Littérature traduite

  • Si l'accélération constitue le problème central de notre temps, la résonance peut être la solution. Telle est la thèse du présent ouvrage, lequel assoit les bases d'une sociologie de la « vie bonne » - en rompant avec l'idée que seules les ressources matérielles, symboliques ou psychiques suffisent à accéder au bonheur.
    La résonance accroît notre puissance d'agir et notre aptitude à nous laisser « prendre », toucher et transformer par le monde. Soit l'exact inverse d'une relation instrumentale et « muette », à quoi nous soumet la société moderne. Car en raison de la logique de croissance et d'accélération de la modernité, nous éprouvons de plus en plus rarement des relations de résonance. De l'expérience corporelle la plus basique aux rapports affectifs et aux conceptions cognitives les plus élaborées, la relation au monde prend des formes très diverses : la relation avec autrui ; la relation avec une idée ou un absolu ; la relation avec la matière ou les artefacts.
    Tout en analysant les tendances à la crise - écologique, démocratique, psychologique - des sociétés contemporaines, cette théorie de la résonance renouvelle de manière magistrale le cadre d'une théorie critique de la société.

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  • Comment se fait-il que les arbres ne nous parlent plus ? Que le soleil et la lune se bornent à décrire en aveugle un arc à travers le ciel ? Et que les voix de la forêt ne nous enseignent plus rien ? À de telles questions répondent souvent des récits qui font de nous, « enfants de la raison », ceux qui ont su prendre conscience que les humains étaient seuls au sein d'un monde vide et silencieux.
    Les peuples de tradition orale savent qu'il n'en est rien et l'enquête passionnante de David Abram leur donne raison. Plutôt qu'une prise de conscience, ce qui nous est arrivé est une brutale mutation écologique, qui a interrompu la symbiose entre nos sens et le monde.
    Toutefois, ce n'est pas l'ancien pouvoir d'animation des choses qui s'est tari. Ne sommes-nous pas témoins de scènes étranges ? N'avons-nous pas des visions ? Ne faisons-nous pas l'expérience d'autres vies... lorsque nous lisons ? Et si la magie vivifiante de nos sens avait été capturée par les mots écrits ? Les mots de David Abram possèdent cette magie, et surtout, ils réactivent l'expérience d'un monde au présent. Ce monde alentour qui, en sourdine, continue à nourrir nos manières de penser et de parler, de sentir et de vivre.
    Parce que la terre parle...

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  • La vie moderne est une constante accélération. Jamais auparavant les moyens permettant de gagner du temps n'avaient atteint pareil niveau de développement, grâce aux technologies de production et de communication ; pourtant, jamais l'impression de manquer de temps n'a été si répandue. Dans toutes les sociétés occidentales, les individus souffrent toujours plus du manque de temps et ont le sentiment de devoir courir toujours plus vite, non pas pour atteindre un objectif mais simplement pour rester sur place. Ce livre examine les causes et les effets des processus d'accélération propres à la modernité et élabore une théorie critique de la temporalité dans la modernité tardive.

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  • Pourquoi et comment sortir du capitalisme ? Quelles sont les alternatives d'ores et déjà présentes ? Peut-on, doit-on réinventer les socialismes par des réalisations concrètes ? Avec quels outils, quelles formes d'action, quelles institutions ? Telles sont les vastes questions, solidaires les unes des autres, auxquelles répond ce livre original et magistral, synthèse d'une enquête internationale et collective de plusieurs années sur les théories les plus actuelles de l'émancipation ainsi que sur de nombreux projets vivants de transformation radicale, ou plus graduelle, déjà observables dans les domaines social, économique et politique.
    Grâce à un regard rigoureux et acéré, appelé à fonder un nouveau programme de recherche sur les expérimentations postcapitalistes contemporaines, se détachent une conception neuve du progrès et de ses instruments potentiels ainsi qu'une vision scientifique des modalités de dépassement du capitalisme. Les utopies réelles ne sont ni pour les idéalistes ni pour les réalistes. Ce sont les expériences vécues, les projections audacieuses qui créent dès maintenant les conditions et les formes d'un avenir meilleur, d'un autre futur possible.
    Traité savant, arme au service d'un renouveau nécessaire de l'imagination politique, Utopies réelles figure déjà parmi les classiques de la pensée sociale du XXIe siècle.

