La Table ronde (réédition numérique FeniXX)

  • « C'est partout, oui, partout la même mélancolie doucereuse, avec le clapotis de la pluie sur le ciment granuleux de la petite cour, la nuit d'automne, le chat perdu dans la contemplation de l'appareil électrique de chauffage, et ce concerto pour violon de Mozart en sourdine, troublé par les étranges quintes de toux du frigo, la lecture lente et triste, cher Antonio, de La Mort de Carlos Gardel où toujours l'enfance inassouvie rôde au coeur des quartiers dévastés de Lisbonne avec le souvenir des lauriers-roses, et puis le silence des mots que je trace et des pensées vagues et de la rua da Vitoria, le silence des maisons que l'amour abandonne au vent de novembre, puisque l'amour s'en va comme il vient, locataire fantasque et destructeur. »

  • Nées avec l'humanité, cultivées en secret malgré l'opposition du clergé, les superstitions se sont révélées indéracinables. Dans une première partie sont retracées les origines de nombreuses superstitions, apportant anecdotes historiques et littéraires, puis treize superstitions universelles sont présentées : toucher du bois, le chiffre 13, le fer à cheval, etc.

  • Explore avec humour et clairvoyance les bienfaits de l'amitié chez les femmes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Et si votre meilleure amie était une baleine ? C'est ce qui arrive ici à Justine et M. Blanchard, sous le Directoire. Elle, cétacé de 20 mètres et 80 tonnes, mystérieusement surgie dans l'estuaire du Havre. Lui, pionnier des montgolfières (son poids n'est pas précisé). Le 17 vendémiaire de l'an VIII, la rencontre a lieu : Roméo Blanchard et Justine ne se quitteront plus, jusqu'à la mort de la belle nageuse. Histoire vraie (eh oui !), fantaisie gargantuesque, parabole à tiroirs, Odyssée délirante ; ce stupéfiant roman n'est ni zoophile ni lubrique. En fait, c'est un chant d'amour cosmique : la baleine est ici mythe et mère, comme la vache sacrée des hindous.

  • La Nuit des autres, c'est le titre du dernier roman d'Aubin Corbier, écrivain normand célèbre, originaire de Marville et disparu au début des années soixante-dix. Une association célébrant sa mémoire a été créée par un groupe d'admirateurs. Mais, coup sur coup, deux des membres les plus en vue meurent dans des conditions dramatiques et mystérieuses. Pour le commandant Dubreuil de la Police judiciaire de Rouen, chargé de l'enquête, l'affaire est simple. Sur la foi d'un témoignage accablant, il met rapidement un suspect en garde à vue : le libraire de Marville. Mais le capitaine Carole Riou est convaincu de son innocence. Elle suit d'autres pistes, notamment celle de la disparition du journal intime d'Aubin Corbier. Pour la première fois, les vies privée et professionnelle de Carole Riou se mêleront dans sa quête de la vérité. Confrontée à une violence impitoyable, à la folie et à la trahison, elle finira par trouver une réponse à ses questions dans les cendres d'une histoire d'amour brisé.

  • Je n'ai pas voulu ici raconter une histoire, moins encore mon histoire. J'ai cherché à rendre un sentiment qui m'a suivie pendant nombre d'années et qui se tapit encore, très caché - car on n'en guérit pas - derrière tous les autres : le sentiment d'exil. Il me semblait que ce malaise méritait d'être dit.

  • Jeune Parisien que le travail en usine démoralise, Claude Tenne s'engage dans la Légion étrangère sous un faux nom. Décidant de se faire passer pour citoyen suisse, il rompt tous les ponts avec son passé. Dès lors, sa vie se confond avec l'aventure algérienne. De ce pays, il connaîtra les opérations dans le djebel avec le 1er R.E.P., puis le lent pourrissement qui, de barricades en putsch, l'entraînera dans une autre aventure : l'O.A.S. Sous les ordres du lieutenant Degueldre et du sergent Dovecar, il fera partie du premier commando Delta, jusqu'à son arrestation mouvementée dans une villa des hauteurs d'Alger. D'hôpital en hôpital, il renaît à la vie pour se retrouver en prison. Condamné à la réclusion à perpétuité, il inaugure la caserne Toiras, dans l'île de Ré. Pendant six longues années, il mettra à profit la détention pour faire un retour sur lui-même et sur son aventure politique, analysant avec ses compagnons les raisons de leur lutte et de leurs espoirs. En même temps qu'une épreuve, ce séjour est aussi une éducation. Lorsqu'il s'évade, Claude Tenne n'est pas un homme brisé. Au contraire, la prison l'a armé. Lucide, il s'est proposé des buts précis. Pour cela, il lui faut réussir une première : s'évader de l'île de Ré, le Sing Sing français, échapper au quadrillage du plan Rex qui mobilise 150.000 policiers contre un seul homme épris de liberté.

