• Surgi au cours des années 1980, le cyberpunk a marqué la science-fiction de son empreinte, donnant une contrepartie littéraire aux fulgurances esquissées au cinéma par l'iconique Blade Runner. Avec des oeuvres majeures comme Neuromancien de William Gibson, tout un imaginaire s'est alors ouvert, révélant des anxiétés appelées à résonner durablement... Prolifération technologique, évasion dans des mondes virtuels, domination économique des multinationales, précarisation sociale, fragmentations culturelles en nouvelles tribalités : en quoi et comment ces visions peuvent-elles (encore) faire sens à quelques décennies de distance ? Yannick Rumpala, maître de conférences en science politique à l'université de Nice, explore ici les thématiques et projections installées par ce mouvement littéraire, la manière dont il s'est coulé dans une modernité déjà chancelante et a cultivé les germes des incertitudes futures de nos existences. Tel un laboratoire dont les expérimentations auraient malencontreusement débordé...

  • La SF est créatrice de mondes, mais les mondes créés par Philip K. Dick ont la particularité de s'effondrer très vite. Cela vaut pour le monde réel comme pour les mondes artificiels. D'ailleurs est-il encore possible de les distinguer les uns des autres ? Qu'est-ce qui nous assure que nous n'évoluons pas dans des mondes faux, aussi artificiels qu'un parc d'attractions - avec entrée payante ? Et si ces mondes sont créés de toutes pièces, qui en contrôle les apparences ? À qui appartiennent-ils ? Dans quel but sont-ils produits ? En nous bombardant de réalités artificielles, ne cherche-t-on pas à nous voler le monde - et notre rapport au monde ? Si tel est le cas, comment lutter contre ces entreprises de dépossession ?

  • Nos attentes à l'égard de la littérature ont changé. Autant qu'une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd'hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l'importance prise par les enjeux d'écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d'enquête, qui donne une voix à ceux qui n'en ont pas. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l'écrivain aujourd'hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. À lire aussi dans ce numéro : l'immatérialité de l'information, le génocide des Ouïgours, prêcher à l'Athropocène.

  • Vie du poème Nouv.

    Vie du poème

    Pierre Vinclair

    Le poème respire. Il bouge. Tout en se nourrissant de la vie de son auteur, il a son existence propre. C'est un petit être sauvage - mais où naît-il? Qu'est-ce qui le fait grandir? Pourquoi traverse-t-il une crise violente? Comment le rencontrer, se laisser féconder par lui? Va-t-il mourir un jour?

    En racontant la vie du poème, Pierre Vinclair offre à lire, comme par la bande, celle d'un écrivain occupé depuis plus de vingt ans par la composition poétique, à Paris, puis au Japon, en Chine, à Singapour, en Angleterre et aujourd'hui à Genève. À mi-chemin d'une autobiographie (pudique, amusée, mais résolument engagée) et d'une «lettre à un jeune poète», Vie du poème propose une extraordinaire visite de son atelier.

  • Six jours avant qu'il n'y ait plus d'argent, Méduse se prit un bon coup de pied au cul d'Encelade. Les thermistances embarquées enregistrèrent un pic soudain - 80°, 90°, 120° -, que suivirent un soubresaut du fond marin et un violent choc latéral sur la sonde. Il y eut un flash lumineux. Un océan incroyablement bouillant. Un fond marin rocheux basculant comme une table renversée par un géant furieux.
    Le canal se tut.
    La télémétrie se propagea dans l'obscur océan alcalin. Des relais amarrés à la sous-croûte captèrent ces chuchotements, qu'ils amplifièrent et transmirent. Cent quatre-vingts kilomètres plus loin à l'horizon, Euryale - accrochée par en dessous à la glace comme une énorme balane métallique - sépara le signal du bruit et le fit remonter à Stheno par un câble qui traversait six kilomètres de croûte regelée. Les mains orientées en porte-voix vers l'horizon fracturé, Stheno cria en direction de la Terre.

