• Le temps : quoi de plus familier ? quoi de plus insaisissable ? Daniel Sibony en donne dans ce livre des aperçus pénétrants. Il est question du temps complexe et rationalisé de la physique ou de la métaphysique, abordées sans lourdeur, mais non sans payer son tribut au mystère. Il est question aussi du temps de la mémoire et de la nostalgie, cet « effort pour remonter le désir épuisé vers les lieux d'autrefois où il était plein de lui-même ; comme des poissons remontent le flux vers des lieux où se reproduire ». Au fil des pages, Daniel Sibony dit la place qu'occupe le temps dans nos vies : chacun est concerné, entre le désir de « prendre son temps », la crainte d'être « pris » par le temps et l'angoisse de vieillir. Le propos est riche des multiples ressources de l'auteur : mathématicien, physicien, théologien, psychanalyste exposant des cas très parlants. Avec un art consommé du verbe, il exploite en virtuose la façon propre qu'a le langage d'ensemencer et d'éclairer la réflexion. Rien d'étonnant si, dans sa préface, le grand mathématicien Alain Connes invite à lui prêter « la plus grande attention ». Daniel Sibony est psychanalyste et écrivain. Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages dont, aux éditions Odile Jacob, Don de soi ou partage de soi ?, Lectures bibliques, De l'identité à l'existence et, plus récemment Le Grand Malentendu. Islam, Israël, Occident. 

  • Corps et sa danse (le)

    Daniel Sibony

    • Seuil
    • 28 Mars 2017

    Le corps et sa danse La danse est une réponse à l'événement sans recours où le corps, cloué devant l'impossible, veut pourtant vivre et se mettre en marche, en mouvement. C'est une réponse, partie depuis la nuit des temps, donc à l'oeuvre dans l'inconscient : " Il y a autre chose, il y a de la place, bouge ! " L'analyste cherche les mots pour faire bouger les vies bloquées. La danse cherche le geste pour se donner ces mots de passe. Dans les deux cas, il y va de la rencontre avec l' autre. La danse, ouverture du corps, ou plutôt de l'entre-deux-corps, mais sur quoi ? C'est ce qu'on explore ici. D. S. Daniel Sibony Écrivain, psychanalyste, il est auteur d'une quarantaine d'ouvrages dont De l'identité à l'existence (O. Jacob, 2012) et Islam, phobie, culpabilité (O. Jacob, 2013). Trois nouvelles suites sur la danse figurent dans Fantasmes d'artistes (O. Jacob, 2014).

  • La Question de Dieu se présente aujourd'hui de façon plus neuve, comme si la tendance était de reprendre possession de problèmes essentiels que la religion a confisqués pour les gérer à sa façon. "Dieu" serait donc une Question trop sérieuse - ou trop drôle - pour être laissée aux religieux qui d'ailleurs ne semblent pas si heureux que ça de la gérer. Les autres, les athées, croient l'écarter par le silence, l'indifférence, et voilà qu'elle les rattrape au détour des générations ("Papa, c'est qui, Dieu ?..."). En temps de crise, aussi : comme aujourd'hui, quand des tours s'effondrent. Il nous a donc fallu revoir pourquoi l'idée de Dieu, dans l'étroit monothéisme, est une bombe à retardement. Avant de voir comment chacun se fait son Dieu ou se fait à Dieu. La question n'est pas de savoir quel est le bon (en un sens, "y a pas de bon Dieu"...) ni ce que chacun met à cette place ; mais de comprendre de quoi est fait l'emplacement du divin. Que nomme donc ce Nom de Dieu ? Et pourquoi est-ce un juron ? Comme s'il pointait le fait d'être à bout, aux limites de sa vie. Comme si Dieu n'était qu'une limite... Au terme de ce livre, chacun pourra parler de Dieu comme d'une question qui lui est propre, singulière, sans crainte d'être "fusillé" comme religieux ou comme athée.

