Sciences humaines & sociales

  • Que signifie " enseigner " ? C'est dévoiler un Logos révélé, diront les uns, tel le maître qui enseigne la Torah, explique le Coran ou commente le Nouveau Testament, Au contraire, argueront d'autres, l'enseignement passe par la seule vertu de l'exemple, tels Socrate et les saints qui enseignent en existant. L'enseignement est un rapport de force, une forme de violence, protesteront les troisièmes. C'est compter sans les refus d'enseigner, faute de destinataire jugé digne de son héritage par le maître. Les exemples abondent dans l'histoire de la tradition alchimique et kabbalistique, ou bien de la philosophie. Par-delà toutes ces réponses, la question qui vaille n'est-elle pas de savoir s'il existe quelque chose à transmettre, sinon un premier éveil, une aurore de l'intelligence ?

  • Oeuvres

    George Steiner

    Connaissez-vous George Steiner? L'arpenteur de toutes nos cultures, présentes et passées, le philosophe qui nous convainc que penser c'est aussi dialoguer avec d'autres langues, d'autres cultures. Car pour Steiner, le don des langues dont il est doté c'est la jubilation de communiquer au lecteur le savoir le plus érudit mais c'est aussi le talent sans égal de raconter la pensée, de la mettre en scène, d'en faire un événement. Il est l'homme aussi bien de l'essai, du récit, de la critique que du roman - pour ce qui relève de la forme - ; quant à son «matériau», en définir les contours reviendrait à défier la Culture même. Pour celui qui «a commis l'indiscrétion d'être juif», le coeur de l'oeuvre est habité par «la volonté d'être présent», dans tous les sens du terme, «après la Shoah». Est-ce à cet héritage talmudique que nous lui devons ce statut de maître de lecture? Un maître qui nous fait la courte échelle pour gravir des sommets autrement inaccessibles.

  • Ce tournant de siècle est marqué par une lassitude foncière. Ontologique, dirait-on : la chronométrie intime, les contrats avec le temps qui déterminent si largement notre conscience indiquent la fin d'après-midi. Nous sommes des tard venus. Du moins avons-nous le sentiment de l'être. On nous dirait ployés vers la terre et vers la nuit, comme des plantes à la tombée du jour.
    Quel impact ces temps couverts ont-ils sur la grammaire - c'est-à-dire l'organisation articulée de la perception, de la réflexion et de l'expérience, la structure nerveuse de la conscience qu'elle communique avec elle-même et les autres ? Que deviennent les temps verbaux qui organisent notre présence au monde quand les sciences humaines et les arts, désenchantés par la glose, ne croient plus possible la création, mais que les sciences sont, elles, saisies par l'ivresse de la découverte des commencements, possible dans les temps à venir ? Faut-il vraiment désormais que du futur la pensée et les arts fassent table rase oe
    Au crépuscule des utopies - politiques, théologiques, philosophiques -, qui n'appartiennent plus à notre syntaxe, George Steiner a écrit le premier in memoriam pour les temps futurs. Du temps où la découverte des origines de la matière n'entendait pas encore tenir lieu de réflexion sur le néant, donc sur la création.

  • On a pu dire de l'oeuvre considérable de George Steiner qu'elle tourne tout entière autour du langage, de son sens et de ses conséquences morales et religieuses. On le verra en lisant cet ouvrage écrit voici quarante ans par l'auteur de Après Babel et Réelles présences et qui, dans un style clair et rigoureux, analyse les menaces qui pèsent sur le langage, sur la position du poète face à la barbarie et la survie d'un sens lié à la culture occidentale. Les humanités survivront-elles ? Chacun sait que la réponse est un combat qui ne cessera jamais.

