• Le fait juif

    Jean-Michel Salanskis

    Cet ouvrage explique pourquoi l'on a tort, en général, de croire savoir de quoi il retourne dans le judaïsme et l'expérience juive. Il décrit ceux-ci à partir de l'élément central, la loi juive, précisant comment celle-ci détermine une expérience collective caractérisée par son observance et son étude.
    Sur la base d'une telle clarification, l'ouvrage délivre un aperçu sur la place et l'importance dans notre histoire de l'Extermination nazie ; il tente aussi d'éclairer la nature et la fonction de l'Etat d'Israël.
    Jean-Michel Salanskis donne une idée de ce que l'attitude juive privilégie : la mémoire, le concret, l'humain.

  • Peut-on aujourd'hui suivre la «voie idéale» ? Les options se rattachant à l'idéalisme historique paraissent interdites à qui refuse d'être naïf et respecte la science.
    Pourtant, la notion d'idée, rigoureusement comprise, est au coeur du langage, reconnue comme le centre de notre monde. De même, la mathématique mobilise l'idée d'un bout à l'autre d'elle : la science mathématisée, par suite, l'emploie. Mieux, nous ne pouvons sans doute pas comprendre notre manière de supputer sur le possible, le nécessaire et le contingent sans en appeler à l'idée. Cet ouvrage soutient même qu'une philosophie désirant ne pas faire silence sur ce qui est horrible (la mort, l'absurde, la violence et la guerre) a besoin de la référence de l'idée transcendante.
    Tout cela suggère que nous devrions reconsidérer notre «préjugé métaphysique» favorable au réel, à l'être, pour embrasser une vision du plan humain comme troué et bouleversé par l'échappée idéale.
    La discussion et l'argumentation proposées déploient un point de vue personnel - présentant en conclusion l'ethanalyse chère à l'auteur - tout en débattant avec des philosophes analytiques, des philosophes français contemp orains, ou avec l'héritage marxiste.

  • La philosophie française du XXe siècle ne coïncide pas avec le segment continental allemand, mais en est une réception, tout en étant aussi réception, quoiqu'à un degré moindre, de la philosophie analytique, principalement issue de la tradition anglo-saxonne. La question est donc le problème franco-analytique et non pas le problème analytico-continental. Une fois ce fait admis, la " cassure " analytique, puis la " cassure " à certains égards similaire qu'ont tenté les philosophes subversifs français des années 60-70, peuvent être étudiées, en en mettant en lumière les opérations et les enjeux.
    A partir de ce premier repérage, est analysé du point de vue de la confrontation avec la chose analytique la phénoménologie française et l'épistémologie dite " à la française ". S'engage un programme pour la philosophie française à venir : on lui enjoint d'assumer les mathématiques au-delà de la logique, d'intégrer les recherches analytiques à ses ressources, et de favoriser l'ouverture lévinassienne.

  • Ce livre s'attache à réfléchir sur la révolution informationnelle, qui s'impose autour de nous dans son évidence massive (informatisation, internez, mobiles et smartphones, etc).
    Il s'agit d'une part de se demander en quoi et jusqu'à quel point elle mérite vraiment d'être regardée comme une révolution, d'autre part de réfléchir sur ce qu'elle modifie peut-être quant à l'idée même de la technique. Le chapitre introductif présente une telle enquête. Pour répondre à cette question, le livre commence par essayer de décrire notre rapport à la chose computationnelle, aux ordinateurs, à l'internet, et au monde à travers les uns et les autres.
    Une véritable phénoménologie de l'expérience du computationnel est proposée dans le second chapitre du livre. Puis, dans un troisième chapitre, on essaie de dégager la figure nouvelle de la technologie, non assimilable à la technique classique et apportée par la révolution informationnelle. On tente même une analyse des diverses formes de la pratique humaine contemporaine, et examinant dans quelle mesure elles peuvent correspondre aux formes de la technique traditionnelle, et, respectivement, de la nouvelle technologie.
    Finalement, on propose un épilogue, qui avance l'idée que la mutation du computationnel est typiquement nôtre, manifeste un trait essentiel de l'humanité. Ce qui ne veut pas dire que cette "révolution" ne puisse pas avoir ses dangers.

