• L'existence de Beaumarchais est une ivresse de vivre. Une suite de folles journées. Une pièce de théâtre effrénée où les personnages, tous Beaumarchais, se succèdent, se nourrissent l'un l'autre, s'allient, se contredisent, se combattent, parfois se détestent, le plus souvent s'aiment, trop.Ce serait banal si, vécues par tous ces personnages, toutes ces vies se succédaient sagement. Cet horloger, fils d'horloger, ne supporte pas la chronologie. C'est le prince du En Même Temps, cette stratégie qui, quoi qu'on pense, n'est pas moderne : c'était déjà la devise du XVIIIe siècle. Musicien, courtisan, financier, promoteur immobilier, industriel, espion, armateur, auteur d'oeuvres tantôt géniales, tantôt très oubliables, éditeur de Voltaire, il devient révolutionnaire malgré lui. Trop gourmand pour ne pas tout vivre à la fois.Comme l'écrivait Fernando Pessoa, n'être qu'un est une prison.E. O.On quitte ce texte ébouriffé, fourbu de liberté. Le Point.Un livre mené au galop. Lire.

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  • Après Rimbaud, Verlaine et Villon, Jean Teulé se devait de se pencher sur la vie et l'oeuvre de Charles Baudelaire. L'oeuvre éblouit, le personnage fascine. Cet homme au caractère épouvantable, qui ne respectait rien, qui méprisait les usages et les êtres humains en général, n'a eu d'autre ambition que de saisir cette beauté qui lui ravageait la tête et de la transmettre grâce à la poésie. Il a réuni à travers cent poèmes l'ignoble et le sublime et les a jetés à la face de l'humanité. Cent fleurs du mal qui ont changé à jamais le destin de la poésie française.
    Jean Teulé s'est nourri de cette matière pour atteindre ce lieu mystérieux où, telle la lave des volcans, surgit la création.

  • Lorsqu'en février 1956 Romain Gary arrive à Los Angeles, le compagnon de la Libération n'a pas encore eu le Goncourt pour Les racines du ciel et n'a pas commencé à écrire La promesse de l'aube. Durant les quatre années où il exerce le poste de consul général de France dans la Cité des Anges se nouent tous les fils d'une histoire hollywoodienne qui va bouleverser à la fois l'homme et son oeuvre.
    Monsieur Romain Gary est le récit de la transformation d'un homme qui, par-delà ses multiples vies, cherche toujours à se réinventer. C'est aussi la fresque d'une époque intense sur laquelle souffle un grand vent de liberté.

  • 2 mai 1923. Comme chaque jour, Clemenceau s'installe à sa table de travail. Malgré ses 82 ans, il n'a rien perdu de sa flamboyance ni de son orgueil. A l'aube du XXe siècle, alors que la République l'a remercié, le "Père la Victoire" ignore ce matin-là qu'il se prépare à vivre ses années les plus passionnées. Marguerite Baldensperger, éditrice de quarante ans sa cadette, s'apprête à passer sa porte pour lui proposer d'écrire un livre.
    Dès lors, leurs destins seront liés. Pourtant, tout les oppose. Elle aussi réservée et discrète que le "Tigre" est colérique et tempétueux. Mais dès leur rencontre, un pacte les unit : "Je vous aiderai à vivre , vous m'aiderez à mourir". Marguerite surmontera ainsi le grand chagrin de sa vie et reprendra goût à l'existence. Clemenceau puisera dans sa présence une vigueur nouvelle pour le combat politique et retrouvera la fougue de ses anciennes batailles.
    Malgré les années qui les séparent, ils vont s'aimer, chacun à leur façon. Par sa plume enlevée, réjouissante et ironique, Nathalie Saint-Cricq fait revivre la grande figure de Georges Clemenceau, son terrible caractère, ses mots d'esprit dévastateurs, et, avant tout, son coeur ardent.

