Parascolaire

  • La violence est déclinée à l'infini dans l'écriture romanesque de Mario Vargas Llosa. Il s'agit dans cet ouvrage de comprendre comment le texte peut rendre compte de cette litanie de manifestations de la violence, s'il n'y a pas un écart entre le dit et la manière de le dire. C'est dans l'écart ou dans la réduction de celui-ci que s'immisce l'autorité de l'écrivain, celle qui révèle le texte et son contenu au lecteur, la seule capable de sublimer la matière violente.

  • Ce livre s'adresse aux étudiants qui entreprennent un cursus de littérature espagnole (spécialistes et comparatistes) et qui sont amenés à réfléchir sur la nature du discours poétique.
    Il est assorti d'exercices avec leurs corrigés. Cet ouvrage se veut pratique et en même temps il se présente comme une réflexion sur la poésie contemporaine de langue espagnole. L'accent a été mis sur des notions qui ne sont pas toujours très bien perçues comme celles de la voix, du personnage poétique ou encore la façon dont le rythme habite la poésie contemporaine après l'éclatement de la versification classique, d'où l'intérêt pour le poème en prose, signe patent de la perte de visibilité des anciens genres qui définissaient la poésie lyrique.
    Le concept de voix est utilisé dans un sens logico-sémantique pour montrer la non adéquation entre l'auteur et celui qui parle, les personnes grammaticales opérant comme des masques pour un sujet qui refuse d'être identique à lui-même. La typologie des textes proposés permet de parcourir les différentes questions liées au lyrisme contemporain en cherchant à ne pas perdre de vue, soit sous la forme du commentaire composé, soit dans l'explication linéaire, les axes de lecture qui donneront une cohérence à l'interprétation.

  • L'écrivain bolivien Edmundo Paz Soldén (Cochabamba, 1967) se lance très jeune dans l'écriture sous l'influence de Borges, Cortézar ou encore Onetti. En 1997 il gagne le prestigieux concours "Juan Rulfo" organisé par RFI avec la nouvelle Dochera, histoire d'un inventeur de mots croisés qui tombe éperdument amoureux d'une femme et décide d'utiliser les mots pour réinventer le monde et adresser des messages d'amour à travers ses mots croisés. L'année suivante il publie le recueil de nouvelles Amores imperfectos et son troisième roman, Rio Fugitivo, qui lui valent une reconnaissance internationale inédite pour un écrivain bolivien. Actuellement professeur de Littérature latino-américaine à l'Université de Cornell, cet auteur prolifique fasciné par les nouvelles technologies ne cesse d'interroger les rapports entre le réel et la réalité virtuelle (Sueiios digitales, 2000 ; El delirio de Turing, 2003). Son huitième et dernier roman, Los vivos y los muertos (2009) propose une réflexion sur la violence dans une société -la société nord-américaine- en perte de repères. Cet ouvrage, préparé sous la direction d'Erich Fisbach, professeur de littérature hispano-américaine à l'Université d'Angers, réunit les travaux de chercheurs français, espagnols, boliviens, britanniques et nord-américains.

  • La publication d'un ouvrage bâti autour de La Célestine se propose d'enrichir et de problérnatiser, d'une part, la portée et le sens d'une oeuvre devenue une véritable encyclopédie des savoirs et de nourrir, d'autre part, une réflexion en profondeur susceptible d'aider les candidats au Capes et à l'Agrégation d'espagnol (session 2008) à se saisir d'un texte aussi prestigieux que difficile à circonscrire. Pour ce faire, il convient de respecter, d'emblée, les axes d'articulation de la question du programme. Celle ci invite les préparationnaires à s'interroger sur deux notions clés, énoncées de façon contrastée, à savoir le pessimisme et la vitalité qui nimbent la trame de La Célestine sans négliger pour autant ses racines médiévales ni son étonnante ouverture à la modernité des questionnements et des regards multiples et enchevêtrés portés sur une société conflictuelle, rongée par la décadence et une profonde crise des valeurs qui correspond à la fin d'un très long Moyen Âge.

