Viviane Hamy

  • Pars vite et reviens tard

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 19 Novembre 2001

    On l'a peint soigneusement sur les treize portes d'un immeuble, dans le 18e arrondissement de Paris : un grand 4 noir, inversé, à la base élargie. En dessous, trois lettres : CLT. Le commissaire Adamsberg les photographie, et hésite : simple graffiti, ou menace ?
    A l'autre bout de la ville, Joss, l'ancien marin breton devenu Crieur de nouvelles est perplexe. Depuis trois semaines, une main glisse à la nuit d'incompréhensibles missives dans sa boîte à messages. Un amuseur ? Un cinglé ? Son ancêtre murmure à son oreille : «Fais gaffe à toi, Joss. Il n'y a pas que du beau dans la tête de l'homme.»

  • L'art de la joie

    Goliarda Sapienza

    • Viviane hamy
    • 7 Septembre 2005

    Un météore éblouissant, le livre d'une vie qui commence ainsi : « Et voyez, me voici à quatre, cinq ans traînant un bout de bois immense dans un terrain boueux. Il n'y a pas d'arbres ni de maisons autour, il n'y a que la sueur due à l'effort de traîner ce corps dur et la brûlure aiguë des paumes blessées par le bois. Je m'enfonce dans la boue jusqu'aux chevilles mais je dois tirer, je ne sais pas pourquoi, mais je dois le faire. Laissons ce premier souvenir tel qu'il est : ça ne me convient pas de faire des suppositions ou d'inventer. Je veux vous dire ce qui a été sans rien altérer.

    Donc, je traînais ce bout de bois ; et après l'avoir caché ou abandonné, j'entrai dans le grand trou du mur, que ne fermait qu'un voile noir couvert de mouches. Je me trouve à présent dans l'obscurité de la chambre où l'on dormait, où l'on mangeait pain et olives, pain et oignon. On ne cuisinait que le dimanche. Ma mère, les yeux dilatés par le silence, coud dans un coin. Elle ne parle jamais, ma mère. Ou elle hurle, ou elle se tait. Ses cheveux de lourd voile noir sont couverts de mouches. Ma soeur assise par terre la fixe de deux fentes sombres ensevelies dans la graisse. Toute la vie, du moins ce que dura leur vie, elle la suivit toujours en la fixant de cette façon. Et si ma mère - chose rare - sortait, il fallait l'enfermer dans les cabinets, parce qu'elle refusait de se détacher d'elle. Et dans ces cabinets elle hurlait, elle s'arrachait les cheveux, elle se tapait la tête contre les murs jusqu'à ce qu'elle, ma mère, revienne, la prenne dans ses bras et la caresse sans rien dire.

    Pendant des années je l'avais entendue hurler ainsi sans y faire attention, jusqu'au jour où, fatiguée de traîner ce bois, m'étant jetée par terre, je ressentis à l'entendre crier comme une douceur dans tout le corps. Douceur qui bientôt se transforma en frissons de plaisir, si bien que peu à peu, tous les jours je commençai à espérer que ma mère sorte pour pouvoir écouter, l'oreille à la porte des cabinets, et jouir de ces hurlements. Quand ça arrivait, je fermais les yeux et j'imaginais qu'elle se déchirait la chair, qu'elle se blessait. Et ce fut ainsi qu'en suivant mes mains poussées par les hurlements je découvris, en me touchant là d'où sort le pipi, que l'on éprouvait ainsi une jouissance plus grande qu'en mangeant le pain frais, les fruits. Ma mère disait que ma soeur Tina, «la croix que Dieu nous a justement envoyée à cause de la méchanceté de ton père», avait vingt ans ; mais elle était grande comme moi, et si grosse qu'on aurait dit, si on avait pu lui enlever la tête, la malle toujours fermée de mon grand-père : «Un damné, plus encore que son fils.», qui avait été marin. Quel métier c'était que celui de marin, je n'arrivais pas à le comprendre. Tuzzu disait que c'étaient des gens qui vivaient sur les bateaux et allaient sur la mer . mais qu'est-ce que c'était que la mer ? » L'Art de la joie résiste à toute présentation. Roman d'apprentissage, il foisonne d'une multitude de vies. Roman des sens et de la sensualité, il ressuscite les élans politiques qui ont crevé le XXe siècle. Ancré dans une Sicile à la fois sombre et solaire, il se tend vers l'horizon des mers et des grandes villes européennes...