  • Avec ce deuxième récit de Rouza Berler, nous ne sommes plus "au-delà de l'Oural mais en deçà, dans la Russie européenne. L'Allemagne vient d'attaquer. Un corps tchèque est en formation ; il doit combattre aux côtés de l'Armée soviétique. Parmi ses volontaires, beaucoup de femmes, qui apprennent avec courage le métier de soldat. Dur apprentissage qu'elles supportent grâce à leur jeunesse, à leur foi dans la patrie. Le corps est commandé parle colonel Svoboda, qui depuis fut dirigeant de la république populaire de Tchécoslovaquie. Mais, à ce moment-là, il y a un gouvernement tchèque en exil à Londres. Rares sont les communistes parmi les soldats. Et peu à peu, pourtant, le travail du temps la propagande persuasive de quelques militants, la pression muette de la grande nation où ils vivent vont faire de ces patriotes tchèque des communistes actifs. C'est ce long travail que montre le récit de Rouza Berler, au milieu de combats et des amours où ces êtres jeunes s'engagent à fond. Ce récit est un témoignage bouleversant de vérité sur un peuple qui reste le premier martyr du déchirement de l'Europe.

  • Les réfugiés du Kivu affluaient dans la petite ville de Kissenyi préservée de la mutinerie par la symbolique frontière du Ruanda Urundi. Dans un bar de la ville nous étions une demi-douzaine d'hommes, armés de vieux fusils et décidés à vendre chèrement notre peau pour préserver nos femmes, nos enfants et notre honneur. Un jeune garçon à l'allure sportive, le visage marqué par un collier de barbe noire, poussa la porte et nous lança un jovial « salut les gars ! ». J'eus de la peine à reconnaître en ce barbu poussiéreux, Paul Ribeaud que j'avais rencontré à Bukavu en 1951, il y avait neuf ans déjà. Dans ADIEU CONGO Paul Ribeaud apporte tout ce qu'il a vu pendant ces tragiques semaines. Il lui était impossible de faire rentrer dans ce livre tout ce qui s'est déroulé au Congo et dans les coulisses de l'O.N.U., impossible de reproduire les centaines de déclarations de politiciens africains irresponsables, impossible encore de tout raconter sur un pays grand comme l'Europe Occidentale. Mais il a écrit l'essentiel. Le lecteur y verra se dérouler le film du naufrage congolais. La nationalité française de l'auteur lui a peut-être permis de réussir là où un Belge aurait échoué : observer d'un oeil impartial les principaux acteurs belges et congolais de cette tragédie. Envoyé de Paris Match et seul reporter de la presse mondiale à avoir parcouru l'ensemble du Congo dès le début de la mutinerie de la Force Publique, Paul Ribeaud risqua plus d'une fois sa vie pour nous rapporter ce récit et ces photographies. Au nom de mes compatriotes belges du Congo, je lui dis bravo et merci ! J. Hurner.

  • Au mois de juin 1964, la situation est catastrophique au Congo, la rébellion a gagné les trois cinquièmes du territoire national. Plus rien ne semble pouvoir l'arrêter. C'est alors que les plus hautes autorités congolaises demandent à Moïse Tshombe, qui vit en Europe depuis un an, de rentrer au pays "pour tenter quelque chose". Seul, il a gardé suffisamment d'influence sur les masses pour pouvoir arrêter ce raz de marée. Nommé premier ministre, Moïse Tshombe s'efforce de rétablir l'ordre dans tout le pays, de relancer l'économie durement touchée par les troubles, de rétablir le prestige du Congo à l'étranger et aussi d'organiser le nouveau régime prévu par la loi fondamentale de Luluabourg. Après plusieurs mois d'efforts, l'essentiel est sauvé. Mais la peur de la rébellion disparue, les divisions reviennent. Les politiciens, qui avaient à l'heure du péril oublié leurs vaines querelles, relèvent la tête et les intrigues reprennent contre l'homme au pouvoir. Elles aboutiront à la destitution du premier ministre, proclamée illégalement le 14 octobre 1965 par le président Kasa-Vubu.

