• "Ce n'est pas trahir ses convictions humanistes que de faire le départ entre le réel et l'utopie ; ce n'est pas renoncer à ses idéaux que de prendre en compte ce qui est possible et ce qui ne l'est pas". Didier Leschi.

    Il n'est pas de jour qu'un sinistre événement, une image bouleversante, une crise internationale ne nous le rappelle : la question du sort réservé aux migrants est cruciale. Il y a ceux pour qui la France devient une passoire exposée à l'invasion d'étrangers indésirables et qui veulent « suspendre l'immigration » ; et il y a ceux, moins nombreux, pour qui notre pays devient, comme l'Europe elle-même, une « forteresse », manquant à tout devoir d'humanité. C'est à ces deux tendances opposées que s'adresse tour à tour la présente mise au point de Didier Leschi, directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en plaçant chacun devant la réalité des faits et des pratiques - sans pour autant mettre au même plan ce qui relève de la démagogie, et parfois de la haine de l'autre, et ce qui témoigne, à la manière du Fratelli tutti du pape François, d'une noblesse d'âme et d'un haut sentiment de la fraternité humaine.

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  • Mahmud Nasimi a quitté l'Afghanistan en 2013 laissant derrière lui un pays en guerre, son pays. Il vit en France depuis 2017. La vie de " réfugié " aurait pu briser cet homme qui avait tout perdu. Mais la découverte de la langue française qu'il a apprise et sa passion pour la littérature française lui ont permis de se reconstruire au fil des phrases qui construisent ce récit. Un récit profondément touchant où s'entremêlent le passé heureux et le présent douloureux.
    Mahmud, réfugié à Paris, a trouvé grâce à la littérature son nouveau chemin de vie.

  • Soixante idées fausses sur les migrations décryptées et déconstruites, pour sortir des discours qui laissent croire qu'une politique d'accueil est impossible.
    Dans le contexte particulier de la prochaine campagne présidentielle, les discours d'inquiétude et de crispation, voire de rejet, à l'égard des migrants, réfugiés, exilés et étrangers, risquent d'occuper une large partie de l'espace médiatique.
    Il est indispensable de répondre à ces discours, ce qui suppose dans un premier temps de les écouter et de les décrypter. C'est ce que cet ouvrage propose de faire : il examine et analyse les préjugés, les représentations fausses et les idées reçues sur les migrations, afin de les déconstruire point par point.
    En réponse aux détracteurs de toute politique d'accueil, mais aussi à tous ceux qui hésitent ou qui s'inquiètent, ce livre propose un tour d'horizon des migrations en mettant à la disposition des lecteurs un très grand nombre d'informations, de chiffres, de données et de faits. Organisé par thématiques et rédigé dans un style très accessible, l'ouvrage s'attache à prendre le contrepied de 60 idées fausses, pour convaincre que l'accueil des exilés est non seulement possible, mais surtout souhaitable.

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  • «Tout en toi pue la France. Plus d'une fois, mon visage a essuyé la violence de ce crachat. On m'a traitée en paria sous les injures et les coups. Si j'ai décidé de devenir française, c'est par amour pour la France, ses valeurs, ses traditions, sa culture, son passé, et c'est précisément ce qu'on me reproche. En faisant ce choix, je suis devenue Claire, le prénom de la honte.».
    Fille d'immigrés turcs, Çigdem Koç, devenue Claire Koç en 2008, va vivre un enfer. Famille, amis, collègues, tous l'accusent d'avoir trahi ses origines. À travers ce témoignage sidérant et unique, l'auteur dénonce l'échec de l'assimilation à la française.
    Une plongée au coeur du rejet du modèle républicain.