  • La porte

    Magda Szabó

    • Viviane hamy
    • 1 Janvier 2003
  • L'homme à l'envers

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 15 Mars 1999

    Laisser les loups vivre en liberté dans le Mercantour, c'était une belle idée, dans l'air du temps. Mais ce n'était pas celle des bergers et, quelques mois plus tard, la révolte gronde.
    Mais est-ce bien un loup qui tue les brebis autour du village de Saint-Victor ?
    Les superstitions resurgissent, un bruit se propage : ce n'est pas une bête, c'est un loup-garou... Lorsqu'une éleveuse est retrouvée égorgée dans sa bergerie, la rumeur tourne à la psychose.
    À Paris, le commissaire Adamsberg guette les nouvelles de la Bête du Mercantour :
    Comme des tisons, mon gars, comme des tisons ça fait, les yeux du loup, la nuit.

  • L'homme aux cercles bleus

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 11 Juin 1996

    «Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ?» Ca amuse les Parisiens. Depuis quatre mois, cette phrase accompagne les cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de la ville ; au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu : trombone, bougie, pince à épiler, yaourt, patte de pigeon...
    Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent.
    Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite «suintent» la cruauté. Il le sait, il le sent : bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique.

  • L'armée furieuse

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 15 Mai 2011

    Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l'Armée furieuse.

    - Qui ?

    - L'Armée furieuse, répéta la femme à voix basse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi.

    - C'est une association ? Quelque chose autour de la chasse ?

    Madame Vendermot regarda Adamsberg, incrédule.

    - L'Armée furieuse, dit-elle à nouveau tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas ?

    - Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait.

    - Mais vous ne connaissez même pas son nom ? La Mesnie Hellequin ? chuchota-t-elle.

    - Je suis désolé, répéta Adamsberg. Veyrenc, l'armée furieuse, vous connaissez cette bande ? La fille de Mme Vendermot a vu le disparu avec elle.

    - Et d'autres, insista la femme.

    Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc. Comme un homme à qui on apporte un cadeau très inattendu.

    - Votre fille l'a vraiment vue ? demanda-t-il. Où cela ?

    - Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là.

    - La nuit ?

    - C'est toujours la nuit qu'elle passe.

    Veyrenc retint discrètement le commissaire.

    - Jean-Baptiste, demanda-t-il, vraiment tu n'as jamais entendu parler de ça ?

    Adamsberg secoua la tête.

    - Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il.

    - Pourquoi ?

    - Parce que, pour ce que j'en sais, c'est l'annonce d'une secousse. Peut-être d'une sacrée secousse.



    Nul doute que la fratrie « maudite » du village normand rejoindra la galaxie des personnages mémorables de Fred Vargas. Quant à Momo-mèche-courte, il est le fil conducteur de la double enquête que mène ici le commissaire Adamsberg, confronté à l'immémorial Seigneur Hellequin, chef de L'Armée furieuse.

  • Debout les morts

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 30 Mars 1995

    Un hêtre peut-il pousser en une seule nuit dans un jardin, rue Chasle à Paris, sans que personne l'ait planté ?
    Oui. Chez la cantatrice Sophia Siméonidis ; et elle n'en dort plus.
    Puis elle disparaît sans que cela préoccupe son époux.
    Après une série de meurtres sinistres, ses trois voisins «dans la merde», aidés par l'ex-flic pourri Vandoosler, découvriront les racines du hêtre, vieilles de quinze ans, grasses de haine et de jalousie.
    On retrouve ici les qualités et l'humour de l'auteur de Ceux qui vont mourir te saluent (éd. Viviane Hamy, 1994) que la presse a largement salué.