  • Par ces temps de grands malaises identitaires, subjectifs et collectifs, où les frontières vacillent, où l'identité fait problème - tantôt elle chavire et tantôt elle se crispe -, on découvre avec surprise que le concept de différence est lui aussi insuffisant pour rendre compte de toutes ces effervescences : il est trop simple, trop figé... Nous décrivons ici ces lieux par lesquels on passe pour devenir différent, et tenter de faire quelque chose de "sa" différence ; ces moments où nous sommes "entre-deux" ; dans les contextes les plus variés : l'écrivain qui se débat entre deux langues, la femme qui, pour accéder à sa propre féminité, doit se dégager de la Femme originelle, l'adolescent ou le jeune qui cherche à faire le pas sans passer à l'acte ou, simplement, se ranger, et même le chômeur cherchant "une place" (qui ne soit pas un simple trou) - tous passent par un entre-deux. Celui-ci se révèle être un passage ou une impasse, selon que l'origine qui se rejoue dans cette épreuve se révèle accessible ou pas à une sorte de partage - qu'il s'agit justement d'éclairer. L'entre-deux est donc plus qu'un nouveau concept, c'est une épreuve où l'on s'affronte à l'Origine - perdue ou redonnée, morcelée ou en bloc. On s'y affronte à la fois pour la retrouver et pour s'en dégager. Et l'origine est une dynamique à laquelle on a affaire chaque fois qu'il s'agit de se déplacer. Ces déplacements requièrent une certaine énergie ; c'est elle, précisément, que ce texte voudrait libérer, en dégageant, à partir des vertiges originels, les entre-deux du possible. D.S.

  • Un coeur nouveau

    Daniel Sibony

    « Voici des traces de mon passage dans le service de chirurgie cardiaque de l'hôpital Bichat à Paris, avec les transplantés et les insuffisants du coeur. J'y ai appris beaucoup sur le coeur qu'on coupe et qu'on remplace, sur les démêlés toujours neufs entre le corps et la technique, sur la profusion de la vie, sa générosité, ses irrégularités. Sur l'unité increvable du corps et de l'esprit. Sur le fait que le coeur n'est pas qu'une pompe et que l'impulsion émotionnelle nous fait vivre et nous soutient au moins autant que son battement régulier. Sur le fait que ce qui "fatigue" le coeur, c'est le contrecoeur, c'est ce qu'on s'impose de faire alors que c'est contraire à notre esprit et à notre mode d'être. » D. S. Une plongée inédite et saisissante dans le monde de la chirurgie de pointe. Mais surtout une méditation bouleversante sur la vie, ses ressacs et son unité. Daniel Sibony, docteur d'État en mathématiques et en philosophie, professeur des universités, psychanalyste, a publié de nombreux livres, dont notamment Un amour radical. Croyance et identité, Les Sens du rire et de l'humour, L'Enjeu d'exister. Analyse des thérapies. 

  • « Vouloir vivre en paix avec les autres et en même temps adorer un Texte qui attaque ces autres : voilà le conflit "cornélien" que vivent bien des musulmans d'Europe, la réaction la plus commune est le déni. Il n'y a rien dans le Coran contre les juifs, les chrétiens ou les athées. Un déni bien compréhensible qui aide à vivre. Plus curieux est le fait que, en Europe, on érige ce déni en principe culturel : on peut tout critiquer sauf l'islam. Cela ne fait qu'aggraver le clivage entre discours et réalité, clivage qui n'est déjà pas simple à supporter. D'autant que la pression intégriste et identitaire vient perturber cette posture sommaire ; et que s'y s'ajoutent les jeunes qui veulent faire vivre leur Texte sacré et s'illustrer comme des héros de la foi. C'est cette intrication entre croyance, amour et vindicte qui est ici analysée, éclairant au passage les ressorts de la croyance et les supports inconscients du différend entre Islam et Occident ; différend dont on mesure la dynamique dans ce duo étrange entre terrorisme et amour. » D. S. Daniel Sibony, né au Maroc, de langue maternelle arabe, a un accès direct aux Textes fondateurs. Psychanalyste, il a publié de nombreux ouvrages dont, notamment, Le Grand Malentendu. Islam, Israël, Occident ainsi qu'Un certain « vivre-ensemble ». Musulmans et juifs dans le monde arabe. 

