• C'est en 1965, sept ans après un séjour de quatre mois à Londres, qu'il écrivait dans une brève introduction à son livre El rectangulo en la mano : « c'est au fond de moi que je cherche les photographies, lorsque, l'appareil à la main, je jette un oeil au dehors ; je peux consolider ce monde de fantômes lorsque je rencontre quelque chose qui résonne en moi. » Ce nouvel ouvrage en est la preuve tangible. Il fait suite au premier publié en 1999 par Hazan qui tenu lieu de « premier jet » avant que Sergio Larrain n'y fasse quelques retouches, alors que nous lui avions suggéré de nombreuses photos oubliées, qu'il n'avait d'abord pas considérées.

    Le photographe chilien a été retenu dans l'histoire du médium essentiellement pour son oeil acéré et brillant certes, mais surtout pour les images de Valparaiso. Le corpus photographique réalisé pendant les quatre mois de cette résidence à Londres durant l'hiver 1958-1959 constitue le premier essai d'importance du photographe, qui devait ainsi faire ses preuves, en partie sur les traces de Bill Brandt qu'il appréciait. Curieusement, les photographies que Larrain a prises à Londres, sur le mode de la flânerie, ont été peu reproduites dans la presse, ce qui aurait pu être possible grâce à Magnum Photos, sa nouvelle agence. Car c'est à la faveur de ce voyage vers l'Angleterre que l'aspirant photographe fit un stop à Paris pour rencontrer son mentor Henri Cartier-Bresson et intégrer Magnum.

  • Pour la première fois, Sergio Larrain réfléchit à son travail d'un point de vue théorique. «La photographie : ce (le sujet) qui est donné par la géométrie». Cette définition, conçue comme un syllogisme, et à laquelle se mêle un avant-goût de haïku, traduit l'esprit qui l'animait alors, et qu'il reprendra plus tard dans ses livres de réflexion philosophique.
    Rééditée en un fac-similé fidèle à l'édition originale, cette version d'El rectángulo en la mano, proposée sous coffret et avec un texte critique d'Agnès Sire, est un hommage à l'ouvrage emblématique du photographe chilien.

  • Valparaiso

    Sergio Larrain

    Cette nouvelle édition du Valparaiso de Sergio Larrain est exceptionnelle à plus d'un titre : elle est fidèle à la maquette établie par l'artiste en 1993 en réponse à l'édition originale publiée par Hazan en 1991. Cette version présente pour la première fois des photographies inédites prises entre 1952 et 1992 (120 images au lieu de 38). Ouvrage intime, les notes manuscrites et les textes engagés de l'auteur nous font partager sa vision singulière du monde. Sans oublier le texte de Pablo Neruda, «Le Vagabond de Valparaiso», spécialement écrit pour Sergio Larrain.
    Sergio Larrain a traversé la planète photographique tel une météorite. Son souci de pureté, son attrait pour la méditation l'ont conduit à abandonner son métier de reporter et à s'isoler dans la campagne chilienne. Il se consacre alors à l'écriture et la peinture, tout en continuant à aimer profondément la photographie. Sa pratique se limitait alors à quelques poèmes en image appelés « satori », purs moments d'éblouissements.

empty