• L'hypercapitalisme progresse. Dans ce livre, Alain Cotta nous explique comment et à quel prix : corruption, inégalités croissantes et émergence d'une superoligarchie appuyée sur les classes moyennes... « Le triomphe du capitalisme d'entreprise va-t-il s'affirmer encore, comme le croient les fanatiques de la mondialisation, au point que le capitalisme d'État disparaisse, que les nations se dissolvent et que la paix universelle réunisse toute l'humanité ? Ou, au contraire, la scission actuelle des deux capitalismes ira-t-elle en s'approfondissant jusqu'à provoquer une guerre mondiale entre des pouvoirs inconciliables ? Guerre ou paix ? À moins qu'une autre voie, moins binaire, une lente fusion, redonne à ce système économique et social une identité homogène ? » A. C. Une réflexion magistrale sur une nouvelle féodalité. Alain Cotta est diplômé d'HEC, docteur ès sciences économiques et agrégé de sciences économiques. Il est professeur d'économie à Paris-Dauphine. Il est l'auteur de nombreux livres dont récemment La Domestication de l'humain, Le Règne des oligarchies ou Sortir de l'euro ou mourir à petit feu, qui ont eu un grand succès.

  • La société du jeu

    Alain Cotta

    • Fayard
    • 1 Octobre 1993

    Le jeu est devenu l'une de nos activités sociales essentielles. Les individus se lancent à corps perdu dans le sport ; dans toutes les organisations sociales, notamment dans les entreprises, les dirigeants jouent de leur intelligence ; partout, ceux qui ont la chance de vivre dans notre univers développé engagent une partie importante de leurs revenus dans les jeux de hasard.

    La démocratie se transforme en lotocratie. Les industries du jeu accompagnent le mouvement. Les nations occidentales leur consacrent près du double de ce qu'elles accordent à la recherche technologique et scientifique. La société du jeu est la première synthèse complète sur la part du jeu au XXe siècle et les conséquences économiques et sociales de ce phénomène mondial.
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    Alain Cotta nous montre les différents types de jeux auxquels nous avons recours pour lutter contre l'ennui qui, dans notre économie avancée, s'est progressivement substitué à la fatigue physique. Parmi les motivations qui poussent les hommes à jouer, la principale est, sans doute, le besoin impérieux de lutter contre l'uniformité de la vie sociale et d'ajouter le temps du jeu à celui du sérieux. Après l'ère morale, après l'ère idéologique, sommes-nous bel et bien entrés dans la société du jeu ?

    Alain Cotta, professeur d'économie à Paris-Dauphine, est l'auteur, notamment, aux PUF, de le Capitalisme (1977), Réflexions sur la grande transition (1979), le Corporatisme (1984) et, plus récemment, chez Fayard, de l'Homme au travail (1987), le Capitalisme dans tous ses états (1990), la France en panne (1991) et Pour l'Europe, contre Maastricht (1992).

  • La France a-t-elle commis plus d'erreurs que d'autres nations depuis le début de la crise en 1973? Un essai sans concessions qui s'élève au-dessus des débats politiciens.

  • À l'heure où l'autorité, partout, est de moins en moins acceptée, comment le pouvoir (dans la famille, L'Etat, l'entreprise, etc.) continue-t-il à s'exercer et grâce à quelles nouvelles modalités ? Alain Cotta recense et dissèque les principales : Ruse, Séduction, Mensonge, Secret, Réseaux. Un essai percutant sur l'exercice du pouvoir, qui fera autorité !

    Alain Cotta, professeur d'économie à Paris-Dauphine, est notamment l'auteur, chez Fayard, deLe Capitalisme dans tous ses états, La Société ludique, L'Homme au travail, L'Ivresse et la Paresse.