    Peter Watts
    Test d'écho

  • On continue de penser que les contes de fées s'adressent aux enfants. Or, leur magie ne tient pas seulement aux histoires merveilleuses qu'ils racontent, mais surtout à ce qu'ils cachent : une Sagesse précieuse, qui tantôt circule sous le manteau de Peau d'Âne, tantôt scintille à travers des pantoufles de verre, ou veille silencieusement dans un château endormi...Les contes traditionnels ne cessent de tisser des fils entre le visible et l'invisible, se révélant des guides sûrs pour l'âme, exilée en ce monde, à la recherche de son chemin de lumière.Puisés dans le trésor transmis par Perrault, les frères Grimm et Andersen, dix-sept contes sont ici dévoilés dans leur dimension spirituelle. À travers l'ogre ou la princesse, la sirène ou le petit tailleur, ils nous entretiennent de l'amour, de la beauté, du mal et de l'innocence, d'une musique enfouie, d'un royaume à recouvrer, et rappellent à chacun la grandeur de la destinée humaine.

  • En 2020, Dune reste le roman de science-fiction le plus lu au monde. Plus de 50 ans après sa première publication en 1965, le texte de l'écrivain américain Frank Herbert continue de passionner et de fasciner les lecteurs du monde entier. S'il est plus distant de notre époque que ne l'est le premier pas de l'Homme sur la Lune, il évoque pourtant des thématiques qui continuent à avoir une forte résonance dans notre monde  ; en 2020, Dune est ainsi toujours une oeuvre d'actualité, aussi bien parce qu'elle s'est intéressée à des questions intemporelles que parce qu'elle a développé des pensées visionnaires, qui allaient par la suite occuper une place centrale dans l'actualité mondiale. L'ouvrage de Nicolas Allard a pour objectif de décrire, décrypter et analyser les grands thèmes présents dans Dune, tout en mettant en évidence la portée politique et philosophique de ce texte qui, tout en étant un grand roman d'aventures, pose des questions sur des thèmes aussi essentiels que le féminisme, l'écologie, le transhumanisme, la monstruosité et l'héroïsme. Il procédera également à une étude comparée entre Dune et Star Wars afin d'identifier leurs subtilités propres, puis évoquera en guise de conclusion les adaptations cinématographiques passées et futures de ce chef-d'oeuvre de la SF. L'ouvrage sera illustré par une dizaine de dessins au trait d'Emmanuel Briaire.

  • « I'm sorry Dave, I'm afraid I can't do that », nous dit HAL dans 2001, l'odyssée de l'espace. Certes. Mais comment nous le dit-il ? Les machines parlantes sont partout, dans la science-fiction - de Metropolis jusqu'à WALL-E en passant par le T-800 de Terminator - ou dans la vie de tous les jours, avec les androïdes Pepper ou Nao, les assistants vocaux que sont Siri ou Cortana. Dans leurs entrailles de silicium, que se passe-t-il ? Comment s'en faire comprendre ? Et comment, elles, nous comprennent-elles ? Que penser des IA et des robots de la SF capables, à l'image de C-3PO, de parler six millions de langages ? La machine qui comprend tout et le traducteur automatique universel sont-ils à portée de main ?

    Après Comment parler à un alien ?, Frédéric Landragin, docteur en informatique-linguistique et directeur de recherche au CNRS, poursuit son exploration du monde fascinant du langage, et nous livre un ouvrage de référence pour découvrir les bases du traitement automatique des langues...

  • Qui unit l'herboriste séchant des pétales et le porc qui détruit la flore ? C'est la dévote folle de la messe de Rabelais, dont ils sont tous deux héritiers. Magie de la contrepèterie : permuter les lettres révèle un sens caché fort éloigné du propos initial et déclenche une explosion d'allégresse chez ceux qui ouïssent en cogitant. Contrepéter, seul ou en groupe, est un jeu de méninges que magnifient les propriétés thérapeutiques et sociologiques du rire. Mais c'est aussi tirer la langue aux censeurs. Clown des mots, le contrepéteur a la liberté de parole du fou du roi. La contrepèterie défoule. Elle réjouit. Elle est catharsis. Riche de plus d'un millier d'exemples, la plupart inédits et certains innocents, ce livre, que hantent les mânes de Freud et de Bergson, décortique les mécanismes et les vertus de l'art de décaler les sons.

  • La femme qui chevauchait comme un homme, jambes écartées de chaque côté de la selle, portait des bottes en cuir renforcé, des pantalons de cavalerie en daim, des vêtements de laine doublés de fourrure blanche. Sa main gauche était enfilée dans un gant d'archer, d'un vert très sombre, qui lui couvrait l'avant-bras jusqu'au coude. Dague et carquois encom­braient sa ceinture et un grand arc à double courbure pointait dans son dos. Ses longs cheveux roux étaient rassemblés en une natte unique qui lui descendait jusqu'aux hanches. Tout en elle respirait l'opulence, la réussite. Elle savait gagner de l'argent et avait décidé de le montrer. Sans doute pour susciter le respect autour d'elle, voire la dévotion.

