• Les besoins sans cesse croissants de l'espèce humaine se heurtent aux limites des ressources de la planète, phénomène sans exemple dans le cours de l'évolution naturelle depuis les origines. Cette accélération ne peut se poursuivre sans que se produise une rupture ou, peut-être, une profonde transformation des conduites collectives.
    André Lebeau examine les composantes sociales de ce phénomène dont la survenue est inévitable, même si l'échéance en est imprécise : à quelles déterminations l'humanité est-elle soumise par son héritage génétique pour affronter cette épreuve ? de quels outils culturels dispose-t-elle pour la contrecarrer ? quelles autres possibilités s'offrent à elle ?
    C'est avec le regard d'un observateur à distance que ces questions sont posées, celui d'un scientifique qui refuse de mêler le sentiment à sa réflexion et qui met délibérément de côté leur dimension éthique. Non qu'il la méconnaisse ou la méprise, mais il veut se borner à apprécier notre capacité de prévision et ses limites, les chances qu'une vision du futur soit partagée par les indiviudus et qu'elle constitue le fondement de conduites collectives aptes à modifier le cours des choses. Les conclusions sont angoissantes ; elles se présentent comme les bases objectives dont l'action devrait s'inspirer.

  • Nous vivons en un temps qui n'a pas de précédent dans l'histoire de la biosphère terrestre. La technique que pratique l'homme, par la puissance des outils qu'elle met en oeuvre et par le succès reproductif qu'elle a permis, engage l'espèce dans un conflit fondamental entre les comportements collectifs ataviques, produits de l'évolution qui les a modelés, et les contraintes qu'imposent les ressources et les limites de l'espace planétaire.
    André Lebeau cherche non pas à prophétiser, mais à analyser la logique de l'évolution technique et à identifier les mécanismes d'accélération repérables dès les lents débuts, il y a quelques millions d'années, jusqu'à l'explosion contemporaine.
    Adoptant résolument le parti d'un regard extérieur, il considère la société humaine comme un objet et la technique comme un prolongement naturel de l'évolution darwinienne, un phénomène qui a sa source dans le vivant, dépend entièrement du vivant et avec lequel l'espèce humaine entretient un rapport privilégié mais non exclusif.
    Le concept même d'évolution implique une mémoire qui permette de confronter le présent au passé et au passé d'influer sur le présent. L'évolution technique se fonde sur trois formes de mémoire stratifiées dont les spécificités gouvernent sa nature et son rythme : les mémoires génétique et neuronale, que possèdent à des degrés divers les êtres vivants, et la mémoire dite « exosomatique », extérieure au corps humain et propre à la seule technique humaine. La création, par la technique, de cette nouvelle forme de mémoire est une source du puissant phénomène d'accélération qui domine notre société et dont émerge une interrogation sur l'avenir de l'espèce.

  • Que peut faire l'espèce humaine pour sortir de l'impasse où l'ont engagée le changement technique et les formes sociales qui lui sont associées ? Après L'Engrenage de la technique et L'Enfermement planétaire, André Lebeau envisage cette fois ce qui pourrait ouvrir à l'humanité les voies d'un avenir durable et, si possible, harmonieux. Comment relever les principaux défis, énergétiques, démographiques, climatiques, qui s'imposent désormais aux habitants de la planète ?
    Sans catastrophisme mais aussi sans complaisance, il décrit la lourdeur et la complexité de la tâche, avec une rigueur et une clarté qui renforcent l'intérêt et la force de proposition de ce point de vue exceptionnel sur le problème écologique.

  • L'espace en heritage

    André Lebeau

    L'homme a commencé à réaliser l'un de ses rêves les plus anciens : s'affranchir de la pesanteur, conquérir l'espace, explorer l'univers. André Lebeau nous éclaire sur les enjeux de cette conquête. S'interrogeant sur la logique de l'évolution qui nous pousse à explorer puis à occuper tout continent découvert, il balise les perspectives qu'ouvre à l'humanité la colonisation possible de l'espace éloigné et jette un regard neuf sur la dynamique du progrès des sciences et des techniques. André Lebeau a été l'un des responsables des programmes spatiaux français et européens au Centre national d'études spatiales, puis À l'Agence spatiale européenne. Il dirige actuellement la Météorologie nationale.

