• De l'âme

    François Cheng

    « Lorsque j'ai reçu votre première lettre, chère amie, je vous ai répondu immédiatement. Avoir de vos nouvelles plus de trente ans après m'a procuré une telle émotion que ma réaction ne pouvait être qu'un cri instantané.
    Votre deuxième lettre, que j'ai sous les yeux, je l'ai gardée longtemps avec moi, c'est seulement aujourd'hui que je tente de vous donner une réponse.
    La raison de ce retard, vous l'avez sans doute devinée, puisque votre missive contient une singulière requête : « Parlez-moi de l'âme »...
    Votre phrase : «Sur le tard, je me découvre une âme », je crois l'avoir dite à maintes reprises moi-même.
    Mais je l'avais aussitôt étouffée en moi, de peur de paraître ridicule. Tout au plus, dans quelquesuns de mes textes et poèmes, j'avais osé user de ce vocable désuet, ce qui sûrement vous a autorisée à m'interpeller. Sous votre injonction, je comprends que le temps m'est venu de relever le défi... »

  • Comme ses Cinq méditations sur la beauté, ce texte de François Cheng est né d'échanges avec ses amis, auxquels le lecteur est invité à devenir partie prenante. Il entendra ainsi le poète, au soir de sa vie, s'exprimer sur un sujet que beaucoup préfèrent éviter. Le voici se livrant comme il ne l'avait peut-être jamais fait, et transmettant une parole à la fois humble et hardie.

    Il n'a pas la prétention de délivrer un « message » sur l'après- vie, ni d'élaborer un discours dogmatique, mais il témoigne d'une vision de la « vie ouverte ». Une vision en mouvement ascendant qui renverse notre perception de l'existence humaine, et nous invite à envisager la vie à la lumière de notre propre mort. Celle-ci, transformant chaque vie en destin singulier, la fait participer à une grande Aventure en devenir.

  • Forme brève, mais moins abrupte que le haiku, le quatrain ne s'en tient pas au lapidaire, il sait donner du rythme à la pensée, à l'émotion, à la surprise, il sait initier un questionnement, amorcer une méditation, esquisser un chant. À la suite d'Omar Khayam et d'Emily Dickinson, François Cheng atteste ici du pouvoir singulier de ce mode d'expression resserré, pourtant si peu enclos, si ouvert aux résonances, aux errances fertiles, voire à une manière salutaire d'envoûtement simple :

  • « En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale.
    Mais à cause de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face.
    Nous sommes donc convaincus qu'au contraire nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les deux extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal, et de l'autre, la beauté... Ce qui est en jeu, nous n'en doutons pas, n'est rien moins que l'avenir de la destinée humaine, une destinée qui implique les données fondamentales de la liberté humaine. » Confronté très jeune à ces deux « mystères » par la fréquentation de l'époustouflant site du mont Lu dans sa province natale d'une part, et par le terrible massacre de Nankin perpétré par l'armée japonaise de l'autre, François Cheng nous livre ici ses réflexions sur les questions existentielles les plus radicales qui n'ont cessé de travailler en lui. Ce faisant, il nous fait revisiter les moments phares de la culture d'Orient et d'Occident.

  • Au xviie siècle, à la fin de la dynastie ming - époque de bouillonnement et de bouleversement où l'occident même était présent avec la venue des premiers missionnaires jésuites en chine -, dans un monastère de haute montagne, un homme qui n'a pas encore prononcé ses voeux se décide à quitter ce lieu de paix et de silence pour retrouver, trente ans après, la seule femme qu'il ait jamais aimée.
    Un roman d'envoûtement et de vérité, récit d'une passion - celle d'un tristan et iseult chinois avec ses codes et ses interdits aussi précis que stricts - qui n'est pas seulement affaire de coeur et des sens, mais engage toute la dimension spirituelle de l'être, ouvrant sur le mystère de l'univers et le transfigurant.

