Maylis de Kerangal

  • «Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps.» Réparer les vivants est le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de geste, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.

  • Canoës

    Maylis de Kerangal

    « J'ai conçu Canoës comme un roman en pièces détachées : une novella centrale, «Mustang», et autour, tels des satellites, sept récits. Tous sont connectés, tous se parlent entre eux, et partent d'un même désir : sonder la nature de la voix humaine, sa matérialité, ses pouvoirs, et composer une sorte de monde vocal, empli d'échos, de vibrations, de traces rémanentes. Chaque voix est saisie dans un moment de trouble, quand son timbre s'use ou mue, se distingue ou se confond, parfois se détraque ou se brise, quand une messagerie ou un micro vient filtrer leur parole, les enregistrer ou les effacer. J'ai voulu intercepter une fréquence, capter un souffle, tenir une note tout au long d'un livre qui fait la part belle à une tribu de femmes - des femmes de tout âge, solitaires, rêveuses, volubiles, hantées ou marginales. Elles occupent tout l'espace. Surtout, j'ai eu envie d'aller chercher ma voix parmi les leurs, de la faire entendre au plus juste, de trouver un «je», au plus proche. ».
    (M. de K.)

  • Étudiante au prestigieux Institut supérieur de peinture de Bruxelles, Paula rencontre Jonas, jeune peintre surdoué et énigmatique, et Kate, une Écossaise débrouillarde et impulsive. Des liens indéfectibles se tissent au sein du trio à mesure qu'ils se forment à l'imitation des matières. Donner l'illusion d'une essence de bois, de l'usure d'un marbre, d'un heurt sur une écaille de tortue, nécessite minutie, technicité, mais aussi quelque chose d'autre. Paula doit comprendre ce qu'elle peint. Mais comment cette fille d'une vingtaine d'années seulement pourrait-elle appréhender l'ampleur de ce qui a traversé les siècles ?Sa jeunesse se passe, rythmée par les coups de pinceau, le travail acharné, les nuits blanches et muscles endoloris, les soirées alcoolisées. Son diplôme obtenu, Paula continue d'exercer son art, à Paris, puis à Moscou et surtout en Italie, sur les décors de grands films, des fabriques à rêves. Le trio se sépare, Paula fait de nouvelles rencontres, se libère, s'égare, vit sa vie, à la mesure de chantiers toujours infiniment plus grands qu'elle, et qu'elle s'efforce de saisir d'un geste de la main.

  • « Finbarr repoussa la couverture, repoussa l'idée de la bière et du tabac, l'idée d'un tour au pub ou d'un racket crapuleux derrière les tanneries, il repoussa l'idée des filles de Belgooly. Il écarta tout cela et alors, il ne resta plus devant lui que l'avenir tout nu et qui n'en finissait pas. » Irlande, 1915. La nuit où Finbarr Peary décide de quitter le petit village misérable dans lequel il a grandi, un navire échoue près de la côte. Les décisions qu'il prendra alors bouleverseront le cours de son existence.
    Été 2003, une expédition nocturne s'organise sur les pentes du Stromboli. Deux amis, aux prises avec leurs vertiges volcaniques, tombent sous le charme d'une inconnue, Antonia. Cette rencontre pourrait bien précipiter leur chute à tous...

  • Corniche Kennedy

    Maylis de Kerangal

    " Les petits cons de la corniche.
    La bande. On ne sait les nommer autrement. Leur corps est incisif, leur âge dilaté entre treize et dix-sept, et c'est un seul et même âge, celui de la conquête : on détourne la joue du baiser maternel, on crache dans la soupe, on déserte la maison. " Le temps d'un été, quelques adolescents désoeuvrés défient les lois de la gravitation en plongeant le long de la corniche Kennedy. Derrière ses jumelles, un commissaire, chargé de la surveillance de cette zone du littoral, les observe.
    Entre tolérance zéro et goût de l'interdit, les choses vont s'envenimer...Apre et sensuelle, la magie de ce roman ne tient qu'à un fil, celle d'une écriture sans temps morts, cristallisant tous les vertiges.

  • «À l'aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c'est un autre homme qui sort des bois, c'est un homme hors de lui, c'est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d'acier, irise les nappes d'hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte.» Ce livre part d'une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d'un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d'une dizaine d'hommes et femmes, tous employés du gigantesque chantier. Un roman-fleuve, «à l'américaine», qui brasse des sensations et des rêves, des paysages et des machines, des plans de carrière et des classes sociales, des corps de métiers et des corps tout court.

