Vrin

  • Devant les difficultés qu'il y a aujourd'hui à faire commun, il est urgent de reconcevoir les outils de la réflexion féministe, voire sa raison d'être. Cet ouvrage propose d'affronter le problème via une élucidation de l'outil intersectionnalité, produit du féminisme noir et pensé ici comme ce qui fédère l'ensemble des pensées féministes (ou presque) indépendamment de leurs divergences idéologiques.
    Par-delà, tout à la fois, la fidélité absolue à un héritage et les tentatives qui ont cherché à l'amender, il est question de défendre une approche post post-intersectionnelle prenant sérieusement en charge la diversité des vécus. Cheminer de concert, mais à son rythme et sans nécessairement se croiser :
    « Ensemble, c'est tout », plus que jamais.

  • Depuis la parution - sous la direction de Peter Trawny - des fameux Cahiers noirs (2014), la pensée de Heidegger est une nouvelle fois le point de mire de la critique. Si Levinas n'a pu avoir connaissance de ces écrits, il a commencé très tôt une Auseinandersetzung avec une pensée qu'il jugeait aussi « géniale » que « diabolique ».
    Dans la continuité des ouvrages Relire Totalité et infini d'Emmanuel Levinas (Vrin, 2015) et Relire Autrement qu'être ou au-delà de l'essence d'Emmanuel Levinas (Vrin, 2016), ce livre se consacre aux rapports, fort complexes, entre Heidegger et Levinas. Si celui-ci a reconnu en divers endroits de ses écrits sa dette envers celui-là, il a concurremment engagé un débat fondamental avec lui à propos du sens et de la possibilité d'une « pensée de l'être ». C'est le sort de la philosophie première qui s'y trouve mis en jeu: la métaphysique peut-elle prétendre à être « neutre », ou n'engage-t-elle pas fondamentalement une prise de position éthique?

    Avec les contributions de D. Brezis, Ph. Capelle-Dumont, D. Cohen-Levinas, Fr. Dastur, C. Meazza, J.-Cl. Monod, K. Novotný, D. Pradelle, A. Schnell, Cl. Serban, L. Villevieille et J. Watin-Augouard.

  • En affirmant que l'esprit est organiquement relié à l'agir, le pragmatisme a nourri de nouvelles approches de l'enquête, de la signification et du mental. L'épistémologie et la sémantique pragmatistes sont aujourd'hui mieux connues. En revanche, les controverses au sujet de l'esprit, notamment entre James et Peirce, restent à explorer. Elles fournissent une introduction privilégiée à leurs pensées respectives, au moment même où elles trouvent leur première expression originale. On corrigera par là quelques idées tenaces : l'idée d'un James « passant » de la psychologie à la philosophie, l'idée d'une opposition frontale entre Peirce et James, l'idée d'un « tournant pratique » qui s'opérerait brutalement dans les premières années du mouvement. C'est donc un regard nouveau que jette sur le pragmatisme la présente étude, à partir des vifs dialogues entre Peirce et James, des différends avec des positions voisines, celles du jeune Dewey, de Royce, de Bergson, comme des critiques de Helmholtz et Spencer.

  • Tomber malade, devenir fou : essai de phénoménologie existentielle Nouv.

    Quand il est question de troubles psychopathologiques, la scène médiatique est désormais accaparée par les neurosciences dont les nombreux succès éclipsent progressivement une psychanalyse sur le déclin. Il est possible naturellement de s'en réjouir mais aussi de s'en inquiéter. Inspirée de la phénoménologie existentielle, une autre approche est toutefois possible, qui a le mérite insigne de ne pas faire abstraction de l'être de l'homme malade. La folie est alors envisagée comme une possibilité authentiquement humaine sans laquelle, comme l'écrivent Ludwig Binswanger aussi bien que Henri Maldiney, l'homme ne serait pas ce qu'il est. Comprendre la folie requiert dans ces conditions une autre anthropologie dont les éléments permettent de montrer de quelle manière l'homme peut tomber malade et devenir fou.

