• « Quelles que soient les circonvolutions et les digressions, demeure cependant une lancinante question : d'où vient et jusqu'où peut aller cette aversion pour les chiens ? » Philippe Videlier.

    Fini de rire en Turquie. Le Président n'aime ni l'humour ni les opposants. Ses ministres dévoués traitent de fils de chiennes et de bâtards ceux qui se risquent à le railler. Pour un dessin, Charlie Hebdo s'est attiré les foudres d'Ankara. La caricature n'est pourtant pas étrangère à la culture ottomane et a eu son heure de gloire au temps des sultans. Un temps que le président ne cesse de vanter. Or, un jour dans le passé, il était venu à l'idée des JeunesTurcs d'exterminer les chiens. Et ce n'était qu'un début... des animaux aux hommes il n'y eut qu'un pas à franchir. En ces temps d'exacerbation des nationalismes et de violences primitives ce plaidoyer tire la sonnette d'alarme.

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  • Rome en noir

    Philippe Videlier

    « C'est toi le boxeur ? » avait demandé l'individu au boxeur avant de lui mettre son poing dans la figure et de lui coller trois balles dans le buffet. Ce jour là, un dimanche, Benito Mussolini était en deuil. Il venait de perdre son professeur de violon.
    Le meurtre du boxeur eut lieu dans un bal à Villeurbanne, banlieue ouvrière, mais la victime était originaire de Roccasecca, un village pelé du sud de Rome. Pour la police française, c'était une affaire d'immigrés sans grande importance. Mais pour les Chemises noires, la vengeance est un plat qui se mange froid.
    Philippe Videlier déroule l'aventure mussolinienne depuis les années trente jusqu'à la mort du Duce, en organisant son récit autour d'un fil rouge : l'assassinat en 1932 du boxeur Pietrantonio Di Mauro, athlète moyen mais fasciste d'élite. La reconstitution minutieuse de l'enquête sur ce meurtre, devenu un enjeu politico-médiatique, accompagne la fresque historique de l'épopée fasciste. Les suspects, anarchistes ou communistes, seront tour à tour emprisonnés, innocentés, de nouveau traqués par les services secrets tout-puissants de Mussolini, la redoutable OVRA, jusqu'à la déclaration de guerre. Mussolini a beau plastronner, ses troupes subissent revers sur revers. Le récit s'achève avec l'écroulement du fascisme : Mussolini est destitué, emprisonné, libéré à la faveur d'une opération spectaculaire ordonnée par Hitler.
    Les nazis lui concèdent la présidence d'une république fantoche, à Salò, avant la déroute finale. En fuite, Mussolini est reconnu, arrêté et tué.
    Son corps et celui de sa maîtresse sont exposés à Milan, pendus par les pieds.
    On retrouve ici la méthode et le style tout à fait singuliers de Philippe Videlier. La folle aventure fasciste arbore les couleurs d'une farce grinçante. Le récit, d'une implacable précision documentaire, est ponctué par les apparitions bouffonnes d'un super-héros jailli d'une bande dessinée à la gloire du régime. Le personnage de Mussolini triomphant, délirant de narcissisme, se piquant d'art, adulé par les foules en Italie et en Amérique, mais aussi, on a tendance à l'oublier, en France et en Europe, domine le livre de sa stature à la fois effrayante et grotesque. Philippe Videlier offre ici une fascinante restitution de la tragédie fasciste.

  • Nuit turque

    Philippe Videlier

    derrière les triples murailles du palais de yildiz, à constantinople, porte de l'europe, le sultan trame de noirs complots.
    le sang coule sur la corne d'or. le sang coule en anatolie. des comités secrets, les exilés politiques de paris, les militaires de salonique organisent la révolution. mais l'aventure tournera mal : guerre dans les balkans, au caucase, terreur sur l'empire ottoman.
    1915. l'ordre d'anéantissement des arméniens est donné. ce qui avait des allures de conte, l'histoire du sultan et des trois pachas, se terminera en tragédie.

  • Dans leur jeunesse, caracolant par monts et par vaux, Mao Zedong et ses généraux s'étaient nourris du roman Au bord de l'eau, l'épopée des Cent Huit Brigands Justiciers. Bien d'autres ressources leur furent nécessaires pour échapper à Chiang Kai-shek et à ses conseillers de la Wehrmacht, aux Nippons déchaînés, aux canonnières anglaises du Yangtsé, aux policiers de la Concession française de Shanghai. Chaussés de semelles de paille, mâchonnant du gingembre et des piments, les hors-la-loi sillonnaient le pays et ralliaient à eux les Chinois miséreux. Ils parvinrent au pouvoir, et alors ce fut une autre histoire. Les alliances se défirent, les intrigues se nouèrent. L'un après l'autre, les compagnons de la grande aventure passèrent à la trappe...

  • La mutinerie du Potemkine, l'assassinat d'un gouverneur par Maria Spiridonova, la Cavalerie rouge peinte par un Malevitch de plus en plus inquiet, l'histoire étonnante de Gagarine... Ces quatorze nouvelles ont pour principal motif la Russie de l'époque soviétique, et les évènements ou les acteurs majeurs de la révolution.
    Encore une fois, par la littérature, Philippe Videlier nous amène à cerner des événements historiques précis. L'auteur allie la précision documentaire et une discrète férocité de ton, qui confère à ces nouvelles un charme particulier. Videlier a le don de rendre palpitants - et souvent drôles - ses récits. Il a inventé un genre, le roman d'histoire : conter la vérité comme si c'était une fiction.