  • Sous les vents de Neptune

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 15 Avril 2004

    «Adamsberg termina son café et posa son menton dans sa main. Il lui était arrivé en des tas d'occasions de ne pas se comprendre, mais c'était la première fois qu'il échappait à lui-même. La première fois qu'il basculait, le temps de quelques secondes, comme si un clandestin s'était glissé à bord de son être et s'était mis à la barre. De cela, il était certain : il y avait un clandestin à bord. Un homme sensé lui aurait expliqué l'absurdité du fait et suggéré l'étourdissement d'une grippe. Mais Adamsberg identifiait tout autre chose, la brève intrusion d'un dangereux inconnu, qui ne lui voulait aucun bien.»

  • Dans les bois éternels

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 18 Mai 2006

    La Brigade avait accumulé des résultats incontestables, mais Veyrenc demeurait très sceptique. À savoir si cette efficacité était le résultat d'une stratégie ou le fruit tombé de la providence. Providence qui fermait les yeux, par exemple, sur le fait que Mercadet ait installé des coussins à l'étage et y dorme plusieurs heures par jour, sur le fait qu'un chat anormal défèque sur les rames de papier, que le commandant Danglard dissimule son vin dans le placard de la cave, que traînent sur les tables des documents sans lien avec les enquêtes, annonces immobilières, listes de courses, articles d'ichtyologie, reproches privés, presse géopolitique, spectre des couleurs de l'arc-en-ciel, pour le peu qu'il en avait vu en un mois. Cet état de choses ne semblait troubler personne, sauf peut-être le lieutenant Noël, un gars brutal qui ne trouvait personne à son goût. Et qui, dès le second jour, lui avait adressé une remarque offensante à propos de ses cheveux. Vingt ans plus tôt, il en aurait pleuré mais aujourd'hui, il s'en foutait tout à fait ou presque. Le lieutenant Veyrenc croisa les bras et cala sa tête contre le mur. Force indélogeable lovée dans une matière compacte.








  • La delector

    François Vallejo

    • Viviane hamy
    • 19 Janvier 2022

    Non, non, non, elle n'est pas si sexy. Pas sexy du tout. Ah bon ? Si elle a de la beauté, et elle en a, plus que de la beauté, autre chose que de la beauté, personne ne sait exactement ce que c'est, la beauté, la sienne est généralement ramenée au cliché de la beauté slave, sensuelle et froide. Pour l'instant, elle la gomme. Elle s'oblige, sans y penser, à la gommer ou à ne garder que la froideur. Ou elle y est obligée, question de survie. Comme étrangère, Russe en France, elle n'a pas le droit de travailler, elle vient tout juste de se faire embaucher à Nice par le couple Matisse, petit contrat de rien, sans se faire trop remarquer. La Delector met en scène Lydia Delectorskaya, collaboratrice et proche du peintre Henri Matisse. Il a soixante-deux ans, elle en a vingt-deux. Il est tout, elle n'est rien. Il a provoqué le scandale à son insu, elle ne l'a pas cherché. Une histoire qui va durer vingt-deux ans, jusqu'à la mort du peintre, et dont on ne saurait qualifier la teneur, tout juste en esquisser l'intimité.

  • Un lieu incertain

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 10 Juillet 2008

    Adamsberg part pour trois jours de colloque à Londres. Estalère, le jeune brigadier, et Danglard - terrorisé à l'idée de passer sous la Manche - sont du voyage. Tout devait se passer de manière aérienne et décontractée, mais un événement macabre alerte leur collègue de New Scotland Yard, Radstock.
    Clyde-Fox, un original local, lui parle du vieux cimetière de Highgate. Des chaussures - avec des pieds dedans - font face au cimetière, « un des cimetières romantiques les plus baroques de l'Occident », un lieu macabre, gothique, unique.
    Tandis que l'enquête anglaise commence, les français rentrent au pays, et se retrouvent confronté à un horrible massacre dans un pavillon de banlieue.
    De fil en aiguille, Adamsberg, avec l'aide de Danglard, remonte une piste de vampires, et de tueurs de vampires, jusqu'en Serbie.
    Le commissaire est au centre du roman, dans tous les sens du terme. La Boule se trouve presque un rival, Danglard est à deux doigts de tomber amoureux, Retancourt est toujours aussi efficace, mais la brigade est toujours mouvante.

