La Découverte (réédition numérique FeniXX)

  • « Ces gens-là » ce sont les habitants d'une cité de transit auprès desquels l'auteur a enquêté systématiquement. « Nous devons remercier Colette Pétonnet de nous donner aujourd'hui un livre passionnant, admirablement pensé et écrit sur ce sujet, écrit Roger Bastide dans sa préface, mais il faut aller plus loin ; il faut la féliciter d'avoir appliqué à ce sujet les méthodes de l'ethnologie, en vivant dans la cité qu'elle décrivait, en utilisant l'observation participante, les entretiens continus, au fil des heures et des saisons. Ce qui fait que la Cité de La Halle revit devant nous, avec ses commérages dans les couloirs, ses drames ou ses moments de fête, les rites secrets des caves et les aventures des jeunes dans la « brousse » environnante. Car la « maison » ici, ce n'est pas seulement l'appartement, c'est aussi le couloir, l'escalier, les caves ou la cour, chaque sous-groupe, groupe sexuel ou groupe d'âge, ayant son domaine propre, qu'il façonne et qui le façonne. »

  • Entre ceux qui pensent que l'École est devenue incapable d'inculquer aux élèves les règles élémentaires de la vie en collectivité, ceux qui considèrent que les enseignants sont trop souvent dépassés par les déchaînements de jeunes sans repères, ceux qui réclament plus de discipline, ceux qui dénoncent l'incohérence de l'application de la règle, ou les sanctions trop systématiques... la polémique fait rage et s'enlise. Selon Bernard Defrance, on ne peut sortir de ce débat sans issue - entre répression et démission - qu'en articulant construction des savoirs et institution de la loi. L'enjeu est à la fois disciplinaire et pédagogique. S'appuyant sur de nombreux témoignages d'élèves, l'auteur montre pourquoi des situations de blocage ou des conflits violents, peuvent survenir et comment il est possible d'en sortir, en permettant aux jeunes de trouver des repères et d'accepter des règles, valables pour tous. Cet ouvrage, publié pour la première fois en 1993, et qui a vu depuis la plupart de ses propositions reprises dans les textes officiels, fournit aux parents et aux éducateurs des clefs de compréhension de l'institution scolaire et, en particulier, des repères juridiques clairs. Cette nouvelle édition, entièrement mise à jour, tient compte des réformes et des débats les plus récents concernant l'École.

  • A partir d'une analyse en profondeur de la production et de la reproduction dans les sociétés agricoles d'autosubsistance, l'ouvrage de Claude Meillassoux apporte à la fois une théorie du mode de production domestique, les éléments d'une critique radicale de l'anthropologie classique et structuraliste et les bases d'une critique constructive de la théorie du salaire de Marx.

  • Elles sont filles de parents maghrébins immigrés en France. Leurs pères sont ouvriers, artisans, chômeurs ou retraités, l'un fut officier de gendarmerie. Elles sont nées à Nanterre, à Bobigny, Sartrouville, à Paris dans le vingtième, dans la banlieue nantaise ou à Roubaix et y ont grandi. Elles ont de dix-huit à vingt-sept ans, sont lycéennes, étudiantes, animatrice, secrétaires, restauratrice ou "au chômage". Quelques-unes ont un compagnon, l'une est mariée, une autre divorcée, la plupart sont célibataires. Toutes ont parlé sans réticence, contentes d'être écoutées par une auditrice attentive, française, ethnologue, spécialiste de la culture de leurs parents, ainsi à même de comprendre leurs difficiles et douloureux problèmes. En effet, elles sont partagées, parfois déchirées entre leurs aspirations personnelles de jeunes femmes en France et le désir, bien différent, de leurs parents, qui auraient voulu les voir devenir ces "femmes bien", modèle de femme maghrébine. Diverses ont été leurs conditions de vie, divers leurs rapports avec parents et frères, leurs connaissances de la religion, du Maghreb, leurs scolarités, leurs activités et relations éventuelles hors de la maison paternelle, leurs attitudes envers l'autre sexe, leurs propres désirs de famille et d'enfant, leurs problèmes d'identité et de nationalité, enfin, pour certaines d'entres elles déjà, leur participation à la vie active en France. A travers leurs discours sur toutes ces questions - une centaine d'heures d'entretiens -, sont analysées les conditions et les circonstances, les constantes et les variables susceptibles de freiner ou de favoriser leurs dispositions à l'intégration.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le tiers monde est - et sera longtemps encore - rural, malgré la forte urbanisation qu'il connaît depuis une vingtaine d'années : en l'an 2000, un habitant sur deux vivra dans les campagnes, et assurera l'alimentation des villes. C'est dire l'importance à venir des campagnes dans l'économie du tiers monde. Mais celui-ci est multiple : quoi de commun entre les zones désertiques du Sahel et la pampa argentine, entre les hauts plateaux andins et les rizières de l'Asie du Sud-Est, entre le Nord-Est brésilien et la Chine ? L'auteur connaît bien ces différentes situations, et mène dans ce livre une étude comparative et prospective des enjeux économiques, sociaux, culturels et environnementaux qui se nouent dans les campagnes. Deux réalités accablent ces continents : la pauvreté, sans cesse grandissante des paysanneries, et la fragilisation des solidarités villageoises. Jacques Chonchol propose, pour faire échec à la pauvreté, de revaloriser l'aspect rural, d'encourager une industrialisation appropriée aux campagnes et aux paysans, de favoriser l'émancipation des femmes qui sont à la base des cultures, de rétablir les nécessaires équilibres avec l'écosystème. Mais ces diverses propositions doivent être resituées dans leur contexte, et c'est pourquoi l'ouvrage effectue, chapitre après chapitre, un véritable tour du monde. Le déficit alimentaire, les problèmes fonciers, l'intervention de l'État, l'enseignement agricole, l'influence du modèle occidental de développement, les structures familiales, l'échange inégal ville/campagne, etc., différent d'une région à une autre. La ville, la modernité, la division internationale du travail, lancent de véritables défis aux communautés rurales. Les réponses sont à formuler et à mettre en oeuvre dès aujourd'hui.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Pour la population juive de France pendant l'Occupation, il fallait, soit se conformer à une législation assassine, soit désobéir et courir les risques de la clandestinité. L'auteur est historien et fut animateur de la résistance juive communiste pendant la guerre.