  • Daniel Sibony est de passage à Tel-Aviv lorsque les fusées attaquent la ville. Il livre ici ses impressions et ses pensées. Les roquettes lui rappellent, en plus violent, les pierres qu'il recevait enfant, à Marrakech, dans la médina. Il retrouve sa sérénité d'alors, cette force où l'on a en soi, presque en même temps, la détresse et la joie de vivre, et où l'on peut se sentir attaqué sans être détruit. D'ailleurs, non loin de là, une institutrice a innové ; lors des alertes, elle fait entonner aux enfants des chansons nouvelles : « J'ai peur, j'ai peur, mon coeur fait boum-boum, on doit courir aux abris. » Cette chronique écrite au coeur du conflit s'accompagne de réflexions inédites sur le djihad, les rapports entre l'islam et l'Occident, le conflit du Proche-Orient. La solution que Daniel Sibony propose se formule comme un paradoxe : la paix ne viendra que de la paix. Ce qui seul pourra affronter le grand malentendu. ?Daniel Sibony est psychanalyste et écrivain ; l'arabe est sa langue maternelle et il connaît aussi bien le Coran que la Bible et le Talmud. Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages dont Islam, phobie, culpabilité, De l'identité à l'existence, Don de soi ou Partage de soi, Lectures bibliques. 

  • « Le Coran prend appui sur la Bible pour lancer un projet grandiose : convertir l'humanité à la "vraie religion", l'islam, par un double "effort", à la fois pacifique et coercitif, symbolique et militaire. Ces deux aspects sont intriqués, indissociables, pour des raisons de structure, dont les effets ont porté une histoire de treize siècles et demeurent actuels. D'où l'idée que le Coran serait non seulement un Texte religieux mais un grand Livre stratégique - une stratégie sacrée, pragmatique et totalement originale. Au passage, une question récurrente est évoquée, celle de savoir "ce qu'il y a et ce qu'il n'y a pas" dans le Coran ; plutôt que d'y répondre par "il y a tout et son contraire", on y apporte un nouveau regard. » D. S. Daniel Sibony, né au Maroc, de langue maternelle arabe, a un accès direct aux Textes fondateurs. Psychanalyste, il a publié de nombreux ouvrages dont, notamment, Le Grand Malentendu. Islam, Israël, Occident ainsi qu'Un certain « vivre-ensemble ». Musulmans et juifs dans le monde arabe. 

  • Que peut-on attendre de la psychanalyse ? Quelle est sa place aujourd'hui dans nos cultures ?... Vieilles questions qui sont ici renouvelées à partir d'autres un peu plus vives : de quoi les sectes « psys » sont-elles le symptôme ? Quel rapport entre leur discours et le discours religieux ? Que signifie ce double mouvement où chacun s'approprie l'« idée psy », sous mille formes, cependant que les groupes « psys » se cramponnent à un ressassement dépressif ? Le livre de Sibony révèle que la « psy » est elle-même en analyse avec le monde où elle s'expose. Une analyse rigoureuse, qu'elle ignore, et qui permet de la situer, de la respecter aussi comme on respecte tout symptôme ; et de nous éclairer sur les replis de nos modes d'être. Cette démonstration, écrite sans haine ni complaisance, s'inspire d'une pratique vivante et d'un certain appel du large et de l'air libre.

  • Voici quelques éclats du temps - pincements de nos histoires, grincements d'actualité, à même la trame de nos vies ; ils deviennent dans ce livre des événements de pensée, des présences du temps qui font craquer la chape du présent. L'événement qu'est le siècle s'avance vers sa fin à travers ces bouts d'histoires, de meurtre et de sexe, d'abus et de repentance, d'homo-famille et de clonage, de jeux et d'affolements, dans un théâtre ou un "cinéma" débridé, y compris celui de l'art et de la "culture".
    Voici de quoi aider à reprendre souffle et peut-être à sortir de leur cadrage quotidien ceux qui ne se paient ni de mots ni d'images mais du luxe d'exister, pas moins : dans la présence, ce temps mystérieux entre le passé et l'avenir - ce temps si distinct du présent.
    D.S.

