Gallimard-jeunesse

  • Mon corps est à moi, c'est une évidence. Mais il y a des moments où les choses sont moins claires : quand il se transforme au point de ne plus m'y reconnaître, qu'il échappe à ma volonté, résiste ou se dérobe dans la maladie ou le handicap, qu'il trahit des émotions que j'aimerais garder secrètes. Et c'est aussi en se référant à mon corps, à mon apparence extérieure qu'on me réduit parfois à une identité simplifiée, voire stigmatisante : mon sexe, la couleur de ma peau, la forme de mes yeux ou la texture de mes cheveux sont-ils si importants pour définir qui je suis ? N'est-ce pas au-delà des apparences que je mérite de me définir ?

  • Qu'est-ce que lire ? Quelles opérations intellectuelles et affectives sont mises en jeu dans la lecture ? Pourquoi s'imposer une activité qui peut paraître lente et fastidieuse en comparaison des multiples occupations qu'offrent les nouvelles technologies ? On dit souvent que lire, c'est « s'évader », comme si nous étions des prisonniers insatisfaits de notre condition. Mais n'est-ce pas surtout l'occasion de réfléchir à qui l'on est et à la société dans laquelle on veut vivre, de penser à ce qui structure notre rapport au monde et aux autres ? La lecture nous élève vers ce que l'on peut être de meilleur.

  • On pense, on vit, on agit comme si les races existaient vraiment. Le nier, c'est refuser de voir qu'elles organisent réellement le monde qui nous entoure, alors que les identités sont multiples, faites de multiples brins, tissant ainsi cet écheveau dont on ne maîtrise rien, et qu'on appelle... l'humanité. C'est cette réalité qu'il faut transformer, pour combattre les discriminations raciales et le racisme.

  • La mode est «parlée par tout le monde et inconnue de tous» (Barthes). Alors c'est quoi exactement, la mode? Un phénomène de société, une façon d'être, une industrie, une économie ou un art? S'agit-il de s'intégrer en imitant les autres ou bien de se singulariser? Langage en perpétuelle tension -entre l'individu et le collectif, l'Histoire et le présent, la contrainte et la liberté-, la mode reflète avant tout ce que l'on est, nos forces comme nos fragilités.

  • Le bonheur est à la fois notre objectif individuel et notre projet de société : un paradoxe insoluble. Ce qui nous rend heureux est mystérieux et intime. Mais c'est l'une des marques de notre humanité, une humanité qui s'épanouit dans la relation aux autres : le bonheur n'est-il pas contagieux ?

  • Il n'y a pas de vie humaine sans une part importante et nécessaire de narcissisme : nul n'y échappe. Mais l'époque actuelle se caractérise par un individualisme démesuré, excessivement préoccupé par l'image, par l'apparence : une forme nouvelle de narcissisme, un narcissisme inédit, largement décomplexé, voire encouragé, où le reflet se substitue à la réflexion...

  • « C'est pour ton bien ! » Cette expression, qu'elle s'adresse à un enfant ou à un adulte, suppose une relation inégale entre celui qui sait et doit convaincre et celui qui ne sait pas et doit entendre l'argument. Le savoir s'articule donc à une relation de pouvoir (celui des parents, du professeur, du médecin...). Mais de quelle « bienveillance », de quelle autorité s'agit-il vraiment ? Et n'est-ce pas dans le domaine politique et social que cette dissymétrie pose le plus de questions ? Éduquer, n'est-ce pas surtout une occasion de s'éduquer soi-même ?

  • Toute expérience, quelle qu'elle soit (une brûlure, une passion, un voyage, une naissance ou une mort) nous modifie. Si l'on apprend sur soi, sur les autres, sur le monde, c'est bien toujours un je qui apprend, jamais un nous. Mais le sens même d'une expérience suppose d'envisager son possible partage. Chacun de nous apprend de sa propre expérience et de celle des autres, mais toutes ces expériences ne méritent ce nom que si elles s'inscrivent dans l'horizon d'un nous...

  • Suffit-il de connaître le nom d'un homme, son origine, ses actions passées pour savoir qui il est? Se demander «qui suis-je?», c'est s'interroger sur ce qui nous caractérise en propre, découvrir ce par quoi l'on reste semblable à soi-même à travers le temps et par-delà les contingences de la vie: celui que, tout à la fois j'ai été, je suis et je serai... Loin d'être fixée et close sur elle-même, l'identité est donc éminemment paradoxale - je ne suis plus celui que j'étais et je demeure celui que j'étais-, ouverte et mouvante...

  • Smartphones, internet, biotechnologies, robotique, microchirurgies : il n'est plus seulement question de transformer le monde ou nos conditions de vie, mais l'être humain lui-même. Quels sont les impacts et les enjeux des nouvelles technologies ? L'homme de demain sera-t-il « augmenté », doté de capacités supérieures et d'un cerveau hybride, ou bien diminué, privé de ce qui donne du sens à notre vie : la fragilité et la mortalité ?

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