  • Brasserie parisienne, restaurant étoilé, auberge gourmande, bistrot gastronomique, taverne mondialisée, cantine branchée, Mauro, jeune cuisinier autodidacte, traverse Paris à vélo, de place en place, de table en table. Un parcours dans les coulisses d'un monde méconnu, sondé à la fois comme haut-lieu du patrimoine national et comme expérience d'un travail, de ses gestes, de ses violences, de ses solidarités et de sa fatigue. Au cours de ce chemin de tables, Mauro fait l'apprentissage de la création collective, tout en élaborant une culture spécifique du goût, des aliments, de la commensalité. À la fois jeune chef en vogue et gardien d'une certaine idée de la cuisine, celle que l'on crée pour les autres, celle que l'on invente et que l'on partage.
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  • « T'es rock, t'es pas rock. La vie rock. Ce n'est pas gravé sur les disques, ce n'est pas imprimé dans les livres. Une épithète consubstantielle, un attribut physique comme être blonde, nerveux, hypocondriaque, debout. Rock rock rock. Le mot est gros comme un poing et rond comme un caillou. Prononcé cent fois par jour, il ne s'use pas. Dehors le ciel bouillonne, léger, changeant quand les nuages pèsent lourd, des milliers de tonnes bombent l'horizon derrière les hautes tours, suspendus. Être rock. Être ce qu'on veut. Plutôt quelque chose de très concret. Demandez le programme! » Le Havre, 1978. Elles sont trois amies inséparables. Un dimanche de pluie, elles font du stop, et dans la R16 déboule la voix de Debbie Harris, la chanteuse de Blondie. Debbie qui s'impose aux garçons de son groupe, Debbie qui va devenir leur modèle.

  • Après Tanguy Viel, c'est au tour de Maylis de Kerangal d'interroger sa pratique d'écrivain par le détour de l'image. Comme le peintre ou le photographe, le romancier cadre, scénographie, traque l'insaisissable, donne forme à une expérience sensible et inédite du monde. Comme le cartographe, il construit un réseau de noms.

    Avec Chromes, Maylis de Kerangal explore la combinaison complexe d'aspirations, de motifs personnels et d'opérations formelles par laquelle ses livres adviennent.

    Maylis de Kerangal est née en 1967 et a grandi au Havre. Ses romans et nouvelles sont publiés aux éditions Verticales. Parmi eux, Corniche Kennedy (2008), Naissance d'un pont (2010, prix Médicis et prix Franz Hessel), Tangente vers l'est (2012, Prix Landernau), Réparer les vivants (2014, lauréat de nombreux prix littéraires et adapté au théâtre et au cinéma) et Un monde à portée de main (2018). Son dernier ouvrage, Kiruna, a paru en 2019 aux éditions La Contre-Allée. Elle est membre du collectif Inculte.

    Chromes est le nouveau Diaporama de l'IMEC.

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  • Le 3 octobre 2013, un navire venu de Libye débordant de réfugiés sombre au large de l'île de Lampedusa, faisant plus de 300 victimes. Maylis de Kerangal est dans sa cuisine, seule. C'est la nuit. Elle écoute la radio, le drame, les victimes. Imperceptiblement son esprit se détache de la réalité, se laisse emporter par un mot qui s'impose à son insu : Lampedusa.
    Immédiatement, c'est le visage de Burt Lancaster qui s'invite. Quel rapport avec la catastrophe ?
    Il est le prince Salina di Lampedusa du Guépard de Visconti, film adapté de l'unique roman de Guiseppe Tomasi di Lampedusa qui raconte le déclin de l'aristocratie sicilienne au début du XXe siècle. Aux images de naufrages, Maylis de Kerangal superpose celles, baroques et crépusculaires, du célèbre long-métrage. Et se dessine la silhouette de Burt Lancaster en noble sicilien, lui le comédien né à New York de parents anglo-irlandais. Prince et migrant à la fois.
    Comme le flux et le reflux qui charrient les corps des noyés, Maylis de Kerangal repasse par sa cuisine où, « à ce stade de la nuit », son poste de radio poursuit le lancinant récit du drame avant qu'à nouveau, elle se laisse prendre par le souvenir d'autres îles, Stromboli à la « sensualité fatale » évoquée dans une ardente nouvelle (« Sous la cendre »), par le naufrage du Lusitania au sud de l'Irlande en 1915 qui amorce son récit « Ni fleurs ni couronnes », ainsi que par d'autres voyages, d'autres ouvrages, avant de revenir à Lampedusa, symbolisant dorénavant « la honte et la révolte ». Lampedusa : deux planètes à leur point de friction ? Ou la même humanité à son point de jonction ?
    Avec ce texte court à l'écriture précise, subtile, presque douce, l'auteure invoque la magie des mots, et leur puissance évocatrice permet de faire vibrer, a posteriori, tout son parcours romanesque autrement, depuis Ni fleurs ni couronnes jusqu'à Réparer les vivants. Il est rare qu'en tentant de mettre à nu son art poétique, un écrivain parvienne si bien à condenser la trajectoire d'une écriture et à faire oeuvre à part entière.