  • Il y a 25 ans, en lançant le projet exclusif de la Navette spatiale, les Etats-Unis commettaient une erreur stratégique majeure dans la course à la maîtrise de l'espace. Aujourd'hui, Ariane, lanceur jugé obsolète à l'époque, détient environ 60 % des parts du marché mondial des lancements commerciaux, plaçant l'Europe au premier rang, cependant que la concurrence américaine qui s'organise, s'appuie sur une technologie d'origine soviétique !...

    Les enjeux de la maîtrise de l'espace demeurent largement méconnus. Le tapage politico-médiatique qui entoure le vol des astronautes et la prétendue conquête de l'espace, renouvelée de la conquête de l'Ouest, en occulte la nature profonde : celle d'un puissant outil d'hégémonie dans une société mondiale que domine la montée des technologies de l'information.

    Faire la part du mythe, mesurer la réalité des enjeux, en apprécier l'importance dans la préservation des intérêts économiques, des identités culturelles et de l'autonomie stratégique, tel est l'objet de ce livre.

    Cette réflexion sur la politique spatiale s'inscrit nécessairement dans une certaine idée de l'Europe, seul ensemble qui possède la dimension nécessaire pour établir avec les Etats-Unis une relation d'équilibre et pour héberger des structures industrielles capables de s'imposer sur la scène mondiale.


    André Lebeau, physicien, a été directeur général adjoint au Centre National d'Etudes Spatiales (CNES), puis membre de l'Agence Spatiale Européenne et enfin, président du CNES.

  • C'est en 1958 que le CNRS décide d'utiliser les ballons pour la recherche scientifique. Reprise par le CNES, cette entreprise va rapidement asseoir les compétences de la France en ce domaine au plan mondial.
    Depuis 1962, plus de 3500 ballons scientifiques ont été lâchés à partir d'une trentaine de sites répartis sur le globe. Aérostats ouverts, ballons surpressurisés, montgolfières infrarouges... l'ensemble des modèles et des applications sont présentés et illustrés dans ce collectif. L'activité « ballons » menée par la France profite à la communauté scientifique internationale et a permis de nombreuses découvertes.
    À titre d'exemples, les montgolfières infrarouges permettent de faire voler des expériences de l'ordre de 50 kg pendant 15 à 20 jours à des altitudes comprises entre 18 et 28 km ; les ballons planétaires, destinés à mesurer in situ les paramètres de l'atmosphère de certaines planètes ont servi aux missions franco-russes Vénus, en 1985, et Mars, en 1996.

  • "J'ai toujours pensé que la richesse de la vie professionnelle, repose pour une large part, sur la qualité des personnes qu'on y rencontre. Cette dimension de la vie est gouvernée par la chance. Je considère comme une de mes chances d'avoir travaillé avec Roy Gibson. Une légende discrète et quelque peu mystérieuse l'entourait à l'ESA. Il parlait très peu de son passé, mais on savait que très jeune il avait fait la guerre en Extrême-Orient et qu'il parlait les langues de plusieurs peuples. " Roy Gibson a été le premier directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA). Au travers de ces entretiens avec André Lebeau, on découvre un homme exceptionnel au parcours impressionnant.

  • Robert Aubinière est l'un de ceux qui ont donné une place à la France et à l'Europe dans la conquête de l'espace. Dans ce dialogue sans apprêt, tenu en 2001, année de sa disparition, il retrace ce que furent sa jeunesse, sa famille, ses études, son engagement dans la guerre et dans l'action clandestine. Un parcours qui l'a conduit de la nuit des camps nazis à la création des outils de l'ambition spatiale : le Centre National d'Etudes Spatiales dont il fut le premier directeur général et le Centre Spatial de Guyane à Kourou.

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