  • En quarante ans, le nombre de migrants dans le monde a triplé. L'ampleur comme la nature des flux migratoires a changé. Des notions comme celles de « migrations pendulaires » ou de « risque migratoire » ont fait leur apparition. De nouvelles questions se posent, qui rendent indispensable de porter un regard neuf sur les migrations : les déboutés du droit d'asile, de plus en plus nombreux, forment-ils désormais une nouvelle catégorie d'apatrides ? Quel type de lien social engendre un mode de vie à cheval sur plusieurs pays ? Quelles conséquences a l'externalisation de la gestion des migrants aux frontières de l'Europe ? Les migrations du Sud vers le Sud vont-elles supplanter celles du Sud vers le Nord ?

    En sociologue, Sylvie Mazzella fait le point des recherches sur les phénomènes migratoires. Elle met ainsi en relief les apports nécessaires de la sociologie de l'immigration et l'important renouvellement des connaissances que les approches transnationales ont permis.

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  • Vincent Robin-Gazsity raconte son expérience dans une entreprise chinoise en Afrique pendant trois ans. Interprète pour la China Communications Construction Company au Gabon, l'auteur dévoile la vie quotidienne dans un grand groupe chinois en Afrique et le monde qui se construit à la barbe de l'Occident entre pays du sud. Pendant trois ans il se plie aux conditions de travail des employés chinois expatriés sur le continent noir : une vie en collectivité, de libertés restreintes, un esprit de groupe. Pour s'intégrer il lui faudra changer son mode de pensée et petit à petit se transformer. Individu, travail, pouvoir, nature... l'auteur nous amène à revoir un par un les concepts qui structurent notre univers mental pour se glisser dans l'esprit d'un Chinois en Afrique. Pays en voie de développement il y a tout juste vingt ans, la Chine rêve aujourd'hui de devenir la première puissance mondiale. Plus qu'une compétition économique, c'est une véritable révolution géopolitique que prépare le géant asiatique sur ses chantiers africains.

  • En 1964, Marcuse publie L'Homme unidimensionnel dans lequel il analyse les mutations de la consommation et la réalisation d'un consensus social-libéral épuisant la critique et les potentialités révolutionnaires : la classe ouvrière aurait été parfaitement intégrée au processus de stabilisation de la société de classe, déplaçant l'enjeu révolutionnaire vers les marginaux, la contre-culture et l'intelligentsia.

    Paul Mattick (1904-1981), un des plus grands penseurs marxistes et conseillistes américains, y répond en montrant les limites de l'intégration prolétaire dans le capitalisme. Un texte de 1969 d'une actualité déconcertante au regard des soulèvements populaires contemporains de par le monde.

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  • La question migratoire est au coeur du discours politique et médiatique en France et en Europe, souvent traité sous un angle sécuritaire où se côtoient fantasme, peur et données erronées...
    Au cours de son expérience au sein de diverses ONG, Jean-François Corty a sillonné le monde et la France qui est aussi, aujourd'hui, un terrain d'actions humanitaires. Souvent interrogé en tant qu'expert de la question, ce roman graphique lui permet de livrer différemment son témoignage. Sa parole est plus libre que sur les plateaux télé... et la déconstruction des clichés - au premier rang desquels le terme d'appel d'air ! - d'autant plus efficace.

  • Terre d'accueil historique, la France a scolarisé de nombreux enfants étrangers tout au long du XXe siècle en privilégiant une approche centralisée et universaliste. Depuis les années 1970, la prise en charge des enfants migrants a évolué dans une perspective inclusive. L'arrivée de familles migrantes et en demande d'asile, et l'accroissement du nombre de mineurs non accompagnés induisent un défi de taille pour le milieu scolair e Les 9 chapitres abordés par des chercheurs de différentes disciplines (sociologie, histoire sociale, droit, didactique des langues, sciences de l'éducation) proposent une vision pluridisciplinaire des politiques éducatives qui conditionnent les vécus de l'enfance et de la jeunesse migrantes. Ce recueil éclaire les problématiques socio-éducatives et didactiques au prisme de la question migratoire et au regard des biographies langagières et scolaires.
    Les approches historique et quantitative permettent d'appréhender l'évolution des migrations enfantines et juvéniles, tandis que le droit à l'éducation de ces jeunes dans le contexte français est mis en regard des référentiels institutionnels européens.
    L'analyse ethnographique des expériences sociales et des relations pédagogiques des enfants et jeunes migrants offre des clés de compréhension relatives tant à leurs trajectoires et projets migratoires qu'à leurs parcours en France. Mais elle interroge aussi l'école et la place des élèves migrants en son sein. Plus concrètement, au sein des classes, les choix d'enseignement linguistique pour un public identifié comme « allophone » sont questionnés à l'aune des évolutions institutionnelles et didactiques.

