• Sous le pseudonyme de Maurice Raphaël, la Musardine a déjà publié Ainsi soit-il. Sous celui d'Ange Bastiani (bien que l'ouvrage soit paru initialement sous le nom de Victor Saint-Victor), voici L'amour au pluriel.
    Roi des alias (de son vrai nom Victor-Marie Le Page), cet auteur prolixe (notamment dans la série noire, avec le célèbre Arrête ton char, Ben Hur !) que fut Ange Bastiani dans les années 1950/1960 a décidément plus d'une corde à son arc.
    Dans L'amour au pluriel, il faut lui reconnaître des qualités de pornographe accompli. Rien n'est laissé au hasard des situations, tous les ingrédients y sont, soutenus de verbes hauts en couleurs. Car Ange Bastiani ne manquait pas de style, c'est le moins que l'on puisse dire.
    Dans ce " bon bouquin de cul ", les postulats de l'auteur sont que " Toute femme est un logis dont la porte dérobée a pour serrure l'anus " et que " des rapports avec les susdites créatures - et d'ailleurs avec n'importe quelles autres - il appert explicitement que le verbe aimer ne peut efficacement se conjuguer qu'au pluriel. " Imaginez les péripéties et orgies qui s'ensuivent...
    Outrancier peut-être, mais délectable sûrement...

  • L'auteur de « Arrête ton char, Ben-Hur ! », après avoir écrit l'épopée des truands méditerranéens, retrouve cette fois ses héros habituels dans le cadre du port d'Anvers. Et c'est l'histoire de filles trop crédules qui pour avoir voulu vivre un beau rêve, le voient s'achever dans les petits bars du Pont-des-Bouchers, le quartier des maisons de joie. Ange Bastiani démonte implacablement et avec une précision d'anatomiste tout le mécanisme de ce honteux trafic. Femmes demi-nues dans leurs oripeaux de fête galante, guettant le client derrière leurs vitrines ; femmes traquées, damnées, enchaînées dans l'enfer du vice, en proie à l'alcool et à la drogue, et dérivant lentement, inexorablement jusqu'aux frontières de la folie. La moindre tentative pour échapper à leur sort c'est l'amende, les coups, la cravache et le rasoir qui trace sur leur peau de bêtes à plaisir, la croix d'infamie. Un livre qui est un document humain et un témoignage d'une parfaite authenticité, écrit dans une langue vigoureuse, dure, cruelle. La vérité vue sous un jour le plus cru, dans l'éclairage au néon des estaminets interlopes, cependant que les mitraillettes crachent la mort et que s'échangent insultes, jurons et malédictions dans tous les argots de la terre.

  • Un récit poivré où il ne faudra pas s'étonner de voir figurer le coup-de-poing américain et le couteau de cuisine parmi les principaux sinon les plus efficaces atouts de la séduction féminine...

  • Un thriller dont l'ambiance, bien de chez nous, est celle des petits bals de banlieue. Charlie Cassel, propriétaire du bal Les Libellules, vivait heureux jusqu'au jour où deux souteneurs lui suggèrent, avec menaces à l'appui, de transformer sa maison en relais galant de luxe, s'offrant à lui fournir pensionnaires et clients. Devant son refus, ils lui annoncent de gros ennuis. En effet, la nuit même, des loulous viennent semer la perturbation dans le bal et, le lendemain, un des loulous est retrouvé assassiné dans le garage de l'établissement. Quand enfin Charlie découvre dans son propre lit le corps de sa petite amie étranglée, il comprend que désormais les coups vont pleuvoir et les énigmes se succéder...