    Les livres de Fred Vargas sont traduits dans plus de quarante pays ; ils ont reçu nombre de récompenses françaises et étrangères, dont le prix des Libraires, le prix des Lectrices ELLE, le Deutscher Krimipreis, et par deux fois l'International golden dagger.

  • Ceux qui vont mourir te saluent

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 30 Juin 1994

    Claude, Tibère, Néron, les trois étudiants, les trois «empereurs», promènent leur nonchalance inquiète dans les rues de Rome.
    Des dessins de Michel-Ange ont été volés à la Bibliothèque vaticane !
    Henri Valhubert, le grand expert d'art parisien - et père de Claude - est assassiné un soir de fête devant le palais Farnèse.
    Que venait-il faire à Rome et comment a-t-il pu boire de la ciguë ?

  • Priya

    Marie Capron

    • Viviane hamy
    • 2 Mars 2022

    Depuis les coupes budgétaires liées à la crise, la commissaire Priya Dharmesh et Ziad, son jeune lieutenant, ne savent plus où donner de la tête... Appelés par le vigile de Pouledor, une usine agro-alimentaire spécialisée dans l'élevage de poussins, ils découvrent le corps d'un nourrisson, celui du fils du directeur. Leurs soupçons se portent alors sur la baby-sitter, Lorie, qui a disparu. Se pourrait-il que la jeune femme, une militante active de la cause animale, soit celle qui se surnomme « la fille du boucher » ? Pour couronner le tout, Priya est obligée d'intégrer dans son équipe Marc Ober, auteur de romances à succès. Son supérieur « Le Boss » a accepté un partenariat lucratif avec Témoin Numéro 1, une entreprise américaine qui propose à ses candidats une immersion totale dans une enquête. Il y voit l'occasion de renflouer les caisses de la police et de fournir à Priya les moyens qui lui manquent. Le temps presse, car la fille du boucher est loin d'avoir commis son dernier crime... Priya, La fille du boucher est un polar incisif, mordant, saignant.

  • Sans feu ni lieu

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 30 Octobre 1997

    Pourquoi Louis Kehlweiler dit l'Allemand, Marc, Lucien et Mathias - retranchés dans leur baraque pourrie de la rue Chasle à Paris -, s'intéressent-ils à un simplet à tête d'imbécile pas franchement sympathique, dont la culpabilité ne fait de doute pour personne, pas même pour eux ? Pourquoi tiennent-ils à sauver ce Clément Vauquer, un détraqué recherché par toutes les polices de Nevers et de Paris pour les assassinats effroyables d'au moins deux jeunes femmes ?

  • Trois saisons d'orage

    Cécile Coulon

    • Viviane hamy
    • 5 Janvier 2017

    Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d'un pays qui s'en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d'une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L'histoire d'André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu'il en reste.

    Trois générations confrontées à l'Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature.
    Saga portée par la fureur et la passion, Trois saisons d'orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s'étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n'y peuvent rien ; mais ils l'acceptent, car le reste du temps, elles sont l'antichambre du paradis.

    Cécile Coulon renoue ici avec ses thèmes de prédilection - la campagne opposée à la ville, la lutte sans merci entre l'homme et la nature -, qui sont les battements de coeur du très grand succès que fut Le Roi n'a pas sommeil (Éd. Viviane Hamy, 2012).

  • Rouge cendre

    Julie Manarra

    • Viviane hamy
    • 16 Mars 2022

    Manon, jeune journaliste à l'AFP et Esteban, photographe et agent secret, vivent un amour passionnel et toxique. À la suite des attentats du Bataclan, Esteban est envoyé en mission contre Isis. L'impuissance qu'éprouve Manon, la surveillance dont elle fait l'objet, ainsi que la peur de perdre l'homme qu'elle aime, la pousse à se révolter contre l'hypocrisie du monde et ses valeurs consuméristes. Elle décide de partir s'isoler sur les contreforts du grand Balkan, en Bulgarie. Elle y rencontre Lars, un séduisant biologiste danois, spécialiste des ursidés et sensible à l'environnement.