  • Les praticiens l'ont toujours su.
    Dans toute philosophie, concédait Sartre, il y a "une prose littéraire cachée". Ce qu'on a moins élucidé, c'est la pression formatrice incessante des formes du discours, du style, sur les programmes philosophiques et métaphysiques. A quels égards une proposition philosophique, même dans la nudité de la logique de Frege, est-elle une rhétorique ? Veut-on dissocier un système cognitif ou épistémologique de ses conventions stylistiques, des genres d'expression qui prévalent ou sont contestés à l'époque ou dans le milieu qui sont les siens ? Dans quelle mesure les métaphysiques de Descartes, Spinoza ou Leibniz sont-elles conditionnées par les éléments constituants et l'autorité sous-jacente d'une latinité partiellement artificielle au sein de l'Europe moderne ? Quand, tels Nietzsche et Heidegger, le philosophe entreprend d'assembler une langue nouvelle, son idiolecte propre à son dessein est lui-même saturé par le contexte oratoire, familier ou esthétique.
    L'association étroite de la musique et de la poésie est un lien commun, toutes deux partageant les catégories du rythme, du phrasé, de la cadence, de la sonorité, de l'intonation et de la mesure. "La musique de la poésie" est exactement cela. Y aurait-il, en un sens apparenté, "une poésie, une musique de la pensée" plus profonde que celle qui s'attaque aux usages extérieurs de la langue, au style ? Ces aspects de la "stylisation" de certains textes philosophiques, de l'engendrement de ces textes via des outils et des modes littéraires, George Steiner nous les restitue dans son souci d'"écouter plus attentivement".

  • Les livres sont notre mot de passe pour devenir plus que nous ne sommes.
    Leur capacité de produire cette transcendance a suscité des discussions, des allégorisations et des déconstructions sans fin. la rencontre avec le livre, comme avec l'homme ou la femme, qui va changer notre vie, souvent dans un instant de reconnaissance qui s'ignore, peut être par hasard. le texte qui nous convertira à une foi, nous ralliera à une idéologie, donnera à notre existence une fin et un critère, pouvait nous attendre au rayon des occasions, des livres défraîchis, des soldes.
    Il peut se trouver, poussiéreux et oublié, sur un rayon juste à côté du volume que nous cherchons. g. s.


  • les cafés caractérisent l'europe.
    ils vont de
    l'établissement préféré de pessoa à lisbonne aux cafés d'odessa, hantés par les gangsters d'isaac babel. ils s'étirent des cafés de copenhague, devant lesquels passait kierkegaard pendant ses promenades méditatives, aux comptoirs de palerme. pas de cafés anciens ou caractéristiques à moscou, qui est déjà un faubourg de l'asie. très peu en angleterre, après une mode éphémère au xviiie siècle.
    aucun en amérique du nord, sauf dans cette antenne française qu'est la nouvelle-orléans. dessinez la carte des cafés, vous obtiendrez l'un des jalons essentiels de la "notion d'europe".

  • Découvrez Fragments (un peu roussis), le livre de George Steiner. "Y a-t-il un trou noir au coeur de l'être? Ce qui ne peut se conceptualiser ne saurait se dire, ce qui ne peut se dire ne saurait être." En quelques fragments lumineux, dans la tradition d'Héraclite, George Steiner nous conduit au plus profond du paradoxe humain. Question : quelles sont les forces de vie concurrentes à l'oeuvre dans notre monde ?
    Quelle dialectique épineuse s'est donc installée entre tabous et bonnes intentions au point d'éprouver les limites du progrès et de la science ? Que peuvent ainsi les lumières de l'éducation face à la récurrence implacable des continents noirs de l'inégalité ? Que vaut l'idéal de l'amour, aussi éclatant que passager, face aux vertus régulières de l'amitié ? Au-delà de la dualité qui sépare ombre et lumière, gloire et misère, jouissance et connaissance, apparaît peu à peu le dialogue avec les dieux qui arracha à Socrate un chant extraordinaire au moment même de mettre fin à ses jours. Le génie du stoïcisme et le sourire de l'artiste éclairent ces méditations inoubliables en huit aphorismes - sur la lumière, l'amitié, le mal, l'argent, la musique, Dieu et la mort - qu'on lira également comme autant de fragments d'autoportrait.

