• Walther et moi

    Frédéric Lasaygues

    • Julliard
    • 30 Septembre 2010


    Quelle tête feriez-vous si vous trouviez dans les affaires de votre vieille et adorable mère un revolver datant de la Deuxième Guerre mondiale, en parfait état de marche ?

    Paul Behant, lui, ne sait que faire de cette troublante découverte. Sa mère, qui lui reproche déjà vertement de l'avoir placée dans une maison de retraite, refuse absolument d'expliquer la présence d'un magnifique Walther PPK dans une de ses vieilles malles. Né dans les années 1950, Paul s'aperçoit qu'il ne sait rien de la vie de cette femme pendant la guerre. Il la croyait jeune épouse et mère d'une première petite fille, tentant, comme tous les Français, de survivre dans cette période difficile. Propriétaire désormais de ce magnifique revolver pour lequel il se prend d'un véritable attachement, Paul veut absolument découvrir la provenance de cette arme. À la mort de sa mère qui, jusqu'à son dernier souffle, refuse de s'expliquer, il décide d'en avoir le coeur net. Sa seule autre piste se trouve dans les cartes postales sibyllines qu'un célèbre alpiniste envoyait à la défunte chaque fois qu'il gravissait un sommet prestigieux. Paul part à la recherche de cet homme. Plus il en apprend sur la jeunesse de sa génitrice, plus il se persuade que cette femme ? si gentille, si tendre, si drôle ? a probablement vécu une terrifiante histoire d'amour qui a fait d'elle une meurtrière. A moins que d'autres pièces du puzzle ne lui manquent encore... Entre humour, tendresse et vertige existentiel, Walther et moi est un bel exemple de comédie à tiroirs qui n'évite pas les sujets graves.

  • "Trop, c'est too much. Rémo d'abord, et maintenant Ahmed. C'est la série noire. A qui le tour ? En tout cas il était en train de se passer des trucs vraiment craigneux. Trop de ras-le-bol, de dèche et de glauque. Il fallait que ça pète un jour ou l'autre. Et comme d'habitude c'est les pommes qui font la compote." Pour le groupe Mauser D, les 24 heures de La Courneuve, c'est l'occase du siècle : un jour et une nuit de rock non-stop. Pour les vainqueurs, la timbale : un sponsor, un album, peut-être... enfin la gloire ! Et ils vont gagner, c'est sûr. La zikmu, ils l'ont dans le sang. Un son d'enfer, un rythme rock-zone. Nomades de banlieue à la poursuite d'un mirage... Le mirage, justement, ils y foncent tout droit. Embrouille, arnaque : les gros sous, c'est pas pour eux. Pour eux, c'est back to la zone. A moins que...

  • W.S. Burroughs voyait dans la musique rock « comme une tentative d'échapper à un univers mort et sans âme pour rétablir l'univers de la magie ». Rock City n'existe pas et pourtant ces chroniques sont peuplées de fantômes célèbres chevauchant des Stratocasters à manche en érable moucheté dans les prairies oniriques du blues électrique. Ballades-méditations. Texte rock. Humour rock. Des poèmes qui se liraient comme des polars. Et attention, le break. « Qu'est-ce qu'ils attendent au coin des rues ? » demanda Jerry Lee. « Ils attendent le salut, ils attendent la délivrance. Ils attendent une grande tournée mondiale et la résurrection du corps d'Elvis (avant son service militaire). » Jacques A. Bertrand

  • « La Vache Noire, c'est là que je suis né. Au bord de la Nationale 20. Au bout - mais j'y suis jamais allé - y a le soleil. Pas qu'ici, c'est le couvercle. Grisaille et plafond de fluos orange. Bruit de fond : le coulis carbonique de l'autoroute qui traverse les ZUP. J'ai vu le jour entre une pompe Shell et un trois-pièces cuisine fleurant l'Harpic. Ma mère m'a craché comme un noyau de cerise en pleine canicule. J'étais prématuré. C'est un signe ça, non ! Bref et Paic citron, voilà le décor planté. »

  • « ... Paul avale sa salive. Depuis huit jours que Bernie s'est installé au Mustang, il l'a vu grimper quatre à quatre les échelons du délire. Parano aiguë et folie de la persécution. L'autre matin il l'a trouvé en train de parler dans le tuyau de la douche qu'il avait arraché du mur et branché sur la télé. Le porte-parole du Pentagone faisait un speech particulièrement agressif à l'égard de l'Iran et Bernie remplissait les blancs à sa manière, gueulant des slogans pacifistes et insultant tout le gouvernement - Ils croient que c'est de ma faute ! Les ouragans, les meurtres, les guerres ! Merde, je n'ai jamais voulu ça ! Je n'ai jamais voulu ça Paul ! Ils sont fous ! Il faut que je les arrête ! »

  • Elle les aime tous les deux. S'ils sont pas capables de comprendre ça, enfin quoi, on n'est plus au XIX° siècle. J'ai besoin de vous deux. Et si ça leur va pas, s'ils peuvent vraiment pas se mesurer à ce genre de rapport somme toute banal, alors elle prend ses cliques et ses claques et adios amigos ! Paul en est malade, noué, meurtri mais il sait très bien que s'il joue l'intraitable, Lila mettra sa menace à exécution, qu'elle les plantera là tous les deux, qu'ils resteront à se morfondre, à s'en vouloir, à regarder sur chaque chaise et dans chaque coin de mur l'ombre de son absence, l'ombre de l'ombre de Lila, et qu'ils seront lentement poignardés par le remords de n'avoir pas su, de n'avoir pas pu, qu'ils en crèveront la bouche ouverte avant longtemps.

empty