    De son côté, Esteban, meneur d'hommes et bien décidé à garder Manon sous son emprise, demande à son ami hacker Benoît Delval, alias Rambo, de lui installer en toute discrétion un « Spia worker » pour épier Manon sans attirer ses soupçons. Mais Rambo, agent double à la solde des Russes, est loin de se douter qu'il vient de commettre l'irréparable. Commence alors un engrenage dont personne ne sortira indemne...

    Si Rouge cendres'inscrit dans la grande tradition du roman d'espionnage, c'est aussi un roman noir et un thriller sentimental. Qu'il s'agisse de la place des femmes et de leur choix de vie, du retour à la nature, du tout consumérisme, du terrorisme, des neurosciences, ou encore des ingérences étrangères qui oeuvrent à notre insu, ce premier roman ne laisse pas de nous surprendre.

  • Un peu plus loin sur la droite

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 30 Mars 1996

    Embusqué sur le banc 102, celui de la Contrescarpe, alors qu'il sur-veille la fenêtre d'un fils de député bien peu sympathique, Kehlweiler, «l'Allemand», avise une drôle de «bricole» blanchâtre égarée sur une grille d'arbre...
    Ce petit bout d'os humain - car il s'agit de cela - l'obsède jusqu'à ce qu'il abandonne ses filatures parisiennes pour rallier Port-Nicolas, un village perdu au bout de la Bretagne.
    Et l'attente reprend au Café de la Halle. Depuis la salle enfumée du vieux bar, il écoute et surveille, de bière en bière, de visage en visage, et fait courir sans trêve, par les routes humides et les grèves désertes, son jeune assistant, Marc Vandoosler, le médiéviste de Debout les morts.
    Qui tue ?
    Un peu plus loin sur la droite est le quatrième roman de Fred Vargas publié par les éditions Viviane Hamy. Debout les morts a obtenu le Prix du Polar 1995.

  • Le cri de l'aurore

    Hoai Huong Nguyen

    • Viviane hamy
    • 7 Février 2019

    « An Linh n'existe pas. On ne peut arpenter ses rizières, parcourir ses collines, sentir sa brise à l'aube et se recueillir dans ses cimetières face à l'océan. Rien de ce qui suit n'est réel.
    La correspondance que vous allez lire aurait pu se tenir il y a deux cents ans. Endormis depuis de longues années, Isey, Thanh et leurs compagnons se réveillent. L'un après l'autre, ils se lèvent pour entrer sur une scène imaginaire encore plongée dans la nuit. Ils s'apprêtent, revêtent des tuniques colorées, soulignent leur regard d'un trait de khôl, prennent une plume et des feuilles de papier pour jouer leur partie. Le paysage s'éclaire : ils vont ouvrir le bal... Puisse le Ciel donner vie à leurs lettres, clarté à leurs voix - et leur accorder la grâce de vous rencontrer. » Hoai Huong Nguyen

  • Coule la Seine

    Fred Vargas

    • Viviane hamy
    • 25 Novembre 2002

    «Danglard connaissait assez le commissaire pour comprendre, à la variation d'intensité de son visage, que quelque chose d'intéressant s'était produit ce matin. Mais il se méfiait. Adamsberg et lui avaient des conceptions très éloignées de ce qu'on appelle un "truc intéressant". Ainsi, le commissaire trouvait assez intéressant de ne rien faire, alors que Danglard trouvait cela mortellement paniquant. Le lieutenant jeta un coup d'oeil soupçonneux à la feuille de papier blanc qui voletait entre les mains d'Adamsberg. (.../...) A vrai dire, il s'était accoutumé à cet homme, tout en s'irritant d'un comportement inconciliable avec sa propre manière d'exister. Adamsberg se fiait à l'instinct et croyait aux forces de l'humanité, Danglard se fiait à la réflexion et croyait aux forces du vin blanc.» Pars vite et reviens tard, le dernier livre de Fred Vargas, a obtenu le Prix des Libraires et le Prix des Lectrice de ELLE 2002.

