• Paul Roussenq est un symbole absolu de liberté, de vie et paradoxalement, il est celui qui pour détient le record absolu de jours d'enfermement : 4192 jours de cachot, en 20 ans de bagne. Pauvre Roussenq. Incroyable Roussenq.
    Terrible victime d'une double injustice. D'abord celle d'avoir été envoyé au bagne par un enchainement infernal, parti d'une simple « infraction à la législation ferroviaire » !
    Et puis ensuite, alors qu'il exprimait avec force tout son refus du système, de l'aliénation que des hommes faisaient subir à d'autres hommes, d'avoir été aussi mal compris.
    C'est Albert Londres le premier qui le repère lors de son voyage en 1923. Il visite les cachots de Saint-Joseph, l'île de la réclusion et découvre le cas de ce condamné extraordinaire, qui a devant lui près de dix ans de punition cumulées à effectuer.Etonnamment, il en tire une conclusion hâtive et très subjective qui fera assimiler Roussenq à un fou furieux pour le reste de sa vie. Dès lors, pas un ouvrage sur le bagne où il ne soit question de cet « incorrigible » présenté comme un perpétuel révolté.
    Le malheureux bagnard va cependant tenter d'expliquer sa véritable démarche à son retour en France, une fois libéré.
    En 1934, il publie aux éditions du parti communiste 25 ans de bagne dans laquelle il fustige l'administration pénitentiaire, mais aussi Albert Londres et tous ceux qui ont jugé trop vite et sans chercher à le comprendre. Très politisé et doté d'un esprit particulièrement vif, il a eu tôt fait de se rendre compte des faiblesses du système et c'est pour mieux le contourner, qu'il l'a poussé jusqu'aux limites de l'absurde. Personne ou presque n'aura connaissance de cette théorie, pourtant signe d'une maturité et d'une force de caractère incroyables, uniques dans l'histoire carcérale.

  • L'enfer du bagne

    Paul Roussenq

    En 1908, Paul Roussenq, arrêté pour vagabondage, fut condamné à effectuer son service militaire dans les bataillons d'Afrique. À Biribi, il mit le feu à son uniforme pour protester contre la hiérarchie et les sévices subis quotidiennement. Par conséquent, il fut condamné à vingt ans de travaux forcés. Aux îles du Salut, en Guyane, Paul Roussenq, bagnard anarchiste, acquit rapidement le surnom d' « incorrigible ». Il passa plus de 3000 jours au cachot et résista méthodiquement à ce système honteux, voué à éliminer minutieusement et méthodiquement les classes dangereuses. Première réédition depuis 1957. Illustrations de Laurent Maffre, auteur de la bande dessinée L'Homme qui s'évada, chez Actes Sud. Longue préface de Jean-Marc Delpech, auteur d'une thèse sur Alexandre Jacob.
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  • Bagne. Enfer. Prison. Biribi. T orture. Enfermement. Cellule. Cachot. « On est sans nom. On n'est plus rien », disait la chanson d'Albert Londres. Résister.
    T enir. La Guyane et ses îles. Ceci n'est pas une image d'Épinal. Encore moins un effet positif de la colonisation. Les coups. La faim. La damnation. Et à l'arrivée, la mort et l'abrutissement. Paul Roussenq (1885-1949) a affronté tout cela. Lui, l'anar, le bagnard de Saint-Gilles, « l'Incorrigible », a survécu aux camps à la française. Il a décrit l'horreur carcérale sous le sunlight des tropiques. Un témoignage capital. Sur le passé certes, mais tellement actuel.

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