  • Le temps des Vikings, c'est ce moment de l'histoire du Moyen Âge, de 800 à l'an mil, où de farouches guerriers venus du Nord sèment la terreur dans de nombreuses villes européennes accessibles par mer ou par voie d'eau. Sur place en un instant, ils pillent, s'emparent des trésors des églises et des monastères, enlèvent des habitants qu'ils échangent contre une rançon ou vendent comme esclaves. On sait moins qu'ils sont aussi ces marchands exceptionnels qui ouvrent de nouvelles voies commerciales entre le Nord, le Califat arabe et l'Empire byzantin. Les Vikings sont les premiers Européens à avoir navigué jusqu'en Amérique.

    Ils se sont installés en Russie, dans les îles britanniques, en Irlande, en Islande et au Groenland. Dernier peuple d'Europe à être christianisé, ils ont développé une poésie d'un raffinement inégalé, mettant en scène les prouesses des guerriers et les aventures des dieux de leur panthéon, confrontés aux géants et aux serpents-dragons.

    L'auteur met à profit les plus récentes découvertes archéologiques (tombes, maisons-halles mais aussi pierres runiques et autres trésors disséminés dans toute la Scandinavie) ainsi que les récits des ambassadeurs arabes. Au temps des Vikings raconte le monde quotidien des paysans ordinaires comme des seigneurs de guerre et des rois - un monde où la magie et les fantômes ont toute leur place - jusqu'à la christianisation et à la normalisation des trois royaumes scandinaves (Danemark, Suède et Norvège) qui s'intègrent à l'Europe du haut Moyen Âge.

    Débarrassés des nombreux mythes et légendes fabriqués depuis des siècles par ceux qui les ont instrumentalisés pour en faire soit de magnifiques guerriers virils, sans peur et sans reproche, soit des barbares, les Vikings redeviennent passionnants.

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  • « La violence de l'opprimé n'est que le reflet de celle de l'oppresseur. [.] Il n'existe pas plusieurs visages d'opprimés. King, Baldwin et Malcolm X jalonnent le même et implacable itinéraire de la révolte, dont il est rare que le ressort, une fois lâché, ne se détendra pas jusqu'au bout », écrivait Albert Memmi en 1965, dans la présentation de la première édition de ce livre, publié aux Éditions François Maspero. « Il n'y a pas de bonne violence, la nôtre, et une mauvaise, celle des autres », écrit dans la présente édition l'auteur du Portrait du décolonisé.
    Car, plus de quarante ans après, la question de l'oppression et de la violence qu'elle suscite est toujours présente, dans le tiers monde comme dans les cités ghettos des métropoles du Nord. D'où l'intérêt de lire (ou relire) aujourd'hui ces entretiens, diffusés en 1963 par une chaîne de télévision américaine, avec trois des figures marquantes des mouvements noirs américains des années 1960 : l'écrivain James Baldwin (1924-1987), « déchiré, intelligent et passionné, qui comprend tout et pardonne beaucoup » ; le « ministre » Malcolm X (né en 1925 et assassiné le 21 février 1965), leader des Musulmans noirs qui « ne comprend plus et ne veut plus comprendre personne » ; et le pasteur Martin Luther King (né en 1929 et assassiné le 4 avril 1968), adepte de la non-violence et de l'amour de l'adversaire.
    Un document irremplaçable pour comprendre les ressorts de la révolte et penser les moyens d'en finir avec l'oppression.

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  • Près d'un siècle après sa publication en allemand, La Domination est enfin disponible en français, sur la base de l'édition critique de référence. Il s'agit d'une pièce fondamentale de la sociologie politique de Max Weber.
    Ces manuscrits, rédigés avant la Première Guerre mondiale, sont fascinants par leur érudition et leur inventivité conceptuelle. C'est en les rédigeant que Weber forge des notions aujourd'hui encore incontournables pour toute sociologie politique : les trois modes de domination légitime, le passage de la domination des notables à la domination des partis de masse, l'opposition groupe de statut (Stand)/classe (Klasse), le patrimonialisme, la hiérocratie, la domination charismatique et le charisme de fonction n'en sont que les exemples les plus célèbres.
    Weber se lance dans une sociologie historique comparative qui préfigure l'histoire globale. Brossant un tableau impressionnant par son ampleur de vue, l'auteur construit les idéaux-types des différents régimes de domination pour mettre le monde occidental moderne en perspective et étudie aussi les relations entre domination spirituelle et domination temporelle.

