• En affirmant que l'esprit est organiquement relié à l'agir, le pragmatisme a nourri de nouvelles approches de l'enquête, de la signification et du mental. L'épistémologie et la sémantique pragmatistes sont aujourd'hui mieux connues. En revanche, les controverses au sujet de l'esprit, notamment entre James et Peirce, restent à explorer. Elles fournissent une introduction privilégiée à leurs pensées respectives, au moment même où elles trouvent leur première expression originale. On corrigera par là quelques idées tenaces : l'idée d'un James « passant » de la psychologie à la philosophie, l'idée d'une opposition frontale entre Peirce et James, l'idée d'un « tournant pratique » qui s'opérerait brutalement dans les premières années du mouvement. C'est donc un regard nouveau que jette sur le pragmatisme la présente étude, à partir des vifs dialogues entre Peirce et James, des différends avec des positions voisines, celles du jeune Dewey, de Royce, de Bergson, comme des critiques de Helmholtz et Spencer.

  • Les Principes de Psychologie (1890) de William James sont un chef-d'oeuvre philosophique et une somme de la psychologie du XIXe siècle. Son cadre philosophique, le cérébralisme, lui sert à imaginer des conjectures hardies, à concevoir des modèles novateurs, à formuler de manière brillante et visionnaire des problèmes et des hypothèses portant sur les mécanismes physiologiques de la vie mentale. Des scientifiques, spécialistes des neurosciences et de la cognition, de même que des philosophes, proches de la psychologie et des neurosciences, réévaluent l'apport de James à la lumière des acquis du XXe siècle.

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