• Histoire de l'Espagne

    Pierre Vilar

    Plusieurs âges d'or marquent l'histoire de l'Espagne : de l'époque romaine à la conquête musulmane, de la reconquête au Siècle d'or, de l'expansion coloniale à, plus près de nous, l'expansion économique des dernières années. Sans oublier les heures sombres, comme celles de la guerre civile et du franquisme, cet ouvrage, plus de vingt fois réédité, offre une remarquable synthèse de l'histoire d'une terre dont Pablo Neruda disait qu'elle était « au coeur » de tous les hommes de bonne volonté.

  • Propiciadas por el desarrollo de la imprenta, las continuaciones literarias conocen en la España de la Edad Clásica un verdadero auge que afecta a todos los ámbitos de la ficción. Sin embargo, este fenómeno no es totalmente nuevo puesto que durante la Edad Media cualquier elaboración literaria se centraba en la reutilización y continuación de textos ajenos. Sin hacer caso omiso de esta herencia medieval, este libro trata de especificar la noción de continuación para la época moderna considerándola como una modalidad peculiar del préstamo. Situándose por encima de las fronteras genéricas, ofrece un estudio de conjunto de esta práctica proponiendo una arqueología de la misma y tomando en cuenta la dimensión creativa que conllevan las obras correspondientes.

  • À l'occasion de la remise à Robert Jammes de l'Hommage préparé pour lui par l'équipe LESO (« Littérature Espagnole du Siècle d'Or ».), s'est tenue à Toulouse, le 25 novembre 1994, une journée d'études consacrée aux Solitudes du grand poète cordouan, Luis de Góngora. OEuvre mise au programme de l'Agrégation et du CAPES (session de 1995), les Solitudes viennent de faire l'objet d'une édition révolutionnaire, due au fameux gongoriste toulousain. Et c'est autour de cette édition et des problèmes d'établissement et d'interprétation de ce grand texte qu'ont tourné les débats et les communications ici reproduits. Il s'agit là, pour tous les préparateurs et candidats aux concours de recrutement, d'un indispensable instrument de travail, élaboré avec la collaboration de quelques uns des meilleurs spécialistes du moment : Robert Jammes, bien sûr, mais aussi Antonio Carreira, Nadine Ly, Joaquín Roses, Saiko Yoshida, Marie-Claire Zimmermann.

  • À une époque où toutes les pièces étaient normalement désignées par une étiquette hypergénérique, celle de come­dia, Lope de Vega (1562-1635) a écrit six pièces qu'il a appelées tragedias et une trentaine de tragicomedias. Or la tragédie en Espagne était peu représentée hors du cadre des théâtres commerciaux, les corrales de comedias. Dans ces conditions, comment une idée de la tragédie suffisamment consistante pour être mobilisée dans les mécanismes de composition et de réception du théâtre de Lope a-t-elle pu se former ? Cet ouvrage explore d'abord la formation de compétences génériques du public du corral, à partir de deux ensembles en amont de la tragédie lopesque : les oeuvres tragiques écrites entre 1575 et 1585 et les comedias tragiques écrites au tournant du siècle. Il revient ensuite à la tragédie lopesque proprement dite, analysant la formule que Lope instrumentalise à l'envi pour séduire divers types de public, en jouant de la plasticité d'une forme qui se laisse adapter ad hoc.

  • Nouvelle lecture de l'ensemble de l'oeuvre poétique de Garcilaso de la Vega (1501-1536) à la lumière de la notion de mélancolie. Notion complexe et fondamentale dans la culture du Siècle d'Or, la mélancolie - le système de représentations tissé autour d'elle - donne à voir la poésie garcilasienne de façon singulière, qu'il s'agisse du paysage, de la signification ou de l'utilisation de nombre de motifs - traditionnels ou non -, ou encore de l'orientation particulière donnée par le poète à son écriture.

  • "Guzman de Alfarache" est un roman picaresque de Mateo Aleman publié en deux parties, la première en 1599, et la seconde en 1604. Guzman est un jeune picaro qui part de chez lui afin de connaître le monde, chercher l'aventure, faire fortune. Dès la première étape, il perd vite ses illusions, et décide d'adapter sa façon d'être au monde qu'il découvre, et d'ingénu il devient délinquant. Il volera ses parents, prostituera sa femme, livrera ses camarades aux autorités afin de se libérer des galères. Le plus amoral des romans pour la plus amorale des époques. Un roman qui suit "Vie de Lazarillo de Tormès" d'une quarantaine d'années, et qui, à la suite de "Lazarillo", définit les codes du picaresque. Dans notre préface originale, nous comparons les apports respectifs de Lazarillo et de Guzman au genre du picaresque et à sa codification. A lire absolument !

  • Un essai pionnier pour aborder, dans leur particularité hispanique, quelques aspects des peurs sociales dans l'Espagne des xvie et xviie siècles. Peurs socio-collectives, d'abord. Le Juif en est le tout premier objet de fixation, aussi bien à travers les menaces que font peser l'hérésie illuministe ou les révélations infamantes des libelles généalogiques que dans les dangers dont sont porteurs, pour la « Nation », les « nations étrangères » faites de conversos mais aussi de morisques ou de protestants. Le Saint-Office, en réalité, a fort à faire, redoublé qu'il est sur le plan civil par la Santa Hermandad, terrifiant organisme policier et judiciaire, qui essaie bientôt de se survivre dans une impitoyable chasse aux gitans. D'autres peurs, pourtant, font trembler l'Espagnol du Siècle d'Or. La crainte d'un écroulement de la société d'ordres désigne le parvenu comme la bête noire, tandis que, sur un plan plus socio-individuel, le gentilhomme connaît les affres d'un choix de valeurs entre loi mondaine et loi évangélique. Pour les conjurer, il trouvera l'appui des casuistes, champions de la voie médiane, à mille lieues de la synthèse tout à fait originale qu'élabore Thérèse d'Avila afin de répondre aux exigences de son angoissante passion de l'honneur. Réponse très personnelle, qui introduit à une nouvelle dimension, plus intime, de la peur : celle qu'éprouve l'homme devant la femme, c'est-à-dire la peur de l'amour.

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