  • Mais non, mais non. Je ne me trompe pas, je peux pas me gourrer. C'est bien là que ma vieille Ford m'a laissé en panne et que je me suis enfoncé dans la pinède avec mon packson sous le bras et mon gros tournevis à la main. Pas d'erreur, c'est bien là. Le virage, puis l'éperon rocheux et tout à côté la petite baie ensablée. Mille fois, je l'ai vu et revu dans ma tête, ce coin, durant ces trois ans de trou. Les yeux fermés, j'aurais pu y venir. Seulement, balpeau ! En trois ans, ça change un paysage. Et surtout sur la Côte. Je n'avais pas prévu, j'aurais dû me méfier. On quitte le bon petit coinstot tranquille, on retrouve un « Paradis » préfabriqué. Tout y est, la baraque à frites et à hot-dogs, les stands à souvenirs, le bar américain et le restaurant gastronomique, bouillabaisse, friture du golfe, langouste sur commande et prix selon grosseur...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • La feuille de rose est à usages multiples, depuis l'industrie du parfum, qu'elle alimente, jusqu'à la confection d'une variété de ratafia particulièrement savoureuse. Mais, en fait de boisson alcoolisée, c'est dans un singulier pastis que se trouve cet horticulteur des Alpes-Maritimes lorsqu'il découvre, une nuit, dans une de ses serres, où il lui avait précisément donné rendez-vous une jeune, séduisante, et peu farouche, cueilleuse de fleurs, torturée, mutilée et assassinée à coups de sécateur. Qu'autour de lui s'agitent, dans les jours suivants, un père prodigue littéralement tombé du ciel, une demi-soeur aussi ravissante qu'aguicheuse, sa propre épouse à la cuisse plus que légère, un promoteur immobilier dépourvu de scrupules - tant pis pour le pléonasme -, une huile du « mitan » niçois, et quelques barbillons de seconde zone, n'est certes pas fait pour arranger les choses. Il n'en faut pas davantage pour que se défasse une réputation de parfait honnête homme... qui n'était d'ailleurs pas tout à fait méritée. Et, détail curieux, dans ces champs de rosiers, dont le grand soleil exalte couleurs et senteurs, personne ne semble pourtant au parfum.

  • « - Tu es bien de Plouzévédé, François, ricana le plus petit des deux matelots, l'air d'un vrai plouc avec cette mousmé sous le bras. Quand je pense qu'avec le même nombre de points, tu pouvais emporter une bouteille de mousseux. Qu'est-ce que je dis une, deux peut-être. - De la pisse d'âne, rétorqua l'autre, avec l'accent rocailleux des Côtes-du-Nord. - Et alors ? Ça se laisse boire quand même, non ? Alors que tu es bien avancé d'avoir choisi cette poupée, sacré Mao (1). - Et si j'ai l'intention d'en faire cadeau à quelqu'un ? - À qui ? - Ça te regarde ? Son compagnon haussa les épaules ; tandis que François Riou couvait d'un oeil tendre la marquise blonde en robe à paniers de satin bleu ciel qu'il serrait contre lui. Il était très grand, large d'épaules et avançait avec la démarche lente d'un boeuf de labour. À son côté, le second marin tanguait un peu... 1 Mao : breton. »

  • La monotonie de la vie, dans le cadre parfois lugubre des H.L.M., les sollicitations diverses et exigeantes de la société dite de consommation, les difficultés sans cesse accrues d'équilibrer le budget familial, ont poussé - sinon contraint - toute une catégorie de jeunes femmes, la plupart du temps mariées - et parfois mères de famille - à exercer d'une manière plus ou moins discrète, plus ou moins sporadique, avec ou sans le consentement de leur époux, la plus vieille profession du monde. Si, pour la plupart du temps, elles échappent au fichier de la police, elles ont cependant été dotées d'une étiquette : celle d'étoiles filantes. Certains maris trop confiants pourront, après lecture, se demander où leurs charmantes épouses passent leurs après-midi. Certaines jeunes femmes y découvriront, pour leur plus grand profit, que, le petit doigt mis dans l'engrenage, de légers écarts de conduite, un peu trop rémunérateurs, peuvent les mener tout droit aux Assises. Et si le veau d'or est, plus que jamais, debout sur ses pattes, il est extrêmement dangereux pour les filles prodigues de se hasarder à supprimer le veau gras.

  • "Sur tout l'alcool qui se boit à Marseille, à Marseille et ailleurs, y'en a une bonne part qui entre en France sans dire bonjour aux Contributions indirectes. Tu m'as compris... Bon, je vois que tu saisis. T'es pas si bête que tu en as l'air. Bon, dis-toi qu'un rafiot part d'Anvers, avec à bord une cargaison de tord-boyaux à 96°, en principe à destination de Gênes. Je dis en principe, parce que ce serait malheureux d'aller payer le coup aux Ritals quand on a soif chez nous. Alors, cette gnole, on s'arrange pour la débarquer sur la côte en douce et sans dégâts. Par bidons de cinquante litres, on immerge la camelote, dans trois, quatre coins tranquilles, où, dans les nuits qui suivent, des amis viennent faire le ramassage. C'est pas plus difficile que ça."