  • Milan Kundera est l'un des écrivains les plus lus au monde ; il est aussi un disparu volontaire. À force de refuser toute apparition depuis trente-sept ans, il s'est effacé du réel. Le geste de la main d'Agnès au bord de la piscine, le sourire du chien Karénine, ses personnages restent gravés dans les mémoires ; lui est devenu un écrivain fantôme. Il a posé des scellés sur sa propre existence et ce siècle d'histoires qui s'enroule autour de la sienne.

    Depuis ses vingt ans, Ariane Chemin rêve de rencontrer l'auteur de La Plaisanterie. Partie sur ses traces, elle voyage d'Est en Ouest, de Prague à Rennes, de la Corse à Belle-Île-en-Mer, rencontre sa femme Vera, remonte le temps à ses côtés, croise des éditeurs et des cinéastes célèbres, une speakerine mystérieuse, des compositeurs et des pianistes assassinés, de vieux dissidents et des espions repentis, entend la poésie de Desnos et celle d'Apollinaire, toujours à la recherche de Milan Kundera. Elle lit la vie dans l'oeuvre et l'oeuvre dans la vie d'un romancier désormais écartelé entre deux patries - quelque part perdu dans la traduction.

  • Voici un Flaubert par lui-même et ses proches grâce à Michel Winock. Il nous montre d'où vient son exécration de son siècle qui ressemble souvent à une aversion pour l'existence elle-même et sa quête passionnée d'une transcendance qui se révèle très tôt celle de l'Art.
    On sait énormément de choses sur Flaubert, grâce à ses écrits de jeunesse, sa Correspondance, et aussi sur son travail, dont il a conservé les traces, des scénarios aux brouillons. Il faut un connaisseur comme Michel Winock qui lui a déjà consacré une biographie magistrale pour ordonner un ouvrage à base de citations. Il met au jour les thèmes récurrents dans son oeuvre, trie, classe, élague et ouvre des pistes auxquelles on n'aurait pas pensé. Il parle des lieux (Rouen) où, fils d'un médecin en vue, Flaubert a vu le jour en 1821 ; Croisset, sa thébaïde des bords de Seine où, épuisé de travail, il est mort foudroyé par une hémorragie cérébrale cinquante-neuf ans plus tard), et tout autant de ses amis (Sand, Tourgueniev...), de ses amours (aucunes ne lui réussirent vraiment), de ses tourments financiers et des anathèmes dont il accablait les "bourgeois" et ses éditeurs.

  • Freud : la guérison par l'esprit Nouv.

    Zweig aimait Freud ; Freud appréciait Zweig. L'auteur de «La Confusion des sentiments» lui rendit hommage en 1932 avec ce portrait saisissant qui célèbre la puissance de l'esprit.

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  • Il n'a cessé d'affoler les imaginations avec ses prophéties sur l'avenir et les malheurs de l'humanité. Ses prédictions se sont prêtées à toutes les interprétations au gré des chaos de l'histoire. Qui est Michel de Nostredame (1503-1566), réinventé en « Nostradamus », le devin-astrologue provençal, objet d'idolâtrie ou d'exécration ? La légende a fini par voiler sa voix et sa figure.
    Cette biographie passe au crible la masse des écrits et des dires attachés à ce personnage énigmatique. À la faveur de documents récemment exhumés, elle révèle ses traits inédits, en restituant ses passions, ses emportements, ses croyances religieuses et son savoir éclectique, au confluent du platonisme, de l'occultisme, du judaïsme, du christianisme et de l'alchimie. Elle revient sur ses curieuses entrevues avec Henri II, Charles IX et Catherine de Médicis, magnifiées ensuite pour la postérité. Elle suit ses tribulations d'apothicaire, à la recherche de recettes secrètes et de philtres magiques. Elle évoque le médecin dans son combat contre la peste comme dans ses relations complexes avec les tenants de la médecine officielle et les astrologues patentés. Elle raconte ses succès et ses déboires d'interprète des astres et des prodiges, avec ses almanachs et pronostications aux tirages faramineux, et avec son commerce d'horoscopes recherché à travers l'Europe. Autant de prédictions qui inquiétaient dans une époque de grandes violences.
    Entre les impostures qu'on lui attribue et le génie visionnaire qu'on lui prête, ce livre fait apparaître la vérité d'un homme qui n'a pas fini de subjuguer les esprits.