  • De 1989 à 1994, l'affaire du foulard a divisé l'opinion française. Pour les uns, en arborant leur foulard, ces jeunes musulmanes manifestent un prosélytisme inacceptable dans l'école laïque, et doivent en être exclues si elles s'obstinent à le garder. Pour d'autres, l'école de la République doit accueillir tout le monde, y compris les élèves enfoulardées, qu'elle saura intégrer. La polémique s'est chargée d'une telle tension idéologique, qu'elle a fini par occulter la réalité même du phénomène et ses enjeux véritables. D'où l'intérêt majeur de ce livre, fruit d'une enquête de deux ans dans les banlieues dites chaudes auprès des enseignants et des jeunes filles voilées. Une enquête qui bouscule les idées reçues : ni terroristes en herbe, ni adolescentes musulmanes manipulées, les unes acceptent le port du foulard pour rassurer leur famille et négocier leur accès à la modernité, et d'autres l'arborent volontairement, comme le signe de leur double identité, française et musulmane, citoyenne et croyante. Et, loin de favoriser l'émancipation des jeunes musulmanes, leur expulsion de l'école publique, offre des martyres inespérées aux activistes intégristes. Pour les auteurs, la passion que soulève le foulard de ces écolières est un révélateur : si la République est menacée, ce n'est pas par le foulard, mais par les difficultés qu'éprouve la société française à opérer la synthèse entre égalité et différence, République et démocratie. Les responsables politiques, les enseignants, mais aussi celles et ceux pour qui le foulard est devenu un sujet de débat - et de confrontation - trouveront dans ce livre matière à réflexion. Et les réponses aux questions complexes que pose l'affaire des jeunes filles voilées.

  • Prenant comme point de départ le programme d'action adopté par l'ONU lors de la conférence du Caire en 1994, cet ouvrage identifie les contours du nouveau défi démographique qui appelle à une mutation de nos principes d'organisation sociale et économique, de notre rapport au pouvoir et, partant, de nos valeurs.

  • Le projet des auteurs réunis dans cet ouvrage est simple et ambitieux à la fois : dans une langue accessible et claire, il s'agit de mettre leurs savoirs et leur expérience auprès des adolescents à la disposition des parents et des éducateurs. Sont ainsi tracées les grandes lignes directrices de cette période de la vie, que l'on soit fille ou garçon, et expliqué ce qui peut, à un moment ou à un autre, freiner ou altérer un développement harmonieux. On ne trouvera cependant ni « recettes » éducatives ni propos d'experts détenteurs d'une vérité, mais confrontations d'expériences, rencontres et convergences de points de vue, pour dédramatiser la perception de l'adolescence et réaffirmer les ouvertures dont elle s'accompagne.