  • Plutôt que de ferrailler dans la "guerre" entre analystes et thérapeutes, Daniel Sibony adopte un point de vue original : faire l'analyse des psychothérapies en vogue, et montrer qu'elles supposent toutes l'inconscient et mettent en acte des transferts très variés, en déployant des métamorphoses de l'"idée psy". Du coup, loin de nier leur efficacité, il l'éclaire à partir de l'idée freudienne revue et développée par lui, d'un point de vue où l'essentiel est l'enjeu d'exister comme relais d'une transmission de vie. Beaucoup de malentendus et d'agressivités sont rendus inutiles par cette nouvelle approche. Mieux, en parlant des psychothérapies de ce point de vue accueillant et critique, on peut enrichir l'analyse elle-même en formulant plus nettement ce qu'elle n'est pas et surtout ce qu'elle peut être à l'avenir: une certaine passation d'être... Daniel Sibony, psychanalyste, exerce à Paris. Il est l'auteur de nombreux livres, notamment Entre-deux, Les Trois Monothéismes, Création (aux Éditions du Seuil), et du Peuple "psy", réédité en Points essais. Et tout récemment, Lectures bibliques, aux Editions Odile Jacob.

  • Pendant près de treize siècles, le monde arabe a eu dans son vaste territoire de fortes minorités juives ; cela a donné lieu à un certain « vivre-ensemble ». Il importe de mieux savoir comment il s'est déroulé, pour comprendre comment il a pu se conclure par un départ massif des populations juives. D'autant plus qu'aujourd'hui le « vivre-ensemble » est devenu une ritournelle, non pas dans le monde arabe, où ce n'est pas à l'ordre du jour, mais dans les régions d'Europe à forte présence islamique. Ce livre apporte les éléments nécessaires afin d'appréhender avec rigueur et profondeur l'un des problèmes majeurs de l'islam, celui de son rapport à l'autre et, plus généralement, le rapport d'une majorité à des éléments singuliers qui interrogent son origine. Daniel Sibony est psychanalyste et écrivain. Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages dont Don de soi ou partage de soi ?, Lectures bibliques, De l'identité à l'existence et, plus récemment, Le Grand Malentendu. Islam, Israël, Occident. 

  • Le problème entre l'islam et les autres n'est-il pas surtout aggravé par l'interdit d'en parler ? Par la censure dont on le couvre et par la façon étrange dont l'Occident le gère, en l'intégrant à une éthique de la faute, qui est ici analysée comme un symptôme majeur : la culpabilité perverse ? Il s'ensuit, selon Daniel Sibony, une phobie qui a en fait très peu à voir avec l'islam. Lequel, comme tant d'autres formations religieuses et culturelles, a ses problèmes, que les hommes réels tentent de résoudre comme ils peuvent, y compris par des essais de révolution. Sans doute fallait-il un auteur, dont la langue maternelle est l'arabe, pouvant lire le Coran dans le texte, arrivé en France à 13 ans, connaissant la Bible en hébreu, ayant vécu les problèmes de l'immigration et ayant fait des recherches sur les trois monothéismes et sur le conflit du Proche-Orient pour tenter de formuler de façon neuve et bienveillante ce qui lui semble être le problème majeur entre l'islam et le monde occidental. Daniel Sibony est psychanalyste, auteur de nombreux ouvrages. 

  • « Chacun cherche dans l'être des points d'amour qui soient pour lui, qui le "distinguent", quitte à faire face aux ennuis que ça lui crée, quand il les trouve. Plus généralement, chacun, sujet ou groupe, tente d'exister en partant de son identité, dont il affronte les cassures, et transforme les secousses, comme il peut. Or dans cette démarche, celle de tous sous les formes les plus variées, le peuple juif semble apporter quelque chose par sa façon bien à lui d'exister. Au-delà de ses Textes - d'ailleurs pris et repris pour faire de grandes religions -, son existence, qu'on n'a pas réussi à lui prendre, semble un apport qui dépasse "les Juifs" eux-mêmes, et acquiert une portée non pas singulière ou universelle, mais singulièrement universelle ; de quoi subvertir le clivage habituel entre ces deux termes. Ce livre, explorant un jeu fécond entre l'existence et l'identité, s'adresse à tous ceux qui se sentent étouffer dans leur cadre d'identité ou de fonctionnement, et qui cherchent le passage vers un mouvement existentiel, où "écrire" la vie, soutenir sa texture et la transmettre, peut devenir une source d'énergie, de quoi maintenir l'existence comme une Question toujours vivante - qui serait le propre d'un peuple élargi de "passeurs". » D. S. Philosophe, écrivain et psychanalyste, Daniel Sibony a publié une quarantaine d'ouvrages dont certains font référence, tels que : Entre-deux, Lectures bibliques, L'Enjeu d'exister -analyse des thérapies, Le Corps et sa danse, Les Sens du rire et de l'humour ; ainsi qu'un roman, Marrakech, le départ. 

