe à ses propres penchants, après avoir dessiné la figure du juif de savoir, j'ai rencontré le juif de révolution. grandeurs et vanités, le triptyque est achevé. qu'on le replie ou le déplie, on y reconnaîtra le lieu des discordes à venir. » j.-c.m.

  • « La finalité des polices dans les démocraties ne devrait pas être de faire régner un ordre. L'ordre devrait, en réalité, n'être qu'un moyen. Mais un moyen de quoi ? Les agents ne forment pas une armée face à un adversaire même si certains responsables aiment à les caricaturer ainsi. La mission éminente des polices est de produire de la certitude et de la confiance en défendant des normes et des valeurs supérieures et, ainsi, de contribuer à la cohésion sociale ».
    Toute démocratie a besoin d'une police, et réciproquement la police a besoin que les citoyens la soutiennent, qu'ils la considèrent comme « leur police ». Mais les gouvernements ont peu soutenu la transformation des forces de l'ordre en service tourné vers le public et soucieux de l'égalité de tous les citoyens, en particulier des minorités. Nos grands voisins européens sont bien meilleurs que nous sur ces points.  Les conséquences sont lourdes, sur notre sol, au moment où la confiance est particulièrement nécessaire.
    D'autres défis sont également devant nous. Le ministère de l'Intérieur confond force et autorité. Or, la façon dont la police agit en banlieues et l'injustice observée dans les contrôles au faciès fragilisent encore l'autorité étatique. A l'heure où la diversité de la population est une réalité que nul ne peut plus ignorer, et où les conflits de valeurs et d'identité entre les différentes communautés (musulmane en premier lieu) sont soulignés, la question religieuse s'invite dans les enjeux de police. La distance prise par certaines communautés face à la collectivité politique nationale et aux valeurs qu'elle doit incarner (liberté, égalité) se traduit par une défiance croissante manifestée face à la police. Sa légitimité, et partant son efficacité, sont affaiblies. Et avec la cohésion de notre pays.
    Dans cette enquête unique et inédite, Sebastian Roché analyse « l'expérience de la police » vécue par la population française actuelle et dresse un constat préoccupant. Loin des stéréotypes et des idées toutes faites, il dévoile l'état de la police et de son rapport au peuple dans un pays en colère et en transformation, et propose des solutions pour renverser la spirale négative dans laquelle nous sommes engagés.
     

  • Rarement la passion française pour la chose politique a été plus vive.
    Jamais la sévérité à l'égard des hommes politiques n'a été plus grande.
    Ce n'est qu'un paradoxe apparent : Les Français en ont assez de notre petit jeu politicien qui ne change rien à leur vie. Ce livre explique les raisons de leur colère.
    La logique de nos institutions nous conduit à une perpétuelle "guerre de religions" entre la gauche et la droite. Malgré l'envahissante présence du Front National, malgré les problèmes qui les angoissent (le chômage en premier lieu), les citoyens craignent que la prochaine élection présidentielle ne rejoue une fois encore l' opposition factice entre deux camps idéologiques indifférents à l'intérêt général.
      Ce livre n'a aucun caractère partisan. Il montre que beaucoup de nos divisions ("ceux d'en-bas" contre "ceux d'en haut", défenseurs contre contempteurs de la mondialisation, européistes contre souverainistes, défenseurs de l'identité nationale contre partisans du métissage, « ouverts » contre « fermés », conservateurs contre progressistes...), n'opposent pas la gauche et la droite mais traversent chacun de ces "camps".
    Il dégage les voies d'une nouvelle méthode de gouvernance, qui parte des problèmes d'aujourd'hui, et non des vieilles notions héritées du passé, pour parvenir à faire « la somme de nos divisions ».
    On trouvera ici des analyses serrées, un recours fréquent à l'Histoire, des sondages, des souvenirs et anecdotes savoureuses.

  • « Leurs journées commencent avant celles des autres, au milieu de la nuit. Ils saignent, découpent, dépècent et désossent. L'obsession est d'aller vite, de suivre les cadences et de tenir. Peu rêvent de faire carrière ici. Au départ, c'est souvent juste un petit boulot, un dépannage, et finalement ça devient un métier. En France, des dizaines de milliers d'ouvriers travaillent dans les abattoirs. Chaque jour, ils tuent 3 millions d'animaux et les transforment en steaks, escalopes ou côtelettes... » Cette chaîne un peu particulière, où l'on travaille dans le sang, les viscères, les vapeurs, où les têtes tombent, et les pattes, les abats, vous ne l'avez jamais vue ainsi. Pas même en vidéo. Sans parler de la « tuerie », le lieu le plus secret... Olivia Mokiejewski s'y est engagée, quelques jours, volontairement et sans se cacher, histoire de « faire les gestes », sans vomir, sans tomber, sans sursauter. Pour vous. Pour notre santé. Pour raconter le quotidien de ces nouveaux forçats...
     Alternant portraits, rencontres, témoignages sur cette condition ouvrière et récit personnel, l'enquêtrice nous offre un récit puissant dont on sort comme d'un mauvais conte : se laver à l'alcool à 90°, une fois, deux, trois fois de suite ; faire des rêves troubles; prendre un café avec un collègue, le tablier trempé de sang, des bouts de moelle sur le visage ; entendre les voix brisées de ces forçats épuisés par la tâche...  Bienvenue dans le monde tabou de l'industrie et de la mort. 

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