  • Paula Modersohn-Becker est une peintre allemande de la fin du XIX ème siècle, célèbre enAllemagne et dans beaucoup d'autres pays au monde, mais à peu près inconnue en France bienqu'elle y ait séjourné à plusieurs reprises et fréquenté l'avant-garde artistique et littéraire. Néeen 1876 et morte en 1907 des suites d'un accouchement, elle est considérée comme l'une desreprésentantes les plus précoces du mouvement expressionniste allemand. Elle n'aimait pastellement être mariée, elle voulait peut-être un enfant - sur ce point ses journaux et ses lettressont ambigus. La biographie que lui consacre Marie Darrieussecq reprend tous les élémentsqui marquent la courte vie de Paula Modersohn-Becker. Mais elle les éclaire d'un jour à la foisféminin et littéraire. Elle montre, avec vivacité et empathie, la lutte de cette femme parmi leshommes et les artistes de son temps, ses amitiés (notamment avec Rainer Maria Rilke) et sondésir d'expression et d'indépendance.

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  • Elles sont trois soeurs : Madeleine, dite Milou, Denise et Simone Jacob, rescapées des camps de la mort. Rapatriées en mai 1945, Milou et Simone apprennent à Denise, déjà rentrée, que leur mère est morte d'épuisement. De leur père, André, et de leur frère Jean, elles espèrent des nouvelles. Déportés en Lituanie, ils ne reviendront jamais.
    Pour les soeurs Jacob, le retour est tragique. À la Libération, on fête les résistants, mais qui a envie d'écouter le récit des survivants ? Puis, en 1952, Milou meure dans un accident de voiture. Denise et Simone restent les seules survivantes d'une famille décimée. Plus que jamais inséparables.
    À partir de ses souvenirs personnels et d'archives inédites, Dominique Missika éclaire la jeunesse des filles Jacob et raconte la difficulté de certains déportés à trouver une place dans la France de l'après-guerre.

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  • Dans cet essai biographique unique, sous forme d'abécédaire, Henriette Levillain dresse un portrait littéraire et sensible de Virginia Woolf. Au fil d'entrées telles que « Anglaise », « Lectrice » ou encore « Marcheuse », le lecteur redécouvre l'auteure de Mrs Dalloway, contre toute récupération féministe ou psychiatrique.

    Qui ignore aujourd'hui Virginia Woolf ? La beauté anxieuse de son visage, les tragédies de son enfance, sa mélancolie suicidaire, ses appréhensions sexuelles, sa liaison tumultueuse avec Vita Sackville West et sa défense de la cause des femmes ? Au cinéma comme au théâtre sont exposés avec complaisance ses frustrations d'adolescente et ses combats contre l'autorité masculine, ses crises de dépression et sa noyade dans la rivière Ouse. Les féministes ont fait d'elle une icône, et les psychiatres diagnostiqué sa maladie. Or aucun de ces arrêts sur image ne donne la clef d'une imaginative qui s'est refusée à aggraver le malheur, à laisser le dernier mot à la mort.

    Dans cet essai aux multiples entrées, Henriette Levillain rend à l'oeuvre romanesque son autonomie au regard des confidences de la femme en souffrance. Les personnages de Virginia Woolf ne sont pas des reflets mais des créatures auxquelles elle donne le pouvoir de relier ce que la vie ne cesse de séparer, les corps comme les consciences.

    « Beauté », « Féministe », « Marcheuse » ou « Poète », autant de fenêtres ouvertes sur les secrets d'une artiste qui, malgré son drame intime, savait enchanter le quotidien.