  • Par ses romans, par ses essais, George Steiner s'est imposé comme une des dernières figures de la grande culture européenne.
    Errata raconte comment très tôt la conscience lui est venue que notre monde était désormais celui où le contrat entre le mot et le sens était rompu, ouvrant une faille où s'engouffrerait toute la barbarie du siècle : il n'est d'examen possible de la frustration contemporaine des espoirs et des promesses des Lumières qui ne doive partir de cette " crise du langage " qui, avec la Première Guerre mondiale, a porté notre siècle sur les fonts baptismaux.
    Un siècle que George Steiner a accompagné. Au commencement, il y a la traversée des langues - un milieu juif austro-tchèque, où se parlent divers idiomes, où se croisent diverses cultures. Une traversée des langues, et des littératures dont elles sont les porteuses, qui, du fait de la tragédie du nazisme, devient une traversée des territoires : la France, les Etats-Unis, la Suisse, où George Steiner professa à l'université de Genève, l'Angleterre, où il enseigne désormais à Cambridge.
    Avec pour défi à relever, celui de répondre à la question : " Comment saisir psychologiquement, socialement, la capacité d'êtres humains à jouer Bach et Schubert le soir, et à torturer d'autres êtres humains le lendemain matin ? Existe-t-il des congruités intimes entre l'humain et l'inhumain ? " La dizaine de chapitres s'ouvre à chaque fois sur une anecdote, familiale, malgré une pudeur extrême, ou historique, à partir de laquelle Steiner déroule le sens de ses quêtes, comme autrefois on déroulait avec mille précautions un rouleau ou l'on ouvrait un incunable.
    George Steiner se fait ici, pour le plaisir de chacun, le lecteur de sa vie, l'herméneute de lui-même.

  • Un vieux dicton - une malédiction peut-être - veut que l'on souhaite à son ennemi de devoir écrire un livre. Sept, ajoute George Steiner, comme le temps de la Création, comme le nombre de branches du chandelier. Que ces livres Steiner ait jamais voulu les écrire réellement, peu importera au lecteur. On le croira volontiers dans certains cas, où il n'est pas jusqu'au plan qui ne nous soit exposé. On en doute dans d'autres où le sujet annoncé est prétexte, à la manière de Montaigne, à dériver vers un autre propos, plus autobiographique. En ouverture, la mésaventure du jeune journaliste Steiner qui entreprend de se lancer dans la biographie d'un monstre sacré de la sinologie occidentale, Joseph Needham, l'auteur d'une impressionnante histoire de la science en Chine, inachevée malgré ses huit forts volumes. L'occasion toute trouvée de s'interroger sur ces oeuvres continents qui finissent par n'avoir d'autres fins que de se maintenir en vie, par leur inachèvement. Les oeuvres suscitent souvent des jalousies qui frisent chez certains sujets la démence criminelle, comme le poète Cecco d'Ascoli qui, toute sa vie, se jugea persécuté par la splendeur de Dante. Qu'est-ce que vivre à l'ombre de génies reconnus, quand on n'est soi-même qu'un brillantissime esprit ? Nous entrons dans la sphère intime de Steiner, qui parlera tour à tour du sexe dans différentes langues, de son rapport à Israël ou à la culture européenne à travers la crise des humanités au profit des sciences exactes, sans oublier la grande question - celle de ses convictions politiques. Chemin faisant, le lecteur est promené à travers siècles et continents par l'auteur. Si ce dernier n'a pas écrit ces livres, ne serait-ce pas qu'il n'entendait répondre directement à aucune des sept questions ?

  • George Steiner, professeur à l'Université de Genève, est déjà très connu en France, non seulement par ses livres traduits en notre langue - le dernier qui connaît un très grand succès est intitulé : Les Antigones - mais encore par ses conférences et surtout par ses interventions si brillantes et si géniales dans le cadre des grandes émissions littéraires de la télévision.
    Dans ce livre, qu'il a voulu intituler Le Sens du sens, on trouvera le texte d'une conférence fondamentale, donnée dans les trois langues qui déterminent sa vie et son espace culturel. Cette conférence égale la conférence célèbre de Heidegger sur la métaphysique. Mais elle est beaucoup plus claire. En la composant George Steiner a cru réussir à formuler la promesse qu'annonçait son oeuvre antérieure déjà si abondante.
    Mais il considère aussi sa conférence comme le testament de sa pensée, comme les pages qu'il faudra toujours relire. C'est dans un labeur acharné touchant la littérature comparée que George Steiner est devenu un philosophe. Il égale déjà Heidegger et il est une figure éminente en notre siècle. Il préfère au titre de philosophe celui de maître à lire. Il est celui qui montre comment lire. Si Dieu lui prête une longue vie nous pouvons assurer qu'il sera le plus grand maître à lire du xx° siècle, et que par l'énergie absolue de sa pensée il dominera toute la philosophie.

