• Le capitalisme tel que nous le connaissons aujourd'hui, marqué par la prééminence de la finance, est historiquement daté avec le triomphe, dans les années 1980, de la pensée de Milton Friedman, pour qui le seul but de l'entreprise est de faire du profit pour ses actionnaires.

    Nous arrivons à la fin de ce cycle. Il est remis en cause par la fin du leadership anglo-saxon, et l'émergence des contre-modèles (Chine). Il est bousculé par la révolution numérique. Biaisé par un « court-termisme » congénital, qui encourage des attitudes prédatrices envers les écosystèmes, il contribue à la crise écologique. Il est source d'une montée des inégalités dans de nombreux pays, et de l'apparition de mouvements populistes.

    Bertrand Badré, président fondateur d'un fonds d'investissement responsable, Blue Like an Orange Sustainable Capital, était directeur de la Banque mondiale lorsque la crise de 2008 a éclaté. Il a grandement contribué à sa résolution. Loin de promouvoir un changement de modèle brutal, il partage dans cet ouvrage la conviction qu'au capitalisme hors-sol, il est encore temps de faire succéder une économie qui s'intègre dans un tissu concret soucieux tant à la fois de la nature et d'un développement humain et social harmonieux.

    Un ouvrage qui éclairera tant les jeunes professionnels qui débutent leur carrière que tous ceux qui s'interrogent sur le sens de leur travail, grâce à cette conviction forte : non, il n'est pas trop tard pour qu'ait lieu cette évolution salvatrice. Et chacun peut jouer un rôle pour orienter le système dans la bonne direction.

  • La finance peut devenir un facteur clef de redressement de l'économie mondiale. La crise financière de 2007-2008, et la grave récession économique mondiale qui a suivi, ont fait de la finance l'ennemi à abattre aux yeux des citoyens de la planète.
    Nombre des tensions actuelles qui traversent le monde (populisme, nationalismes...) sont un écho de la grande désillusion qui a touché tous ceux qui croyaient, depuis 1944, en un système financier porteur de développement économique et garant de la coopération internationale.
    L'humanité connaît une crise de confiance sans précédent. Et pourtant, elle n'a jamais eu autant besoin d'avoir confiance - en l'avenir, dans les autres, en elle-même - pour relever les défis cruciaux (pauvreté, paix, climat) qu'elle n'a plus le choix d'ignorer.
    Il est temps de se réconcilier avec la finance ? De renouer avec son essence d'outil ? De la domestiquer pour éviter qu'elle soit cette force sans conscience pouvant mener le monde à la ruine ? Et s'il était temps de la réenchanter ?
    Pas en refaisant du vieux avec du neuf, ou du même autrement... Non, mais en la refondant sur des bases saines, en la réinventant au service du bien commun - ce pour quoi, à l'origine, elle avait été fabriquée - ce contre quoi l'homme n'aurait jamais dû la laisser aller.

  • Tout a été dit ou presque pour qualifier la crise financière qui sévit depuis 2007 : crise protéiforme, fin d'un cycle économique, voire fin d'un monde, crise séculaire, crise de société, crise des Etats, crise de la régulation... ?Pourtant, les mêmes interrogations et zones d'ombre subsistent aujourd'hui : pourquoi en est-on arrivé là, pourquoi ne tire-t-on pas les leçons du passé, une telle crise peut-elle se reproduire, comment expliquer les failles de la finance mondiale, et surtout quand et comment en sortira-t-on ?
    La crise de 2007 marque la fin d'un monde et le début d'une ère nouvelle. Les contours de ce nouveau monde se dessinent peu à peu, à savoir un rééquilibrage des rapports de force de l'économie mondiale. En effet, le poids des pays émergents va considérablement s'accroître : en 2017, le PIB de la Chine dépassera celui des Etats-Unis ! Mais avantage restera pour longtemps aux pays industrialisés en termes de revenu par habitant.
    A l'exception des pays d'Europe du Nord ou du Canada - qui ont déjà conduit des réformes structurelles -, l'ensemble des pays développés va devoir mener un effort drastique de désendettement des Etats. En parallèle, ils devront réinventer un nouveau modèle de croissance durable fondé sur l'innovation et la maîtrise de l'énergie. Cela, sans compter le chantier de l'éthique de la finance et de la régulation.

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