  • - Boule en verre ? marc de café ? les taches d'encre ? les épingles ou tout simplement les cartes ? - Rien du tout, fait l'autre en allumant une cigarette. Là, je flaire le flic. C'est pas que je sois mal avec eux. Je suis déclaré à la Préfecture, enregistré, paré. Jamais d'ennuis jusqu'ici. Mais avec les cézigues, on ne sait jamais. Suffit d'un qui ait des embarras gastriques ou des besoins d'argent pour garnir le soulier de Noël de sa dame. - Peut-être vous êtes-vous trompé d'adresse ? d'étage ? je suggère sans conviction, en balançant une nouvelle ration d'encens dans les cassolettes, dans le vague espoir que l'odeur intimidera le monsieur. - Non grommelle-t-il, je me gourre pas. Je me gourre jamais quand j'ai une conversation à avoir avec quelqu'un.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un mur de briques m'interdit tout recul. Je n'ai plus une seconde à perdre. Non, je ne lui veux aucun mal. Mais je saisis ma bouteille par le goulot et, me ruant droit sur le type, je la lui brise à toute volée sur le crâne. Il pousse un cri rauque, vacille, tire deux autres balles qui vont se perdre dans le décor. Avec ce qui me reste de la bouteille au cul cassé, je frappe encore. Une fois, deux fois, trois fois. A la tempe, sur le front, en plein visage. Et il finit par s'écrouler tout d'une pièce au milieu de la ruelle, abandonnant sa torche toujours allumée qui va rouler dans le ruisseau. Mais sa lueur n'est plus rien à côté des éclairs que lancent les flammes en train de danser au fond de l'impasse.

  • Non, je ne rêve pas et je n'ai pas la berlue. C'est bien le général de Gaulle en effigie. Un masque de Carnaval en carton-pâte. Quant à la mitraillette, elle n'est pas en papier mâché, elle...

  • Miseria ! mes pauvres griffes. Dix ans de prestidigitation, vingt-cinq de travail à la tire... Monte-Carlo, Rome, San Francisco, Lourdes, Rio... pas une Exposition universelle, pas une Olympiade, pas un carnaval, pas un pèlerinage tant soit peu sérieux sans moi... et maintenant, tout juste bon à faire une fiche de tiercé et un peu de poussette à la roulette, au Casino. La femme qui avait arraché à son siège, sa masse boudinée dans la robe noire, passa affectueusement la main sur son crâne dégarni. - Bénito, pauvre Bénito, roucoula-t-elle, dis-toi qu'il te reste ta petite Mercédès, et remercie le Sacré-Coeur. - Un jour, je ferai sauter la banque, assura l'homme, j'ai une martingale en or au point... enfin presque.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • De la baraque aux cent mille portes, on se tire comme on peut. Parfois, un crochet et une corde, ça suffit. Et après ça, vive la liberté ! Sauf que la liberté, ce n'est pas toujours drôle, quand on est possesseur d'un secret qui vaut des kilos d'or. Et surtout lorsqu'il y a foule au guichet des renseignements et que la bande à Féfé-L'Innocent, qui n'est pas composée d'enfants de choeur, a décidé une fois pour toutes que la bonne soupe, c'était pour elle !

  • Tout brisa, tout cassa, tout flingua, tout baluchonna... Du moment où le grand Georges, dit Geo-la-Sulfateuse, et ses Corses ont décidé de nettoyer leur fief des équipiers à Raffaélo-le-Sicilien, c'est, entre Marseille et Nice, la corrida a muerte, au son des sifflets à faire valser les escargots et des mécaniques à secouer le paletot. Les croque-morts ont du cadavre sur la planche. Cependant à l'arrière-plan, de hautes personnalités politiques, des grossiums, tirent les ficelles. Et c'est sur leurs ordres que les deux bandes vont se disputer la possession d'une serviette bourrée de documents compromettants, concernant certains trafics avec l'Extrême-Orient. Un peu bousculée, la valise diplomatique. Mais il faut ce qu'il faut. Sous le soleil, le sang sèche vite et les morts vont plus vite encore. Le soleil, la mer, le ciel. au milieu de décors faits pour parler d'amour, ce sont les pistolatches et les grenades qui ont la parole. S'agit de planquer ses os. C'est Geo qui l'a dit : - Pas de strapontins pour les canards boiteux !

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