  • Nièce du général, bien moins connue que cet oncle qui l'aimait beaucoup, Geneviève de Gaulle-Anthonioz a pourtant tracé un chemin exemplaire. À vingt ans, résistante déportée à Ravensbrück, elle fait l'expérience de la fraternité, de la solidarité qui sauve. De ces heures noires et d'un inébranlable sens du devoir et de la justice, elle tire la force de dédier sa vie à la défense des plus pauvres. Engagée pendant trente ans auprès d'eux à travers ATD Quart Monde, elle est aussi, ce qu'on ignore, à l'origine de la loi anti-exclusion adoptée par le parlement en 1998.Voici donc le portrait intime d'une Française courageuse, d'une « petite dame » à la volonté d'acier, d'une épouse amoureuse et mère attentive, d'une femme entière qui, face aux injustices, a toujours refusé de détourner le regard. Bernadette Pécassou-Camebrac raconte comme un roman la vie inspirante de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, dont les combats et le sens de la fraternité sont plus que jamais d'actualité.

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  • En 1941, alors qu'en Europe la guerre et les nationalismes font des ravages, Stefan Zweig, exilé au Brésil, trouve en Montaigne un « ami indispensable », dont les préceptes de tempérance et de modération lui paraissent plus que jamais nécessaires. Selon Zweig, « pour que nous puissions appréhender l'art et la sagesse de vivre de Montaigne [...] il fallait que survienne une situation similaire à celle qu'il avait connue. » De son propre aveu, Zweig n'était pas à même d'apprécier pleinement le génie de Montaigne lorsqu'il le découvrit à vingt ans. C'est en les relisant à travers le prisme de l'expérience qu'il mesure véritablement tous les enjeux des Essais. Laissant parler son admiration pour l'auteur, il en dresse une biographie émue et passionnante, dans laquelle il livre, en creux, son propre portrait à la veille de sa mort.Préface d'Olivier Philipponnat.Traduit de l'allemand par Corinna Gepner.

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  • Vers 1902, alors qu'il prépare une anthologie de poèmes de Verlaine, Stefan Zweig découvre les écrits de Marceline Desbordes-Valmore. Née à Douai en 1786, arrivée à Paris à l'âge de seize ans, elle entame une carrière d'actrice avant de se consacrer à l'écriture. Hantée par une passion déçue, brisée par de multiples deuils, Marceline Desbordes-Valmore mène une existence douloureuse, qu'elle parvient à transfigurer par la poésie.
    Si elle-même était aveugle à son propre talent, se considérant comme une « bien ignorante et bien inutile créature », celle que les médisants surnommaient « Notre-Dame des Pleurs » fût pourtant célébrée par Hugo, Balzac, Lamartine ou encore Baudelaire comme l'un des plus grands génies féminins de la littérature. Ne dérogeant pas à la règle, Zweig se joint à ce cortège d'admirateurs et livre dans cette biographie un hommage vibrant à la poétesse, présenté pour la première fois dans sa traduction intégrale.
    Édition présentée et établie par Olivier Philipponnat.

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  • Simone de Beauvoir dévorait la vie en en consommant les multiples possibles : la vitesse avec la voiture, la musique et la danse dans les caves germanopratines, l'ivresse grâce aux alcools forts et, enfin, le sexe avec ses passions et ses amitiés polyamoureuses. Quarante ans après la mort de Jean-Paul Sartre, elle est plus citée, lue et admirée que le philosophe de l'existentialisme. Ses écrits et ses engagements répondent à aux doutes, rages et désirs des jeuens générations.
    Dans Beauvoir, Géraldine Gourbe aborde cette figure mythique du féminisme par le biais de différentes personnalités qui l'ont inspirée et qui permettent de (re)découvrir une autre Beauvoir : la journaliste anticonformiste dressant le portrait de Brigitte Bardot, l'éditrice de Violette Leduc, la militante anticolonialiste ayant défendu Djamila Boupacha, l'écrivaine amoureuse de Nelson Algren, la figure de proue féministe pour Françoise d'Eaubonne...
    Cette approche originale et inédite replace ainsi Simone de Beauvoir dans la perspective des féminismes contemporains. Géraldine Gourbe est philosophe, critique et commissaire d'art, spécialiste de la scène artistique de la Californie du Sud, de l'histoire des pédagogies radicales et du féminisme inclusif. Elle a enseigné la philosophie de l'art à l'Ensad, l'université de Metz, Sciences Po Paris, aux Beaux-Arts de Marseille et d'Annecy.
    Depuis 2015, elle oeuvre à une contre-lecture de l'histoire des idées et de l'art de la France de 1947 à 1989, en partenariat avec l'historienne de l'art Florence Ostende. En 2020, elle co-signe avec Hélène Guenin l'exposition She-Bam Pow POP Wizz ! Les amazones du POP au Musée d'art moderne et d'art contemporain de Nice.