  • Ce livre est un témoignage, l'itinéraire complet d'un coopérant qui a passé vingt ans au Pérou, dans des situations professionnelles très différentes. L'auteur a changé cinq fois de statut : ingénieur agronome de formation, il a d'abord eu pour mission d'aider les communautés paysannes andines à améliorer leur production. Enseignant ensuite, puis chercheur, puis coordinateur de projets auprès des paysans andins et, enfin, agent technique. Au terme de sa trajectoire, l'homme d'aujourd'hui regarde le coopérant naïf d'hier et soulève quelques questions essentielles : quel est le rôle du coopérant aujourd'hui ? un colporteur de techniques modernes, de méthodes, de concepts issus des pays dits développés ? ou un médiateur entre deux cultures, deux savoir-faire ? ou bien encore un « professionnel » en voie de disparition ?... Comment peut se concevoir à l'avenir la coopération, si elle n'est fondée sur l'idée d'un apprentissage mutuel ? Un livre utile à tous ceux que la coopération et l'aide humanitaire intéressent, pour répondre à leurs premières interrogations et bousculer quelques idées reçues.

  • Le débat sur le temps de travail prend rarement en compte le point de vue du travail des femmes. Or, elles sont les principales destinataires des politiques actuelles d'aménagement du temps de travail, de création et de développement d'emplois flexibles et précaires. Est-ce le partage ou la division du travail ? Cet ouvrage, pluridisciplinaire, envisage la totalité des temps sociaux - temps de travail et « hors » travail, temps domestique et professionnel. Il analyse les contenus des accords de partage du travail qui ont été conclus dans les entreprises. Des comparaisons internationales avec des pays du tiers-monde, de l'Europe, les États-Unis, le Canada et le Japon interrogent la notion même de partage du travail.

  • La violence à l'école défraie tous les jours la chronique. Elle est devenue une préoccupation majeure du ministère de l'Éducation nationale, et de l'ensemble du corps social : des colloques sont organisés pour réfléchir à des solutions, et des mesures sont prises - à tous les niveaux - pour encadrer les « barbares » que seraient les nouveaux collégiens et lycéens, mais elles se révèlent trop souvent insuffisantes et inefficaces. Plusieurs fois réédité depuis sa première publication en 1988, ce livre a été le premier à mettre en cause le fonctionnement de l'institution elle-même : il montre que la violence à l'école trouve largement son origine dans la violence de l'école. La thèse que Bernard Defrance défend, depuis plus de vingt ans, commence à être entendue : tant qu'on ne s'attaquera pas aux violences ordinaires, consubstantielles à notre système scolaire, qui s'exercent quotidiennement contre les élèves (brimades diverses, interrogatoires humiliants, notations empiriques, procédures de sélection, punitions illégales...), on ne résoudra rien. Et les établissements, en tout premier lieu ceux des quartiers défavorisés, continueront à être des marmites sous pression. Cette nouvelle édition est entièrement actualisée : elle tient compte des dernières études, et les propositions pour agir et prévenir s'appuient sur les évolutions récentes. Une lecture indispensable pour tous les professionnels concernés, et pour les parents sensibles aux problèmes de l'école.

  • Face aux déchaînements d'horreur en Algérie, l'opinion internationale semble tétanisée. Beaucoup d'observateurs disent : on ne comprend pas, on ne sait pas ce qui se passe vraiment. [...] Le rapport de Reporters sans frontières - Algérie, la guerre civile à huis clos - dénonce l'étrange inaction du pouvoir dans la recherche des assassins de journalistes, l'impitoyable censure qu'il exerce sur la presse, et l'interdiction de fait qu'il a imposée de toute enquête indépendante sur les violences ; le rapport de mission de la FIDH - La levée du voile : l'Algérie de l'extrajudiciaire et de la manipulation, établi à partir de témoignages particulièrement accablants recueillis sur place, montre que la lutte légitime de l'État algérien contre le terrorisme est menée, depuis 1992, en violation complète des conventions sur les droits de l'homme dont il est pourtant signataire (pratique généralisée de la torture, séquestrations arbitraires et disparitions, exécutions sommaires, milliers de prisonniers d'opinion, exactions encouragées des milices, etc.) ; - le rapport de l'organisation américaine Human Rights Watch - Algérie, des élections à l'ombre de la violence et de la répression - revient, à l'issue d'une mission sur place, sur les conditions très particulières des élections législatives du 5 juin 1997 (exclusion de certains opposants, censure, climat de violence, etc.) ; - et, enfin, le rapport d'Amnesty International - Algérie : la population civile prise au piège de la violence - analyse les exactions des groupes armés d'opposition, le rôle singulier des milices d'autodéfense armées par le pouvoir, le mur du silence construit par ce dernier pour entraver les enquêtes indépendantes, et l'indifférence de l'opinion internationale. Un ensemble de textes sans équivalent, qui ne permettra plus de dire : On ne savait pas.