  • La domestication de l'humain

    Alain Cotta

    • Fayard
    • 4 Février 2015

    Comment l´envolée du savoir humain, en particulier celle des sciences physiques, a-t-elle déterminé l´évolution de l´espèce humaine assujettie depuis ses origines aux processus darwiniens ? Balayant son histoire du néolithique à nos jours, du chasseur-cueilleur au paysan puis à la révolution industrielle mise en oeuvre par l´entreprise, Alain Cotta explore l´âge nouveau, la révolution digitale née des progrès accélérés de la biologie et de l´informatique. Cette dernière évolution ne peut rester sans effets sur la sociabilité humaine : il dépeint en ce sens les différents niveaux de domestication auxquels l´être humain est astreint par la toute-puissance de l´entreprise et l´avènement des oligarchies dans des sociétés mondialisées, gouvernées par l´avidité financière et la hantise de la mort.
    Plutôt qu´épris de liberté, les être humains ne sont-ils pas davantage attirés par une égalité semblable à celle des fourmis, des abeilles et des termites - leur reine exceptée ? Et, « roués pour le confort », ne seront-ils pas satisfaits d´une domestication de plus en plus stricte, génératrice d´un ordre social assurant la sécurité individuelle et collective ?Alain Cotta est professeur émérite de gestion et d´économie politique à l´Université Paris-Dauphine. Il est notamment l´auteur, chez Fayard, de Le Capitalisme dans tous ses états (1991), La France en panne (1991), L´Exercice du pouvoir (2001), Quatre Piliers de la science économique (2005), Le Rose ou le Noir (2006).

  • La France en panne

    Alain Cotta

    • Fayard
    • 2 Octobre 1991

    La France est en panne. Le chômage a cessé de régresser pour reprendre une ascension qui laisse planer la menace de compter trois millions de chômeurs sous peu. La croissance ne cesse, quant à elle, de se ralentir non seulement dans l'absolu mais aussi par comparaison avec l'Allemagne et l'Italie. Si cette situation se poursuit jusqu'à la fin de la décennie, la France ne sera plus que la troisième puissance économique de l'Europe, dépassée par sa soeur latine.
    Plus grave encore, une crise profonde d'identité nationale se profile à l'horizon. La France en tant que nation ne paraît plus avoir de projets collectifs, industriel, économique, social ou culturel, capables de l'animer.

    Comment en est-on arrivé là en dix ans ? Pourquoi la France est-elle, aujourd'hui, ligotée? Le principal responsable est un monétarisme dogmatique qui s'est lentement substitué à tout autre forme de politique économique.

    Nous devons écarter les deux mâchoires, germanique et latine, de la tenaille qui se resserre autour de nous.

    Nous devons, le plus vite possible, nous réinstaller le long d'un sentier de croissance d'au moins 3% en pratiquant une politique de déficit budgétaire de plus grande ampleur.

    Nous devons à bref délai refuser que la politique de la France soit faite à Francfort sous le prétexte d'un système monétaire européen qui a vécu, à moins que nous ne restions les seuls à accepter de la confondre avec une " zone mark " qu'il vaudrait mieux réduire au plus tôt à sa plus simple expression.

    Retrouver une croissance durable implique que nous restaurions une économie publique qui a toujours constitué une de nos forces les plus vives. En dépit des coups multiples et injustes qui lui auront été portés par un pouvoir dit socialiste, cette restauration est indispensable pour redonner aux Français des projets collectifs qui soient à la mesure de leur passé et leur fassent envisager l'avenir autrement que remboursés par la Sécurité sociale sans ticket modérateur...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'ivresse et la paresse

    Alain Cotta

    • Fayard
    • 22 Avril 1998

    L'unique objet de ce livre est de répondre à la très vieille question de savoir si l'Histoire a un sens. Pour Alain Cotta, la réponse est positive et parfaitement claire: le sens de l'Histoire existe, produit d'un déterminisme ni économique, ni sociologique, ni culturel, mais bien biologique.

    Rien d'étonnant à ce que l'ouvrage commence par l'examen d'un naturalisme dont le contenu vient d'évoluer sous l'effet des recherches mondiales consacrées au fonctionnement du cerveau. Outre ses résultats médicaux et proprement biologiques, cette recherche a commencé à bouleverser toutes les sciences sociales. Elle impose une pluridisciplinarité entre toutes les vieilles matières _ psychologie, ethnologie, philosophie... _ qu'elle renouvelle de fond en comble. Le coeur de cette pluridisciplinarité réside dans la définition du champ et du fonctionnement de la conscience, donc aussi de l'inconscient, ce qui débouche sur la question de l'existence ou non d'un quelconque libre-arbitre.

