Droit

  • Trafics d'êtres humains, de stupéfiants ou d'armes, exploitation des migrants ou des matières premières : la criminalité organisée en Afrique est née des désordres de la décolonisation, a grandi sous la guerre froide puis avec la mondialisation...
    Elle constitue aujourd'hui le précipité de ce que Michel Foucault a qualifié d'illégalisme d'État, véritable gangrène d'un continent.

    Laurent Guillaume, ancien policier aujourd'hui consultant pour divers organismes internationaux, a réuni pour cet ouvrage des spécialistes universitaires et consultants de terrain. Dans cette étude unique, ils nous proposent de découvrir la frontière des trafics, entre légalité et illégalité.
    Ils éclairent les dynamiques sociales et politiques qui animent ces réseaux pour comprendre leur organisation matérielle et humaine.

  • Rome, 2016. Deux trentenaires, Marco Prato et Manuel Joffo font la fête et au milieu de leurs excès, ont une nouvelle idée : torturer et tuer, pour voir ce que ça fait. Un jeune prostitué est attiré dans le guet-apens, drogué et soumis à ces pulsions macabres. Le lendemain, l'un des jeunes hommes tentera de se suicider, l'autre se rendra à la police...

    Au-delà de la gratuité de ce sordide crime, la presse transalpine se passionne pour le profil des deux assassins, jeunes hommes de bonnes familles et sans histoire. Les témoignages des pères dans les émissions télévisées de grande audience, le silence des mères, les réactions des proches de la victime sont tout autant le sujet de ce texte qui nous parle d'une jeunesse nihiliste prête à toute pour se sentir exister.

  • Le 29 septembre 2011, Michel Neyret, charismatique directeur adjoint de la PJ de Lyon, est arrêté à son domicile par l'IGS. L'affaire Neyret est en marche. Pour la première fois, une enquête raconte les dessous de cette affaire alors que le procès de l'ex-commissaire va s'ouvrir.
    C'est l'histoire d'un super flic, passionné et épris d'action. Un chef incontesté qui obtient des résultats. À tout prix. Patron de l'antigang à Lyon à 29 ans, Michel Neyret le restera vingt ans, adulé par ses équipes comme par ses supérieurs.
    Réactivité, virtuosité dans la résolution d'enquêtes sensibles et innovations technologiques, la griffe Neyret lui vaudra de belles affaires : les Ripoux de Lyon ou les évadés par hélicoptère de la prison de Luynes.
    Qui a fait tomber le commissaire ? Quels sont les éléments retenus par la police des polices ? Qui aura manipulé qui ?
    Dans une enquête captivante, Richard Schittly retrace la carrière du « meilleur flic de France » mais aussi sa part d'ombre qui conduira à sa révocation, suspecté entre autres de corruption, de trafic de stupéfiants et de violation du secret professionnel.
    Émaillé d'anecdotes hautes en couleur où l'on découvre de grandes figures du banditisme, ce livre dresse le portrait d'un policier hors du commun autant qu'il raconte une certaine histoire de la PJ.