    « Bonjour, étranger », dit-elle d'un ton moqueur ou pouvant passer pour tel.

    Le regard bleu de cette femme semblait traverser Zeite sans vraiment s'y arrêter, comme une flèche ralentit à peine en trouant un drap. Observé ainsi, il se sentait plus creux et plus fragile que des os d'oiseaux...

    Thomas Day

    La Bête du loch Doine

  • Germaine Tillon, Jean-Paul Sartre, Marc Bloch, Charlotte Delbo, Bruno Bettelheim ou Roland Barthes : voici quelques-uns des intellectuels que l'on croisera dans ce livre. Ils ont en commun d'avoir éprouvé, plus ou moins longtemps et durement, des moments où ils ont été empêchés de lire, d'écrire, d'enseigner, de peindre, etc. Tous ont témoigné de ces épisodes de mise à l'épreuve dont parfois on ne se remet jamais. Certains ont été internés en prison ou en camp. D'autres ont connu l'enfermement du sanatorium. D'autres encore ont choisi de rompre avec le monde intellectuel en s'établissant en usine ou en partant vers un ailleurs lointain. L'ouvrage prend ces situations d'empêchement, subies ou choisies, comme autant de terrains d'enquête : que disent-elles de la condition intellectuelle ? Que mobilisent ces hommes et femmes pour faire face aux privations dont ils et elles sont l'objet ? Leurs réactions nous révèlent combien la condition intellectuelle ordinaire tient à des apprentissages lettrés, mais aussi à des équipements matériels (le bureau, le livre), à des publics (les lecteurs, les élèves) et à des solidarités (les pairs), autrement dit à des mondes qui soutiennent l'identité. Au fond, ce que nous donnent à voir ces récits de captivité, ces carnets de guerre ou ces correspondances d'exil, ce sont les tentatives pour reconstruire ces mondes. Dans l'épreuve et malgré elle.

  • Poétique du roman

    Vincent Jouve

    L'ambition de ce livre est d'initier le lecteur à la poétique du roman, c'est-à-dire aux différentes méthodes critiques qui intègrent l'analyse formelle dans leur démarche. Ouvrage de synthèse alliant l'exposé théorique à l'étude concrète, il se divise en deux parties.
    La première présente les approches narratologiques et sémiotiques, mais aussi les derniers développements de la psychocritique et de la sociocritique, ainsi que les apports les plus récents de la linguistique de l'énonciation et des théories de la lecture. La seconde propose, à titre d'illustration, des analyses précises, toujours centrées sur une dimension particulière du roman.
    Cette cinquième édition entièrement revue et corrigée fait état des nombreux travaux qui, ces dernières années, ont enrichi notre connaissance du récit. La « nouvelle narratologie » et les études culturelles sont désormais prises en compte. Le chapitre sur le plaisir du roman a été entièrement remanié.

  • Ce précis offre un panorama détaillé de la littérature française du Moyen Âge à nos jours. Destiné aux étudiants et enseignants, et à tous ceux qui préparent des concours et examens, il rassemble les principales connaissances utiles sur les auteurs, les oeuvres et les grands courants.
    Chaque siècle fait l'objet d'une présentation du contexte historique et idéologique dans lequel s'inscrit l'évolution des formes et des genres. Des notices séparées sont consacrées aux mouvements littéraires majeurs : la Pléiade, le romantisme, le surréalisme, etc.
    Les auteurs sont présentés de manière à dégager l'essentiel : dates clés de leur biographie, thèmes et formes de leurs oeuvres, ouvrages principaux qui font l'objet d'un résumé et d'un commentaire organisé.
    Cette quatrième édition est augmentée de nouvelles entrées contemporaines.

  • 200 répliques célèbres pour avoir de la repartie en toutes circonstances !
    "Tout ce qui peut être fait un autre jour, le peut être aujourd'hui", a dit Montaigne, "Vouloir être de son temps, c'est déjà être dépassé", a affirmé Eugène Ionesco.
    Ce petit livre recense 200 répliques qui vous permettront d'émailler vos conversations de brillantes citations empruntées aux plus grands génies ! Pour avoir toujours le dernier mot !