    Des connaissances physiologiques très précises conduisent à retenir deux grands objectifs de toute vie individuelle: la recherche de l'ivresse et la volonté de paresse, et à y trouver les justifications de cette existence et du sens de l'Histoire.

    Il est bien entendu plusieurs formes d'ivresse dont traite ensuite ce livre: une ivresse physiologique (les drogues, le meurtre), une ivresse mondaine (l'argent, la gloire, le pouvoir), une ivresse de sublimation (la foi, l'art, la recherche où gît à l'évidence l'origine unique de notre évolution technologique) qui pourrait laisser croire à un indéterminisme de l'Histoire.

    La dernière partie, consacrée à la presse, aussi bien physique que morale, montre que notre évolution historique est bien déterminée par la volonté d'épargner nos muscles et nos neurones, et que cette paresse trouve sa légitimité dans l'accomplissement de la fin la plus physiologique qui soit: la lutte contre la mort, l'affirmation de la vie.

    Cet essai pluridisciplinaire magistral montre non seulement que l'Histoire n'est pas finie mais qu'elle a une finalité.

    Alain Cotta, professeur d'économie à Paris-Dauphine, est notamment l'auteur, chez Fayard, de Le Capitalisme dans tous ses états, La Société ludique, L'Homme au travail.

  • L'idée que la société américaine connaît depuis quelques années un véritable miracle repose sur l'existence d'une croissance économique qui ne se relâche pas, alors que l'Europe connaît une stagnation elle aussi durable.
    Mais cette idée de miracle s'alimente surtout à la hausse spectaculaire de la bourse américaine, qui aura multiplié par plus de quatre, en dix ans, le patrimoine des heureux détenteurs d'actions américaines.
    Cette santé exceptionnelle de Wall Street accompagne, paraît-il, la création extrêmement rapide d'un réseau de communication mondial : Internet. Mais à y regarder de plus près, ce miracle a d'autres explications. L'une qui ne peut nous surprendre, réside dans l'accroissement continu de la durée du travail aux Etats-Unis. L'autre tient à l'augmentation continue et considérable des inégalités de revenu et de fortune. Le président de Walt Disney a gagné en 1998 autant que 70 000 "pauvres".
    Enfin, il est évident que la santé des Etats-Unis est un effet de notre démobilisation à l'égard de l'investissement, de l'entreprise et de l'innovation. Ce sont les pays riches d'Europe et d'Asie qui financent l'exceptionnelle croissance des Etats-Unis. Ce sont les rentiers du monde entier, dont nous faisons partie, qui donnent aux Américains les moyens de connaître leur miracle.