  • Les propos qui constituent ce livre ont été tenus durant l'autre été, dans l'ombre jalousement préservée d'une pièce du château de Floure. Au-dehors, le parc à la française bruissait d'assourdissantes cigales. Comme dans La croix de ma mère, le cabinet de travail, que nous avions fui pour un endroit plus frais, ouvrait sa large baie sur l'Alaric, la montagne blanche et verte aux flancs de laquelle mûrissait le raisin, son raisin, celui qui donnait ce Vin d'ombre dont il était presque aussi fier que de son oeuvre littéraire. Dans la galerie voûtée, au rez-de-chaussée, des trophées, parmi lesquels un drapeau occitan et la cape de Dominguin... L'ouvrage a été complété à la fin de ce printemps. Et Gaston Bonheur - qui souffrait alors du mal qui allait l'emporter au mois de septembre 1980 - mit la dernière main aux corrections de forme dans le courant du mois de juillet. Nous publions le livre tel quel. Tel que son auteur l'avait voulu et conçu. Ajoutons simplement que, livre d'une vie, L'ardoise et la craie devait être aussi un livre de vie, celui d'un romancier, d'un poète et d'un journaliste qui a su garder sa jeunesse et aimer jusqu'au bout la création et les êtres - hommes, bêtes et plantes - qui la peuplent.

  • Le dimanche 15 octobre 1967, Fidel Castro annonçait, devant les caméras de la télévision cubaine, que la mort de Che Guevara était « douloureusement certaine ». Dans ce que l'on pourrait appeler le dossier de l'affaire Guevara, l'auteur analyse les circonstances de la présence en Bolivie et de la mort de celui qui incarna le visage romantique de la Révolution de Juillet. A travers la vie et la personnalité de Che Guevara c'est la conception même d'une certaine idée de la Révolution qui est remise en question. Une opinion émise en France fait de Guevara « l'homme le plus complet de son époque ». Voici, à ce sujet, le témoignage d'un observateur qui ne se pose ni en ennemi ni en juge. Sa voix est objective. Elle mérite qu'on l'écoute.

  • Une question brûle vos lèvres, je le devine. Pourquoi ce titre : Le Hérisson Vert ? Pour trois ou quatre raisons que voici : Parce que c'est un titre qui ne manquera pas d'intriguer le lecteur, convenez-en. N'est-ce pas d'ailleurs la première question que vous venez de vous poser, et si pour avoir la clef de ce petit mystère vous avez acheté le livre, mon âme bassement mercantile ne doit-elle pas s'en réjouir et considérer que l'essentiel de mon but est atteint ? Parce que c'est un très joli titre, vous ne pouvez pas me dire le contraire. Parce que le hérisson est un animal qui ne manque pas de piquant et qu'il me plaît de penser que ce livre n'en manque pas non plus. Parce que c'est un hommage à Tristan Derème dont nous sommes quelques fidèles à n'avoir pas oublié les divagations poétiques qui ont ébloui nos vertes années. Il habillait dans ces titres les animaux qui lui étaient familiers en les parant des couleurs de l'arc-en-ciel. Peut-être faites-vous partie comme moi de ces rêveurs attardés qui se souviennent encore des grâces du « Poisson Rouge », des sortilèges de la « Tortue Indigo », de la légèreté d'une « Libellule violette », de l'extraordinaire fantaisie de « l'onagre orangé »...