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  • En 1831, à vingt-deux ans, le jeune Charles Darwin part comme naturaliste sur le Beagle, qui doit faire un tour du monde de cinq ans, en s'attachant plus particulièrement à naviguer le long des côtes de l'Amérique du Sud en passant le cap Horn, puis revenir en doublant le cap de Bonne-Espérance. Ce voyage aura une importance décisive pour la formation de la pensée de Charles Darwin. C'est à partir de là que, ayant rassemblé une somme monumentale, inégalée, d'informations scientifiques, il pourra élaborer le travail qui le mènera à formuler sa théorie de l'origine des espèces, travail dont on devine qu'il est déjà sous-jacent à chaque page de ses passionnantes observations. Il décrit minutieusement les paysages, les roches, les fossiles, la faune, la flore, les phénomènes naturels, les sociétés et les moeurs des habitants...

  • « Le problème du XXe siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs. » Telle est l'intuition fondamentale de W. E. B. Du Bois dans Les Âmes du peuple noir, oeuvre majeure de la littérature nord-américaine. Dans ce recueil d'essais publié en 1903, Du Bois évoque avec une puissance inégalée l'étendue du racisme américain et donne à voir au monde la réalité de l'expérience quotidienne africaine-américaine dans l'Amérique de la ségrégation. Cette nouvelle traduction montre, inscrits dans la langue, tous les enjeux philosophiques d'un texte qui se veut également littéraire.
    L'écriture élégante et passionnée de Du Bois tisse les souvenirs autobiographiques et les paraboles épiques avec les analyses historiques et sociologiques, construisant ainsi l'unité culturelle et politique du peuple noir à partir de la multiplicité de ses âmes individuelles. Ce livre a inspiré l'essentiel de la conscience collective noire et des mouvements en faveur des droits civiques dans les années 1960, et continue d'avoir un retentissement considérable au sein de la communauté africaine-américaine et au-dehors.

  • En 1904, un « inspecteur général de l'éducation » de Lawton (Oklahoma) rencontra un vieil Indien, prisonnier de guerre et déporté, loin de son Arizona natal, à Fort Sill où il finissait ses jours en cultivant des pastèques : il s'agissait du célèbre chef apache Géronimo qui avait tenu en respect victorieusement, des années durant, les meilleures troupes et les plus glorieux généraux des États-Unis. Des liens se nouèrent entre eux, sinon d'amitié (vu la méfiance légitime de l'Apache), du moins de respect mutuel. C'est ainsi que Géronimo accepta de raconter sa vie à S. M. Barrett, ce qui nous permet de lire aujourd'hui ce témoignage du génocide qui marqua la « conquête de l'Ouest ».
    L'Apache chiricahua Go Khla Yeh (1829-1909), surnommé par ses adversaires mexicains Géronimo, est le plus célèbre des grands chefs de la résistance indienne.

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  • En 1723, le Parlement anglais adopte une loi terrible, le Black Act, qui punit de pendaison le braconnage des cerfs dans les forêts royales et les parcs seigneuriaux. La peine de mort est bientôt étendue au simple fait de venir y ramasser du bois ou de la tourbe. Cet épisode s'inscrit dans la longue histoire de la résistance paysanne face à la montée d'une conception de plus en plus exclusive de la propriété, qui grignote peu à peu les anciens droits d'usage coutumiers, et réduit les plus faibles à la misère. Il illustre la violence de la domination sociale dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, où l'oligarchie règne par la loi du profit et la corruption. L'analyse magistrale qu'en donne le grand historien britannique Edward P. Thompson montre comment s'impose, dans l'arène juridique, l'individualisme possessif face aux droits collectifs. Elle fait revivre la brutalité du pouvoir des notables, et la détermination des braconniers, perdants magnifiques : la « guerre des forêts » est aussi une lutte de classes sans merci.