  • Le corporatisme français est à nouveau accusé d'impotence, de gaspillage, on le traite de tue-la-croissance, d'ennemi du pouvoir d'achat, de somnifère criminogène. Cette vindicte le laisse froid, comme d'habitude au cours de sa longue vie. Qu'il soit loué, vilipendé ou simplement négligé, « notre » corporatisme n'a cessé d'affirmer une très belle et invulnérable santé. Dès sa naissance, sa fonction est claire : assurer l'ordre social à l'intérieur d'un espace géographique, concilier les intérêts individuels dont le contenu est indissociable de l'exercice d'un métier, et un intérêt collectif dont l'assurance est confiée au pouvoir politique. De sa naissance moyenâgeuse à la fin de son adolescence, il vit à l'ombre d'une monarchie dont il constitue le socle économique et social. Le corporatisme institue les métiers, lieux des solidarités, mais aussi des affrontements, pour interlocuteurs permanents d'un pouvoir politique chargé de pallier leurs carences éventuelles, d'arbitrer leurs conflits et d'assurer les meilleures conditions à la réalisation de leurs projets. Le destin du capitalisme mondial triomphant est tout à la fois l'industrialisation généralisée, encore plus l'informatisation, l'inévitable ploutocratie que porte en elle la prolifération de fortunes considérables, l'exclusion aussi, bien sûr, mais plus encore le corporatisme, indispensable à une stabilité sociale qui dépend de la classe moyenne, de cette immense armée d'employé(e)s adonnés à des métiers de plus en plus spécialisés et, pour certains, imprévisibles dans un futur plus ou moins éloigné. Le corporatisme n'a jamais été ni suprême, ni supérieur, et il ne le sera jamais. Il lui suffira d'être le stade ultime du capitalisme triomphant dont il fut le prolégomène avant l'industrialisation, et dont il sera l'héritier une fois apaisée la violence nécessaire à toute création, fût-elle de valeur. Le capitalisme est condamné à n'être qu'une transition, d'autant moins durable que son succès sera général et rapide. Après tout, le profit intelligent ne devient-il pas rente ? Et le progrès technique, né du génie de quelques-uns, incorporé et propagé à l'ensemble des peuples de la planète, n'a-t-il pas pour raison essentielle, voire unique, de démocratiser le sort enviable des rentiers, actifs et inactifs, assurés de la stabilité de leur condition ? Le bref et brillant essai d'Alain Cotta scrute les mille et une adaptations du corporatisme après l'abrogation des corporations par la loi le Chapelier sous la Révolution, ses résurgences et ses redéploiements sous la révolution industrielle, son précaire triomphe sous les fascismes allemand et italien, sous Pétain, sa routinière continuation après guerre et son ultime métamorphose avec l'abaissement des barrières et la globalisation, où les excès du marché et les insuffisances d'une régulation languide continuent de lui assurer une tranquille prévalence.

  • L'homme au travail

    Alain Cotta

    • Fayard
    • 23 Septembre 1987

    " Les inégalités relatives au statut du travail devraient occuper la place centrale du débat social. A les considérer dans le cadre restreint des entités nationales, ces inégalités sont déjà considérables. Alors que, par leur naissance, leurs dons physiques et intellectuels, leur éducation, certains peuvent connaître sans effort l'inestimable avantage d'exercer une activité qui leur vaille reconnaissance sociale et narcissique, d'autres sont condamnés à des tâches qui, selon une loi immuable depuis les origines de l'humanité, combinent à peu près toutes les nuisances : promiscuité avec l'inerte, domestication de l'ordre, faible rémunération et absence de considération allant jusqu'au mépris qui incite l'homme à se méconnaître.

    " A étendre au monde tout entier le champ d'appréciation de ces inégalités, le statut de l'homme au travail présente des disparités qui laissent ou révolté ou songeur. Plus de la moitié vivent le sort du paysan moyenâgeux, sinon celui des esclaves des communautés urbaines du néolithique. Presque tous les autres éprouvent la dure condition ouvrière ou l'état résigné des employés que réserve la grande époque de la conscience rusée. Un grand nombre, au chômage, regardent passer le train du progrès scientifique ou essaient d'y prendre place au risque de leur santé ou de leur vie. Il n'est qu'un nombre infime à avoir renversé la plus vieille des condamnations humaines, à s'illuminer du feu prométhéen.
    " Une telle inégalité vient du fond des âges et de notre condition. Qu'elle révolte mais, aussi, rassure. Autant que le progrès scientifique, elle est espoir et gage de future vigueur. " Alain Cotta est professeur de sciences économiques à l'université Dauphine et à l'école des H.E.C. Il s'intéresse en particulier à l'évolution des économies occidentales, au ralentissement de leur croissance depuis dix ans et aux mutations de leurs modes de vie.

  • Après l'effondrement du régime communiste et le succès des privatisations, le capitalisme possède désormais un monopole dont les débuts sont spectaculaires et préoccupants.

    Le capitalisme du siècle à venir ressemblera fort peu à celui du siècle précédent. Il se sera médiatisé et livrera au jeu des pouvoirs économiques et financiers tous les grands moyens de la communication sociale, à commencer par la télévision. Il aura connu l'excitation de ses activités financières, vu les fortunes personnelles se dissiper aussi vite qu'elles s'étaient constituées, assisté à la mondialisation d'un paysage financier dominé par la faillite des banques américaines et le triomphe des banques japonaises. Il aura récemment subi les avancées de la corruption dans tous les domaines de la vie économique au point de voir la cohérence sociale menacée et ses fondements moraux dissociés dans une attitude du " Pourquoi pas moi après tout ".