  • Tous les artistes du XXe siècle ont été « contaminés » par le virus du génie de Picasso. Ses proches, les femmes de sa vie, ses amis n'ont pas échappé non plus à la puissance irrésistible et parfois dévastatrice de son influence. Du tremblement de terre de la nuit de Noël 1884 en Andalousie, au coeur duquel le petit Pablo, 3 ans, assiste pétrifié à la naissance chaotique de sa soeur et aux souffrances de sa mère, jusqu'à ses dernières années où, tel un demi-dieu, il est adulé par la planète entière, Sophie Chauveau dresse le portrait stupéfiant des deux visages de Picasso. Quand la Seconde Guerre prend fin, cinq ans après le choc de Guernica, Pablo Picasso a près de 65 ans. Pour le monde entier, c'est un héros... qui n'a pourtant jamais combattu. Un monstre consacré qui s'enfonce, de plus en plus résolument, dans un labyrinthe dont il façonne les parois, entraînant à sa suite ses femmes, ses enfants, ses proches. Universellement adulé, il fuit la mort en figeant la vie, créant chaque jour, sans répit, une oeuvre titanesque qui semble ne jamais devoir s'achever.

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  • Odette du Puigaudeau ; une bretonne au désert Nouv.

    Fille d'un peintre de l'école de Pont-Aven et ami de Gauguin, descendante d'armateurs et de marins, Odette du Puigaudeau (1894-1991) fut d'abord dessinatrice au Collège de France et styliste chez Jeanne Lanvin. Puis elle participa à des campagnes de pêche sur des thoniers bretons et devint journaliste, jusqu'en janvier 1934, moment où elle se lança, avec sa compagne la journaliste et exploratrice Marion Sénones, « pieds nus à travers la Mauritanie ». Ce voyage fut une révélation : Odette consacra dès lors sa vie au Sahara occidental, vie d'aventures au temps des derniers rezzous, puis vie scientifique et littéraire tournée vers le peuple maure. Ce livre préfacé par Théodore Monod est la seule biographie de cette grande dame du désert, qui en défendit le fragile écosystème et ses civilisations nomades menacées.

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  • « Votre vie peut être belle si vous choisissez de la rendre belle. C'est vous qui décidez. » Le jeune Eddie Jaku est allemand, et juif. Il est heureux et très fier de son pays. Tout change quand il est brutalement arrêté et déporté dans un camp de concentration, en 1938. Au cours des sept années qui suivent, il est confronté chaque jour aux pires horreurs, d'abord à Buchenwald, puis à Auschwitz, et enfin lors des terribles « marches de la mort ».
    Cet enfer le prive de sa famille, de ses amis, mais aussi de son pays - puisqu'il a juré de ne plus jamais remettre les pieds en Allemagne.
    À cent ans, Eddie souhaite partager avec les jeunes générations les enseignements qu'il a tirés de cette épreuve : l'importance de la gratitude, de la tolérance et de la gentillesse. Il souhaite aussi rendre hommage à ceux qu'il a perdus.
    Parce qu'il a survécu et malgré les souffrances endurées, Eddie a décidé de sourire tous les jours. Il est profondément convaincu d'être l'homme le plus heureux du monde.