  • « Le rire est la cascade sonore par laquelle on reprend son souffle après qu'il a été coupé, légèrement, par une surprise agréable, un trait (d'esprit mais pas toujours), une différence vivace, un entre-deux qui, nous ayant un peu ouvert, nous a permis d'entrecouper le ronron, le sérieux-sériel du travail, la longue continuité avec soi-même. Le rire libère ou plutôt décharge une curieuse charge signifiante dont on a reçu le choc... » D. S. C'est ainsi que Daniel Sibony, tout en intégrant les approches de Bergson sur le rire de situation, de Freud sur la levée du refoulement, et de Baudelaire sur le grotesque, donne au rire une dimension et une portée symboliques, transmetteuses de vie, qui engagent notre rapport à l'être, aux autres, à nous-mêmes. En quoi son approche est nouvelle. En passant il prend appui sur un vaste éventail d'exemples, de Devos à Woody Allen, du rire d'Abraham aux Marx Brothers, de l'humour juif ou anglais au rire de la joie ; et il le fait avec la finesse du psychanalyste. Daniel Sibony a notamment publié Don de soi ou partage de soi ?, Lectures bibliques et un roman, Marrakech, le départ.

  • Comment être avec l'autre ? Faut-il se donner à lui, ou bien, au contraire, partager avec lui cette chose étrange qui s'appelle l'être et le possible, le nôtre et le sien ? Ce livre passe par le drame de Lévinas et son éthique du don de soi. Pourquoi cette éthique a-t-elle ce succès curieux où tout le monde y acquiesce et où nul ne l'applique ? Dans ce drame, il y a des repères : Heidegger, le nazisme, la Shoah, le rapport ambigu à ses origines, d'autres épreuves aussi. Rarement destin de penseur a été plus en proie au déchirement de l'histoire et au thème de l'altérité. Mais la question éthique, elle, demeure : comment sortir de soi sans se perdre dans l'autre, ni le rendre captif de ce qu'on lui donne ? Il y va aussi de la question de l'identité : comment faire avec cet autre qui nous harcèle et dont on ne peut se passer ?Psychanalyste, professeur de mathématiques à l`université de Paris-VIII, Daniel Sibony est l'auteur de plus d'une vingtaine d'ouvrages, parmi lesquels Violence, Les Trois Monothéismes, Psychopathologie de l'actuel.

  • Question d'être

    Daniel Sibony

    Avoir une place, de l'argent, du pouvoir, une belle image : on peut ramener tous nos problèmes à des questions d'avoir. Tout sauf l'essentiel, qui est plutôt une question d'être. Mais qu'est-ce que l'être ? L'infini des possibles ? La force qui nous fait exister ? Les Grecs anciens y ont beaucoup pensé, et, au XXe siècle, Heidegger en a fait le centre de son oeuvre. Et pourtant. C'est d'abord dans la Bible hébraïque, nous révèle Daniel Sibony, qu'on trouve une pensée de l'être, sous forme non pas de concepts, mais d'histoires et de lois. Une pensée qui fut recouverte par les religions et qui, paradoxalement, inclut pour une large part celle de Heidegger, sans le repli narcissique et autoréférentiel qui la caractérise. Telle est la double révélation qu'apporte ce livre, en montrant la voie d'une pensée de l'être vivante, capable de nous inspirer lorsque, loin des identités définies, nous n'avons pour appui que notre désir d'exister. Daniel Sibony est psychanalyste et écrivain. Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages dont Don de soi ou partage de soi,Lectures bibliques, De l'identité à l'existence, et, plus récemment Le Grand Malentendu. Islam, Israël, Occident. 

