• Son enfance, elle l'a passé dans un petit pays d'Amérique centrale. Seuls perdurent de ces lointaines années tropicales quelques souvenirs heureux. Jusqu'au jour où une image aperçue sur un écran de télévision fait tout tanguer. Au beau milieu d'un reportage sur les services secrets français, cet homme qu'elle reconnaît, qui « travaillait avec son père ». Ses parents auraient-ils pu être liés au service de renseignement à la fin de la guerre froide ? Son paradis enfantin baigné de soleil cacherait-il un arrière-fond plus trouble ? Ne lui reste plus qu'à fouiller sa mémoire et à remonter le temps, suivre les pistes des vieilles connaissances pour découvrir la vérité.
    Nathalie Peyrebonne, dans ce roman sur la quête de l'enfance et de ses rêves étincelants, interroge les mystères de la mémoire, ses pièges et ses tours de force.

  • Commander une cocotte en fonte rouge sur Internet, l'attendre, adresser une réclamation au service clientèle en regardant d'un oeil la téléréalité Senior Story, lire, s'inventer une existence, écrire au service client, puis lui écrire encore, finir par lui demander son prénom, découvrir qu'elle s'appelle Lucia, l'inviter au Pays basque pour fêter l'arrivée de la cocotte. Ainsi va la vie d'Eugène. Et si commander une cocotte en fonte rouge pouvait tout changer ?

  • Un président qui veut que les gens travaillent plus et mieux présente ses voeux de nouvelle année avec quatre jours de retard pour être resté à la plage en vacances. Le lendemain, un joueur de foot professionnel refuse de tirer un pénalty et regagne le vestiaire. Céleste, conductrice de métro, décide qu'avec un prénom pareil, il est temps pour elle d'aller voir briller le soleil. Lucien, professeur de collège, laisse ses élèves en plan tandis que Louis, Premier ministre lassé de la médiocrité qui l'entoure, reste couché. C'est, en réalité, sans agressivité ni revendication, toute la France qui s'arrête progressivement et se met à rêver d'une vie plus douce, différente, où tout ne tournerait plus autour des mots martelés de « travail » et d' « efficacité ». Une sorte de rébellion tranquille, une pandémie sans slogans ni violence : une fable en forme de fiction pour dire le ras-le-bol et traiter, le sourire aux lèvres, du sujet grave de l'absence de sens et de la possibilité de refuser la fatalité.

  • Depuis quelques jours un mystérieux inconnu éparpille des dictons à travers Paris, un par jour, sous forme de petits papiers laissés dans les taxis ou à la craie sur les murs. Au début personne n'y prête vraiment attention, mais insidieusement ces dictons vont entrer dans la vie des habitants et les faire réfléchir sur les relations qu'ils entretiennent avec leurs proches, avec l'amour, l'amitié, et la vie qu'ils se sont choisis. Ainsi, suivons-nous le cours des réflexions et le quotidien de Diane, Agnès, Angélique et Edmé. Leurs chemins vont se croiser, se frôler, s'influencer pour former un conte moderne où la place est laissée à l'amitié, à l'avenir et où les frustrations et les peurs ne sont plus les seules à gouverner les hommes.

  • L'alimentation suscite, à partir du XVIe siècle, tant en France qu'en Espagne ou en Italie, un intérêt renouvelé. Qui mange survit, certes, mais qui mange donne surtout à voir qui il est. La cuisine - consommée, préparée ou offerte - est un marqueur social et culturel, et il s'agit de l'appréhender et de l'insérer dans la nouvelle hiérarchie des savoirs qui se met alors en place.

    Cette cuisine renvoie aussi à toute une série de métiers, dont la vocation est de permettre aux aliments (cultivés, produits, transportés, échangés, vendus, assemblés, transformés) de parvenir jusqu'à ceux et celles qui vont s'en restaurer. Savoirs, savoir-faire, pratiques et imaginaires d'horizons divers interviennent et touchent à un nombre très diversifié d'activités humaines : depuis l'agriculture, jusqu'aux techniques de préparation, de présentation des mets en passant par la gestion urbaine des stocks alimentaires, leur écoulement, la régulation des prix des denrées, les procédés de conservation, l'utilisation médicale des aliments, etc.

    Les métiers de l'alimentation se complètent, se chevauchent, se mêlent, tous tendus vers un seul but : le repas, qui répond à un besoin élémentaire de l'être humain tout en s'imposant comme un rituel social fondateur.

  • La représentation des milieux naturels est au coeur des problématiques intellectuelles, artistiques et même politiques de la période cruciale entre « Renaissance » et « Baroque ». C'est là que s'opère le clivage entre l'héritage des savoirs et des images de l'Antiquité et du Moyen Âge et l'avènement, tantôt lent et progressif, tantôt accéléré, voire brutal, d'une « vision du monde » que la science, l'expérience et la technique rendront bientôt incompatible avec les anciens cadres mentaux. Bientôt la science expérimentale révolutionnera la connaissance du vivant. La mécanique des mouvements et des passions obligera à repenser le réel en construisant de nouveaux modèles d'intelligibilité. L'Espagne et l'Italie se trouvent, paradoxalement, à l'avant-garde des découvertes et des nouveautés vectrices de changements et de remises en question, alors même que ces deux pays ont toujours été, en vertu de leur catholicisme triomphant, les champions incontestés de la vision du monde la plus traditionnelle et la plus théologiquement intangible. De cette contradiction devait surgir ce que l'on a appelé, à tort ou à raison, « le Baroque », cet enfant difforme dont les deux péninsules ont été les plus précoces berceaux.

    Les articles composant le présent volume ont pour objet la présentation et l'analyse de ces divers comportements d'écriture et protocoles de représentation.

  • Si l'on peut jouer avec les mets et les mots, on peut s'y cogner aussi, s'y faire mal, un peu beaucoup, passionnément. Quelque chose ne tourne plus rond au royaume des gourmets, il va falloir trouver quoi et pourquoi, et vite.

  • L'homme est un être à part parce qu'il pense, affirme-t-on communément, mais c'est oublier une autre de ses spécificités, tout aussi étonnante : l'homme est le seul animal à boire sans soif.
    De là vient l'ivresse, compagne de l'homme depuis toujours, présence que la littérature a largement reflétée, suivant des modalités qui diffèrent selon les époques et les cultures. Il est donc utile de mener une réflexion approfondie sur le phénomène de l'ivresse, que la recherche littéraire a jusqu'ici beaucoup moins exploré que d'autres thèmes en apparence davantage empreints de " dignité ". Pourtant, l'ivresse possède depuis longtemps ses lettres de noblesse.
    Mythes et croyances nous enseignent qu'au voisinage étroit du breuvage qui enivre se tiennent amour, poésie, connaissance suprême, divination, furor... Reprenant ces pistes, les études présentées ici en français s'appuient sur des textes littéraires issus de cultures variées (anglo-saxonne, chinoise, française, germanique, hispanique, portugaise), d'époques diverses, et font appel à un éventail de sources allant des grands textes fondateurs de la culture occidentale (Écritures...) aux productions de la paralittérature.
    Cette pluralité qui confronte approches et contenus permet d'enrichir d'analyses originales le débat sur le thème proposé.

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