  • Il y a dans chaque livre de François Cheng un souffle de vie qui prend à la gorge. Sans doute parce que celui-ci provient d'une voix sans autre exemple. D'une voix qui éperonne la pensée, avec une acuité foudroyante et douce. D'un chant qui a depuis longtemps puisé sa force dans l'élan intérieur. D'une sagesse orientale qui transmue le fugace en élixir d'éternité. D'une écriture tremblée qui s'enracine à même la rosée. D'un exil qui dépayse jusqu'à la nostalgie.
    Avec ce titre, qui a tout d'un énoncé manifeste, le subtil penseur du vide médian ose de déroutants alliages : l'âpre et la joie, le silence et la lucidité, la mort et les nuages, les oiseaux et les larmes, l'émoi et les étoiles. C'est qu'à force d'avoir mordu la poussière d'ici-bas, les mots n'en finissent plus de renaître. Des âmes errantes ou du phénix, on ne sait qui mène la danse. Mais il suffit de la splendeur d'un soir pour que l'univers entier résonne en nous soudain.
    Il suffit de la sincérité d'un seul coeur brisé pour que la fulgurante beauté nous délivre de la fragilité humaine :
    Car tout est à revoir, Tous les rires tous les pleurs Toute la gloire.
    Ce nouveau livre de François Cheng est tout à la fois celui d'un philosophe, d'un poète, d'un sage alerté qui ne craint rien, pas même d'affirmer que « La vraie gloire est ici ».

  • Le dit de Tianyi

    François Cheng

    Lors d'un voyage en chine, l'auteur retrouve le peintre tianyi qui lui remet ses confessions écrites.
    L'homme a vécu les années 30 et 40 dans une chine en plein bouleversement, oú l'héritage culturel gardait pourtant sa force et sa diversité colorée. il a ensuite passé plusieurs années en europe, durant lesquelles il a connu la misère mais aussi découvert une autre vision de l'art et de la vie. a son retour dans son pays soumis aux soubresauts révolutionnaires, il y recherche les deux êtres qui lui sont le plus chers : yumei, l'amante, et haolang, l'ami fraternel, qui l'avaient tant marqué.
    Dès lors, il sera pris, sans pouvoir y échapper, dans un enchaînement de drames atteignant des dimensions insoupçonnées.
    François cheng, écrivain, poète et auteur d'essais sur l'art et la poésie, nous donne là un texte d'une sensibilité peu commune. echappant à toute loi de genre, le dit de tianyi est à la fois un roman d'apprentissage, un témoignage personnel avec l'histoire pour toile de fond et une vision singulière de l'occident dans les années 50 - notamment de paris, lieu d'expérience exceptionnelle.
    C'est aussi le récit d'une quête proprement spirituelle, qui interroge avec passion le mystère du destin. une oeuvre généreuse, au confluent des cultures chinoise et occidentale.

  • Il y a dans cette oeuvre atypique quelque chose de la tragédie grecque, de la poésie épique, ou même de l'oratorio (tant il est vrai que l'on imagine aisément une scène avec ces trois « voix » et ce choeur).
    Mais bien que l'on soit devant un grand poème spirituel en prose aux accents claudéliens, il y a bien là un récit, qui s'inscrit dans un cadre historique. Les trois personnages sont pris dans la tourmente de l'écroulement du dernier royaume indépendant devant le tyran qui prendra le nom de Premier empereur (fin du IIIe siècle avant J.-C.). Au milieu de ce chaos, deux hommes sont épris de la même femme, sans jalousie aucune.
    Le premier, joueur de zhou (instrument traditionnel à percussion), est autant l'incarnation du yin que le second, valeureux chevalier, l'est du yang. Tous deux périront dans d'atroces souffrances après avoir tenté vainement de s'approcher du tyran pour le supprimer. Entre eux et avec eux, la femme aimée incarne le souffle de vie, le désir généreux de pureté qui élève l'homme jusqu'à sa plus haute dimension.
    Et à cette hauteur, elle continuera à dialoguer par-delà la mort avec ses deux amours, dont lui reviennent les âmes errantes. Le livre se termine par une exaltation en vers de la « nuit mystique où la terre se donne au ciel », dans laquelle, comme dans le Cantique des cantiques biblique, on ne distingue pas toujours qui, des trois personnages, est le locuteur. Sublime !