  • Reconstruire un pouvoir politique : réaliser cet objectif conditionne tout progrès de société. Or les partis politiques qui visent à exercer le pouvoir d'Etat ne se posent pas encore la question. En sollicitant les commentaires, reproduits ici, d'une dizaine de personnalités d'horizons très divers, l'auteur montre que le débat est possible et peut être fructueux.

  • Mondialisation, multiculturalisme, justice sociale, bioéthique, crise du politique : ces termes et ces expressions occupent l'espace du débat public sans qu'on sache souvent ce qu'ils recouvrent précisément. Pour cette raison, cet ouvrage tente de fournir un éclairage, aussi précis et complet que possible, sur ces grandes notions et sur les controverses qu'elles suscitent dans le monde politique et intellectuel. Les auteurs de chaque contribution se sont efforcés de mettre en évidence les problématiques, les termes et les enjeux de débats aussi complexes qu'incontournables : ainsi la place du droit dans nos démocraties, le rôle de l'école, la crise du lien social et, à l'extérieur de nos frontières, l'avenir de l'État-nation, le nouveau désordre international et la construction européenne. Dans ce livre, ces grands enjeux du débat public contemporain sont restitués dans leur dimension philosophique, politique, économique, juridique et sociologique. Cet ouvrage clair et pédagogique s'adresse, en priorité, aux étudiants des Instituts d'études politiques, aux candidats aux concours administratifs et aux écoles de commerce. Mais chacun pourra trouver, dans cet ouvrage, matière à sa réflexion personnelle sur les débats de notre temps.

  • Dans ce livre d'entretiens, Michel Charzat, maire du XXe arrondissement de Paris explique à Claude Neuschwander, consultant auprès des collectivités locales et des organisations de l'économie sociale, que la démocratie locale, école et creuset de l'autonomie, est le moyen nécessaire, sinon suffisant pour stimuler un nouvel appétit de démocratie chez nos concitoyens.

  • Les faits divers, relatant des épisodes violents impliquant des adolescents, ne cessent de remplir les colonnes des journaux, à tel point que pour certains, la violence est devenue synonyme de « jeunesse » ; les jeunes seraient forcément violents ! L'adolescent a donc mauvaise réputation auprès du grand public. Cette image négative et déformée est même amplifiée par des études épidémiologiques se résumant souvent à un long catalogue de catastrophes (suicide, délinquance, toxicomanie...). On assiste ainsi. de manière préoccupante, à un glissement vers une interprétation dramatisée de l'adolescence, à laquelle la violence est systématiquement associée. Les auteurs réunis dans cet ouvrage - pédiatres, psychologues, psychiatres, psychanalystes, sociologues, juges. médecins de santé publique... - adoptent résolument un point de vue différent, et invitent à porter un autre regard sur cette période critique, en rappelant que les adolescents sont d'abord victimes de violences (violences intrafamiliales, violences institutionnelles, violences sexuelles, pour n'en citer que certaines). Les passages à l'acte sont, en fait, une réponse à une violence initialement subie. L'approche interdisciplinaire privilégiée ici permet de rendre accessible une réflexion trop rarement conduite entre spécialistes, c'est le principal intérêt de l'ouvrage. Une mise au point indispensable pour tous les professionnels concernés. Cette deuxième édition actualisée donne une plus grande place à la prévention.

  • Cet ouvrage est le premier livre en langue française consacré à Norbert Elias. Depuis une vingtaine d'années, le sociologue allemand - devenu un intellectuel européen avant la lettre - a pourtant largement inspiré les sciences sociales, l'histoire, la sociologie et la science politique. Peu d'auteurs sont autant cités, même si Elias n'est pas toujours bien compris. A travers une approche pluridisciplinaire qui s'inspire de son hostilité aux clivages institutionnels, « Norbert Elias, la politique et l'histoire » rassemble des spécialistes français et étrangers d'horizons divers, dont des anciens collaborateurs d'Elias lui-même. Paraissant à l'occasion du centenaire de sa naissance, ce livre est non seulement un hommage, mais une exploration de l'oeuvre à travers les rapports qu'elle entretient avec la biographie de son auteur et les pensées qui ont accompagné sa formation (comme celles de Nietzsche ou de Weber), ainsi qu'une mise à l'épreuve des concepts et des résultats des travaux d'Elias sur la civilisation, la violence, le sport, l'art, la nation, la formation de l'État ou celle de l'individu moderne. Enfin, les auteurs tentent d'appliquer ces concepts et ces résultats à de nouveaux objets, confirmant la fécondité d'une pensée qui accède aujourd'hui à une reconnaissance de plus en plus grande.