  • Ce livre pose un diagnostic sur notre époque - présentée comme celle du crépuscule du théorique. À ce titre, il ose une grande fresque décrivant la situation actuelle des activités liées au « théorique » dans le contexte politique, social et d'abord économique qui est le nôtre aujourd'hui, en particulier en France. Il évoque des faits et des événements concrets (la réforme de l'Université, l'évolution des choix de filière des étudiants, les changements d'orientation des programmes de l'enseignement secondaire, etc.) tout en dégageant du même mouvement la signification profonde du théorique comme valeur (en mathématiques, en philosophie, en littérature, etc.) grâce, précisément, aux outils forgés dans les oeuvres antérieures de l'auteur. Une telle démarche porte celui-ci à plaider, après Lyotard et Levinas, pour la prise en compte de la dette et de l'obligation « envers quelque chose d'immémorial et de plus grand que nous » et à examiner du même mouvement la tension entre une telle dette et une politique de l'émancipation des individus.
    Au bout du compte, l'hypothèse de départ est « que nous pourrions avoir une inquiétude radicale, ne portant pas sur le sort des lettres et sciences humaines, ou sur celui de la poésie, mais sur celui de l'attitude théorique elle-même, dans sa pureté et sa généralité ».
    L'auteur veut, pour ainsi dire une dernière fois, « faire entendre que la cause du théorique est, à sa manière propre, la cause de l'humanité, une des manières de vouloir pour les humains la vie la plus humaine ».

  • Pourquoi une philosophie des mathématiques ? parce que la philosophie provient de la mathématique, et ne peut éviter de se retourner sur celle-ci pour penser leur limite commune (celle de la chose par rapport à l'objet).
    Quelle est la tâche de la philosophie des mathématiques ? elle doit répondre aux cinq questions traditionnelles qui la structurent: celle de la démarcation entre philosophie et mathématiques, celle du statut de l'objet mathématique, celle du rapport entre mathématiques et logique, celle de l'historicité de la mathématique, celle enfin de la géographicité de la mathématique (de sa division en branches).
    Dans ce livre, on présente des réponses à ces questions. l'inspiration majeure est phénoménologique: on conjugue l'adoption d'un cadre husserlien avec des aperçus de provenance heideggerienne. de plus, l'ouvrage se conclut par une prise de position relativement à deux débats impossibles à minimiser : celui qui porte sur la contribution de la mathématique à la physique - d'une "efficacité déraisonnable" - et celui qui porte sur le trouble récemment jeté sur la chose mathématique et sa philosophie par les sciences cognitives.

  • Ce livre (réédition du recueil Levinas vivant, publié en 2006), rassemblant les textes de sept conférences données à l'occasion du centenaire de la naissance d'Emmanuel Levinas, est organisé en trois sections.
    Dans la première (Le noyau éthique), on expose les « fondamentaux » de cette pensée: la vision de la morale, la critique de l'ontologie, la relation avec le judaïsme.
    Dans la deuxième (Rationnalité lévinasienne), on tente de caractériser la philosophie de Levinas par un certain usage des grandes ressources de toute pensée que sont d'une part la spatialité, d'autre part le couple logique de l'universel et du particulier.
    Dans la troisième section (L'ancien siècle et son futur), on essaie de voir le XXe siècle comme nous le montre un auteur qui l'a pour ainsi dire traversé d'un bout à l'autre, et de tirer de cette vision une annonce, voire une promesse du futur.
    Ce livre est en même temps un voyage et un pélerinage: les textes se rattachent chacun à un lieu, une halte de Levinas. Paris, Strasbourg et Fribourg, Jérusalem, Paris à nouveau, Kaunas et, pour finir, Paris encore sont ainsi les étapes de ce « semestre avec Levinas ».

  • Dans ce livre, on comprend l'ambition de la philosophie comme celle de « rendre compte » de l'expérience humaine, dans sa richesse et sa diversité, comme une sorte de patchwork de territoires du sens. De l'énigme du sens au « sens commun », l'auteur tente de comprendre et de décrire les mondes arbitraires de notre vie où s'engagent nos passions - tels les mondes du politique, de l'amour, du sujet - pour mettre en oeuvre une nouvelle méthode descriptive d'inspiration phénoménologique suivant l'exigence générale d'une éthique du sens.

  • Ce livre présente six études sur la pensée d'Emmanuel Levinas, en prenant cette pensée comme un événement frais et juvénile, qui n'a pas fini de nous réveiller et de nous mettre en branle, en n'hésitant pas à la lire de tous les point de vues disponibles dans la pensée contemporaine.
    Par-dessus le marché, il se met au service d'une intuition: celle selon laquelle l'humanisme réinventé, qui ne chante pas l'essence humaine, ne brosse pas la fresque d'un être profond de l'homme enfin compris à la loi duquel il ne resterait plus qu'à se ranger, mais nous apprend à viser le plus humain de l'homme, qui correspond à ce qui nous est le moins naturel peut-être.
    Dans ce but, trois parties se succèdent: la première (L'homme dans le témoignage) étudie comment Levinas dispose son travail conceptuel autour de l'évocation concrète et vibrante de certaines personnes; la deuxième (La question de l'homme) cherche à caractériser la voie lévinassienne alternative à celle de l'anthropologie, et le décalage résultant pour ce qu'on appelle usuellement la critique; la troisième (Au-delà de l'homme? [Dieu et l'histoire]) s'attache à montrer que Levinas interdit à la théologie ou au sens de l'histoire de nous faire « dépasser » l'homme.