  • Le vertige des acrobates Nouv.

    A mi-chemin entre reportage et roman d'initiation, ce livre raconte « de l'intérieur » le quotidien d'enfants et adolescents demandeurs d'asile en Europe. Il met en lumière les trajectoires de mineurs isolés, parmi les plus vulnérables sur les routes migratoires.
    Alors qu'on ne parle que de crise migratoire et de « flux de migrants », le but de cet ouvrage est d'incarner des personnes, des individualités, pour raconter au plus juste ceux qu'on nomme les « mineurs isolés », des enfants et adolescents partis en éclaireur sur les routes de l'exil. Ce livre cherche à leur donner chair et à retracer le récit et le parcours de plusieurs d'entre eux. Suite à de longues immersions de terrain en Méditerranée, ce livre leur donne la parole, agit comme un « haut-parleur » pour nous permettre de tendre l'oreille et d'apprendre de leur résilience et leur courage hors-normes.

  • Depuis la fin du XXe siècle, le nombre de migrations a explosé. Aujourd'hui, on estime qu'un humain sur trente a quitté son pays de naissance. Pour des raisons économiques, politiques, climatiques... Il n'existe plus un endroit sur terre qui n'est pas concerné. Ces mouvements de population suscitent de nombreux débats dans les pays d'accueil comme la France. Pourtant, la France est traditionnellement un pays d'immigration massive. Ce documentaire clair et précis propose un rappel historique de ce phénomène, et détaille habilement les questions et enjeux actuels auxquels les pays développés doivent répondre.

  • La peur de l'"islamisation" déborde aujourd'hui le cadre de l'islamophobie ordinaire et les rangs de l'extrême droite au point d'envahir l'espace public. Cet essai salutaire montre que la crainte d'une marée musulmane prête à submerger numériquement et culturellement l'Europe par la natalité, l'immigration et la conversion relève du fantasme. Quant au regain de ferveur spirituelle et au renouveau identitaire des musulmans, ils n'ont pas la signification conquérante ni même politique que suggère leur amalgame avec la radicalisation terroriste.
    Cette réfutation en règle interroge enfin l'obsession collective que recèle le mythe de l'islamisation : pourquoi l'Europe et la France en particulier ont-elles tant besoin de l'"ennemi musulman" ?

  • Nourriture, vêtements, abris, repos, réconfort, divertissements, formation linguistique, conseils et orientations juridique, etc. Depuis 2015, la « crise migratoire » a donné lieu à la mobilisation de milliers de personnes vivant en France - citoyens ou étrangers établis, dans les villes et les quartiers, les villages - qui se réclament de l'hospitalité. Cette « crise » a révélé l'importance des engagements individuels et collectifs autour des migrants, renouvelant les formes de soutien qui leur sont apportées. Si l'hospitalité tendait auparavant à être considérée comme une pratique « ancestrale » ou « exotique », la richesse des expériences d'accueil récentes en France est au-delà de toute capacité de recension.
    Cet ouvrage rend compte de la complexité et de la diversité de ces expériences. Il permet ainsi de saisir comment l'hospitalité se construit dans le quotidien, en dévoilant ses fragilités et ses limites. Mais ses auteurs élargissent également la description, au-delà du cadre domestique, aux initiatives communales afin de comprendre en quoi cette mobilisation sociale au nom de l'hospitalité transforme notre société.