  • L'histoire de Suzanne Lenglen commence en 1910. À 11 ans, elle reçoit de son père une raquette de tennis. Grande sportive, elle s'entraîne comme un homme et développe un jeu unique grâce à la pratique de la gymnastique et de la danse.
    Quatre ans plus tard, elle remporte son premier titre de champion du monde. C'est le début de la gloire.
    Entre 1919 et 1926, elle s'impose six fois aux Internationaux de France, six fois à Wimbledon, et décrochera trois médailles olympiques. Ses apparitions déchaînent les foules.
    Qui mieux que Gianni Clerici, journaliste italien, romancier, essayiste et spécialiste reconnu du tennis, aurait pu mieux retracer la vie exceptionnelle de Suzanne Lenglen, qui changea en quelques années seulement l'image du tennis et la place des femmes au sein de celui-ci ?

  • Arthur Rimbaud a écrit toute son oeuvre, l'une des plus belles de notre langue, entre seize et vingt ans. Pour des générations de lecteurs, l'oeuvre et la vie forment un mythe : le jeune poète qui fugue et dort à la belle étoile ; le rejet de la contrainte morale et familiale ; la détestation de la province ; les poèmes envoyés par la poste dans des lettres insuffisamment affranchies ; la bohème ; le voleur de feu et le voleur de livres ; le voyage qui permet de transbahuter la vie ; l'amour fou pour Verlaine ; bientôt le « Départ » et le commerce du café, de la gomme, du musc au bord de la mer Rouge et les caravanes à soixante chameaux dans le désert.
    L'ouvrage de Jean-Jacques Lefrère s'est imposé comme la biographie de référence, la plus sûre et, de loin, la meilleure, parce qu'elle contient l'ensemble des informations disponibles, en tout cas les plus plausibles, et parce qu'elle dit même ce qu'on ne sait pas. En creux, on y lit aussi la meilleure biographie de Verlaine.
    Médecin lettré et scientifique positiviste, Jean-Jacques Lefrère réalise ici ce qu'il faut bien appeler une autopsie, une dissection de la vie de Rimbaud. Sa méthode : le culte du document et l'ampleur de la documentation. Son ambition : dire les faits. Son sentiment : la passion pour l'oeuvre. Si les biographies de Rimbaud sont nombreuses, celle-ci, qui n'a d'autre objectif que le « vrai », est unique.
    Dans une longue préface sur Rimbaud et son influence, il m'a semblé important d'expliquer pourquoi, longtemps après la mort du poète, nous sommes toujours « rimbaldiens ».
    Frédéric Martel ;

  • Le 13 février 1936, la voiture de Léon Blum est attaquée par des nationalistes d'extrême droite à sa sortie de la Chambre des députés. « À mort Blum ! » hurle la foule. Il est roué de coups et n'évite le lynchage que grâce à l'intervention de la police et de passants qui ont accouru. Trois mois plus tard, la France se donne, en toute connaissance de cause, un président du Conseil juif et socialiste. On est là au coeur de la grandeur et du mystère français.

    À celui-ci s'ajoute un mystère Léon Blum. Comment ce jeune homme délicat, ami de Proust et de Gide, qui ne rêvait que de littérature, s'est-il transfiguré en leader politique, héritier et successeur de Jaurès, faisant face à Lénine au faîte de sa puissance, et se préparant à l'impensable exercice socialiste du pouvoir ?

    Frédéric Salat-Baroux offre un portrait inédit et passionnant, tout à la fois psychologique, intellectuel et politique, du grand homme d'État. Il replace son parcours dans celui d'une génération de juifs européens, entre littérature et socialisme, et éclaire cette passion juive pour la France, dont Léon Blum est le plus brillant et le plus émouvant représentant.

    À travers le récit de ces années d'apprentissage fondatrices, c'est un tableau de cette « Belle Époque » si mal nommée que dresse l'auteur. Une Belle Époque qui aura été le ferment des tragédies du XXe siècle.