  • À l'occasion d'un bref retour à Marrakech, un écrivain venu finir un manuscrit erre dans la ville et vit une rencontre amoureuse. Sur les lieux de ses origines, l'exilé voit remonter toutes les images qui font revivre son enfance et sa jeunesse, entre bien-être et misère, bonheur et détresse, exil et ancrage dans une tradition millénaire où ce qui l'emporte, c'est le désir lancinant du départ. Daniel Sibony en profite pour lever quelques voiles sur son roman des origines, celles d'un juif né en terre arabe.?Daniel Sibony est psychanalyste. Il a notamment publié Don de soi et partage de soi et Lectures bibliques.

  • L'art contemporain suscite passion, perplexité, intérêt, mépris ou suspicion... selon les cas; selon la manière dont " ça choque " nos identifications. Et si cet art, comme phénomène vivant, avait des enjeux essentiels, qui touchent à notre rapport au monde, aux autres, au transcendant, à la valeur, et à cette chose étrange et galvaudée qu'on appelle la création ? En fait, qu'est-ce qui spécifie l'art contemporain ? Que s'y passe-t-il pour les artistes, pour les publics ? Où en sont leurs liens complexes, qu'on dit " interactifs " ? Comment se fixe la valeur de ces oeuvres singulières, qui sont souvent des cassures où éclatent jubilation et détresse, exaltation et défaite ? Que cherchent donc ces artistes sur l'arête où ils nous montrent à la fois la plénitude et l'angoisse, le désir et l'effondrement, le plaisir et son au-delà douloureux ? Comment ces narcissismes enthousiastes et blessés deviennent-ils créateurs de réalité ? Pourquoi notre idée même de l'esthétique est-elle forcément bousculée, ainsi que notre notion d'identité - dont on sait la portée subjective et planétaire? Ce livre - le trentième de l'auteur - répond de façon nouvelle, offrant une approche inédite à ceux qui veulent plonger dans l'inconscient de l'art actuel. Docteur d'État en mathématiques et en philosophie, Daniel Sibony est psychanalyste. Il est notamment l'auteur de : Entre-deux, Les Trois Monothéismes, Le Corps et sa danse, Proche-Orient. Psychanalyse d'un conflit, L'Énigme antisémite.

  • Que se passe-t-il dans une oeuvre contemporaine et autour d'elle ? À travers de multiples rencontres avec des oeuvres d'artistes actuels (de Rothko à Kapoor, de Warhol à Serra, de Chagall à Garouste, d'Hantaï à Boltanski, Buren, Bourgeois, Kieffer, Klasen, Fischl, etc.), Daniel Sibony montre comment l'artiste taille dans l'imaginaire de quoi creuser plus avant dans la matière humaine de nouvelles réalités, à la recherche d'un objet inconnu ou perdu - qui devient cette recherche elle-même. Il poursuit là un travail sur les enjeux de la création dans l'art contemporain, enjeux existentiels qui permettent d'aborder l'oeuvre comme la rencontre de deux fantasmes : celui que l'artiste met en acte ou en action, et celui qu'il éveille chez l'autre, le spectacteur, qui vient s'enrichir en prenant des nouvelles de la création et en tentant de s'y sentir impliqué, dans l'espoir qu'en s'appuyant sur des fantasmes si fortement réalisés, il puisse davantage exister. Trois suites sur la danse contemporaine clôturent l'ouvrage. Daniel Sibony est philosophe, écrivain, psychanalyste, auteur de nombreux ouvrages, comme Islam, phobie, culpabilité, Les Sens du rire et de l'humour, Lectures bibliques et Création. Essai sur l'art contemporain. 