  • Dotée d'une carte blanche dans le cadre des résidences « Mineurs d'un autre monde », Maylis de Kerangal prend un vol à destination de Kiruna et nous emmène en Laponie suédoise. Sur le mode du reportage littéraire, elle nous invite à la découverte de l'une des plus grandes exploitations minières encore en activité.
    LA VILLE DE KIRUNA Kiruna est une ville de 18 154 habitants. Sa création en 1903 découle directement de la présence d'un gisement de fer issu du bouclier scandinave et reste encore aujourd'hui au fondement de l'économie de la cité.
    La société minière LKAB est créée en 1890 pour exploiter le gisement.
    1,1 milliard de tonnes de minerai ont été extraits en 110 ans d'exploitation.
    En 2004 les résultats d'un diagnostic des sols révèlent que la ville menace de s'effondrer. Une opération débutée en 2009 vise à déplacer la ville minière de 5km...

  • 'Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d´une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés sur les couchettes, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, plus de quarante heures qu´ils sont là, à touche-touche, coincés dans la latence du train, les conscrits.' Pendant quelques jours, le jeune appelé Aliocha et Hélène, une Française montée en gare de Krasnoïarsk, vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d´un bout à l´autre du Transsibérien. Les voilà condamnés à fuir vers l´est, chacun selon sa logique propre et incommunicable.

  • Une panne de voiture fait échouer un jeune homme, antoine dezergues, à ribérac, une petite bourgade du sud-ouest peuplée d'âmes solitaires.
    Deux personnages surgissent à égale distance de lui : armand tabasque, libraire en faillite, et claire, sa nièce, venue se réfugier chez lui. un lourd secret lié à la seconde guerre mondiale hante les consciences coupables de ce village endormi. les manipulations de tabasque et l'innocence naïve d'antoine vont alors permettre aux intrigues de se dévoiler. triangulation du désir, opacité du passé, mensonges et porosités de la mémoire s'entrechoquent sur fond de campagne automnale.

  • Ariane, la trentaine, travaille pour la revue l'archiviste, spécialisée dans la recherche généalogique.
    Elle enquête sur le puzzle des origines d'autrui ,jusqu'au jour oú jeanne malauzier, sa tante, la charge de retrouver l'éphémère et secret amour de sa jeunesse guindée. de barcelone au havre en passant par vals-les-bains, ariane voit remonter à la surface un autre mirage sentimental.
    Avec la vie voyageuse, maylis de kerangal a écrit un livre d'aventures de l'intime. elle nous fait partager une errance identitaire qui évoque la géographie sentimentale de certains films d'antonioni.

  • Retrouvez dans ce dossier les premiers chapitres des titres de la rentrée littéraire d'hiver 2014 des éditions Gallimard :

    Dominique Barbéris (La vie en marge) ; Lilyane Beauquel (En remontant vers le Nord) ; Tahar Ben Jelloun (L'ablation) ; Maylis de Kerangal (Réparer les vivants) ; Jean-Michel Delacomptée (Ecrire pour quelqu'un) ; Slobodan Despot (Le miel) ; Arthur Dreyfus (Histoire de ma sexualité) ; Philippe Le Guillou (Les années insulaires) ; Ian McEwan (Opération Sweet Tooth) ; Astrid Rosenfeld (Le legs d'Adam) ; Philippe Sollers (Médium).