  • Paul Roussenq est un symbole absolu de liberté, de vie et paradoxalement, il est celui qui pour détient le record absolu de jours d'enfermement : 4192 jours de cachot, en 20 ans de bagne. Pauvre Roussenq. Incroyable Roussenq.
    Terrible victime d'une double injustice. D'abord celle d'avoir été envoyé au bagne par un enchainement infernal, parti d'une simple « infraction à la législation ferroviaire » !
    Et puis ensuite, alors qu'il exprimait avec force tout son refus du système, de l'aliénation que des hommes faisaient subir à d'autres hommes, d'avoir été aussi mal compris.
    C'est Albert Londres le premier qui le repère lors de son voyage en 1923. Il visite les cachots de Saint-Joseph, l'île de la réclusion et découvre le cas de ce condamné extraordinaire, qui a devant lui près de dix ans de punition cumulées à effectuer.Etonnamment, il en tire une conclusion hâtive et très subjective qui fera assimiler Roussenq à un fou furieux pour le reste de sa vie. Dès lors, pas un ouvrage sur le bagne où il ne soit question de cet « incorrigible » présenté comme un perpétuel révolté.
    Le malheureux bagnard va cependant tenter d'expliquer sa véritable démarche à son retour en France, une fois libéré.
    En 1934, il publie aux éditions du parti communiste 25 ans de bagne dans laquelle il fustige l'administration pénitentiaire, mais aussi Albert Londres et tous ceux qui ont jugé trop vite et sans chercher à le comprendre. Très politisé et doté d'un esprit particulièrement vif, il a eu tôt fait de se rendre compte des faiblesses du système et c'est pour mieux le contourner, qu'il l'a poussé jusqu'aux limites de l'absurde. Personne ou presque n'aura connaissance de cette théorie, pourtant signe d'une maturité et d'une force de caractère incroyables, uniques dans l'histoire carcérale.

  • « Les Beatles et les Rolling Stones gouvernaient la pop, Carnaby Street gouvernait le monde de la mode... Et mon frère et moi gouvernions Londres.
    Intouchables.» Si les États-Unis ont eu Al Capone, la France, Jacques Mesrine, les frères Kray se sont imposés comme les caïds londoniens. Nés dans les années 30 à Londres, les jumeaux Kray font leurs premiers pas professionnels sur des rings de boxe. Mais rapidement c'est dans la rue qu'ils choisiront d'exercer leur talent et les voici à la tête de « la firme », bande de voyous qui s'illustre dans les braquages, le racket et le meurtre. Ils jouent sans limite de cette violence qui leur permet de s'imposer dans Londres et d'accéder à la grande vie.
    Ainsi entrent dans l'histoire Reggie, l'organisateur, l'homme d'affaires, l'habile stratège politique et Ronnie, schizophrène paranoïaque, plusieurs fois interné ou emprisonné, passionné par les armes, homosexuel, figure du Londres artistique et mondain.
    London Brothers est l'histoire exceptionnelle des frères Kray qui nous révèle la part d'ombre du Londres des années 60.

  • Yann Tassin a vingt ans et part à l'aventure en Amérique du Sud. Mais quand il pose son sac à dos sur une plage de Colombie, il est bien loin d'imaginer le tour que va prendre son destin.
    Car au gré de ses rencontres, ce jeune français va finir par mettre ses talents de navigateur au service des plus grands trafiquants de drogue d'Amérique latine et ouvrir les voies maritimes de ce commerce illégal. Voiliers, hors-bords puis sous-marins, du cannabis à la cocaïne, Yann Tassin va cotoyer Pablo Escobar, les dirigeants des FARC, les membres du cartel de Medellin...

    Coke à bord retrace le parcours de cet aventurier hors-la-loi qui devint l'un des hommes les plus recherchés de la CIA avant de se rendre et de collaborer avec le gouvernement américain.

  • Comment Meyer Suchowljansky, émigré juif russe débarquant en 1911 sur la «Terre promise» américaine, est-il devenu le mythique Meyer Lansky, l'ami de Bugsy Siegel, le conseiller de Lucky Luciano, le «parrain des parrains»?
    Avec ce dernier, il va développer dans les années 1920 un partenariat entre mafias juives et italiennes à New York. En pleine prohibition, ils font fortune dans le trafic d'alcool et prennent le contrôle de la ville pour créer le Syndicat du crime. En 1932, Al Capone finit derrière les barreaux à Chicago, incapable de justifier sa richesse à la justice et coupable de fraude fiscale. C'est le déclic pour Lansky, qui comprend que la clé, pour justifier les gains générés par ses activités illicites, se trouve dans le blanchiment d'argent.
    Son génie aura été d'avoir su impliquer l'argent de la mafia dans des entreprises légales (boîtes de nuit, immobilier, hôtels, grande distribution, etc.) et même jusque dans certaines institutions financières. Dénoncé en 1951 aux États-Unis, Lansky finira ses jours en Floride. Malgré ses suppliques répétées au gouvernement israélien, son dernier voeu, mourir à Jérusalem, ne sera pas exaucé : il meurt en 1983 à Miami.