  • Qui aurait cru voir un jour la cathédrale Notre-Dame de Paris en proie aux flammes, un soir de printemps 2019 ? Qui aurait pu imaginer un tel désastre, au coeur même de la capitale ?
    Comme tant d'autres, François Cheng a été bouleversé par l'événement. Mais au-delà des larmes et de l'émotion partagée, le poète a su traduire de manière saisissante le témoignage spirituel que nous livre la cathédrale. Oeuvre de pierre et de bois, faite de main d'homme et tendue vers le divin, Notre-Dame de Paris n'invite-t-elle pas à une communion universelle ?
    N'est-elle pas le symbole de notre âme commune ?
    Ce sont les paroles fortes de François Cheng que nous retrouvons ici.

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  • Dans ce très court texte, François Cheng explique qu'il a eu le privilège (au moment de sa naturalisation) de choisir son prénom. Certes, celui-ci fut élu par lui pour sa signification (« français »), mais aussi pour sa rencontre avec le poverello d'Assise qu'il avait découvert en se rendant dans ce haut-lieu italien dix ans auparavant.
    Cette visite fut pour lui une véritable initiation : « Figé sur place, j'eus le brusque pressentiment que mon voyage ne serait pas que touristique, qu'il constituerait un moment décisif de ma vie. Je me surpris à m'exclamer en moi-même : « Ah, c'est là le lieu, mon lieu ! C'est là que mon exil va prendre fin ! » » Le récit est suivi du Cantique des créatures que François d'Assise se mit à chanter à l'approche de la mort.

  • À partir d'une conférence particulièrement forte donnée dans le cadre du Collège des Bernardins, François Cheng poursuit une éblouissante méditation sur la beauté, aux confins de l'Occident et de la grande tradition chinoise. Tel est le défi adressée à l'homme: au coeur du mystère du mal, au cours de nos existences, comment laisser réfléchir, envisager la beauté? Comment lui donner visage, dans l'expérience artistique certes, mais aussi toute la vie même, dans la recherche de la bonté, de la sainteté, de la vertu? Dans cette tension vers le beau, nous ne pouvons marcher que L'oeil ouvert et le coeur battant, pour entrer dans ce qui est plus grand que nous-même.
    Une réflexion puissante et à l'écriture lumineuse.

  • Dans une forme éminemment originale, François Cheng signe là un drame épique où le destin humain, avec toute la complexité des désirs qui l'habitent, se dévoile comme dans les tragédies antiques.
    Quand reviennent les âmes errantes, un singulier échange se noue, et toute la vie vécue, extrêmes douleurs et extrêmes joies mêlées, se trouve éclairée d'une lumière autre, revécue dans une résonnance infinie.Plus rien ne subsiste à part le désir Pur désir inaccompli Mûr désir inassouvi...

  • Dans le cadre de l'Ecole pratique des hautes études, devenue par la suite Ecole des hautes études en sciences sociales : "Publié il y a un demi-siècle, ce mémoire d'étude pourrait être qualifié, sans prétention aucune, d' "objet historique" . C'est en effet sous cette forme artisanale qu'il a été soumis d'abord à la lecture de Barthes, de Kristeva, de Lacan, et puis des sinologues français et étrangers.
    Le republier aujourd'hui en fac-similé est une manière de lui restituer la fraîcheur d'un élan irrépressible, à l'aube des recherches sémiotiques initiées alors en France". Et il poursuit : "Le titre originel du texte est Analyse formelle de l'oeuvre poétique d'un auteur des Tang : Zhang Ruo-xu. De ce poète du VIIe siècle, on ne connaît, en réalité, qu'un seul poème, le célèbre "Nuit de lune et de fleurs sur le fleuve printanier", comportant trente-six vers".
    Pour cette réédition en fac-similé où les calligraphies de Hsiung Ping-ming ont été aussi conservées, François Cheng a choisi de donner à l'ouvrage le titre même du poème. La nouvelle collection "Empreintes chinoises" dirigée par Catherine Despeux Dans l'art, la littérature, la philosophie, les sciences ou les savoir-faire, avec un regard attentif aussi bien sur le passé que sur le présent, des facettes de la culture chinoise sont offertes au lecteur, dans le désir qu'elles laissent une empreinte sur lui ou lui révèlent quelque chose de lui-même.
    La collection est dirigée par la sinologue Catherine Despeux.