  • Qu’on le considère comme un point de repères et moyen de catégorisation ou comme une institution normative et prescriptive, le critère générique continue de structurer l’espace littéraire et d’en faciliter la lecture. Le système des genres demeure un outil essentiel pour l’étude des œuvres qu’il rassemble et qui ne cessent de le mettre à l’épreuve. Cet ouvrage, à destination des étudiants soucieux de compléter leur culture littéraire, s’efforce de retracer l’histoire des grands genres (poétique, dramatique, narratif, argumentatif, épistolaire), d’en souligner les enjeux et de contextualiser leurs problématiques. Pour chacun de ces genres est proposée une présentation synthétique des formes fixes les plus traditionnelles. Ce livre n’est pas conçu comme une somme de définitions strictes, mais plutôt comme une base de travail ou de réflexion pour qui cherchera à approfondir l’un ou l’autre de ces aspects. Julie Champonnier est professeur agrégé de Lettres Modernes. Elle enseigne le français et le latin dans l’académie de Dijon.Geoffrey Pauly est agrégé de Lettres Modernes. Il est actuellement doctorant contractuel et enseigne la littérature française à l’Université de Bourgogne. 

  • La poésie serait-elle une guerre ? Le vers, le corps d'élite de la langue ? En retraçant l'histoire de notre prosodie, Jacques Réda dévoile les processus de transformation du français aussi inéluctables que ceux de la physique. Où les poètes sont les exécutants plus ou moins conscients d'un mouvement naturel.
    Du Roman d'Alexandre à Armen Lubin, en passant par Delille, Hugo, Rimbaud, Claudel, Apollinaire, Cendrars et Dadelsen, Jacques Réda promène son oeil expert sur des oeuvres emblématiques, et parfois méconnues, de notre littérature. Inspirée et alerte, sa plume sait malaxer comme nulle autre la glaise des poèmes pour y dénicher les filons les plus précieux. À la fois leçon de lecture et d'écriture, et essai aux résonances métaphysiques, Quel avenir pour la cavalerie ? constitue la « Lettre à un jeune poète » de Jacques Réda, et le sommet de sa réflexion poétique.
    Jacques Réda est poète, auteur de récits en prose et chroniqueur de jazz. Il a dirigé La Nouvelle Revue française de 1987 à 1996. Il a notamment obtenu le grand prix de poésie de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre, ainsi que le prix Goncourt de la poésie en 1999. Il a publié chez Buchet/Chastel La Fontaine (« Les Auteurs de ma vie », 2016) et Une civilisation du rythme (2017).

  • Words are wind, « les mots sont du vent ».
    C'est une phrase qui peu à peu s'installe entre les pages de la saga de George R.R. Martin, A Song of Ice and Fire, connue en français sous le titre Le Trône de Fer.
    On la retrouve aussi bien dans la bouche de Tyrion Lannister que de Daenerys Targaryen ou de Jon Snow, dans des contextes très différents. Mais sous la plume de George R.R. Martin, cette expression devient indice. Les mots sont du vent, c'est le rappel que les mots sont magiques, car polysémiques. Chargés de sens, mais de sens multiples et changeants.
    Avant d'être un monde de dragons, de complots et de trahisons, l'univers du Trône de Fer est un monde de mots. Décrypter ces mots, et les multiples indices littéraires laissés par George R.R. Martin, permet de mieux comprendre les intrigues du livre et la portée de l'oeuvre.
    George R.R. Martin est-il vraiment un écrivain à l'imagination fertile mais au style basique, comme on le croit trop souvent ? Comment a-t-il fait pour captiver autant de lecteurs avec des mots d'apparence si simples ?
    Des procédés littéraires de l'auteur culte aux différentes théories qui en découlent, Les Mystères du Trône de Fer est un ouvrage incontournable pour comprendre pourquoi et comment George R.R. Martin a révolutionné l'écriture et la littérature de fantasy.

  • Avant leur départ pour Mars, on les appelait les « explorateurs de la nouvelle frontière ». Après le crash dans un désert martien qui avait tué tout l'équipage à l'exception - miraculeuse - de Bill Jenner, ce dernier cracha plusieurs fois cette formule au vent incessant chargé de sable. Il s'en voulait d'avoir éprouvé de la fierté en l'entendant prononcer la première fois.
    Au fil des kilomètres, sa colère se calma. Le noir chagrin que la mort de ses compagnons lui avait inspiré se changea en morne grisaille. Peu à peu, il s'avisa qu'il avait commis une terrible erreur de calcul.
    Il avait mal jugé la vitesse du vaisseau. D'après son estimation, il devrait couvrir à pied cinq cents kilomètres pour rejoindre la mer polaire peu profonde que ses camarades et lui avaient vu scintiller depuis l'espace ; l'astronef avait franchi en un éclair une distance considérable avant de s'abîmer dans le désert.