  • Les peuples sans écriture, ceux du Nouveau Monde, à travers la vision qu'en eurent Lafitau, Malthus, Cornélius de Pauw, Engels, Lévi-Strauss.

  • Dans nos relations sociales, nous avons souvent tendance à agir selon les schémas mentaux hérités des relations familiales de la petite enfance : agressivité, culpabilité, soumission à l'autorité, sont ainsi des sentiments souvent présents dans les relations de travail. Et pourtant, la société n'est pas une famille, et les clés qui permettent de comprendre et de résoudre des relations sociales conflictuelles, ne peuvent venir de la psychologie familiale et de la psychanalyse. C'est ce que montre, de façon remarquablement convaincante, ce livre original. Cette originalité, il la doit d'abord au travail de terrain dont il rend compte : plus de vingt ans d'interventions sociopsychanalytiques, menées par Gérard Mendel et le Groupe Desgenettes au sein d'entreprises, d'établissements scolaires, d'institutions de santé, de centrales nucléaires. De ce matériau très riche, Gérard Mendel dégage une théorie du sujet social profondément novatrice, constituant une discipline à part entière, complémentaire et différente de la théorie psychanalytique. Car si cette dernière aide à mieux comprendre l'inconscient, elle est inopérante pour analyser la façon dont l'organisation sociale, et en particulier la division du travail, contribue également à déterminer les comportements de chacun. C'est dire que ce livre s'adresse aussi bien aux praticiens du travail social, qu'aux chercheurs en sociologie ou aux psychanalystes. Et qu'au-delà, il passionnera tous ceux qui souhaitent mieux comprendre l'un des enjeux majeurs de notre époque : à quelles conditions sociales l'individu peut-il parvenir à développer sa personnalité ?

  • C'est à partir de 1965 que l'Afrique de l'Ouest commence à être prise en considération par les capitaux liés au tourisme international et à faire partie des zones géographiques dites de « plaisir périphérique », toutes situées dans les régions sous-développées. Ce dossier s'est voulu soucieux d'éviter le manichéisme habituel qui prête au tourisme soit les vertus d'une panacée, soit les tares d'une nouvelle traite : l'analyse de son développement en Afrique de l'Ouest permet de présenter aujourd'hui les premiers éléments d'un bilan qui reste encore à faire. Les principales caractéristiques de cette activité (produit, clientèle, flux), les effets qu'elle entraîne tant sur le développement économique que sur l'environnement physique et humain, ses multiples pièges font l'objet d'une première partie. Une lecture critique des catalogues des agences de voyage et des guides touristiques est ensuite proposée, dans le but de donner une idée des images stéréotypées de l'Afrique qui sont offertes aux touristes et qui orientent généralement les entreprises des organisateurs de voyages. Les choix que peuvent faire les Etats africains pour optimiser les avantages et minimiser les inconvénients du développement touristique resteront sans effet tant que les promoteurs du tourisme et les compagnies aériennes imposeront leurs conditions. Il en est du tourisme comme des autres industries : tant qu'il se situera dans un cadre néo-colonial, son développement ne pourra être bénéfique.

  • Pierre Vallières, journaliste québécois de 35 ans rédacteur du Devoir, co-directeur de « Cité Libre » puis animateur de « Parti-Pris » et enfin fondateur de « Révolution québécoise », a été arrêté en 1967 à New York alors qu'il manifestait en compagnie de son camarade Charles Gagnon sa solidarité avec des militants du Front de Libération du Québec. Lui-même militant de cette organisation, il devait être accusé de la responsabilité politique et morale (à défaut de la responsabilité matérielle dont il a toujours été admis qu'elle n'était pas en cause) d'un attentat meurtrier commis contre une usine qui venait de lock-outer ses ouvriers grévistes. Extradé au Québec, il a été condamné, en 1968, à la prison à vie, peine qu'il subit au pénitencier de Montréal. Cet essai écrit en prison est à la fois l'autobiographie d'un jeune ouvrier canadien autodidacte et l'analyse de la situation de ces Québécois qui, pour lui, dans le monde américain, font figure de "nègres blancs".

empty