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  • Ce fort volume de La Découverte de l'Amérique constitue l'édition la plus complète des écrits de Christophe Colomb (1451-1506), et la seule accessible à l'heure actuelle au format poche. Il réunit, entre autres textes, le journal de bord du premier voyage (1492-1493) et les relations des trois voyages suivants (1494-1505), enrichis des écrits et des documents historiquement essentiels, comme ceux du fameux « Livre des prophéties », qui éclairent notre compréhension et notre connaissance de Colomb. La figure à la fois énigmatique et fascinante de celui qui fit basculer l'histoire du monde se dégage de ces textes dans toute sa grandeur, ses contradictions, sa complexité.
    La présentation de cette édition précise l'apport personnel de Michel Lequenne aux études colombiennes : il montre que Colomb cherchait moins à atteindre les « Indes », c'est-à-dire l'Asie, qu'un véritable continent encore inconnu. Il ne douta pas de l'avoir découvert, mais crut toujours que ce Nouveau Monde était sud-asiatique ; il ignora que c'était le double continent que nous appelons Amérique. Désormais, nul ne pourra plus méconnaître la personnalité complexe d'un homme ni héros ni saint, exalté certes par les découvertes de ses voyages mais avide de richesse, un homme de son temps, porteur aussi des plus grandes utopies.

  • Rythmé par un va-et-vient permanent entre culture et société, entre réel et imaginaire, entre passé et présent, City of Quartz explore le destin de Los Angeles à travers son urbanisme et son architecture, ses élites politiques et économiques, ses intellectuels et ses artistes, sa police et sa multiethnicité. Pétrie de mythes hollywoodiens et de contradictions écologiques et sociales, la mégapole L.A. y est décrite comme le prisme grossissant permettant de saisir certaines tendances lourdes de la société américaine : privatisation grandissante des espaces publics, séparatisme fiscal et résidentiel des possédants, polarisation sociale et économie de la drogue, développement des dispositifs de sécurité et de surveillance. Paradigme de l'Extrême-Occident, Los Angeles nous parle aussi des virtualités de notre avenir social et urbain. Ce livre est désormais un classique de la sociologie urbaine, mais aussi un ouvrage profondément original s'adressant à un public plus large que les spécialistes des problèmes urbains et déployant une gamme étonnante de ressources intellectuelles et esthétiques. Tout autant qu'une synthèse créative de la tradition de l'École de Chicago et de la théorie critique d'origine européenne, cette oeuvre inclassable est à la ville postmoderne ce que Paris, capitale du XIXe siècle de Walter Benjamin est au monde de Haussmann et de Baudelaire.

  • Ceci est un « livre à thèse », une thèse forte et iconoclaste, qui déplace radicalement notre vision de l'histoire du XXe siècle : les contours et les transformations des régimes politiques dits « démocratiques » ont été largement déterminés par les propriétés géophysiques des principales énergies carbonées, le charbon d'abord, puis le pétrole.
    Ainsi, la pesanteur du charbon, la nécessité de l'extraire des mines puis de le charger dans des convois, etc. ont donné à ses producteurs un pouvoir considérable ; en utilisant la menace d'en interrompre les flux, ils créèrent syndicats et partis de masse, à l'origine des premières démocraties de l'ère moderne. En face, les classes dominantes ont cherché à organiser la transition énergétique à l'échelle mondiale. En effet, grâce à sa fluidité, sa légèreté et son exceptionnelle concentration en énergie, le pétrole permettait de contourner les réseaux et pouvoirs anciens.
    Un autre régime s'est ainsi progressivement mis en place, dans lequel la vie politique s'est retrouvée anémiée, la paix sociale et la prospérité des « démocraties » occidentales ont reposé sur l'autoritarisme moyen-oriental, et où la croissance illimitée s'est transformée en religion. Aujourd'hui, ce système est au bord de l'effondrement et nous pose une question cruciale : comment les énergies postpétrole pourront-elles donner naissance à des régimes réellement démocratiques ?