  • « Si vous autres, fumiers de Nord-Américains, vous avaliez pas toutes ces drogues, si vous vous jetiez pas dessus comme des chiens enragés, toute cette fosse à purin s'assécherait du jour au lendemain. Fini les feuilles de coca. Fini les labos dans la jungle. Fini les passeurs, fini les mules qui trimballent des sacs de marchandises après avoir passé la frontière. Fini le bain de sang à Medellin. Kaput. Nada, mon jeune ami. Pigé ? » Warren surprit comme une odeur de caoutchouc brûlé dans l'haleine de l'Informateur. « Pigé, le scribouillard ? Foutus Amerloques ! Ils prêchent, vous demandent des excuses pendant qu'ils sniffent de l'héroïne à plein nez.

  • Les logocrates

    George Steiner

    Le point de vue "logocratique" est par définition ésotérique.
    Il radicalise le postulat de la source divine, du mystère de l'incipit dans le langage de l'homme. il part de l'affirmation suivant laquelle le logos précède l'homme, que " l'usage " qu'il fait de ses pouvoirs numineux est toujours, dans une certaine mesure, une usurpation. dans cette optique, l'homme n'est pas le maître de la parole, mais son serviteur. il n'est pas le propriétaire de "la maison du langage", mais un hôte mal à l'aise, voire un intrus.
    La pierre de touche de la position logocratique, notamment dans ses habits modernes, est le recours canonique à deux textes. le premier est le cratyle. le logocrate souscrit soit intuitivement soit en vertu d'une réflexion aux mots et aux sens. les mots ne sont pas les jetons arbitraires de saussure. ils désignent et donc définissent la quiddité des êtres. le second est l'énigmatique fragment sur le logos auquel diels a assigné le numéro un de son édition des fragments d'héraclite.
    Il semble parler de l'octroi du logos à l'homme, de la présence et du présent dans le logos de "tout ce qui est là", mais aussi de l'incapacité dans laquelle se trouve l'ordre commun de l'humanité d'appréhender le logos dans sa plénitude de l'être.

  • Tout au long de son oeuvre, George Steiner s'est interrogé sur la poétique de la traduction et sur le sens de la lecture, ce qu'il appelle sa " responsabilité ".
    Dans cette Préface à la Bible hébraïque, c'est-à-dire à l'Ancien Testament des chrétiens, il se frotte au texte fondateur de notre culture et à ses diverses traductions. Prenant pour point de départ la King James Version (1611), qui fut le véritable creuset de la langue anglaise, comme la Bible de Luther le fut de la langue allemande, il offre une analyse concise mais percutante des enjeux de la traduction.
    Interrogeant le texte biblique à la lumière de l'histoire moderne, notamment de la Shoah, il montre en virtuose pourquoi c'est ce livre qui " pose le plus de questions à l'homme ", en quoi il a façonné notre conception même du divin, de la création, de l'inspiration, mais aussi de la littérature, de Shakespeare à Moby Dick. George Steiner nous rappelle enfin à quel point toute lecture de la Bible reste une aventure risquée.
    À ce titre, cette préface, qui est sans conteste l'un des textes les plus personnels de l'auteur, est aussi une méditation sur la transcendance et sur le sens même de l'écriture, qu'elle soit de Dieu ou de l'homme.

  • "Les questions que pose Heidegger à propos de la nature et du sens de l'existence sont capitales et contraignantes. En les posant encore et toujours, il a amené au centre d'une perspective nouvelle et radicalement provocatrice de nombreuses régions du comportement humain, de l'histoire sociale, et de l'histoire de la pensée. Son projet, probablement avorté, de créer un nouvel idiome, de délivrer le langage de présuppositions métaphysiques ou "scientifiques", largement non réfléchies et souvent illusoires, est fascinant et d'une extrême importance. Son diagnostic d'une aliénation et d'un asservissement de l'homme dans une écologie dévastée était prophétique, et il n'a pas été dépassé en sérieux et en cohérence. La réévaluation heideggerienne du développement et du sens ambigu de la métaphysique occidentale de Platon à Nietzsche est profondément stimulante, quand bien même on ne l'accepterait pas. Elle nous force littéralement à tenter de repenser le concept même de pensée. Seul un penseur majeur peut provoquer de façon si créatrice.
    Grâce à la présence de Heidegger parmi nous, l'idée que le questionnement est la piété suprême de l'esprit et l'idée étrange que la pensée abstraite est, éminemment, l'excellence et le fardeau de l'homme, ont été affirmées".
    G. Steiner.
    Cet essai, magistralement clair, demeure la meilleure introduction à l'oeuvre de Heidegger.