  • Jean-Claude Kella, surnommé « Le Diable », a suivi l'ascension classique du petit délinquant: casses, prison pour mineurs, braquages... avant de rencontrer Laurent Fiocconi*. En 1968, ils font la rencontre du caïd marseillais Francis le Belge qui a de l'argent à investir dans l'héroïne. Kella, ayant des facilités dans le maniement des langues, se voit proposer de faire le relai aux États-Unis : c'est La French Connection. Sur place, il rencontre certains des principaux chefs mafieux des Cinq Familles de New- York, dont notamment Vito Genovese, parrain de la famille Genovese. Il est en contact avec Louis Cirillo, capo de la famille Genovese et meilleur contact pour un trafic international. À cette époque, toutes les organisations criminelles voulaient être en relation avec les français car les chimistes qui raffinaient le produit étaient les meilleurs. Pour envoyer la drogue aux États-Unis, ils vont utiliser un bateau Le Caprice des temps. Arrêté, Kella est condamné à neuf ans de prison dans un quartier de haute sécurité à Atlanta. Libéré en 1979 après le paiement d'une caution, il retourne à Toulon. En 1998, il est à nouveau arrêté dans le cadre d'une affaire de trafic de canabis entre le Maroc et le sud-est de la France et de cocaïne transitant par le Brésil. Dans cette affaire, sont impliqués Francis le Belge, Antoine Cossu et les frères Perletto. Il est condamné à 15 ans de prison. En septembre 2009, il sort de sa période de liberté conditionnelle et écrit sa biographie. Il meurt d'un cancer des poumons le 8 juillet 2014.

  • En 1997, alors que l'ex-Yougoslavie se débat dans la guerre, une vague de braquage de bijouteries frappe l'Europe. Des coups audacieux et très professionnels réalisés sans violence et sans armes, dont les butins dépriment les joaillers et les policiers.
    Au fil des mois et des années, les mystérieux braqueurs, dont les enquêteurs devinent qu'ils sont originaires d'ex-Yougoslavie, enchaînent les braquages de légende : de Paris à Londres, en passant par Tokyo, Genève, Dubaï, Francfort ou Barcelone, les plus grandes bijouteries subissent leurs raids-éclair qui se chiffrent en dizaines de millions d'euros. En 2003, ils s'attaquent à la bijouterie Graff de Bond street et raflent entre autres une bague sertie d'un diamant à 450 000 dollars que la police retrouve dans un pot de crème pour le visage, comme dans une scène du film la Panthère rose. La presse les surnomme alors les « Pink panthers ». Leur légende est en marche.
    Depuis dix ans, selon Interpol, cette nébuleuse serait responsable de 341 braquages à travers le monde pour un montant avoisinant les 330 millions d'euros. Si certains de ces braqueurs ont finalement été arrêtés, on ne sait pratiquement rien d'eux.
    Ce livre raconte pour la première fois la véritable histoire du gang et plus précisément l'histoire d'un des pionniers des Pink Panthers, ainsi que celle de ses associés et amis. Des vingtenaires débarqués en Italie sans un sou et qui au fil des rencontres et des coups durs vont se lancer dans les braquages et écrire les premières pages de cette saga criminelle. Sous sa houlette, ils vont inventer la technique des Pink, parfaire leur stratégie, écumer l'Europe et devenir des modèles criminels pour les truands de Serbie et du Monténégro.