  • Partant de l'étymologie du terme « monde », mundus, comme adjectif qualifiant ce qui est disponible pour un usage précis, Franck Fischbach démontre l'idée que la société contemporaine est privée du caractère de monde, c'est-à-dire qu'il n'est pas approprié à notre usage. Or, à l'heure de la mondialisation, comment pouvons-nous dire que nous sommes des êtres sans monde ? Que devient notre réalité sociale, à l'échelle du monde ? Explorant la dynamique de mondialisation, qui produit de l'espace en même temps qu'elle le réduit ; celle de la consommation qui crée et détruit immédiatement les désirs et les besoins, l'auteur reconsidère l'existence du sujet. Reprenant les analyses de Marx, Lukacs, Heidegger ou Hannah Arendt, Franck Fischbach achève sa réflexion entamée dans son ouvrage Sans objet (Vrin,2009), et propose une nouvelle vision de l'usage de la nature humaine à travers les questions du travail, de l'espace et du temps.

  • Quels sont les référents de la philosophie de Heidegger, outre l'origine grecque de la pensée occidentale ? Les écrits de Heidegger renferment-ils un héritage non reconnu ? Dans quelle mesure la tradition hébraïque constitue-t-elle en effet « l'oubli » de sa philosophie ? L'Occident porte certes la double marque de la pensée grecque et de la foi chrétienne. Mais cette dernière désigne pour Heidegger essentiellement la foi christique ou néo-testamentaire. C'est sur cette omission du judaïsme, et donc sur la dette impensée de Heidegger à l'égard de la source hébraïque de la pensée occidentale, que s'interroge le présent livre de Marlène Zarader. Même si la recherche heideggerienne s'est renouvelée et diversifiée suite à la publication de documents encore inaccessibles à l'époque, ce livre n'a pas perdu en importance depuis sa première édition.

  • Deux conceptions de la métaphysique se sont affrontées à l'automne du Moyen Âge : l'une a donné naissance à la métaphysique de l'esprit, culminant dans l'idéalisme allemand ; l'autre, à la métaphysique de l'être décrite par Martin Heidegger comme onto-théo-logie.
    Albert le Grand (ca. 1200-1280) est le premier à avoir tenté d'harmoniser une réflexion sur l'être, l'esse ou yens, et une théorie de l'intellect, bref d'articuler une ontologie et une psychologie philosophique - une noétique. On trouvera ici à la fois l'étude de ses thèses et celles de ceux qu'il a influencés : des philosophes " teutoniques " (Ulrich de Strasbourg, Dietrich de Freiberg, Maître Eckhart, Berthold de Moosburg) aux averroïstes " latins " (Jean de Jandun).
    Enracinée dans la tradition du péripatétisme gréco-arabe, mais tout aussi imprégnée par le médio-platonisme et le néoplatonisme, la métaphysique albertinienne offre une vue d'ensemble tant des problèmes discutés au Moyen Âge - objet de la métaphysique, analogie de l'être, statut des universaux, sujet de la pensée - que de leurs sources philosophiques et littéraires antiques, arabes, chrétiennes et juives, d'Apulée à Maimonide, en passant par Alexandre d'Aphrodise, Boèce, Farabi, Avicenne et Averroès.
    C'est tout ce réseau que l'on tente de restituer. Un choix de textes en traduction française, illustrant la méthode et le style du Doctor Uni versalis, complète l'analyse historique et thématique.

  • L'histoire des sciences est pour le moins, un tissu de jugements implicites sur la valeur des pensées et des découvertes scientifiques.
    L'histoire des sciences est essentiellement une histoire jugée, jugée dans le détail de sa trame avec un sens qui doit être sans cesse affiné des valeurs de vérité. l'histoire des sciences ne saurait être simplement une histoire enregistrée.
    Gaston bachelard.

  • La question du réalisme a occupé, dans la seconde moitié du XXe siècle, l'essentiel des débats de la philosophie analytique, qui a ainsi retrouvé certains des soucis de la philosophie traditionnelle.
    Mais n'est-ce pas la volonté même d'affirmer ou de justifier un réalisme philosophique qui nous éloigne du réel, du réalisme au sens ordinaire, et nous conduit à cette alternative stérile entre relativisme et naturalisme qui semble souvent dominer les débats contemporains ? C'est la question critique posée par la philosophie du langage ordinaire, telle qu'elle a été définie et pratiquée par Austin et, en un sens, Wittgenstein.
    Ce livre voudrait en faire entendre la voix (la " voix de l'ordinaire ") et contribuer ainsi à une meilleure perception de l'histoire de la philosophie du XXe siècle, en rendant tous ses droits, aujourd'hui, à une tradition encore trop méconnue.