  • Les Alpes-Maritimes - entendues comme une région transfrontalière englobant le département français homonyme ainsi que le versant italien de cette frontière - sont aujourd'hui un pôle migratoire de premier plan tant par le volume de personnes migrantes concernées que par l'enjeu politico-médiatique que celles-ci représentent.
    Devenu emblématique du « retour des frontières » au sein de l'Europe unie, ce territoire désormais symbole de la nouvelle fortification européenne - au même titre que Calais ou Lampedusa - est une des scènes majeures du « spectacle de la frontière » et des multiples luttes autour de ses enjeux. Pour comprendre ce qui s'y joue, l'Observatoire des migrations dans les Alpes-Maritimes a réuni des sociologues, des anthropologues, des géographes, des politistes et des historiens, ainsi que des acteurs de la société civile autour d'une analyse de cas interdisciplinaire et multidimensionnelle.

  • Figure des transformations que connaît la France, le département de la Seine-Saint-Denis (93) s'inscrit, avec l'importante présence musulmane, au coeur des bouleversements démographiques et migratoires - de la marche forcée de la désindustrialisation à la haute technologie, de la persistance du chômage et d'une intégration sociale difficile à mettre en oeuvre à la percée des nouvelles générations dans le champ politique, culturel ou économique.
    Ces contrastes très accusés sont l'une des caractéristiques les plus saillantes et les moins connues de l'islam de France.
    Quatre-vingt-treize partage avec le lecteur l'expérience du terrain au quotidien, depuis les mosquées et les HLM jusqu'aux lambris des palais de la République, et la perspective historique de trois décennies écoulées, à travers l'islam des «darons», des Frères et des jeunes. Entre la tentation salafiste et la participation aux élections, le halal et l'internet, l'islam de France déploie une multiplicité de facettes qui s'inscrivent dans une citoyenneté encore inaccomplie.

  • La mort de migrants noyés, asphyxiés, intoxiqués, déshydratés sur les côtes de la Méditerranée, de l'Egée, de l'Atlantique comme aux frontières terrestres de l'Europe est devenue une réalité quotidienne. Aujourd'hui, les tombes d'anonymes sont chaque jour plus nombreuses dans les cimetières de Lampedusa, Lesbos, Tenerife ou Calais.
    Ces morts interrogent les sociétés où sont découverts les corps des migrants. La prise en charge de ces morts, leur identification, le lien avec la famille au pays d'origine, l'acheminement du corps ou son enterrement sur place, reposent sur une chaîne d'acteurs institutionnels et citoyens. À travers les cérémonies et les commémorations se joue, au sein des différentes sociétés européennes qui les reçoivent, la visibilisation des migrants morts. Les mouvements de solidarité et les prises de conscience politiques des habitants des lieux-frontière érigent ces mobilisations en cause des migrants. Écouter les récits, recueillir les mises en mots de la mort et de la disparition par les personnes qui circulent à travers les frontières, donne accès au vécu et aux représentations d'une migration sur laquelle plane, sans cesse, le spectre de la mort.
    Cette articulation entre des questions sur le traitement des défunts et des interrogations sur l'imaginaire de la migration permet d'offrir un nouvel éclairage dans le débat actuel sur la « crise migratoire ». Désactivant les lectures misérabilistes faisant des migrants des victimes dépourvues de capacité d'action ou des inconscients prenant des risques inconsidérés pour rejoindre l'Europe, la réflexion fait apparaître la violence dont sont porteuses les frontières européennes.
    À travers l'exploration de ces grands enjeux administratifs, politiques, affectifs et moraux, cet ouvrage invite à questionner les limites et les effets des politiques migratoires contemporaines.

  • À partir d'enquêtes de terrain menées aux frontières entre le Maroc et l'Espagne, la Grèce et la Turquie, la France et l'Italie ou la Grande-Bretagne, cet ouvrage interroge les pratiques concrètes de la police des migrants : filtrage, concentration, dispersion, harcèlement, expulsion des populations réfugiées. Les histoires de vie, les mécanismes et pratiques concrètes et les données qu'elles permettent de recueillir rendent ainsi possible de penser ensemble les logiques de gouvernement des migrations et les expériences qu'elles façonnent pour des êtres humains constamment confrontées à leur violence.