  • 1928... Huit ans déjà que la loi sur la prohibition - est entrée en application, déclenchant la plus gigantesque ruée vers l'alcool que le monde ait connu. Bootleggers et tenanciers de speakeasy font fortune.
    Chaque jour, les quotidiens annoncent, le "score" des fusillades ayant éclaté la veille entre bandes rivales de trafiquants d'alcool. Garde-côtes et agents de la prohibition ferment les yeux: les dollars affluent et les gangsters ne les oublient pas dans l'affaire. A l'écart du bruit et de la fureur, un homme compte tranquillement des liasses de dollars, confortablement installé dans son luxueux bureau: Frank Costello...
    La large et solide silhouette de Frank Costello jette une ombre immense sur l'histoire tout entière du crime organisé aux Etats-Unis, depuis l'époque de la prohibition. Il a connu tout d'abord les petits gangs indépendants, où l'on cultivait la violence qui fleurissaient au début des années 1900, et à la fin de sa vie les grandes familles hautement organisées, fonctionnant sur la base de principes modernes, entreprises quasi industrielles. L'Oncle Frank a joué un rôle capital dans cette métamorphose ; il ressemblait aussi peu, par son apparence extérieure comme par son style de vie, à l'image que l'on se fait généralement d'un parrain ou d'un caïd de la Mafia. Frank Costello était un homme affable et représenta indubitablement, et à lui seul, la force politique la plus puissante de la plus grande ville des Etats-Unis et personne ne pouvait escompter devenir juge, haut fonctionnaire ou maire sans son approbation. Il appréciait et comprenait le pouvoir et la puissance. Cela ne signifie pas pour autant que Oncle Frank ne fut qu'une force politique et un joueur passionné. C'était également l'un des principaux chefs de la Mafia. Il dirigea pendant un certain nombre d'années la vieille famille de Lucky Luciano, et son influence fut telle qu'il disposa longtemps d'un siège à la « commission », le conseil d'administration du Milieu américain.
    Cela étant, il aspirait à la « respectabilité » avant toute chose, et ne cessa tout au long de son existence de se demander quel tour eût pu prendre sa vie s'il était né dans un tout autre milieu. Et pourtant, la presse n'a pas manqué de décrire Oncle Frank comme un monstre, un tueur à qui il suffisait de presser un bouton pour que quelqu'un disparaisse aussitôt, l'un des principaux financiers du trafic d'héroïne, enfin l'homme le plus puissant du Milieu. La vérité se trouve quelque part entre ces deux extrêmes.

  • Romans, enquêtes, films ont fait connaître au grand public les personnages de ce monde mystérieux devenu légendaire : la mafia américaine.
    L'autobiographie de Joseph Bonanno est elle, comme le testament de Lucky Luciano ou Ma vie d'Al Capone, un document authentique, écrit par l'un des plus célèbres «hommes d'honneur» en 1983.
    Joseph Bonanno, alias «Joe Bananas» a été pendant plus de vingt ans un des cinq parrains de New York qui ont dirigé la «commission», le gouvernement de la mafia. De toutes les grandes figures de la période faste de «l'honorable société», il est le seul à avoir survécu à l'enfer du «volcan» new-yorkais. Il a bâti une fortune sur les paris clandestins, le racket et autres trafics qu'il a fait fructifier à travers des investissements légaux dans l'agro alimentaire ou le textile, poussant l'imbrication du monde criminel et du monde des affaires à un degré inconnu jusqu'alors.
    Poursuivi depuis vingt-cinq ans par le F.B.I., il s'est décidé à raconter sa vie pour assurer sa défense.