  • Ces essais ont l'ambition de cerner chez les philosophes modernes, de machiavel à tolstoï, en passant par kant, fichte, hegel et d'autres, les grandes thèses susceptibles de contribuer à l'élaboration d'une philosophie de la guerre.
    Mis en même temps ils veulent contribuer à une section de la théorie de la guerre dans la mesure où la stratégie classique ou encore conventionnelle redevient un problème fondamental. on s'étonnera certes que le philosophe dont la vocation est la recherche de l'etre se penche avec soin sur la guerre. mais le philosophe ne serait pas philosophe si ainsi il n'allait à la rencontre de l'homme saisi par la violence et en proie à l'angoisse, au destin, à la mort.
    On envisage de compléter ce volume par un second, déjà avancé et comprenant notamment une analyse de la pensée de clausewitz, et des études consacrées à des aspects plus modernes de la philosophie et de la théorie de la guerre.

  • Est-il possible de proposer une nouvelle histoire des sciences humaines? L'ambition de ce livre est d'y parvenir en présentant une réflexion inédite sur le type d'unité qui innerve les sciences de l'homme.
    Foucault, dans Les mots et les choses, construit une interprétation particulièrement stimulante quand il affirme que l'invention de la figure de l'homme dépend du jeu mêlé de trois formes, la vie, le travail et le langage, qui trouvent dans de nouveaux savoirs leur répondant épistémologique. La méthode archéologique parvient à contourner une histoire endogène des sciences humaines au profit d'une histoire exogène.
    Le tournant anthropologique, décrit par Foucault, peut être lu autrement. Le déploiement de l'anthropologie, qui culmine dans le positivisme, réside dans le souci croissant de la normalité. Les sciences humaines, avec Comte, commencent à fonctionner comme des sciences de l'homme normal, désireuses de traquer le pathologique sous toutes ses formes. C'est que l'homme, sitôt réfléchi comme problème par une science qui cherche à en faire son objet, s'évade par toute une série de modifications physiques et psychiques qui laissent percer une angoisse du désordre, de l'emportement, de la maladie.
    L'anthropologie ne correspond pas à l'affirmation d'une maîtrise de l'homme dans la souveraineté d'une science enfin conquise mais à l'angoisse de le voir s'échapper en permanence et se perdre dans la nuit de ses maladies, dans la terreur de ses désirs, dans l'emportement de ses instincts, dans la folie de ses idées. C'est celte angoisse de l'homme modifiable qui appelle, comme son contrepoint normatif, le désir de l'homme normal que s'efforceront de fixer les sciences humaines.
    Ce qui est révélé dans cette histoire encore méconnue, c'est l'impossibilité d'évacuer l'activité mentale jusque dans le discours de la sociologie. Là réside la thèse principale: les sciences humaines n'ont pas fait disparaître toute idée de la psyché comme cela a été souvent dit, elles l'ont au contraire reformulée de manière totalement neuve en la reliant à la série des modifications dont l'homme est l'objet.
    La question mentale est, en ce sens, la grande affaire des sciences humaines.

  • Dans un contexte de crise profonde du système capitaliste global, ce livre part de notre impuissance pratique et de l'impossibilité où nous sommes actuellement de penser un autre monde. Et il rapporte cette impossibilité au fait de la privation de monde (et de la privatisation du monde) comme au fait majeur résultant du dispositif capitaliste. Ce dispositif a fait de nous ce que les philosophes modernes ont pensé que nous étions: des sujets séparés de l'objectivité, des sujets sans monde, retirés du monde, spectateurs désinvoltes d'un monde qui n'est plus le leur. La perte du monde (Heidegger-Arendt) et la séparation d'avec l'objectivité (Marx) sont deux manières d'exprimer un même phénomène: celui de l'aliénation. Ce dispositif a produit l'illusion du sujet souverain et la réalité d'une masse d'individus dépossédés de leur puissance. Au coeur de ce diagnostic, on trouvera une relecture de Marx, une tentative de mise en dialogue de Heidegger avec Marx et une confrontation critique avec des représentants contemporains (Althusser, Deleuze, Foucault) ou actuels (J. Butler, S. Zizek, A. Honneth) de la critique sociale. La perspective est celle d'une objectivation des sujets qui en fasse des « individus sociaux » capables d'un usage commun de leur monde.