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  • Au XIXe siècle, on distinguait les religions primitives des grandes religions de la planète sous deux aspects. En premier lieu, les religions primitives seraient inspirées par la peur ; en second lieu, elles seraient inextricablement liées aux notions de souillure et d'hygiène : les primitifs étaient, disait-on à l'époque, convaincus que ceux qui par inadvertance traversaient quelque ligne interdite étaient victimes d'effroyables catastrophes. Mais les anthropologues qui, comme Mary Douglas, ont pénétré plus profondément dans ces cultures primitives ne trouvent pas trace de cette peur. L'hygiène, en revanche, se révèle une excellente piste si nous savons la suivre en profitant des connaissances que nous avons de nos propres sociétés : plus nous connaissons les religions primitives, plus il nous apparaît qu'il y a, dans leurs structures symboliques, une place pour la méditation sur la saleté qui est aussi une réflexion sur le rapport de l'ordre au désordre, de l'être au non-être, de la vie à la mort.

  • Les conceptions que les chercheurs, les journalistes, les décideurs et le grand public se font des sciences datent au mieux d'une cinquantaine d'années, au pire de deux siècles. Alors que les crises écologiques ont mis les activités scientifiques et les innovations techniques au coeur des débats contemporains, nous continuons à les penser comme on le faisait au temps de la lutte contre l'obscurantisme ou de la modernisation triomphante. Ce décalage empêche de réagir devant les imbroglios de politiques, de droit, de science et de technique dans lesquels nous nous trouvons chaque jour plus profondément emmêlés. On accuse souvent la nouvelle anthropologie des sciences et des techniques d'être « relativiste » et de mettre en péril avec l'objectivité, aussi bien la paix civile que la morale. En menant le lecteur de la forêt amazonienne à l'histoire des techniques en passant par les laboratoires de Pasteur et de Joliot, sans oublier l'agora de Socrate, Bruno Latour montre pourquoi il est devenu indispensable d'offrir enfin une vision réaliste des sciences. En fin de compte, c'est toute la Constitution moderne qu'il faut peu à peu refaire. Ce livre est le compagnon de Politiques de la nature qui en prolonge l'entreprise du côté de la philosophie politique. La science est une chose trop importante pour être laissée aux seuls savants.

    Bruno Latour, philosophe et sociologue des sciences, est professeur à Sciences-Po Paris. Il a écrit de nombreux ouvrages et articles sur l'anthropologie du monde moderne. La plupart de ses ouvrages en français ont été publiés à La Découverte, dont Changer de société. Refaire de la sociologie (2006) et Petites Leçons de sociologie des sciences (2007).

  • Le 21 juin 1791, Louis XVI parvient à organiser sa fuite. Quittant le Palais des Tuileries en pleine nuit avec sa famille et des proches, il cherche à gagner secrètement Montmédy où stationnent les armées de Bouillé. On sait ce qu'il advint : le roi fut arrêté dans la petite ville de Varennes et ramené prisonnier à Paris. Deux ans plus tard, le couple royal montait sur l'échafaud. La fuite du roi à Varennes est sans doute l'un des épisodes les plus fameux de l'histoire de la Révolution française, qui fit l'objet de nombreux récits, plus ou moins romancés, de Jules Michelet à Ettore Scola, en passant par Alexandre Dumas. Au point que la légende et l'imagerie d'Épinal ont souvent recouvert la réalité historique. Face à cet événement extraordinaire, l'historien américain Timothy Tackett se donne trois tâches : d'abord raconter dans le détail, presque heure par heure, le déroulement de cette incroyable fuite à partir de l'ensemble des sources et archives disponibles. Ensuite, il explore l'impact de la fuite sur toute la France et restitue l'effervescence politique et sociale ainsi que l'émotion puissante que suscita la trahison du roi dans l'opinion publique, à Paris et en province. Enfin, Timothy Tackett s'efforce de resituer l'événement dans le cours de la Révolution française, et sa radicalisation jusqu'à la Terreur de 1793. Il montre que loin d'être inscrite dans les « gènes » idéologiques de la Révolution, la Terreur doit aussi être comprise à la lumière des événements, notamment par rapport au traumatisme de la trahison du roi et l'émergence de véritables menaces contre-révolutionnaires.

  • Pour la majorité des médias et nombre d'experts, la globalisation et le terrorisme seraient les traits majeurs du monde où nous vivons depuis les dernières décennies du XXe siècle : deux phénomènes présentés comme largement inédits, inévitable pour l'un, à combattre sans merci pour l'autre. Et pourtant, ces deux « fatalités » sont peut être plus éphémères qu'on ne le dit : seule la mise en perspective historique sur la longue période permet d'en prendre conscience, et de comprendre les origines de ces deux phénomènes. C'est ce que montre l'analyse en termes de « systèmes-monde » qu'Immanuel Wallerstein développe depuis plus de trente ans, dans la lignée des travaux de l'historien Fernand Braudel.