  • Un communard libéré des bagnes de Nouvelle-Calédonie, une intrépide féministe passionnée par Jules Verne, des aventuriers italiens, des gardes hindous, des officiers anglais : on croisait forcément des gens hardis à la pointe de l'Arabie, à l'Hôtel de l'Univers, dans la cité d'Aden. Arthur Rimbaud, devenu un autre, y fit escale. En ce point du globe s'attardèrent le philosophe Paul Nizan et le poète Philippe Soupault. Selon un géographe, le mot Éden a la même origine que le mot Aden. Cela reste à voir.
    Rejetant les dominations coloniales, l'Orient arabe a voulu entrer en modernité. Au Caire, à Damas, à Bagdad, des colonels enfilèrent l'uniforme du progrès. Aden choisit la révolution.
    Depuis le parvis de l'Hôtel de l'Univers, c'est toute l'épopée de notre temps qui est observée à travers l'histoire du monde arabe, creuset où entrent en fusion les appétits des puissances planétaires.
    On retrouve ici le ton propre à Philippe Videlier : une ironie à la fois caustique et nonchalante, usant d'un style imperturbable pour décrire le cours sanglant de l'histoire en s'appuyant sur une documentation riche et précise.

  • Dix nouvelles de l'Histoire.
    Cela pourrait ressembler aux récits extravagants qu'affectionnent les romanciers, émaillés de terribles secrets, peuplés de figures tragiques, d'hommes louches et de femmes fatales. Cependant tout est vrai. La silhouette massive de Bakounine, le profil socratique de Lénine, Pancho Villa en cavalier photogénique et l'ombre de Che Guevara comme libérés de leurs légendes. La provocante Victoria Woodhull, l'infortunée Eleanor Marx et Tina Modotti, artiste mondaine, prises au piège d'un monde masculin.
    La quête de la Révolution suit d'étranges chemins : un lac suisse tranquille, une île enchanteresse de la Méditerranée, les hauteurs d'Alger, les quartiers chics et les bas-fonds de New York, les déserts mexicains. Mais jusque dans la morne douceur de La Havane, les héros d'un siècle dévoilent leur fragilité.

  • Lorsque Karl Marx mourut, le 14 mars 1883, il fut célébré par les pauvres des Etats-Unis.
    Le drapeau étoilé fut mis en berne sur Brooklyn et les prolétaires de Manhattan lui rendirent hommage en un formidable meeting où se mêlaient Américains de naissance et immigrés allemands, tchèques et français. Il fut décidé sur le champ d'éditer en anglais pour les travailleurs d'Amérique le Manifeste communiste. C'est par le Manifeste que tout commençait alors, partout et toujours. Les réfugiés de la Commune de Paris l'avaient édité à New York et sur les bords d'un lac suisse quand la répression impitoyable faisait de l'Hexagone une prison.
    Prémonitoire, il avait tracé dans une anticipation exceptionnelle ce que serait le monde à venir : il serait unique et il faudrait lui opposer une force nouvelle pour créer un autre possible. Porté par l'utopie, le Manifeste communiste fut l'un des livre les plus lu. A l'heure où la planète mondialisée s'interroge sur la possibilité d'un autre futur, Manifestez ! donne à connaître l'incroyable aventure de ce texte qui, dans l'Ancien et le Nouveau Monde, a semé les ferments d'une modernité délivrée de l'oppression.

  • Usines

    Philippe Videlier

    " usines retrace l'aventure industrielle prodigieuse qui, durant plus d'un siècle, a façonné la ville.
    Des toits en dents de scie, de hautes cheminées fuselées crachant leurs noires fumées, de modestes maisons posées dans des rues incertaines dessinaient le paysage. ateliers minuscules et fabriques gigantesques s'imbriquaient alors pour faire de villeurbanne le coeur productif de l'agglomération. des campagnes environnantes ou de lointains pays affluèrent hommes et femmes en quête de travail. italiens du piémont et du frosinone, espagnols de carthagène et de murcia, algériens de kabylie, russes, arméniens, polonais se côtoyaient autour de machines bruyantes d'où sortaient mille produits.
    Et ces gens si différents se construisirent une histoire commune, dans les peines ou les joies du quotidien et les grandes heures de l'histoire. la lente conquête d'un mieux être, l'élan des espérances sociales, l'ère des trente glorieuses et l'effacement de l'univers des usines écrivent une grande saga, celle de toutes les vies de la banlieue ouvrière. ".

  • Cinépolis conte l'aventure cinématographique d'une ville ouvrière aux côtés de la grande métropole qui inventa le cinéma.
    À l'époque où Villeurbanne bruissait de l'activité des machines, quand Villeurbanne parlait toutes les langues, son peuple du samedi soir et du dimanche après-midi , ses enfants du jeudi, aimaient le cinéma.
    Le cinéma n'est étranger à rien, ni à personne. Chacun porte en lui des titres de films, des personnages, des acteurs, des souvenirs intimes, très personnels, vécus dans les salles du quartier, et d'autres qui fondent une culture partagée. À travers la pratique du cinéma une ville apparaît. Dans la vie d'une ville, le monde se reflète.

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