  • Quel(s) rapport(s) est-il possible de tracer entre l'éthique et la politique ? Michel Foucault, Pierre Hadot et Stanley Cavell, à partir de trois positions philosophiques très différentes, ont élaboré des stratégies de réponse à cette question que le présent ouvrage se propose de rendre explicites et d'explorer. Ainsi, l'esthétique de l'existence, les exercices spirituels et le perfectionnisme moral y sont combinés afin de construire un arrière-plan conceptuel et pratique permettant de saisir à la fois les enjeux politiques d'une « éthique de soi » et l'incontournable dimension éthique d'une « politique de nous-mêmes ». Cet ouvrage entend contribuer à l'élaboration d'une « philosophie analytique de la politique » dont le but est de rendre visibles l'existence et le fonctionnement concret du pouvoir dans ses ramifications quotidiennes; une telle entreprise se noue de façon étroite avec une analyse des « techniques de l'ordinaire », c'est-à-dire de ces pratiques que les individus utilisent pour donner une forme à leur vie et pour transformer leur rapport à eux-mêmes, aux autres et au monde.

  • Le titre de ce travail est Hegel et l'Etat.
    Mais ce titre n'en indique pas exactement les limites : il s'y agit en réalité d'une critique de la critique traditionnelle selon laquelle Hegel serait l'apologiste de l'Etat prussien et le prophète de ce qu'on appelle souvent l'étatisme. Cette critique est-elle valable ? Pour ne plus s'occuper d'un philosophe, suffit-il de constater que l'Etat se trouve au centre de sa pensée politique ? Et, supposé qu'elle soit légitime, cette critique s'applique-t-elle à Hegel ? [...] Dans une époque qui préfère la passion à la pensée, - pour des raisons que Hegel a indiquées avec précision, - il sera permis à l'auteur d'ajouter dune simple remarque sur le but du présent travail.
    /> Il sait très bien que Hegel n'a pas besoin de défenseurs : si sa théorie est juste, la réalité même se chargera de la justifier. Quant à vouloir la rendre " accessible ", cela, non plus, n'a pas grand sens : on ne vulgarise pas un livre scientifique [...]. Un travail de l'espèce du nôtre ne peut avoir qu'une prétention : éveiller l'intérêt pour le texte même et écarter les obstacles à la compréhension qui se sont accumulés au cours du temps.

  • Existe-t-il des « lois » - immanentes ou extérieures - qui règlent et ordonnent nos pulsions ? Des « lois » qui guident nos pulsions en direction d'une sorte de « destinée personnelle » ? L'auteur part en effet du constat d'une pluralité de forces pulsionnelles, représentant un rapport souvent conflictuel, dans « l'animal humain », afin d'interroger la nature des pulsions humaines, entre force naturelle, ou instinct, et désir, ainsi que la relation entre la subjectivité et les pulsions en général. Non seulement le dialogue qu'il instaure entre la philosophie (Aristote, Leibniz, Schopenhauer, Nietzsche et Husserl) et la psychanalyse (Freud et Lacan) se révèle bénéfique pour les deux disciplines, mais encore il ouvre sur une nouvelle approche de la question de l'essence de la Vie. La pulsion est alors le principe énergétique de cette Vie, comme elle peut aussi en devenir, par excès, le principe destructeur, c'est-à-dire une pulsion nihiliste.