  • La rencontre originale de deux auteurs, l'un chinois, l'autre français, autour de sujets choisis pour leur importance: dans notre vie quotidienne et nos relations humaines. Une invitation au détour par la culture de l'autre. Cette collection est publiée dans le cadre de la Bibliothèque interculturelle pour le Futur, à l'initiative de la Fondation Charles Leopold Mayer. Il s'agit de coéditions avec Les Presses artistiques et littéraires de Shanghaï.

  • Selon la juste vision du Tao, le Vide médian intervient chaque fois que le yin et le yang sont en présence. Drainant la meilleure part des deux, il est ce troisième souffle qui élève l'un et l'autre vers une transformation créatrice, et leur permet de se dépasser. Tant il est vrai que l'accomplissement de chacun n'est point en soi, mais en avant de soi. Ces cent deux poèmes de François Cheng sont autant d'invitations à scruter les innombrables entre qui ont lieu à tout instant sous nos yeux. Ils nous éveillent à la réalité du Vide médian qui, fait d'inattendus et d'inespérés, donc toujours neuf, transfigure les vivants.

  • Un Chinois et un Coréen, convertis au catholicisme et vivant en France, un laïc écrivain et académicien français et un prêtre dominicain peintre, ont inventé depuis quelques années une sorte de dialogue spirituel et esthétique qui trouve, avec ce livre plus particulièrement, son expression la plus aboutie. Les 50 poèmes de François Cheng évoquent ses thèmes de prédilection, l'exil, la lumière, l'amour, les traditions orientales et occidentales... Et Kim En Joong, en écho, propose 50 reproductions de ses oeuvres, peintures, vitraux ou céramiques.

    Un très beau livre de méditation.

  • Le livre le plus personnel de François Cheng : un autoportrait à l'encre de Chine. Cette nouvelle édition paraît dans la collection " Vergé " de l'Iconoclaste. Ouvrage unique dans l'oeuvre de François Cheng, il présente les calligraphies originales et inédites de l'auteur. Chaque dessin est accompagné d'un texte autobiographique.

  • La joie

    François Cheng

    « Le temps de Noël approche, les croyants célébreront la Sainte Naissance. Une fête qu'accompagne son cortège de cadeaux, de festins et de réjouissances. Nous aimerions, pour notre part, donner de la joie une définition plus radicale elle surgit dans ces moments privilégiés où nous avons la nette sensation de renaître à la vie, ou d'accéder à un nouvel état de vie, soudain délivré des anciennes chaînes. Cela suppose que nous soyons auparavant passés par l'épreuve, la privation, la dépossession, par une sorte de mourir à soi. » [François Cheng]

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  • « Comme tous ceux qui, depuis la plaine de l'Ombrie, voient Assise pour la première fois, je fus saisi, en sortant de la gare, par son apparition dans la clarté d'été, par la vision de cette blanche cité perchée à flanc de colline, suspendue entre terre et ciel, étendant largement ses bras dans un geste d'accueil. Figé sur place, j'eus le brusque pressentiment que mon voyage ne serait pas que touristique, qu'il constituerait un moment décisif de ma vie. Je me surpris à m'exclamer en moi-même?: «Ah, c'est là le lieu, mon lieu ! C'est là que mon exil va prendre fin !» »

  • Les vingt-quatre poèmes de F. Cheng dialoguent avec les lithographies.

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