  • Dame d'honneur

    Anne Glenconner

    La vie d'Anne Glenconner se lit comme un roman délicieusement british. Intime de la famille royale, elle grandit aux côtés de la future reine d'Angleterre et de sa soeur Margaret. Anne est l'aînée du richissime 5e comte de Leicester, mais elle est une femme et donc une « terrible déception », et ne peut hériter de ses parents. Ainsi débute la vie de cette aristocrate qui oscille entre tragédie et comédie.
    Dans Dame d'honneur, elle partage ses souvenirs de la famille royale, mais également l'annulation de ses premières fiançailles due à son « mauvais sang » ; ses cinquante-quatre années de mariage avec le fantasque Lord Glenconner, qui laissa sa fortune à une ancienne domestique ; la mort de deux de ses fils ; ses séjours sur l'île Moustique, propriété de son époux, refuge de la princesse Margaret fuyant les paparazzis et paradis pour célébrités comme David Bowie ou Mick Jagger...
    Malgré les aléas de sa vie, Anne ne se laissera jamais aller, comme l'exige son rang. Dame d'honneur est un récit personnel à la fois drôle, sincère et tragique, qui brosse le portrait d'une femme née dans une prison dorée.

  • La Guerre de Franci est la fascinante histoire vraie d'une jeune fille durant la Seconde Guerre mondiale : Franci Rabinek Epstein a survécu à trois camps de concentration nazis, au travail forcé et même à une rencontre avec le terrible Josef Mengele. Après guerre, elle voudra laisser un témoignage, une trace de ce voyage en enfer dans un texte précis et détaillé où elle ne se se départit jamais de son humour ni d'une véritable élégance naturelle, qui ont résisté à l'épreuve de l'horreur. Mais sa franchise sur ce qui advint aussi dans les camps, les relations sentimentales entre les êtres en même temps que les abus sexuels, venait trop tôt : elle embarrassa. Les esprits n'étaient pas prêts et, lorsqu'elle mourut à New York en 1989, ses mémoires n'avaient toujours pas été publiés. Sa fille, la journaliste Helen Epstein, auteure réputée pour son travail sur le traumatisme en héritage, a établi l'édition de ce récit puissant, qui paraît pour la première fois en français.

  • Un jour de 1927, Simone de Beauvoir eut avec son père une vive discussion sur ce qu'« aimer » voulait dire. À une époque où les femmes étaient censées n'avoir d'autre aspiration que le mariage et la maternité, la jeune Simone, à 19 ans, s'abreuvait de philosophie. Par « aimer », son père entendait « services rendus, affection, reconnaissance ». Simone soutenait de son côté que l'amour ne saurait se réduire à de la gratitude, à quelque chose que l'on doit à quelqu'un en échange de ce qu'il a fait pour nous.
    « Que de gens, nota-t-elle le lendemain dans son journal, n'ont jamais connu l'amour. » De fait, Simone de Beauvoir allait incarner, pour elle et pour les générations futures, une nouvelle conception de l'amour et une nouvelle approche de l'existence des femmes. Le couple mythique qu'elle forma avec Jean-Paul Sartre, « l'ami incomparable de sa pensée », devait pourtant éclipser sa propre carrière de philosophe. Considérée comme sa disciple, on ignora longtemps le travail à quatre mains qu'elle mena avec lui, le caractère original de sa pensée et de ses positions. Or, il est difficile de comprendre la révolution du Deuxième Sexe en ne leur rendant pas justice. Certes, Beauvoir eut une vie épique : elle croisa la route de Picasso et Giacometti, Joséphine Baker, Louis Armstrong et Miles Davis, ainsi que d'un nombre exceptionnel de personnalités littéraires, philosophiques et féministes du XXe siècle. Mais sans la philosophie, Simone de Beauvoir ne serait pas devenue « Simone de Beauvoir », ce qui est notable pour deux raisons très importantes : parce qu'il est temps d'en finir avec le mythe de Beauvoir disciple de Sartre ; et parce que leurs désaccords et leurs discussions constituent l'un des vecteurs essentiels qui lui permirent de devenir elle-même.
    D'après Virginia Woolf, « il y a certaines histoires que chaque génération doit raconter à nouveau ». Ce que révèlent les journaux et la correspondance de Beauvoir redessine les contours de sa biographie.

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