  • Extraterritorialite

    George Steiner

    • Pluriel
    • 19 Novembre 2003

    Ce livre rassemble des essais de George Steiner consacrés à la linguistique, où il met en doute la capacité de celle-ci à parvenir à une perspective universelle sur le langage. Il lui oppose en effet la capacité de la littérature de parvenir à l'universel, fondé sur une relecture attentive d'auteurs qui n'ont pas écrit dans leur langue : Beckett, Nabokov, Borgès. Cette « extraterritorialité » de la littérature, George Steiner la révèle aussi comme étant au principe de son propre parcours, de juif allemand né en exil en France puis ayant vécu en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

  • Le déclin des systèmes religieux institutionnalisés a laissé un grand vide moral et affectif au sein de la culture occidentale.
    Après la décomposition du christianisme et de sa théologie, steiner examine les mythologies de substitution offertes par le programme philosophico-politique de marx, la psychanalyse freudienne et l'anthropologie structurale de lévi-strauss. s'intéressant à leur dimension rédemptrice ou apocalyptique, il s'interroge également sur les racines juives de ces trois grands mouvements prophétiques qui ont pris la relève d'un christianisme qui avait voulu supplanté l'héritage du judaïsme.
    A côté de ces sommets de l'intelligence spéculative, il examine ensuite la vogue des " petits hommes verts ", mais aussi des sciences occultes ou de l'astrologie, sans oublier les cultes orientaux : autant de tentatives incapables à ses yeux d'apporter une réponse à la " crise du sens " qui frappe l'homme moderne.

  • De la bible a kafka

    George Steiner

    • Pluriel
    • 19 Novembre 2003

    Ce livre rassemble des essais qui tous relèvent la vigueur de l'héritage culturel de la Bible, et en suivent les méandres, dans des oeuvres comme celles de Péguy, Kierkegaard, Simone Weil, Kafka, Husserl. En contrepoint, la réception et la traduction de l'oeuvre d'Homère figurent comme l'autre tradition indispensable à retrouver pour que nous parvenions à nous comprendre nous-mêmes. Servi par une érudition sans faille, un livre lumineux qui trouve son sens dans le chapitre qui le clôt : « notre patrie, le texte ».

  • Anglais My Unwritten Books

    George Steiner

    • Phoenix
    • 14 Janvier 2009

    George Steiner, the eminent professor of English at Cambridge and Geneva universities, has outlined seven books he has never written, but has always wanted to write, in seven sections.

  • Dialogue entre ce grand humaniste qu'est George Steiner et Cécile Ladjali, enseignante confrontée à la réalité des banlieues, ce livre a gardé la vivacité d'un échange oral. Sans passer sous silence les difficultés de la posture enseignante, l'éclatement des références culturelles, les ruptures entre les générations, les auteurs s'interrogent sur notre capacité de transmettre en analysant les exigences complexes de l'enseignement aujourd'hui.
    Ni discours passéiste, ni parti-pris moderniste, ce livre est simplement un plaidoyer pour la passion de la littérature, animé de cette seule conviction : cette passion force le respect. Première publication, Albin Michel, 2003. Repris chez Pluriel en 2007.

  • La Haine du livre est bien sûr, avant toute chose, une provocation. Pour quiconque connaît l'oeuvre de Steiner, son amour du livre est incontestable. Néanmoins une question le taraude : Pourquoi l'Occident, malgré la culture, a-t-il produit la barbarie ? George Steiner relate dans un premier temps l'histoire du livre, son évolution technique (tablette d'argile, papyrus ou papier), son importance dans le destin de l'Occident : la Bible en est évidemment la référence centrale, aussi bien que les grands fondamentaux philosophiques, d'Aristote à la philosophie contemporaine ; enfin, la littérature et l'Âge d'or du livre. George Steiner s'intéresse ensuite à ceux qui ont voulu la fin du livre, au nom de la supériorité de la transmission orale, des charmes d'une innocence rousseauiste ou de l'utopie révolutionnaire. Enfin, il aborde les nouvelles menaces : la censure, les nouvelles technologies, la révolution électronique qui creuse davantage encore le fossé entre littérature du savoir et littérature du pouvoir.
    La réponse de Michel Crépu met en lumière cette relation de désir au livre, d'amour du sens inépuisable, et l'éventualité d'une fin, la peur, voire la haine. Il en résulte une expérience très paradoxale de la vulnérabilité du livre : ce qu'on éprouve, c'est la puissance de cette fragilité. C'est l'expérience même de la lecture qui est en jeu.

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