  • Si je n'avais pas rencontré Yvette, ce livre n'aurait pas été écrit. Ce n'eût pas été pour le lecteur une perte irréparable. Mais puisque Yvette il y a, sachez qu'elle a vingt-cinq ans, qu'elle est originaire de Guérande, l'ancienne capitale des marais salants, la petite ville fortifiée qui domine le plat pays du Croisic et de La Baule. Une enfance difficile, des parents séparés, un goût de l'aventure, un sourd besoin de servir, une peur de l'immobilisme, un refus d'une certaine condition traditionnelle des femmes, avec la contradiction d'un amour qui la fixe et en même temps la rapetisse. La vie l'oblige à "monter" à Paris. A sa manière elle en fait la conquête. Pour un taxi être libre c'est être à la disposition du client. Dans le monde des sentiments, être libre c'est avoir le coeur à prendre. Yvette évolue entre ces deux libertés là. Des événements sans fin et des personnages multiples qu'elle rencontre, chacun à sa manière contribue à faire d'elle une nouvelle Yvette. Qu'on ne peut encore considérer comme la vraie. L'indépendance qu'elle a conquise, l'autonomie qu'elle a gagnée ne sont qu'une étape de son devenir de femme. A Yvette, jeune femme d'aujourd'hui, si attachée pourtant au pays comme aux horizons de ses anciens, ce témoignage d'amitié attendrie et reconnaissante. Jean-Paul Le Chanois

  • Quel talent vous avez, cher Pierre-Jean Vaillard ! Et comme je vous admire. Vous êtes non seulement le grand chansonnier qui remplit chaque soir le Théâtre des Deux Ânes d'un public ébloui, mais vous êtes aussi un pamphlétaire d'une haute qualité. Merci d'avoir réuni dans ce livre les meilleurs articles que vous avez écrits depuis deux ans. Je ne les approuve pas tous, loin de là... vous savez bien que nous ne sommes pas tout à fait du même bord. Peu importe. J'aime votre sincérité, votre courage, votre culture et cette férocité joyeuse qui subitement se déchire comme un ciel d'orage pour laisser apparaître un coeur plein de tendresse. Vous êtes un merveilleux témoin de notre temps. Un soir de l'année dernière Salvador Dali venu vous voir en coulisses vous a dit ceci : "Vous êtes un éclaboussant toréador transcendantal. Tout votre esprit est en costume de lumière. Vous plantez sur vos victimes des banderilles d'étincelles avec une précision qui stupéfie." Et c'est bien mon avis. J'ai fait souvent aussi cette constatation étonnante : c'est que la plupart de vos amis fidèles et qui vous aiment profondément sont généralement des gens qui, en politique, vous sont tout à fait opposés. C'est parce qu'ils savent qu'à tous les points de vue vous êtes un honnête homme. Et moi qui vous connais depuis si longtemps, je sais combien ils ont raison.

  • On retrouve dans ce livre la verve et l'humour qui faisaient déjà le charme de Mes mille et une voitures et de Mes dix mille cerfs-volants. Gabriel Voisin évoque cette fois les péripéties de son enfance, alors qu'en compagnie de son frère il découvrait les plaisirs de la chasse et l'ivresse de la liberté, au cours des vacances que les deux garçons passaient dans la campagne lyonnaise. Armés d'arcs et de flèches, puis d'un fusil rudimentaire de leur fabrication, ces deux braconniers en herbe mènent la vie dure aux étourneaux, aux corneilles et aux canards, non sans connaître de pittoresques mésaventures. Plus tard, ce sera la chasse en « voiture » en Seine-et-Oise et même certaine expédition en Égypte... Toutes ces aventures savoureuses sont contées avec humour, pour notre plaisir et celui de leur nostalgique narrateur : nous sommes un peu ici dans l'univers enchanté et pittoresque de Raboliot, de la Guerre des boutons ou de Tom Sawyer. Mais on voit naître aussi et prendre corps chez le futur constructeur de voitures et d'avions la vocation de l'ingénieur qu'il deviendra, et ce n'est pas le moindre attrait de ce livre qui, en même temps que l'évocation d'une jeunesse turbulente, nous apparaît ainsi comme le récit d'un « apprentissage » du métier d'homme.