  • L'islam de France est-il une impasse ? La laïcité a-t-elle trouvé ses limites ? La République a-t-elle faibli ? Où sont les musulmans face aux défis ? Et leurs imams, leurs responsables, leurs intellectuels ?
    En quoi, surtout, les dénégations et les hystéries, les polémiques et les capitulations favorisent-elles l'absence de solution ?
    C'est en praticien et théoricien sans égal que Didier Leschi répond ici à ces questions, sans présomption et sans concession.
    Le livre-vérité sur un dossier brûlant.

    Préface inédite de l'auteur.

  • Les migrations sont à la fois une réalité et un fantasme, avec un formidable décalage entre les deux. Mais c'est une vraie question, qui va encore prendre de l'ampleur avec les suites du dérèglement climatique. D'où l'importance de l'aborder sérieusement, sans arrières pensées politiciennes ni démagogie.
    En s' appuyant sur des travaux d'experts, sur des études et des rapports d'institutions internationales et d'associations, ce livre a pour objet de déconstruire les principales idées reçues sur les migrations mais aussi d'avancer des propositions pour permettre d'avoir une politique capable de répondre aux enjeux et aux défis.
    Comment se résigner à ce que la Méditerranée devienne un cimetière? Notre politique migratoire, à la fois inhumaine et indigne, est aussi inefficace et coûteuse socialement comme économiquement. Bref, son impasse est totale. Pourtant les migrations peuvent aussi être une richesse, sociale, culturelle et économique, comme son histoire en France l'atteste.

  • Selon le rapport 2018 du ministère de la Justice, 17 022 mineurs non accompagnés (MNA, autrefois dénommés « mineurs isolés ») étaient accueillis ou pris en charge en France.
    Enfants ou adolescents, majoritairement issus de l'Afghanistan, de la République démocratique du Congo (RDC) et de la Guinée, ils ont fui la guerre, les violences ou les discriminations. Ils ont mis leur vie en danger lors de parcours migratoires périlleux.
    Ces jeunes sont des « enfants » au sens de la Convention internationale des droits de l'enfant. Ce sont des personnes isolées, vulnérables.
    L'ambition de ce livre est de leur donner un visage et une voix, au travers de 11 récits personnels. Des garçons, mais aussi des filles, moins nombreuses à tenter l'aventure.
    Dans ces témoignages bruts, ils livrent des fragments de leur histoire : leur vie quotidienne dans leur pays d'origine, la situation qui a déclenché le départ, leur parcours, leur arrivée en France, leurs rencontres.
    Ce livre propose d'aller à la rencontre de jeunes filles et garçons malmenés par l'exil et le labyrinthe administratif français, mais qui parviennent parfois, petit à petit, à se reconstruire, à être de simples adolescents, à ne plus avoir peur. À vivre au lieu de survivre.

  • Cet ouvrage dit la douleur de l'exil non choisi et, au delà, l'espérance et le courage d'une femme libre qui a fait siens ces mots de Virginia Woolf : "Mon pays à moi, femme, c'est le monde entier". S'étant entraînée dès l'enfance à repousser les murs des espaces, réels et imaginaires, qu'elle habitait, l'auteur explore les tensions entre la nostalgie pour là-bas et l'attirance pour l'ailleurs... Cette nouvelle édition est augmentée d'une lettre adressée par Pinar à ses ami·es de Lyon, lorsqu'elle a quitté cette ville en 2015 pour Nice.
    La "Chronologie" retraçant les grandes étapes de son parcours et le procès fleuve que lui intente l'État turc a été mise à jour, de même que la bibliographie de ses écrits.

