• Ce roman s'adresse aux lecteurs aimant les récits de copainsimmatures (telles les comédies d'Yves Robert : Un éléphant, ça trompe énormément & Nous irons tous au paradis). C'est aussi la chronique d'une révolte contre l'air du temps et le conformisme. --L'éditeur

  • French cancans

    Christian Rol

    • Scali
    • 16 Août 2007

    arsène, samedi en huit, je reçois quelques amis pour mon anniversaire.
    va me prendre des trucs chez fauchon. le grand salon inondé de soleil est devenu ma prison dorée. et sandy, ma geôlière, mon bourreau. mais... et moi, je suis pas invité ? implora un arsène apeuré. la taulière, sapée de sa seule miniculotte blanche et d'un tee-shirt trop petit, revient vers moi, triomphale et menaçante, les seins qui jerkent en liberté surveillée. à une seule condition : nous sommes censés être un couple de colocataires.
    je veux dire des amis, avec une vie normale et des relations normales... " amicales ", ni plus ni moins. je te rappelle qu'officiellement tu es un ami pédé que j'héberge. alors, pas de gaffe. depuis que je suis à paris, on me demande où je cache mon écrivain entre guillemets... jusqu'à présent, j'ai réussi à m'épargner la honte de t'exhiber et de t'entendre dire n'importe quoi devant tout le monde.
    mais, cette fois-ci, je ne peux pas y couper. alors, tu vas en dire le moins possible et te conduire comme un vrai américain. ok ? tu veux dire comme un eunuque oe

  • Le 4 mai 1978, Henri Curiel, militant communiste et anti-colonialiste, membre du réseau Jeanson des "porteurs de valises" est abattu à son domicile parisien. Le 20 septembre 1979, Pierre Goldman, figure de l'extrême gauche des années 70, est tué par balles à bout portant à quelques mètres de chez lui dans le I3e arrondissement. Ces assassinats qui ne seront jamais élucidés sont signés par une organisation d'extrême droite inconnue: Honneur de la Police. En 2012, peu avant de mourir, un individu discret revendique - à visage couvert - sa participation à l'assassinat de Pierre Goldman. Quant à l'autre « exécution» dont il assume la paternité auprès de quelques proches, elle est pour la première fois révélée dans ce livre.
    Camelot du roi et membre de l'Action française à 14 ans, René Resciniti de Says est un ancien parachutiste du ge RCp' puis du 6eme RPIMA. Parti guerroyer dans les Phalanges libanaises, et en Afrique aux côtés de Bob Denard, il a également été « instructeur militaire» en Amérique latine: un "affreux".
    Loin d'être un nervi au front bas, mais ne dédaignant pas l'étiquette de "voyou ", Resciniti de Says est un authentique marquis italien né des noces bâclées entre une mère chanteuse lyrique et un père aventurier parti très tôt du domicile conjugal sur les Champs-Élysées. En outre, s'il est « monarchiste », dandy aux élégances onéreuses, ses amitiés, elles, ne le sont pas toujours ... et sa conduite non plus. La personnalité baroque de René Resciniti de Says - ce lettré peut déclamer des vers, ivre devant l'Institut après une nuit à se battre - sa vie et sa complexité nous épargnent l'écueil du registre « fana-mili facho» réducteur et sclérosant. D'abord, parce qu'il ne fut pas que cela.
    Sa vie nous renvoie aussi bien au cinéma qu'à la littérature, deux registres qu'il prisait tant. Où l'on passe allègrement des Quatre Cents Coups à la Fureur de vivre - il vouait dans ses jeunes années une adoration àJames Dean -, à la langue d'Audiard d'un Paris interlope, à Beyrouth sous le feu; et aux personnages de Blondin à qui il ressemblait tellement à la fin de son existence.
    Christian RoI revient sur les assassinats commandités au plus niveau, mais au delà du document choc et de l'affaire d'État dont il fut la main armée par les « services» ne devrait pas manquer de remuer le monde politique, celui du Renseignement, de certains intellectuels et des journalistes. Il s'immerge aussi dans une jeunesse agitée au coeur des groupuscules politiques de droite: Occident, Ordre Nouveau et Action Française, qui ensanglantèrent le Quartier latin des années 60 et 70 ; et qui furent un vivier riche en gros bras pour les services parallèles du pouvoir de l'époque et en futur leaders politiques de la France d'aujourd'hui. Il donne là un « roman vrai» d'un personnage picaresque avec qui nous voyageons d'un monde à l'autre en embrassant un destin hors norme. "Roman" signifiant qualité d'écriture, densité et exigence littéraire destinées à coller au personnage.

  • 1978, Henri Curiel, 1979, Pierre Goldman : deux figures de l'extrême gauche sont assassinées par une organisation d'extrême droite inconnue, « Honneur de la Police ». En 2012, peu avant de mourir, un homme revendique - à visage couvert - sa participation à l'assassinat de Pierre Goldman. Quant à celle d'Henri Curiel, elle est pour la première fois révélée dans ce livre.
    Cet homme, c'est René Resciniti de Says, dit « l'Élégant ».
    Membre de l'Action française en mai 68, parachutiste au 9e RCP, puis au 6eme RPIMA, parti guerroyer dans les Phalanges libanaises et en Afrique aux côtés de Bob Denard, « instructeur militaire » en Amérique latine, cet « affreux» est un authentique marquis italien né des noces bâclées entre une mère chanteuse lyrique et un père aventurier parti très tôt du domicile conjugal sur les Champs-Élysées. Sa vie d'aventurier nous renvoie aussi bien au cinéma qu'à la littérature. On y passe de la Fureur de vivre aux Chiens de guerre, de la langue d'Audiard d'un Paris interlope aux personnages de Blondin.
    Dans ce roman « vrai », Christian Rol revient sur les assassinats commandités au plus niveau, mais au delà de l'affaire d'État dont il fut la main armée par les « services », il parle d'une jeunesse militante au coeur des groupuscules d'extrême-droite : Occident, ou Ordre Nouveau qui ensanglantèrent le Quartier latin à la fin des années soixante et qui furent un vivier riche en gros bras pour les services parallèles du pouvoir de l'époque et en futur leaders politiques de la France d'aujourd'hui.

  • «"Oh! Brunerie! Facho! On va t'faire la peau! On va t'éclater ta petite gueule de nazi! Enculé! Attends un peu qu'on te chope, bâtard!" Je suis au centre de la cour de promenade, cernée de murs gris, pétrifié. Deux cents mecs, peut-être trois cents, toute la prison me semble-t-il, sont derrière les barreaux des cellules qui me surplombent. Je balaie du regard en levant les yeux, immobile. Vision dantesque que cette scène où je suis seul au monde contre cette meute hurlante, déchaînée, qui me balance pots de yaourt, conserves, bouteilles à la gueule sans que j'ébauche le moindre mouvement. Je suis déjà au-delà de la peur mais mon sang se glace. Seul au coeur de l'arène, unique gladiateur que ces centaines de poings surgis entre les barreaux prometttent à la mort.» Le 14 juillet 2002, Maxime Brunerie est arrêté sur les Champs-Élysées. Il a tenté d'assassiner le président de la République puis de se suicider. Après sept ans et un jour de prison, il raconte son parcours. Examen de conscience et histoire d'une dérive intérieure, ce livre témoigne du jugement lucide et sans complaisance que l'auteur porte aujourd'hui sur son acte et sur les milieux d'extrême droite.

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