  • Plus qu'un manuel, cet ouvrage entend renouveler les approches que la bibliographie critique sur l'oeuvre de Miguel Hernández a eu tendance à imposer : El rayo que no cesa, Viento del pueblo et Cancionero y romancero de ausencias sont trois recueils différents dans leurs modalités littéraires, mais qui, placés sous le signe du sujet lyrique, obéissent à une unité profonde. Sans doute la notion de « déchirement » reflète-t-elle la vocation du poète aux prises avec l'histoire, l'engagement pour la cause républicaine et un retour sur soi du sujet soumis aux pouvoirs d'Eros et de Thanatos.

  • Cette anthologie entend offrir aux étudiants et, au-delà, à un large public, des extraits significatifs de la poésie espagnole de 1925 à nos jours.

    A côté des tendances et époques clairement établies, la place a été faite à la poésie de l'exil, consécutif à la guerre civile, au réveil de l'esthétisme, à la poésie de l'expérience qui dépasse les clivages hérités de la lutte idéologique, enfin au culturalisme. On perçoit mieux dans quelle continuité s'expriment les auteurs nés après 1940, qui contribuent aujourd'hui à assurer le renouvellement du lyrisme espagnol.

    La présentation de chaque poète fournit les grands lignes de son évolution et l'introduction montre sur quels critères on peut esquisser une histoire de la poésie espagnole.

  • Ce manuel aborde l'oeuvre la plus connue de don Juan Manuel en revenant sur ses différents aspects et en revisitant les travaux fondamentaux qui ont jalonné la recherche sur la littérature du Moyen Âge, le genre didactique et les écrits sapientiaux. Il fait aussi la part belle à de nouvelles perspectives d'étude et aux moyens technologiques mis à la disposition des chercheurs et des étudiants depuis quelques années.

  • L'étude de la concordance des temps dans la tradition grammaticale et linguistique espagnole témoigne d'une absence de théorisation : ce que l'on nous annonce comme une théorie de la concordance des temps est, en réalité, un certain classement des effets de discours des temps verbaux. Au coeur de cette étude prend place la nouvelle théorie des modes et des temps de Gilles Luquet, en particulier l'opposition entre un mode actualisant et un mode inactualisant, Au sein du mode inactualisant, la langue espagnole ne contraint à aucun respect ou non-respect de la concordance des temps, mais elle autorise l'alternance en fonction du degré d'inactualité retenu.

  • Cet ouvrage analyse, à partir des trois oeuvres romanesques au programme de l'agrégation externe d'espagnol, la relation complexe entre art, pouvoir et violence en Amérique latine. Lituma en los Andes de Mario Vargas Llosa, Abril rojo de Santiago Roncagliolo et Trabajos del reino, Yuri Herrera (2004) ont en commun de partager la même thématique ancrée dans la réalité historique de leurs pays respectifs : la « guerre populaire » qu'a menée Sentier Lumineux ou la violence des narcotrafiquants qui gangrène l'État mexicain.

  • Qui n'a entendu en Espagne, pour donner quelques exemples, des expressions comme Es la casa de tócame Roque, Ser como la carabina de Ambrosio ou des proverbes comme A cada cerdo le Ilega su san Martin ou encore Al buen callar le Ilaman Sancho ? Ce dictionnaire contient près de 4000 locutions, interjections, dictons et proverbes dont un nom ou un prénom sont l'ingrédient principal.
    Les pages qui suivent constituent un florilège de ce type d'expressions souvent fort savoureuses qui vont du Moyen Age à nos jours. Leur sens n'étant pas toujours évident, nous avons essayé de déchiffrer le sens et l'origine de certaines d'entre elles que l'on trouve rarement dans les dictionnaires généraux et pas toujours dans les recueils de proverbes et d'expressions. Les étudiants, en particulier, pourront découvrir ainsi l'origine et le sens d'expressions qui peuvent s'avérer fort utiles dans l'exercice de la traduction.
    Entrons maintenant dans la danse, dans ce grand carnaval des noms. Nous y trouverons des rimes de mirliton, des expressions fort désuètes, voire obsolètes mais aussi d'autres plus modernes et plus proches de nous. Nous y verrons des expressions tour à tour impertinentes, malicieuses et coquines, misogynes, anticléricales et étonnamment iconoclastes, souvent cruelles, grossières ou consternantes, réjouissantes maintes fois, délicates parfois et toujours pittoresques.