  • La France annonçait, au début d'octobre quinze, la décision d'accueillir et loger trente mille réfugiés fuyant des pays en guerre. Elle en est loin. Ces séjours de quelques mois qu'on a appelés « de répit », devaient permettre aux personnes de demander l'asile. Dès novembre, on apprenait que certains séjours se passaient mal, des maires disaient avoir été mis devant le fait accompli, sans aucun pouvoir de décision.
    Baïgorri, petit village du Pays basque, a accueilli cinquante personnes en provenance d'Irak et d'Iran (tous kurdes), d'Afghanistan, du Soudan, d'érythrée, de la mi-novembre quinze à la mi-février seize. À Baïgorri l'accueil se passait bien, mieux que ça encore.
    J'ai pris note de ce que je voyais et entendais ici. J'ai écouté les personnes impliquées dans cette aventure d'hospitalité. La joie que le projet suscitait était communicative, peut-être devait-on se tenir à ça, à la joie qui se répandait, une joie contre les terreurs et les resserrements.
    Notre espérance, au niveau d'un village, d'un groupe, se construisait. C'était peu, mais ça changeait tout.

  • Ce titre se concentre sur l'exil syrien, en premier lieu vers le Liban, mais aussi vers la Turquie et l'Europe.
    La Syrie est le pays qui a le plus de réfugiés internationaux au monde ; en 2016, 5,5 millions de personnes avaient fui le pays. La crise syrienne actuelle est d'une ampleur sans précédent, et désormais, au Liban, une personne sur quatre est un réfugié syrien. Beyrouth à elle seule accueille près de 30 % du million de Syriens réfugié au Liban. Ce que nous appelons en Europe « crise des réfugiés » est, au Liban, une crise nationale. De plus, l'État libanais ayant refusé d'installer des camps officiels de peur de provoquer une installation permanente, les réfugiés s'installent un peu partout avec les moyens du bord. En décrivant une réalité très différente de la situation européenne par son intensité et ses enjeux, ce livre permet de renouveler notre compréhension de la prétendue crise à laquelle nous serions confrontés.
    Il revient sur les liens entre Libanais et Syriens, qui constituaient au Liban l'essentiel de la main-d'oeuvre non-qualifiée dans les secteurs de l'agriculture et du bâtiment depuis les années 1960. Il retrace la longue histoire des circulations, des liens sociaux, familiaux et politiques entre les deux pays.
    Au Liban, la situation de plus en plus tendue pousse de nombreux Syriens à quitter le pays, de façon légale ou illégale, notamment en direction de l'Europe. Le livre étudie donc aussi leurs parcours jusqu'en Turquie, en Allemagne et en France. Le qualificatif et le statut de « réfugié » occultent souvent la diversité des profils, des expériences et des parcours ; face aux discours qui nous parlent des migrants dans leur ensemble, ce livre nous invite à considérer chaque cas comme une histoire unique.

  • Les dispositifs d'enfermement accompagnent la mise en oeuvre de deux politiques régaliennes : le contrôle des frontières et la justice pénale. Ils oscillent entre renforcement et assouplissement des conditions faites aux personnes recluses. Dans les centres de rétention, camps de travailleurs pour migrants, prisons ou commissariats de police, le pouvoir s'exerce sur des sujets. Ils vivent les contraintes qui leur sont imposées, les ressentent, les interprètent. Leurs expériences, marquées du sceau de la subordination, rencontrent celles des nombreux professionnels qui interviennent en ces lieux : policiers et gardiens, acteurs de l'aide sociale, avocats... Comment ces expériences participent-elles au fonctionnement de la réclusion ? Parfois niés et réduits à de simples corps, les personnes recluses peuvent voir aussi leurs expériences exploitées par les autorités pour en faire des acteurs de leur propre réclusion. Appuyé sur des enquêtes empiriques menées dans six pays (Allemagne, France, Chypre, Roumanie, Népal, Qatar), ce livre documente la diffusion géographique de l'enfermement. Il sort de la sphère institutionnelle, politique et administrative pour appréhender toute la teneur humaine de ce mode particulier de gouvernement des populations. Se saisissant des vécus des personnes recluses et des professionnels, de ce qui en est dit, de ce qui en est fait, il alimente une réflexion académique et sociétale sur l'ambivalence actuelle des politiques migratoires et pénales, tiraillées entre répression et protection des personnes.

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