  • « Je propose avec ce nouveau recueil, le troisième volume de la série des « Levinas vivant ».
    C'est Richard Zrehen qui avait voulu instituer cette série, me donnant la possibilité de constituer une sorte de feuilleton avec mes réflexions sur Levinas. Cette série a, je crois, deux raisons d'être essentiellement : 1) celle de manifester que la pensée de Levinas est une bénédiction, quelque chose dont nous n'avons pas fait le tour, et qui nous réserve encore mainte surprise, nous amenant à comprendre plus profondément à quel point elle nous ouvre des chemins autres ; et 2) celle de me fournir un moyen de trouver et de formuler des éléments essentiels à la construction d'une position philosophique personnelle. Ces deux raisons, évidemment, sont solidaires : qu'un lecteur de Levinas puisse s'alimenter à la lecture de son auteur pour élaborer une pensée, cela témoigne de la fécondité vivante de son oeuvre. (.) De quoi s'agit-il en fait ? On sait qu'il y a un débat qui traverse l'histoire de la philosophie, à tel point qu'il est bien rare que l'on ne puisse pas lui rattacher une de ses oeuvres : le débat sur la réalité et la légitimité des idées. (...) Le motif de l'association entre le concret et l'idéal est supposé exprimer la façon dont Levinas intervient dans cette antique et vénérable controverse : pour défendre un idéalisme qui, tout à la fois, n'accorde pas d'être aux idées, et les prend comme concrètes. Une position, donc, mettant à mal les préjugés concernant l'idéalisme. » Jean-Michel Salanskis, extrait de l'introduction.

  • Le but de ce livre est de faire comprendre en quoi consiste le fait juif.
    La méthode suivie est " phénoménologique ", en un sens large : on essaie de saisir le fait juif tel qu'il s'annonce dans notre expérience contemporaine. Trois registres de manifestation sont a priori distingués. Nous connaissons le fait juif comme : 1) ce à quoi l'entreprise hitlérienne d'extermination a voulu mettre fin ; 2) ce qui s'exprime dans une religion, qui consiste elle-même en l'observance d'une loi ; 3) ce qui a motivé la création d'un état au milieu du XXe siècle, auquel a été donné le nom ancien et fameux d'Israël.
    Relativement à l'extermination, on soutient que le fait juif s'y montre fait politique de sous-groupe au sein d'un groupe national. On évoque la façon dont les nazis ont, à la fois, travesti le sous-groupe juif en sous-groupe racial et pris au sérieux sa définition interne, l'élément abhorré étant son influence. On décrit la logique qui mène au meurtre et à sa dénégation à partir de cette hantise. Relativement à la loi juive, on explique pourquoi le fait juif s'y manifeste comme un fait rationnel, pour ainsi dire scientifique.
    On plaide que la bonne approche de ce qu'on appelle " religion juive " est épistémologique. On s'attache à caractériser le type rationnel de cette tradition en comparant le savoir talmudique aux mathématiques, à la physique, à la philosophie et à la logique. Relativement à l'état d'Israël, le fait juif apparaît comme un fait national, ayant avec son " territoire " non pas une relation géographique d'habitation mais une relation historique de destination.
    On essaie d'expliquer la notion d'état juif en fonction de cette relation exceptionnelle, au terme de laquelle le peuple juif n'est pas tant celui qui habite Israël que celui qui doit y habiter. Enfin, on tente de déterminer l'unité de ces trois modes de manifestation du fait juif et de répondre à la question : à quoi bon le fait juif ? La thèse soutenue est que la tradition juive, caractérisable - dans les trois dimensions relevées - par une indexation sur le hors-être, nous invite, nous l'humanité, à nous enfermer dans ce qui est strictement humain en tournant le dos à ce qui est divin ou naturel.

  • Oui, on peut vivre avec les mathématiques, contrairement au fort préjugé qui oppose les mathématiques à la vie et plus généralement à la condition humaine, ce qui conduit souvent à considérer le mathématicien comme un animal d'une autre espèce ou une machine, au mieux comme un mutant. Ce livre voudrait montrer que les mathématiques sont au contraire une ressource parmi d'autres pour "être humain". Sont ici campées plusieurs figures de vie avec les mathématiques - successivement : l'apprentissage scolaire, la recherche, l'enseignement des mathématiques et enfin leur rapport avec la pensée en général, tout particulièrement avec la philosophie. La force et l'originalité de ce bref essai viennent de l'engagement personnel intense qu'y manifeste l'auteur. C'est à partir de son expérience vécue de mathématicien, réfléchie par le philosophe qu'il est devenu, que se déroule, sans formalisme spécialisé et sans jargon théorique, cette méditation profonde et parfois émouvante.