    Vous pouvez accéder directement à chaque extrait par la table des matières de ce dossier ou lire les extraits à la suite. Retrouvez aussi photographie et biographie des auteurs. Tous ces livres numériques seront disponibles entre le 2 janvier et le 16 janvier 2014 chez votre libraire.

  • Retrouvez dans ce dossier gratuit les premiers chapitres de 15 titres incontournables pour vos lectures d'été, dans les collections Blanche, Série Noire et Du monde entier :

    Donnybrook (de Franck Bill), Noces de charbon (de Sophie Chauveau), Expo 58 (de Jonathan Coe), I Cursini (d'Alix Deniger), L'emprise (de Marc Dugain), Réparer les vivants (de Maylis de Kerangal), Ni toi ni moi (de Camille Laurens), Tempête (de J.M.-G. Le Clézio), Dernière récolte (d'Attica Locke), Opération Sweet Tooth (de Ian McEwan), Police (de Jo Nesbo), Cevdet Bey et ses fils (d'Orhan Pamuk), Le collier rouge (de Jean-Christophe Rufin), L'affaire Collini (de Ferdinand von Schirach) et S'abandonner à vivre (de Sylvain Tesson).

    Vous pouvez accéder directement à chaque extrait par la table des matières de ce dossier ou lire les extraits à la suite. Retrouvez aussi photographie et biographie des auteurs. Tous ces livres numériques sont en vente chez votre libraire.

  • Winner of the Wellcome Book Prize 2017.Longlisted for the Man Booker International Prize 2016. Now a major French film, REPARER LES VIVANTS/HEAL THE LIVING, directed by Katell Quillevere and starring Emmanuelle Seigner.
    A twenty-four-hour whirlwind of death and life.In the depths of a winter's night, the heart of Simon Limbeau is resting, readying itself for the day to come. In a few hours' time, just before six, his alarm will go off and he will venture into the freezing dawn, drive down to the beach, and go surfing with his friends. A trip he has made a hundred times and yet, today, the heart of Simon Limbeau will encounter a very different course.But for now, the black-box of his body is free to leap, swell, melt and sink, just as it has throughout the years of Simon's young life.5.50 a.m.This is his heart.And here is its story.Translated from the French by Jessica Moore

  • « Au son de la clochette, je suis entré dans une courette en ciment où s'alignaient des semis en pots, un fauteuil de plastique blanc, un balai. J'ai attendu, fléchissant les genoux pour voir au travers du carreau de la porte. Ariane est arrivée derrière moi, une bassine rose fluo dans les bras, la voix basse et limpide : c'est moi que tu cherches ? »

  • Shortlisted for the Wellcome Book Prize 2017. Longlisted for the Man Booker International Prize 2016. Now a major French film, REPARER LES VIVANTS/HEAL THE LIVING, directed by Katell Quillevere and starring Emmanuelle Seigner. A twenty-four-hour whirlwind of death and life. In the depths of a winter's night, the heart of Simon Limbeau is resting, readying itself for the day to come. In a few hours' time, just before six, his alarm will go off and he will venture into the freezing dawn, drive down to the beach, and go surfing with his friends. A trip he has made a hundred times and yet, today, the heart of Simon Limbeau will encounter a very different course. But for now, the black-box of his body is free to leap, swell, melt and sink, just as it has throughout the years of Simon's young life. 5.50 a.m. This is his heart. And here is its story. Translated from the French by Jessica Moore

  • Le narrateur est un jeune homme une dizaine d'années, il considère Bruce comme une sorte d'oncle d'Amérique auréolé de mystère. Resurgi après trois ans de silence, l'homme est venu tenir la promesse qu'il avait faite à l'enfant: trois jours en montagne, trois jours pour découvrir l'univers particulier du hors-piste. Mais ce voyage va aussi être l'occasion d'aller à la découverte de soi et pourquoi pas d'apprendre à tracer sa propre piste.
    En partenariat avec la galerie Jeanne Robillard, carte blanche a été donnée au sérigraphiste Tom Haugomat, qui nous entraîne au coeur de la montagne.
    Maylis De Kerangal s'est emparée de ces images pour nous raconter l'histoire d'une aventure en hors-piste, d'un voyage qui entraînera les personnages plus loin qu'ils ne l'auraient pensé. Un album comme une plongée en haute montagne, une aventure à couper le souffle, mais aussi l'exploration d'un univers graphique fort et singulier grâce aux pages fi nales qui nous ouvrent les portes de l'atelier de Tom Haugomat et nous dévoilent ses secrets.