  • Opus 77

    Alexis Ragougneau

    • Viviane hamy
    • 5 Septembre 2019

    « Un jour, dans mille ans, un archéologue explorera ton refuge. Il comprendra que l'ouvrage militaire a été´ recyclé en ermitage. Et s'il lui vient l'idée de gratter sous la peinture ou la chaux, il exhumera des fresques colorées intitulées La Vie de David Claessens en sept tableaux. Je les connais par coeur, ils sont gravés à tout jamais dans ma médiocre mémoire, je peux vous les décrire, si vous voulez faire travailler votre imaginaire :

    L'enfant prodige choisit sa voie.
    Il suscite espoirs et ambitions.
    Le fils trébuche, s'éloigne, ressasse.
    Dans son exil, l'enfant devient un homme.
    Le fils prodigue, tentant de regagner son foyer, s'égare.
    Blessé, il dépérit dans sa prison de béton.

    Mais à la différence des tapisseries de New York, ton histoire est en cours ; il nous reste quelques tableaux à écrire, toi et moi, et je ne désespère pas de te faire sortir un jour du bunker. La clé de ton enclos, de ta cellule 77, c'est moi qui l'ai, David. Moi, Ariane, ta soeur. »

  • Efface toute trace

    François Vallejo

    • Viviane hamy
    • 3 Septembre 2020

    "Qu'est-ce qui vaut le plus cher ? Une oeuvre de jv ou le risque de devenir la sixième victime connue d'une entreprise qui nous dépasse ? Comportement suicidaire ou génie des affaires ? La distinction entre les deux se révèle de plus en plus mince. Risquer sa vie, c'est aussi excitant que risquer sa mise, pour des individus riches et peut-être blasés". Le narrateur, un expert en art contemporain, est chargé par un groupe de collectionneurs surnommé "le consortium de l'angoisse" , d'enquêter sur des incidents étranges ayant entraîné la mort de certains d'entre eux.
    Il constate que le seul point commun entre les victimes serait leur passion pour les créations d'un certain "jv" ... Provocation ? Bluff ? Manigance d'une organisation criminelle d'ampleur mondiale ou d'un serial artiste doublé d'un serial killer ? François Vallejo avec Efface toute trace embarque son lecteur au coeur d'une enquête palpitante où les apparences sont autant de trompe l'oeil s'éclairant les uns les autres.
    A la question de ce qu'est une oeuvre d'art, se révèle la contemporanéité d'un monde avec ses fantasmes et ses réalités dans toute leur cruauté et leur vanité. Talentueux et féroce.