    Il sera, surtout, devenu sans politique au sens où le mode d'exercice des pouvoirs démocratiques (suffrage universel, chambres élues, président de République ou de Confédération) connaît dès aujourd'hui une crise grave de légitimité dont on pressent qu'elle n'est pas passagère mais ouvre sur un autre monde.

  • Le référendum du 20 septembre sur l'Europe sera l'occasion pour les Français d'affirmer leur attachement à la construction européenne en votant "NON" à la ratification des Accords de Maastricht. Ces accords négociés à l'écart des peuples et de leur représentation démocratique violent l'Europe et menacent la France. Ils violent l'Europe en ce que l'union économique et monétaire instaure un véritable Etat fédéral auquel il ne manquera presque rien pour qu'il se substitue à toutes les nations actuelles de l'Europe des Douze. L'Europe serait gouvernée par une bureaucratie de plus en plus ambitieuse, une Banque centrale de plus en plus " monétariste ", une Cour de Justice de plus en plus armée par Bruxelles. Les douze nations concernées ne sont sûrement pas prêtes à abandonner ainsi toute leur souveraineté.
    Si ces accords étaient ratifiés et appliqués, la France cesserait d'être une nation au renouveau économique exceptionnel et au rayonnement sans frontières. Elle serait définitivement satellisée par un pangermanisme qui la condamnerait au piètre état que les dirigeants de l'Allemagne prévoyaient voici cinquante ans. La stagnation actuelle s'installerait dans une France résignée à perdre toute existence proprement mondiale.
    Ne pas ratifier ces accords n'est pas arrêter la construction européenne. Au contraire. Pour que l'Europe et la France entrent dans le XXIe siècle avec sérénité et panache, il convient d'abord de démocratiser l'Europe à la suite de l'Acte Unique et, surtout, de redonner à la France une ambition à l'aune de son passé.

  • La campagne des présidentielles est ouverte. Analogue à toutes celles qui l'ont précédée, elle oppose déjà des candidats et non des programmes. Les médias sont à l'affût de tous les incidents de parcours personnels, bruissent des amitiés de toujours condamnées à succomber dans la rivalité mimétique et recherchent désespérément des victimes expiatoires. Mais ils se tiennent déjà prêts au sacre d'un nouveau monarque.

    Point de diagnostic sur la société française ni sur des programmes politiques déjà, il est vrai, suffisamment édulcorés et voisins pour justifier une relative indifférence.

    Pourtant il devient évident que le contrat social de l'après-guerre est devenu totalement désuet, incapable de maintenir la cohésion d'une société française beaucoup plus peuplée et surtout plus riche qu'elle ne l'était voici cinquante ans. Alain Cotta montre que la France va devoir affronter inéluctablement un conflit entre ses classes jeunes et ses retraités, la montée des exclus, la persistance du chômage, son effacement progressif en Europe et dans le monde.
    Il montre aussi qu'une autre politique est non seulement possible, mais surtout indispensable à échéance plus ou moins lointaine.

    La société française attendra-t-elle encore dix ou quinze ans pour réapprendre la lucidité ? Si les générations de l'après-guerre peuvent éprouver, à la lecture de ce livre, quelque amertume à n'avoir pas pu prolonger l'âge d'or pour leurs enfants, les jeunes générations y trouveront notamment quelques clés d'interprétation de la société française dans laquelle ils vivent et surtout l'espoir et l'ambition qui sont nécessaires à la vie.

    Alain Cotta, professeur d'économie à Paris-Dauphine, est notamment l'auteur, chez Fayard, de l'Homme au travail, le Capitalisme dans tous ses états, la France en panne, et Pour l'Europe, contre Maastricht.