  • La question de civilisation L'Espagne des validos ouvre un chantier dense, complexe et pluridimensionnel. En s'appuyant sur les avancées récentes de l'historiographie, sur deux oeuvres de Francisco de Quevedo et sur l'iconographie, cet ouvrage veut aider les étudiants à traiter la question dans toute son étendue.

  • Ce livre retrace, depuis les premiers combats féminins et féministes du début du xxe siècle et jusqu'à la dissolution de la section féminine en 1977, l'histoire des femmes qui, ayant voulu prendre part au combat politique, en ont connu les grandeurs et les avatars.
    Il est à la fois réflexion, galerie de portraits et de témoignages sur ce que fut cette lutte menée avec la détermination et l'enthousiasme de femmes parfois très jeunes et qui y ont souvent perdu la vie. de la iie république, qui voit éclore l'une des législations les plus avancées de l'europe de ce temps, jusqu'à la fin de la dictature du général franco qui la balaya d'un revers de la main avec la brutalité que l'on sait et que ce livre évoque de façon détaillée, en passant par une effroyable guerre civile qui vit exploser une polarité que le contexte international ne fit qu'exacerber, c'est une grande partie de l'histoire de l'espagne au xxe siècle que ce livre raconte.
    Mais c'est surtout une histoire vue par les femmes qui prirent part à ce long combat, gagné pour les unes, perdu pour les autres qui, du fond de leur prison ou de l'exil, surent toutefois entretenir la flamme de la liberté de conscience et de l'égalité des sexes.

  • " L'homme n'a pas de nature - écrivit Ortega y Gasset - ce qu'il a c'est une histoire ".
    Les éléments constitutifs de l'homme (mobilité, changement, etc. ) caractérisent également les peuples, les communautés, les territoires : pour savoir ce qu'est une nation, il faut avant tout chercher à savoir comment elle est parvenue à être ce qu'elle est. Nations, Etats, régions ne sont pas des essences permanentes et univoques : la nation comme " communauté imaginée ", idéalisée et éternelle, fut une invention du nationalisme politique et littéraire des XIXe, et XX siècles.
    Et la vérité historique nous enseigne que les nations et parmi elles l'Espagne. ) furent et sont des héritages mixtes, le résultat de intégration au cours des siècles de différents substrats ethniques, démographiques et culturels : elles sont donc des réalités politiques et sociales historiques, c'est-à-dire changeantes et ouvertes. Ce livre étudie la construction de l'Espagne comme nation depuis les Rois Catholiques.
    Il veut être, à la fois, une vision non essentialiste de la formation de l'Espagne, et une vision non nationaliste du problème des nationalités et des nationalismes. Juan Pablo Fusi se livre à une analyse éclairante et opportune de cette histoire et à une brillante réflexion sur la question centrale de la lutte politique dans l'Espagne contemporaine.

  • Cet ouvrage a été conçu pour répondre aux besoins des étudiants confrontés, pendant leur cursus, à l'étude des questions de civilisation.
    Les auteurs se sont proposés de parcourir tous les types d'exercices pratiqués dans le 1 cycle de la filière Langues et Civilisations étrangères jusqu'aux Concours, en expliquant chaque foi ; la démarche qui permettait de justifier les argumentations. Une place importante est faite à la méthode comment choisir un plan (chronologique, thématique, dialectique), comment analyser une problématique, comment développer un discours argumenté qui prenne en compte les divers aspects propres au champ historique.
    Les applications, traitées sous la forme de 23 sujets, permettront de voir comment on peut adapter la méthode à différentes époques, sans tomber dans un formalisme excessif. La pluralité des auteurs montre que la méthode n'est pas un carcan et qu'elle laisse la place à des interprétations personnelles, en veillant toujours à la rigueur. La variété des sujets traités tient non seulement aux différentes époques, mais aussi à la nature des documents proposés (manifeste, extrait de presse ou de mémoires, actes notariés, tableau de maître, etc.).
    La bibliographie réunit des références classiques tout en intégrant des publications plus récentes. Elle signale aussi des anthologies de documents qui constituent le matériau de base de l'historien.