  • Jérôme Pierrat est parti à la rencontre de René Nivois, l'homme qui a régné sur le milieu Lyonnais des années quatre-vingt à nos jours, de la fin du Gang des Lyonnais à l'explosion de l'importation du haschisch marocain et qui vit aujourd'hui en Espagne. Le Gang des Lyonnais sous les verrous, deux équipes, au début alliées, vont se partager le terrain. La première se rassemble autour de Raymond Vaccarizi et se livre au contrôle des trottoirs, à des braquages de banques, au racket, et trouve parfois refuge en Espagne. C'est là que le truand sera arrêté en 1983. Le 14 juillet 1984, il est abattu dans sa cellule de la prison Modelo de Barcelone par un sniper posté sur le toit d'un immeuble de l'autre côté de la rue. Deux balles en pleine tête alors qu'il s'était mis à la fenêtre de sa cellule. En 1985, le lyonnais René Nivois est arrêté en Espagne avec quelques membres de son équipe et soupçonné d'être le commanditaire de l'assassinat. Le tireur l'a dénoncé à la PJ lyonnaise...Acquitté par la cour suprême de Madrid pour le meurtre de Vaccarizi, René Nivois se retire en Espagne où il fait partie des premiers à se lancer dans le trafic de haschisch avec le Maroc, et ce, sur une grande échelle. Début 2000, il est écroué avec cinq complices.

  • Le milieu ? Laurent Fiocconi surnommé Charlot le connaît bien, il y est né. Fils d'une famille de caïds corses, il grandit entre les bars de Pigalle et les bordels de la Côte d'Azur, avant de prendre son envol. Au milieu des années soixante, il fait la connaissance de Francis le Belge et d'autres avec lesquels il va commencer à trafiquer la blanche. Après les casses et les braquages, il se lance dans le trafic de stups à destination de New York, affrète un bâteau le Caprice des Temps qui prétextant une avarie se fait escorter dans les ports de Floride chargé d'héroïne.
    Ses clients d'alors se nomment Frank Lucas (joué par Denzel Washington dans American Gangster de Ridley Scott), Louis Cirillo (joué par Joe Pesci dans les Affranchis de Martin Scorcese) et finira au pénitencier de New York : c'est la French connection. Après une évasion rocambolesque, il arrive en Colombie, rencontre la femme de sa vie, Nine avec laquelle il vit toujours. Commence alors seize ans de cavale.
    Très vite le Corse va faire preuve d'un incroyable don pour tourner la poudre : il est baptisé El Mago, le magicien... Ses " talents " vont lui valoir des contrats mirifiques avec les cartels colombiens, et avec le plus célèbre trafiquant d'alors, Pablo Escobar, en pleine ascension. Laurent Fiocconi va travailler dans les laboratoires clandestins de la jungle colombienne, pourchassé par les paramilitaires, les FARC et les cartels rivaux.
    Traqué par la D. E. A, il finit sa carrière dans un pénitencier de haute sécurité américaine avec Mister Nice, le trafiquant de la jet set (film en 2010).

  • Je ne crois pas qu'il existe ce qu'on appelle un «criminel né», mais je n'étais pas sorti depuis bien longtemps de l'enfance lorsque j'ai décidé de faire carrière dans le crime. J'avais dix ans et, déjà, je me préparais à devenir l'Ennemi public numéro Un des États-Unis.

    De 1925 à 1936, Alvin Karpis dévalise, braque, kidnappe et assassine quand il y est contraint, semant le chaos d'un bout à l'autre des États-Unis.
    Traqué sans relâche par J.E. Hoover le patron du FBI, fidèle à ses amitiés, nomade par nécessité, Alvin Karpis deviendra l'obsession du gouvernement américain, l'un des quatre gangsters jamais appelé par les fédéraux «Public Enemy #1» et le seul d'entre eux à y avoir survécu. Gangster est l'incroyable récit de cette vie criminelle, aussi romanesque qu'un polar.