    A.E. van Vogt
    Le Village enchanté

  • La notion de genre est contestée au nom de la liberté du créateur. Mais elle est aussi revendiquée en tant que moyen de description des formes littéraires. Quels traits spécifiques permettent d´identifier les trois grands genres que sont le roman, le théâtre et la poésie  ?
     

  • Quelle relation la littérature du Moyen Âge entretient-elle avec le temps et la mémoire ? Quelle est la place de la religion et de la spiritualité dans cette littérature ? Peut-on concevoir la poésie comme un récit ? Michel Zink, dans sa leçon de clôture au Collège de France, jette un regard rétrospectif sur ses vingt-deux années d'enseignement. Les grands thèmes ayant servi de fil conducteur à ses cours y sont analysés, et en tout premier lieu le temps : le regard que porte la littérature médiévale sur son propre passé, l'imbrication du temps subjectif et du temps de l'histoire, la réception moderne de ces textes anciens. Des questions de poétique ensuite : poésie et récit, anonymat et sujet poétique, poésie et nature. Enfin, la constante imprégnation religieuse des lettres médiévales, qui brouille la notion même d'une littérature profane.


  • Mise en scène des classiques et des textes contemporains, performance, théâtre du geste, dramaturgie de l'acteur, lecture scénique, nouveaux médias, théâtre de la déconstruction, expériences interculturelles, etc.  Cet ouvrage ambitieux suit de près l'évolution historique de la mise en scène, il explore les frontières de l'exercice (improvisation, lecture, etc.), puis confronte mise en scène et performance.
    Les grandes tendances de la scénographie en France et la mise en jeu des textes contemporains sont présentées et analysées. La dramaturgie du geste et de l'acteur est analysée à partir d'exemples concrets.  La représentation des classiques donne l'occasion d'un bilan de l'interprétation et de ses méthodes de jeu.

  • L'analyse des textes dramatiques est dans une situation paradoxale : on a tellement répété que le théâtre n'appartient pas à la littérature mais aux arts de la scène qu'on en avait presque oublié l'analyse du texte. Cet ouvrage est venu proposer une méthode d'analyse des textes modernes et contemporains : il permet aujourd'hui de décrire et interpréter des pièces, en dépit de leur foisonnante diversité et de leur abord parfois difficile.
    Une dizaine de pièces de langue française sont étudiées selon une méthodologie de la lecture du théâtre écrit contemporain, librement inspirée de l'analyse dramaturgique mais aussi des travaux d'Eco, de l'esthétique de la réception et de la coopération du lecteur. 
    Ce livre s'adresse aux étudiants en lettres et en théâtre, aux élèves comédiens ainsi qu'au public intéressé, mais parfois aussi désorienté par l'écriture dramatique d'aujourd'hui. 
    Patrice PAVIS, après avoir été professeur à l'université de Paris 8, est actuellement professeur au département de l'université du Kent à Cantorbéry et à l'université nationale des Arts de Corée.

  • Enrichir l'histoire des théâtres antiques en présentant le théâtre romain comme un théâtre du jeu est la vocation première de cet ouvrage. 
    Le théâtre romain est un théâtre rituel, codifié et musical qui ne se réduit ni à l'imitation maladroite du théâtre grec ni à la grossière préfiguration du théâtre classique. Et l'approche des quelques pièces conservées de ce théâtre, relues non plus comme des textes littéraires, mais en fonction du spectacle auquel elles étaient destinées ouvre une perspective anthropologique et dramaturgique nouvelle. 
    Les auteurs ont ainsi cherché à reconstituer la pratique théâtrale romaine en retrouvant le jeu corporel des acteurs, l'usage des voix et de la musique ainsi que les attentes du public. Ils montrent que ce théâtre était bien du « spectacle vivant » et qu'il peut fournir aux metteurs en scène contemporains de quoi inventer de nouveaux spectacles.
     
    Florence DUPONT est professeur à l'université Paris-Diderot, directeur de programmes au Collège International de philosophie. 
    Pierre LETESSIER, membre du centre ANHIMA (anthropologie et histoire des mondes antiques) et metteur-en-scène, enseigne le théâtre et le latin à l'université Paris-Diderot.

empty