  • La lecture conjointe de Marx et de Spinoza se justifie de l'idée qu'est mise en oeuvre par l'un et l'autre une rationalité d'un type différent de celui de la raison formelle, utilitaire et calculatrice. On se propose d'explorer les ressources offertes par la thèse, partagée par les deux philosophes, selon laquelle les hommes doivent être compris comme des « parties de la nature » (partes naturae, Teile der Natur) : peut alors être considéré comme ressors fondamental de l'aliénation tout procédé théorique et tout dispositif pratique aboutissant à la séparation des hommes et de la nature, à l'abstraction du sujet hors du monde objectif, à la formalisation de la raison indépendamment de ses contenus. Marx et Spinoza ont en commun d'avoir vu que ces procédés et ces dispositifs d'abstraction du sujet et de subjectivation de la raison, instaurés initialement en vue d'assurer la maîtrise des hommes sur la nature et du sujet sur l'objectivité, devaient se renverser en leur contraire et finalement engendrer un sujet impuissant.

    Nouvelle édition revue et corrigée, suivie d'une discussion des thèses de Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza (2010).

  • De nombreux mathématiciens ont affirmé que les objets dont ils traitaient n'étaient pas le produit de leur esprit, qu'ils existaient, comme existent les fleuves et les montagnes, les animaux et les plantes que peuvent rencontrer, découvrir, examiner l'explorateur, le géographe, le zoologiste ou le botaniste.
    Sur quelques exemples empruntés à l'histoire des mathématiques, depuis les Grecs jusqu'aux Modernes en passant par la tradition arabo-islamique et la Géométrie de Descartes, l'ouvrage s'attache à la question si les objets de la mathématique peuvent effectivement avoir un autre mode d'existence, que celui d'objets construits, élaborés par l'esprit du mathématicien. Un tel examen amène à reconsidérer la notion d'existence en tant que telle.
    Comment dire en effet si les objets de la mathématique existent par eux-mêmes sans s'interroger, sinon préalablement, du moins parallèlement sur ce que cette notion peut en l'occurrence signifier ?

  • Le présent volume, édité par Jean-François Courtine, rassemble les communications présentées à l'occasion d'un colloque organisé par Jean-François Marquet, en novembre 1994 à l'Université de Paris-Sorbonne.
    La publication aujourd'hui presque entièrement achevée de l'ensemble des cours correspondant à la première période de l'enseignement de Heidegger à Fribourg, puis à la période de Marbourg, rendait possible une série de coups de sonde dans cette décennie extraordinairement féconde qui est non seulement celle de la genèse d'être et temps, mais aussi de la distance critique prise vis-à-vis de Husserl, de la redéfinition d'une herméneutique phénoménologique, de la réappropriation de la philosophie grecque.
    Dans quelle mesure Etre et temps constitue-t-il le résultat encore instable de cette période de gestation ? Est-ce que le Kantbuch marque un premier achèvement d'un projet qui commence à s'élaborer en 1919 ? Est-ce que le débat avec la logique de tradition aristotélicienne et la détermination de la vérité comme vérité du jugement fournit un solide fil conducteur susceptible de nouer ensemble les principaux problèmes auxquels le jeune Heidegger se confronte avec une stupéfiante énergie philosophique ? Autant de questions auxquelles les participants du présent colloque se sont attachés.

  • Bien que la perception soit ce qui nous initie originairement à l'etre sous la forme d'un "il y a" primordial, la tradition en a le plus souvent manqué la spécificité.
    Il est donc nécessaire de repenser la singularité de l'événement perceptif, reconnue pour la première fois par husserl sous le titre de "donation par esquisses", au lieu de la soumettre à la loi de l'objet. une telle exigence requiert une réduction radicale, qui ne va pas de la suspension de la thèse d'existence du monde à la subjectivité transcendantale mais de la critique du néant - toile de fond de toute ontologie de l'objet - au monde comme a priori de tout apparaître.
    A ce monde, totalité imprésentable, correspond un sujet dont le sens d'être fait problème puisqu'il est à la fois un moment du monde et en rapport avec la totalité comme telle. un tel sujet doit être abordé à partir du mouvement vivant et son être caractérisé comme désir.

  • La philosophie politique d'eric weil analyse les problèmes auxquels est confronté l'etat moderne : le conflit entre l'etat et la société, la mondialisation de la société moderne, la nécessité et les risques d'une organisation politique internationale.
    Elle définit l'enjeu de l'action politique : la liberté réelle de l'individu, la possibilité offerte à tous de mener une vie sensée par la réduction de la violence sociale et politique.

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