  • Des années trente au années soixante une fratrie corse originaire du village de Calenzana va s'imposer dans le milieu marseillais et régenter en sous-mai la ville : les Guérini.
    Antoine né en 1902 et Barthélémy dit Mémé né en 1908, arrivent à Marseille à 14 ans et font l'apprentissage de la rue. Un pacte va sceller l'entente entre les jeunes Guerini et les parrains d'alors, Paul Carbone et François Spirito (les héros qui ont inspiré Borsalino) : on partage les trafics, on s'achète la bienveillance de la police. Pendant la guerre, Antoine Guerini se tait - et engrange les profits, car les affaires continuent -, et Mémé Guerini, lui, se jette tête baissée dans la Résistance. De cette époque date la rencontre avec Gaston Defferre. Les deux hommes ont des intérêts qui convergent, ils se fréquenteront pendant de longues années, même après l'entrée au gouvernement du futur maire de Marseille.
    Après la guerre, les affaires reprennent de plus belle. Le clan régente désormais l'ensemble de la ville. Les amis de Mémé ont été placés aux bons postes de la mairie. Plus de 200 agents communaux, tous corses, sont désormais des fidèles du clan. Des basses besognes, les hommes des Guerini vont en exécuter ! Grâce à leurs cabarets, les Guerini sablent le champagne avec les vedettes du cinéma et de la chanson. Alain Delon, avec qui Marie-Christine entretiendra une relation toute particulière, fait partie des habitués. Charles Aznavour, Yves Montand, Johnny Hallyday, Lino Ventura, Romy Schneider, eux aussi, fréquentent les Guerini.
    En 1967, c'est le début de la fin. Les guerres de territoire ont repris, et Antoine, le frère de Mémé, est assassiné, un après-midi d'été, de douze balles de 11.43. Quelque temps plus tard, la villa de Mémé est cambriolée. Disparaissent de précieux dossiers concernant le passé douteux de notables, politiques et fonctionnaires pendant l'Occupation. Les Guerini perdent petit à petit appuis, protections, influence. Tombé pour un meurtre pour lequel il s'est toujours déclaré innocent, Mémé fera dix ans de prison et mourra d'un cancer en 1982, quelques années après sa libération.
    Marie-Christine Guérini est la fille de « Mémé » Guérini. Elle a été, malgré elle, mêlée à la saga de la famille qui a régenté Marseille pendant plus d'un demi-siècle.

  • Go fast

    Bruno Di Maio

    Go fast : une expression policière pour désigner les transports de drogue à grande vitesse entre l'Espagne et la France. Des tonnes de cannabis convoyées à plus de 200 km/h, des rives de la Méditerranée jusqu'aux banlieues françaises. Ces dernières années, la drogue a supplanté toutes les autres spécialités du milieu. Elle a assuré une reconversion aux équipes de braqueurs et offert une formidable opportunité aux caïds des cités. Au milieu des années 90, les « banlieusards » se sont émancipés. Jusque-la chauffeurs-transporteurs pour les « beaux mecs », ils ont pris le volant à leur compte, chargeant en vrac les centaines de kilos de shit marocain débarqués sur les côtes espagnoles et portugaises, et appuyant sur la pédale d'accélérateur pour rejoindre le plus vite possible les quartiers. Le « Go fast » était né. Depuis, la technique s'est répandue et, aux côtés des pionniers, les équipes se sont multipliées.
    Bruno di Maio a été l'un des pionniers de ce trafic. Gamin de la région toulousaine, il se rêvait en voyou. La vie va faire de lui un trafiquant chevronné. En quelques années, il passe du négoce de dizaines de grammes à l'importation de milliers de kilos distribués dans toute la France depuis l'Espagne et le Maroc, et des gangs de banlieue aux équipes corses...
    Bruno était un go faster, représentant de cette nouvelle génération de trafiquants... jusqu'a sa rencontre avec Victor, une figure du grand banditisme qui lui a fait passer la vitesse supérieure.
    Façon de parler : les convois ultrarapides ont laissé la place aux transports poids lourds depuis le Maroc, certes plus lents, mais beaucoup plus intéressants. Di Maio a tout fait :
    Homme de main déchargeant les bateaux, convoyeur livrant les grossistes... alternant négoce de cannabis et deal de cocaïne. Son récit qui se déroule - entre la France, l'Espagne et ses plages, le Maroc et ses producteurs, sans oublier un de´tour par l'Amérique du sud et les Caraïbes - apporte un coup de projecteur inédit sur un business qui brasse des milliards d'euros.
    Pour la première fois, Bruno di Maio dévoile la coulisse du trafic : ses règles, ses ruses, ses embrouilles et lève le voile sur les filières qui approvisionnent la France : un témoignage unique.
    Ventes grand format 12 000 ex.
    Livre paru en même temps que le film Go fast avec Roschdy Zem