  • L'expédition d'Égypte commence le 1er juillet 1798 avec le débarquement à Alexandrie de plus de cinquante mille Français sous le commandement du général Bonaparte. C'est le début d'une équipée militaire et scientifique qui conduira la France du Directoire à occuper le pays des pharaons trois ans durant.
    Cette expédition a été présentée - en premier lieu par Bonaparte lui-même - comme un épisode glorieux du « roman national », mais on sait moins le choc culturel qu'elle a été pour les soldats français, et encore moins la manière dont les Égyptiens l'ont vécue. Juan Cole raconte enfin cette histoire sous toutes ses facettes en s'appuyant sur les témoignages des Français, mais aussi sur ceux des Égyptiens et des Ottomans.
    Était-il possible de concilier les idéaux démocratiques de la Révolution et un régime d'occupation militaire qui n'a reculé devant aucune violence pour parvenir à ses fins ? Bonaparte écrase la population sous les impôts et noie les révoltes dans le sang. Confrontée à la peste qui ravage les troupes, la France devra finalement - humiliation suprême - faire appel à la marine anglaise pour rapatrier ses soldats et mettre fin à une aventure coloniale qui en annonce d'autres...

  • Avocate et militante des droits de l'homme, Shirin Ebadi incarne aujourd'hui la résistance des femmes iraniennes au pouvoir autocratique du régime islamique de Téhéran. Elle a reçu à ce titre le prix Nobel de la paix en 2003, attribué pour la première fois à une femme musulmane. Ce livre raconte une vie tout entière consacrée à la justice. Au début des années 1970, elle est la première femme à être nommée présidente du tribunal de grande instance de Téhéran, à l'âge de vingt-trois ans. Quelques mois après la révolution islamique de 1979, elle est contrainte de renoncer à ses fonctions. Avocate, elle engage alors un combat quotidien contre le régime, ce qui lui vaut d'être plusieurs fois emprisonnée et même menacée de mort : " Toute personne oeuvrant pour les droits de l'homme en Iran doit vivre avec la peur de sa naissance à sa mort, mais j'ai appris à surmonter ma peur. " Aujourd'hui, Shirin Ebadi se consacre surtout à la défense des femmes et des enfants, qui subissent de plein fouet, et jusque dans leur chair, la violence de la culture patriarcale iranienne. Mère de deux filles, elle a fondé par ailleurs une Association de défense des enfants dont les droits sont inexistants dans son pays. Ce livre est le récit des combats d'une femme exceptionnelle contre l'obscurantisme religieux et l'oppression des femmes.

  • « Je ne veux pas la paix entre le scientifique et le constructionniste. Je voudrais que l'on comprenne mieux comment ils sont en désaccord, et pourquoi ils sont inconciliables. » Tel est l'objectif poursuivi par Ian Hacking dans ce livre, désormais classique, où il procède à un examen minutieux des us et abus de ce maître mot du discours des sciences sociales contemporaines, la « construction sociale ». Construction sociale de quoi ?, demande Hacking : les faits, les catégories de genre, les objets, les quarks, la réalité, les maladies, les diagnostics, la pédophilie ?
    En dehors d'un usage inspiré par la mode du discours postmoderne, l'expression se trouve au coeur d'un ensemble impressionnant de recherches nouvelles et de travaux originaux sur les cultures, les sciences, les femmes, l'histoire, la nature ou la littérature. Mais si ce concept est incontestablement utile, il a parfois pris l'allure d'un slogan propre à déclencher l'ire agressive de certains scientifiques et philosophes dits « réalistes », qui voient dans l'idée même que la réalité soit le produit d'une construction sociale une négation relativiste de celle-ci. Écrit avec générosité et humour par l'un des plus éminents philosophes contemporains de la science, ce livre apporte des éclaircissements originaux sur les plus vieilles querelles de la philosophie, sur la nature de la connaissance scientifique et ses rapports au monde dans lequel nous vivons.

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