  • Ce livre part d'une question aiguë et simple : pourquoi y a-t-il si peu de jeu dans nos vies ? Où est passée notre envie de jouer ? L'envie non pas de se livrer à un jeu, de s'y enfermer, d'en faire sa drogue, mais d'entrer en contact, à travers un jeu quelconque, avec le jeu même de la vie, afin d'en extraire sa propre vie, comme un gisement lumineux ? Car un jeu, un espace ludique ou même de " travail ", c'est d'abord l'occasion pour que s'ouvre dans son cadre un passage vers autre chose, une passe, où l'on peut se délivrer d'une contrainte : celle d'être identique à soi-même.
    Dans quelle passe êtes-vous ? Et qu'est-ce qui fait d'elle une impasse ? Comment reprendre contact avec le jouable de la vie ? N'est-ce pas là, d'ailleurs, le " message " même du théâtre, depuis toujours ? Soyez jouables...
    Voilà de quoi parle ce livre sur le jeu, qui se termine par un e pièce de théâtre, La Passe, fiction mythique et actuelle, sur ce qui se passe ou pas d'une génération à l'autre, du passé au futur, du père au fils, de nos fonds traumatiques à l'histoire où ils se jouent.

  • D'où vient l'étrangeté de ce conflit, qui l'empêche de trouver une solution "raisonnable" et le dérobe aux cadrages ordinaires : guerre de libération, partage d'une terre entre deux peuples, lutte anti-coloniale, guerre de religions ?
    On tente de faire ici la "psychanalyse d'un conflit" à partir de la pathologie propre à chacun des acteurs : celle du monde arabe et de sa pointe avancée, le peuple palestinien ; celle des Judéo-Israéliens ; celle du témoin occidental, européen ou américain, lui aussi divisé, comme on l'a vu récemment.
    Dans ce jeu complexe, pour éclairer la part d'inconscient et du fantasme dans cette tragédie, Daniel Sibony éclaire son enjeu comme visant le partage de l'être, c'est-à-dire l'ouverture au symbolique, et interprète de façon neuve les dynamiques narcissiques en présence, ainsi que le retour du refoulé qui les accompagne - terre "hantée" ou "possédée", dispute pour un Texte et empoignade entre-deux-livres...

  • Les trois monothéismes Une interrogation traverse ce livre : les trois courants monothéistes - islam, judaïsme, christianisme - pourraient-ils un jour se supporter, se pardonner, non parce qu'ils relèvent du même Dieu, mais parce qu'ils reconnaîtraient en eux le même type d' infidélité à ce qui les fonde ? Chacun se considèrerait enfant du même manque originel, marqué d'une faille. Cette faille, qui n'est imputable à personne, en tout cas pas au voisin, est intrinsèque à l'être humain, et beaucoup, hors du champ religieux, l'affrontent comme ils peuvent. Ce que les trois monothéismes font de leur origine est toujours une énigme : Daniel Sibony en démêle les fils et les enjeux, renouvelant profondément l'intelligence de ces religions, de leurs rapports entre elles et avec le monde moderne. Daniel Sibony Docteur d'État en mathématiques et en philosophie, Daniel Sibony est psychanalyste. Il a publié, au Seuil, entre autres : Entre-Deux, Le Corps et sa danse, Proche-Orient. Psychanalyse d'un conflit et L'Énigme antisémite.

  • Notre société dénonce beaucoup la violence qu'elle-même sécrète à tout de bras. A croire que ce qu'elle veut, c'est une violence qui ne se voit pas : à part quelques cinglés violeurs d'enfants, entre gens civilisés on peut tout se dire, tout se faire, et "ça se passe normalement"...
    Ce fantasme, sans cesse démenti par les faits, recouvre une peur énorme, une peur de sa propre violence, et un refus de la penser, comme si elle n'était que mortifère, alors qu'elle est aussi l'occasion même où la vie se renouvelle.
    Du coup, avant de chercher un "remède" à la "violence" comme si c'était un virus, ne faudrait-il pas la penser comme le moment privilégié où la vie se donne et se brise - et se tue à vouloir changer, sans trouver la passe ? Ne peut-on pas exploiter cette occasion, cette énergie ? avant de l'étouffer par des "mesures" qui sont une autre violence, souvent plus stérile ?
    Cette pensée de la violence est ici mise en œuvre dans un parcours qui ne peut se faire sans une violence de la pensée.
    D. S.

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