  • Si, dix ans plus tard, la date du 25 août 1944 divise encore à ce point mes compatriotes, si la controverse entre ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n'y croyaient pas conserve cette actualité, si j'écris ce livre et si je suis assuré de son retentissement, c'est qu'au fond de chacun de nous ce jour continue de peser du poids que pèse sur la conscience toute faute inavouée. Bordeaux 1940, Paris 1944 : entre ces deux dates, rien ne s'est passé. Ou plutôt si : une France neuve, lucide, entreprenante est née, a vécu, est morte sous le poids de l'indifférence de quarante-deux millions de Français, incapables de concevoir l'avenir de leur pays sous d'autres traits que ceux d'hier. Devant moi, passent, chargées jusqu'au toit, pétaradantes et impérieuses, ces mêmes voitures qui, en 1940, transbahutaient à travers les rues de la capitale provisoire de la France les familles et les biens de ceux qui nous sont revenus tremblants de haine, après avoir tremblé de peur. De cette vision est né ce livre. Je l'ai appelé Les Guimbardes de Bordeaux, du nom de la période la moins glorieuse - et la moins miraculeuse - de notre histoire.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les écrivains célèbres, comme tant d'autres personnalités livrées à la curiosité des foules, constituent bien souvent des "cas". Soit qu'on les comprenne mal, soit qu'ils aient une légende, ils sont l'objet de critiques ou de reproches auxquels il leur est impossible de répondre. Au contraire, si l'on réunit leur "dossier", ils ne demandent qu'à se justifier, quitte à fournir eux-mêmes des éléments à "l'accusation". C'est ce rôle de procureur et de complice qu'a voulu jouer Gilbert Ganne dans ces "minutes de vérité" qui lui ont assuré, parallèlement à sa réputation de romancier et d'essayiste, une place unique dans le journalisme littéraire. Dans une préface révélatrice, il nous livre d'ailleurs sa méthode et nous explique son exigence face à ses interlocuteurs, de telle sorte que ses interviews s'apparentent à une recherche qui dépasse largement l'information et se hausse au niveau d'un genre littéraire. Pour qui sonne la minute de vérité ? Pour douze célébrités qui s'appellent Roland Dorgelès, Michel de Saint Pierre, Jacques Laurent, Jean Giono, Marcel Jouhandeau, Jean Mistler, Virgil C. Gheorghiu, Maurice Druon, Pierre de Boisdeffre, Jean Vilar, Jean-Christophe Averty et un disparu, le général Gamelin, dont les déclarations imprévues constituent un document exceptionnel. Douze personnalités prises sur le vif et dont les propos ont un accent inimitable : celui de la vérité.

  • Les night-clubs, les boîtes de strip-tease, les clubs nudistes, le Lido, les salles de garde, la p.j., les prostituées, les clochards, les suicidés, les cliniques d'accouchement... ou d'avortement, les taxis de nuit, les accidents d'automobile, les ivrognes, la brigade fluviale, les fugues des adolescents, les rondes de la brigade des agressions, le catch, les halles, les trafiquants de femmes, la morgue, les abattoirs, les chiffonniers, les maisons de rendez-vous, la police privée, les dancings, les soirées de Lipp, les habitués du fiacre, la salle Cusco, le bois de Boulogne et ses promeneurs solitaires.

  • Paul et Hélène vivent ensemble. C'est arrivé comme ça. Ils s'aiment, mais ne se le disent pas. Peut-être même que ça ne se voit pas. Ils sortent beaucoup le soir. Ils ont assez d'argent pour pratiquement ne rien faire. Paul se dit que leur couple ressemble sûrement à celui que formaient Scott et Zelda Fitzgerald. Toutefois il se voit mal écrivant Un diamant gros comme le Ritz. Ça n'est plus l'époque à ça. Ils voyagent, vont en Grèce, en Irlande, en Afrique, en Italie. Ils cassent des voitures, boivent du Champagne, et font beaucoup l'amour entre les lignes. Ils reviennent toujours à Paris où ils voient des gens qui les invitent et qui les ennuient. Paul et Hélène ont pour principe de ne jamais refuser un bristol ou de casser du sucre sur le dos de leurs hôtes. Pourquoi ne peut-on se passer d'eux dans ce genre de festivités ? Et comment réussissent-ils à être malgré tout les plus sympathiques ? Ils sont les seuls à ne pas se poser ces questions. Ils vieillissent. Ils aiment encore la France, pour des raisons bizarres. Un dernier séjour à Venise, et ils se marient, car il s'agit d'un livre moral. S'ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants, l'histoire ne le dit pas.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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