  • La philosophie contemporaine s'intéresse plus que jamais au sens.
    Le présent essai soutient cependant qu'il lui reste à accomplir une mue décisive, pour devenir spécifiquement "philosophie du sens". Pour cela, elle doit reconnaître qu'elle n'est pas au service exclusif de la vérité, comme l'est la science et, plus profondément encore, qu'elle n'est pas en charge de l'Etre, comme toute sa tradition pourtant l'invite à le croire. Le sens n'est donc pas ici envisagé comme l'ensemble des conditions de vérité des phrases, à l'instar de la philosophie analytique ; il n'est pas non plus conçu comme la façon de se donner de la chose, ainsi que le recommande la phénoménologie : suivant une inspiration levinassienne, l'auteur envisage le sens comme ayant sa source dans l'adresse, c'est-à-dire dans ceci même qu'un message est toujours reçu.
    Cette conception du sens va de pair avec un nouveau style de philosophie, qui s'attache à déterminer ce que nous comprenons de nos savoirs, de nos pratiques, de nos aspirations, plutôt qu'à trancher en termes de vérité sur les objets, les lois, les modes d'existence et la finalité de tout ce qui se passe. Partant, c'est la clef de l'itinéraire philosophique de Jean-Michel Salanskis qui est ici délivré : à la fois proche de la science, de la philosophie française des années 1960-1970 et de la tradition juive, l'auteur, longtemps préoccupé par les mathématiques et l'épistémologie, s'engage ici ouvertement sur les enjeux de son travail.

  • Ce livre rassemble les textes qui sont servi d'appui à sept conférences données au cours du premier semestre 2006 dans des colloques d'hommage à Emmanuel Levinas, à l'occasion du centenaire de sa naissance. Ensemble, ils composent un livre qui plaide pour une appropriation audacieuse, fidèle et novatrice, prosaïque et radicale de la pensée de Levinas. En substance, on veut la lire et la recevoir comme quelque chose qui continue de nous surprendre et nous déplacer, en nous faisant tout comprendre à partir de l'émotion éthique. Et qui par là même nous libère des mauvaises formes du rationalisme : celles qui donnent lieu à un théoriser aveugle et clos, aussi bien que celles qui amènent un discours oraculaire intégrant et confondant les niveaux.
    L'ensemble est organisé en trois sections. Dans la première (Le noyau éthique), on expose les « fondamentaux » de cette pensée - la vision de la morale, la critique de l'ontologie, la relation avec le Judaïsme - en essayant de la présenter de manière à la fois plus pédagogique qu'on ne le fait d'habitude, et moins conventionnelle. Dans la seconde (Rationalité lévinassienne), on tente de caractériser la philosophie de Levinas par un certain usage des grandes ressources de toute pensée que sont d'une part la spatialité, d'autre part le couple logique de l'universel et du particulier. On prend donc le parti de ne pas envisager le geste philosophique de Levinas comme radicalement étranger à la posture strictement intellectuelle, conceptuelle, épistémique, ainsi que beaucoup sont tentés de le faire. Dans la troisième section (L'ancien siècle et son futur), on essaie de voir le vingtième siècle comme cet auteur qui l'a pour ainsi dire traversé d'un bout à l'autre nous le montre, et de tirer de cette vision une annonce, voire une promesse du futur.
    Ce livre est en même temps un voyage et un pèlerinage, d'une ville à l'autre : les textes se rattachent chacun à un des lieux, à une des haltes de Levinas. Paris, Strasbourg et Fribourg, Jérusalem, Paris à nouveau, Kaunas et pour finir Paris encore sont ainsi les étapes de ce « Semestre avec Levinas ».


  • Deux auteurs de sensibilité différente dépeignent la situation actuelle de la phénoménologie dans une série de chapitres, commis par l'un ou l'autre, qui entre en " dialogue ".
    La phénoménologie est, d'abord, saisie vie le legs des pères fondateurs (husseri et heidegger) puis par les " passages à la limite " dus à une certaine filiation française (derrida, henry, lévinas, marion). ensuite, les auteurs s'intéressent aux croisements de la phénoménologie avec les sciences, soit qu'elle entre dans des transactions risquées avec les sciences cognitives, soit qu'elle donne son langage à la méditation du fondement des mathématiques.
    Poursuivent en mesurant l'avenir possible de la phénoménologie soit dans le cadre d'un nouveau programme de réflexion de la culture, soit comme " phénoménologie d'écrivain " qui endosse le plus philosophique de " l'attitude philosophique ", interrogeant les questions défiant tout traitement positif. le livre clos par une brève " rétrospective duelle ", chaque auteur y propose son propre bilan.

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