  • «Il s'agit de pister les skippers, d'obtenir un temps avec eux juste à l'arrivée de la course, ou quelques jours plus tard, afin de les photographier alors qu'ils sont encore "dedans", pleins de ce qu'ils viennent de vivre, et que les regards portent encore la lumière, la fatigue, la peur, l'horizon, la solitude, la grâce, la violence.» Maylis de Kerangal.

    Durant trois ans, Maud Bernos a sillonné les ports, immortalisant le visage de 39 marins, hommes et femmes, à leur retour de mer. Des fac-similés de ses carnets de notes donnent un éclairage intime et original sur son travail. Maylis de Kerangal a décidé de participer à ce beau projet en présentant le travail de la photographe en ouverture de l'album. Elle a rencontré Maud au départ du Vendée Globe. Fille et petite-fille de capitaine au long cours, Maylis de Kerangal a passé son enfance au Havre.

  • "Les jeunes du Clos appellent "Champ" cette réserve d'espace non affectée, indécise, entre Stains et Saint-Denis.
    Pour eux, il s'agit d'un monde en suspens, sorte d'alvéole acquise à l'imprévisibilité et au biologique : ils y sont mal à l'aise, ils n'y entrent pas comme ça, il leur faut une raison supérieure, un cas de force majeure, quelque chose à planquer ou un assaut du désir a vivre au revers d'un buisson, couchés dans l'herbe drue, toi Jane moi Tarzan." Pierre, feuille, ciseaux mais aussi îlot, parcelle, lisière.,.
    De mot en mot, au gré d'analogies et de fictions embryonnaires, apparaît un territoire composite fait de mystérieuses friches et de zones maraîchères, vestiges agricoles d'un autre temps. On y croise une vieille dame ex- chef de bande de la Cité-Jardin, une fillette qui conserve ses trésors dans une boîte à chaussures, on y, trouve des centaines de téléphones portables qui recèlent des milliers de textos, une perle noire soigneusement enfouie au tond d'une commode, un cahier de couture et d'amples chorégraphies pour rejouer son existence aux yeux du monde.
    Fidèle à son écriture puissante et aux thèmes qui la mobilisent, Mayas de Kerangal s'appuie sur les photographies de Benoît Grimbert pour construire un récit en forme de jeu de piste.

  • Donner à voir les étoiles dans les mégapoles. En respectant une démarche photographique cohérente, le projet consiste à montrer ce que nous devrions voir la nuit dans les mégapoles s'il n'y avait pas de pollution lumineuse, ni de pollution atmosphérique : l'architecture des villes, les rues, les perspectives reconnaissables des mégapoles et leurs ciels étoilés.
    Ce travail propose au public de manière prospective l'opportunité de le sensibiliser aux conséquences de nos erreurs sur notre environnement présent et futur. Le citadin en particulier qui oublie et ne comprend plus la nature. Lui redonner à voir le ciel et les étoiles, c'est le faire rêver à nouveau comme d'innombrables civilisations avant lui. L'univers avec ses soleils lointains , ne serait-il pas le seul espoir de l'humanité ? D'un point de vue astronomique, en un demi siècle, une grande partie des habitants de notre planète ne peut plus contempler la beauté de la voie lactée, comme la presque totalité des étoiles, devenues invisibles.
    La pollution lumineuse a aussi des conséquences sur la santé humaine. Il est probable que l'exposition prolongée à la lumière artificielle soit un facteur important à l'origine de l'augmentation des cancers. L'épiphyse sous l'effet de la lumière artificielle affecte la production de mélatonine nécessaire à la diminution du développement des cellules cancéreuses.
    Quant au facteur économique, les dépenses énergétiques inconsidérées, liées à la façon irrationnelle d'éclairer les villes (éclairage vers le haut et non vers le bas seulement), devraient sensibiliser les pouvoirs publics et les particuliers à n'utiliser que des installations d'éclairage à rendement optimum. Cela baisserait notre dépense énergétique de façon drastique.
    Plus de 35%de l'énergie lumineuse émise sur la terre éclaire les nuages et le ciel en altitude ! L'éclairage public en France représente environ 4%des émissions totales de gaz à effet de serre. L'éclairage de nuit représente 1%de la consommation électrique totale en France.
    Scénario noir : et si nous devions vraiment éteindre les villes faute d'énergie ?

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