  • De la prohibition aux années soixante, voici la vie édifiante du chef suprême de la « mafia » américaine, l'un des plus grands criminels que le monde ait jamais connu :
    Salvatore Lucania dit Lucky Luciano.
    Petit immigré sicilien dans le New York des années 1900, Luciano fait les quatre cents coups avec d'autres gamins du Lower East Side : Meyer Lansky, qui restera son ami, Frank Costello ou Bugsy Siegel. Viendront ensuite Al Capone, Vito Genovese, Joseph Bonanno, Dutch Schultz ou Nucky Johnson. C'est le temps du trafic d'alcool, des braquages et des règlements de comptes. Luciano veut bousculer les vieilles traditions de la mafia, et devient, après une guerre sanglante, le chef des cinq familles de Cosa Nostra. Lorsque les États-Unis s'engagent dans la Seconde Guerre mondiale, Lucky Luciano profite de la situation : c'est lui qui contrôle les ports américains, pièce maîtresse de l'effort de guerre. Les services secrets vont aussi l'utiliser pour faciliter le déroulement de l'invasion de la Sicile en 1943. Considérant les énormes bénéfices potentiels d'un marché en pleine expansion, il va, à la fin de sa vie tisser des liens avec les mafias italiennes, et organiser le trafic international de stupéfiants avec les Corses et la pègre marseillaise.
    C'est à partir de ces mémoires que Mario Puzo et Francis Ford Coppola ont créé le personnage mythique de Don Corleone dans le Parrain.
    3500 ex en grand format (La Manufacture de Livres, )

  • 1978, Henri Curiel, 1979, Pierre Goldman : deux figures de l'extrême gauche sont assassinées par une organisation d'extrême droite inconnue, « Honneur de la Police ». En 2012, peu avant de mourir, un homme revendique - à visage couvert - sa participation à l'assassinat de Pierre Goldman. Quant à celle d'Henri Curiel, elle est pour la première fois révélée dans ce livre.
    Cet homme, c'est René Resciniti de Says, dit « l'Élégant ».
    Membre de l'Action française en mai 68, parachutiste au 9e RCP, puis au 6eme RPIMA, parti guerroyer dans les Phalanges libanaises et en Afrique aux côtés de Bob Denard, « instructeur militaire » en Amérique latine, cet « affreux» est un authentique marquis italien né des noces bâclées entre une mère chanteuse lyrique et un père aventurier parti très tôt du domicile conjugal sur les Champs-Élysées. Sa vie d'aventurier nous renvoie aussi bien au cinéma qu'à la littérature. On y passe de la Fureur de vivre aux Chiens de guerre, de la langue d'Audiard d'un Paris interlope aux personnages de Blondin.
    Dans ce roman « vrai », Christian Rol revient sur les assassinats commandités au plus niveau, mais au delà de l'affaire d'État dont il fut la main armée par les « services », il parle d'une jeunesse militante au coeur des groupuscules d'extrême-droite : Occident, ou Ordre Nouveau qui ensanglantèrent le Quartier latin à la fin des années soixante et qui furent un vivier riche en gros bras pour les services parallèles du pouvoir de l'époque et en futur leaders politiques de la France d'aujourd'hui.

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