  • Le faon

    Magda Szabó

    • Viviane hamy
    • 14 Mars 2013

    Eszter est célèbre. Pourtant, son enfance, pauvre et frustrante, la hante. Son père, aristocrate ruiné et avocat trop honnête, refuse de défendre les causes qu'il n'estime pas justes. Sa mère donne des cours de piano aux enfants du voisinage. La famille tente de survivre dans une Hongrie rurale au quotidien difficile. Eszter monnaye chacun de ses services, s'occupe de l'intendance de la maison. tandis qu'Angela, sa voisine, riche et entourée d'amour, évolue dans un « paradis ». On lui a même offert un faon ! Rongée par la jalousie, Eszter échafaude un plan qui brisera ce bonheur trop parfait.
    Des années plus tard, Eszter est une actrice au sommet de son art, indépendante, mais très seule. Ses fantômes la tourmentent, l'empêchent de vivre. Elle rencontre pourtant l'amour. Jusqu'au jour où elle découvre que l'homme qu'elle aime est marié à Angela, celle qu'elle a tant haïe dans son enfance, la petite fille parfaite de son village natal ! Sa rancoeur, son amertume, la jalousie qui l'ont modelée et « pétrifiée », la conduisent à tout détruire de nouveau.
    Magda Szabó distille la jalousie, goutte à goutte. Eszter se confie, se confesse et expie dans un monologue intense, désespéré et tranchant. Ce portrait de femme contradictoire, mais lucide, qui ne maîtrise ni ses sentiments ni ses pulsions, se dessine comme une tragédie grecque. Eszter sera la première à pâtir de ses propres maux.
    Née à Debrecen en 1917, dans une famille cultivée de la grande bourgeoisie protestante, Magda Szabó était, de son vivant, considérée comme un auteur « classique » de la littérature hongroise. Certains la nommaient « le Mauriac protestant » car elle peignait les passions refoulées des habitants de la Grande Plaine. Ses premiers livres paraissent au lendemain de la Seconde Guerre, et elle est accueillie comme un des grands espoirs de la littérature hongroise. Cependant, en 1948, alors que sa patrie tombe dans la « corbeille » soviétique, elle rejoint le groupe littéraire « Nouvelle Lune » qui s'oppose violemment au régime en place, et qui décide, entre autres, d'utiliser le silence et de ne plus publier. C'est seulement au début des années soixante que Magda Szabó accepte à nouveau de publier et qu'elle rencontre un immense succès, tant dans son pays qu'à l'étranger. Certains de ses livres furent traduits aux éditions du Seuil dans les années 70, puis la France l'oublia. C'est en 2003 que les éd. V.H. publient La Porte qui obtient le Prix Femina Étranger. Elle décède en 2007.

  • Virtuoso

    Yelena Moskovich

    • Viviane hamy
    • 6 Avril 2022

    Virtuoso met en scène trois couples, sorte de trinité au carré féministe.Zorka et Jana sont tchèques et amies d'enfance. La chute du mur et l'envie d'exister les ont séparées et poussées à s'exiler. Aimée et Dominique, parisiennes et mariées, vivent leur amour au gré de l'exaltation ou des dépressions de Dominique, jusqu'à un point de non-retour. Enfin, Amy, américaine, et Dominika, tchèque, se rencontrent sur un forum lesbien. Qu'il s'agisse du choc des cultures et des changements de moeurs qui en découlent, les héroïnes de ce roman bousculent les certitudes et donnent à voir la naissance d'une génération cosmopolite confrontée à ses héritages culturel, sociétal et viscéral ambivalents. Le fantastique noir confine au surréalisme sansse départir de l'identité propre aux littératures d'Europe de l'Est (on pense aussi bien aux oeuvres romanesques de László Krasznahorkai ou de Milan Kundera) empreints d'absurde et d'humour. Un audacieux roman lesbien qui donne à voir des territoires lointains et dissemblables, paradoxalement proches par lavivacité avec laquelle l'auteure parvient à en retranscrire l'essence émotionnelle. Nous oscillions sans cesse entre rêve et réalité, entre onirisme et fantasmagorie. Le style épuré renouvelle le genre romanesque tout en donnant la part belle, ou non, au mystère au féminin.

  • Abigaël

    Magda Szabó

    • Viviane hamy
    • 21 Septembre 2017

    Gina ira en pension. Son père adoré l'a décrété sans donner la moindre explication : « Ne dis au revoir à personne, amie ou connaissance. Tu ne dois pas dire que tu quittes Budapest. Promets-le-moi ! » Elle doit oublier son ancienne vie et rejoindre, dans la lointaine province, Matula, une institution calviniste très stricte, reconnue pour la qualité de son enseignement.

    Enfant gâtée, rétive aux règles, elle est vite mise en quarantaine. Seule solution pour survivre, l'évasion... qui se solde par un échec piteux. Désespérée, l'adolescente finit par confier ses malheurs à Abigaël, la statue qui se dresse au fond du jardin. Car selon l'antique tradition matulienne, Abigaël aiderait tous ceux qui le souhaitent. Et, miracle, l'ange gardien se manifeste ! Une série d'aventures rocambolesques sortent Gina du purgatoire et lui font comprendre la douloureuse décision de son père en même temps que le sens des mots honneur, solidarité et amitié.

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