  • " Le siècle avait si bien commencé : presque un rêve, qui avait duré le temps d'une ou deux générations. Le monde entier pouvait se regarder avec des yeux ronds et radieux. Egalité, Liberté, Fraternité : on pouvait se dire que l'esprit de la Révolution française avait triomphé, en l'espace de deux siècles, de toutes les préventions, et même de tous les obstacles que l'âpreté, la violence et l'égoïsme des humains avaient accumulés en tous lieux de la planète. Mais la fin de cet âge d'insignes progrès n'était-il pas déjà proche ?
    Notre siècle ne connaîtrait-il pas dès demain des temps beaucoup moins heureux ? " A.C

  • La prévision démographique est à peu près la seule qui soit fiable. L'évolution à long terme d'une population est à la fois lente et presque certaine. Ainsi de la diminution de la population européenne dans les cinquante ans à venir, et plus encore de son vieillissement qui a déjà commencé et qui va s'accentuer.

    Les conséquences économiques de cette évolution sont d'autant plus prévisibles qu'elles s'inscrivent déjà dans la conjoncture actuelle. L'investissement chute régulièrement, d'autant plus que notre Europe vieillissante a délibérément sacrifié ses dépenses militaires.

    Il ne sera pas facile pour nos sociétés européennes de s'adapter à ce déclin démographique. Les grands privilégiés ou " intouchables " n'en auront cure. Les " exclus ", en nombre croissant, se réfugieront sans contester dans une espèce de marginalisation de bon aloi. Mais la classe moyenne, soit près de 70% de la population, connaîtra de telles tensions entre jeunes et vieux que le conflit inter-générationnel occupera la place laissée par la défunte lutte des classes.

    Les politiques, piégés, essaieront bien de prévenir une installation définitive de la stagnation, mais ils ne recevront aucune aide d'un corps social qui refusera toute distribution des revenus en faveur des personnes actives et, a fortiori, tout accroissement sensible de la durée de travail. Restera l'inflation, seul lubrifiant éventuel aux ajustements rendus nécessaires par le vieillissement démographique. Mais qui pourrait la prôner ? Encore faudrait-il que l'allongement de la durée de vie cessât : mais quel personnage politique pourrait se risquer à faire campagne sur pareil thème ?

    Alain Cotta, professeur d´économie à Paris-Dauphine, est notamment l´auteur, chez Fayard, du Capitalisme dans tous ses états, La Société ludique, L´Homme au travail, L´Ivresse et la Paresse, Wall Street ou le miracle américain, et L´exercice du pouvoir.

  • " Sous l´influence grandissante de l´école néoclassique américaine qui a totalement envahi l´enseignement économique depuis les chocs pétroliers, toutes les richesses de la vision keynésienne et marxiste de la réalité économique et sociale ont été indûment dispersées au vent. Le défaut de culture d´une très grande majorité des étudiants dans ce domaine est manifeste et des plus inquiétants - pour eux. Il les laisse démunis face à des menées dont certaines sont purement idéologiques et qui, médiatisées, offrent très peu d´espace à l´esprit critique et, surtout, à l´indépendance d´esprit qui doit être la première attitude de tout scientifique.
    L´étudiant ou le professionnel est supposé capable de trouver, seul, dans l´immense foisonnement de la littérature économique, les outils dont il a besoin.
    Un regard porté sur la recherche économique au cours des deux derniers siècles nous a pourtant amené à distinguer quatre grandes convergences, les paradigmes, dans la façon de parvenir à représenter la réalité économique et sociale :
    L´orthodoxie libérale, le déterminisme révolutionnaire, l´hétérodoxie réformiste et le positivisme institutionnel.
    L´enseignement des grandes lignes des paradigmes, qui constituent autant de piliers de la science économique, a pour objectif essentiel d´empêcher que les étudiants ne soient entraînés à entrer dans des chapelles où on les tiendrait soigneusement enfermés et à l´air desquelles ils finiraient par s´habituer au point de ne pouvoir respirer à l´extérieur... Ajoutons que proposer quatre visions du même monde était et demeure la seule voie possible pour une connaissance sociale qu´aucun paradigme, même pas les quatre ensemble, n´épuisera jamais. " A.C.

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