  • Los rios profundos, publié en 1958, est le deuxième roman de l'écrivain péruvien José Maria Arguedas (1911-1969).
    Héritier du courant indigéniste qui, dans les années 1920-1930 au Pérou, dénonce la situation d'asservissement et de pauvreté que le système de l'hacienda impose aux paysans indiens dans les Andes, le roman transgresse les lois du genre réaliste en mettant en place un dispositif narratif original. Le personnage-narrateur, double de l'auteur, à la croisée de deux cultures, celle du monde quechua dans lequel il a été élevé et celle de la culture du Pérou officiel, catholique et blanche, devra trouver sa place dans le microcosme du collège religieux d'une petite ville des Andes, Abancay.
    Ce roman d'apprentissage d'un jeune adolescent est aussi une recherche formelle pour l'écrivain qui tente de restituer en espagnol une autre culture, panthéiste et harmonieuse, celle du monde indien. Réalisme magique, autobiographie fictionnelle, recherche identitaire, les codes de lecture de l'oeuvre sont nombreux ainsi que les questions d'ordre théorique que pose le roman d'un écrivain-ethnologue.
    Mais au-delà d'une lecture interprétative multiple, Los rios profundos, grâce au style de l'auteur que l'on pourrait assimiler à une écriture de l'enchantement, est un grand texte lyrique, un roman-poème, où l'imaginaire universel reconnaît dans " les fleuves profonds " la nature de ses rêves.

  • Cette anthologie en espagnol réunit trente-et-une nouvelles représentatives des diverses tendances du genre policier hispano-américain, depuis le début du XXe siècle à nos jours.
    Au départ très proches des écrivains anglo-saxons et français, les auteurs se sont écartés peu à peu des formes mimétiques pour produire des textes originaux. Les différentes formes parodiques, le réalisme, la modernité et la post-modernité ont trouvé ainsi leur place. Le travail sur le langage, la construction de personnages qui s'éloignent des modèles typologiques traditionnels, les intrigues qui brossent directement ou indirectement un tableau des sociétés hispano-américaines constituent des sources de mise en question qui renouvellent le genre policier.
    L'anthologie regroupe des auteurs originaires de onze pays différents.

  • A partir de méthodes et d'exercices spécifiques, l'équipe Roswita a voulu balayer les grands thèmes et les scènes majeures de ces trois oeuvres. Ces productions théâtrales du début du XXe siècle, malgré leur diversité, obéissent à la même finalité : représenter, penser et dénoncer l'histoire contemporaine, afin d'offrir à la scène espagnole le miroir de sa propre réalité.

    CAPES-Agrégation d'Espagnol 2007-2008

  • Il est des périodes charnières dans l'histoire de l'humanité qui marquent l'avenir et suscitent des interrogations sur le passé. Tel est le cas de l'Amérique latine des années 70, qui a été la scène d'affrontements violents et généralisés comme on en avait rarement vu au cours des siècles. Dans un monde encore partagé entre l'Est et l'Ouest, dans lo prolongation des effets de la Guerre Froide, les pays latino-américains cherchaient des voies politiques originales. Une répression sans précédent s'est alors abattue sur ces sociétés. L'autoritarisme s'y est imposé. Le discours autoritaire, la vision unilatérale et sans partage ont tenté d'étouffer toute voix discordante. Comment ce discours a-t-il pu s'imposer ? Quels sont les mécanismes qui ont permis sa reproduction ? De quelle manière les médias, les artistes, la société en générale ont-ils contré cette parole omniprésente ? A travers un regard transversal et pluridisciplinaire qui associe la sociologie, l'histoire, la linguistique et les études culturelles et littéraires, les spécialistes des questions latino-américaines du Laboratoire Interdisciplinaire de Recherches sur les Amériques (LIRA/ERILAR, Rennes 2) proposent des réponses et rappellent qu'il faut des générations pour reconstruire la mémoire, pour revisiter les couloirs de l'histoire cachée, pour faire émerger la vérité, avant que la reconstruction de l'être humain ne soit possible.

empty