Puf

  • En partant des sources parisiennes datées du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle (Parlement de Paris, Châtelet, Chartes), Maud Ternon retrace l'appréhension et la prise en charge de la folie au Moyen Âge. L'étude de celle-ci a longtemps été abordée sous l'angle restreint des représentations, et l'ouvrage fondateur qu'est Folie et déraison. Histoire de la folie à l'âge classique de Michel Foucault tente avant tout de comprendre comment le geste de renfermement des fous dans les asiles a pu émerger au XVIIe siècle. La période médiévale n'est que peu concernée. Or, les registres des cours de justice médiévales présentent un grand intérêt pour écrire l'histoire sociale de la démence. Ils donnent à voir des représentations de la folie utilisées en contexte par des acteurs variés ; ils permettent d'observer les pratiques mises en oeuvre par la société autour du trouble mental.
    Quelles sont la ou les notions de folie mises en scène au tribunal, au moyen de quel vocabulaire et de quelles catégories juridiques ? Quels genres de comportements peuvent être présentés comme des signes de folie, et comment la preuve en est-elle établie ? Dans quels types de procédures la qualification de folie apparaît-elle le plus et sert-elle le mieux l'intention du plaideur ? Quel est le sort réservé au dément dans chacune de ces situations ?

  • La première partie de l'ouvrage, " Construire l'Empire ", s'intéresse d'abord aux divers efforts de mobilisation, notamment culturelle, et aux mécanismes de propagande engagés par les régimes européens lors de leurs progressives " entrées en Empire ". Cette partie a aussi pour ambition d'éclairer, au travers d'expériences très dissemblables, la nature de ces mêmes entrées et de ce qu'elles racontent sur les débuts des colonisations européennes contemporaines. La deuxième, " Acteurs et pratiques des colonisations européennes ", s'arrête ensuite sur quelques expériences, individuelles ou collectives, d'acteurs, d'actrices et de groupes sociaux confrontés au fait colonial, et sur l'intersection des trajectoires entre populations colonisatrices et colonisées. Elle s'efforce également de mettre au jour la circulation des pratiques, l'échange des expériences et la concurrence des " modèles " de colonisation entre les espaces impériaux européens. Enfin, la troisième partie de l'ouvrage, " Violences en situation coloniale ", est consacrée aux formes particulières et spécifiques de violences, souvent extrêmes, exercées dans divers contextes coloniaux tout au long de la période.

  • Aspect original de l'histoire au quotidien Remarque : contrairement à ce que laisse supposer la couverture, le sujet est traité du Moyen Age à nos jours Introduction -- I : Du Moyen Age à la fin de l'Ancien Régime, maîtriser les sons -- II : L'évolution du paysage sonore à l'époque moderne -- III : De la Révolution à nos jours -- Conclusion Table des matières Introduction Chapitre I / Du Moyen Âge à la fin de l'Ancien Régime : maîtriser les sons Au Moyen Âge Le bruit est partout La vertu de silence À l'époque moderne Cloches, Te Deum, charivaris : un paysage sonore contrôlé La vertu de discrétion Le silence valeur spirituelle Chapitre II / L'évolution du paysage sonore à l'époque moderne Paysage sonore et habitat Une vie de plein vent À partir des années 1750, une recherche de l'intimité Acoustique et imitation des sons mieux maîtrisées Chapitre III / De la Révolution à nos jours La Révolution Des ruptures Les cloches Aux XIXe et XXe siècles Des survivances de l'Ancien Régime Les conditions d'un nouveau paysage sonore À nouveau l'histoire des cloches Domestiquer les sons, lutter contre les bruits Conclusion Annexes :

    Vertu religieuse du silence. Marque satanique du bruit. Avertissements célestes, 159 1. La voix de " fin silence ", 159 2. Lettres circulaires de carmélites rapportant les vertus des religieuses décédées, 159 3. Le langage par signes des trappistes, 160 4. Les ursulines de Bayeux délivrées de grands bruits nocturnes, 161 5. Grignion de Montfort " maltraité " du démon, 161 6. Bruits prémonitoires rapportés dans un livre de raison, 162 Les cloches : usages, enjeux, symbolique, 163 1. L'usage des cloches, 163 2. Convention pour la fonte d'une cloche à Vallorcine (1774), 165 3. Réglementation des sonneries de cloches pour les trépassés (Rodez, 1609), 166 4. Les devoirs du campanier, 167 5. Sous la Révolution et l'Empire, 168 6. La sensibilité d'un poète romantique, 169 Bruits : langage, symboles, nuisances 17 1. Un langage sifflé, 173 2. Le salaire du crieur public (Avignon, 1670), 173 3. Bruit et fête, 174 4. Bruits et métiers, 174 5. Nuisances 178

  • La torture, décriée à juste titre pour sa barbarie et son inefficacité, est considérée comme une méthode d'inquisition archaïque, excessivement pratiquée au Moyen-Âge. Faustine Harang déconstruit ce mythe : si la torture a constitué une stratégie judiciaire à l'heure où la justice pénale s'affirmait et où le monde féodal s'écroulait en faveur d'un pouvoir royal centralisé, son usage restait modéré et contrôlé. C'est précisément à la fin du Moyen-Âge que, privée de son fondement juridique, la torture s'est normalisée comme outil politique lié à la sûreté d'État.
    En interrogeant les archives du XIVe au XVe siècle du parlement de Paris, cet ouvrage entend analyser le contexte d'émergence de la torture judiciaire. Il confronte ses sources théoriques avec ses différents usages et pose ainsi la question des liens entre société, justice et pouvoir. Une conclusion s'impose :
    La torture au Moyen-Âge aura réussi un pari, celui d'imposer la peur à long terme sur une réputation largement teintée de légende.

  • Ce livre retrace l'histoire de la conversion des musulmans, de la fin de la Reconquête jusqu'à l'expulsion de quelque 300 000 morisques, descendants des convertis, un siècle plus tard. Pour la première fois, l'intégration forcée d'une population de non-chrétiens, réalisée selon des règles juridiques forgées dans la persécution des juifs au Moyen Âge, fut un échec. Alors que les morisques s'efforçaient d'échapper aux expulsions et à l'Inquisition en gardant leur foi et leurs moeurs, la société chrétienne voulut éliminer les traces de l'islam sans donner aux convertis l'égalité des droits. La politique de conversion hésita entre répression et pédagogie, volontarisme et découragement. Son échec, constaté à l'époque par les historiens et les théologiens, favorisa l'émergence d'une réflexion sur l'usage de la contrainte en matière de foi qui conserve encore aujourd'hui toute son actualité.

  • Avec la naissance des universités, à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle, apparaît dans le paysage social de l'Occident une nouvelle catégorie d'individus faisant profession d'étudier, de penser et d'enseigner. À la croisée de l'histoire, de l'anthropologie et de la sociologie, cette étude révèle les stratégies mobilisées par cette communauté intellectuelle nouvelle pour s'affirmer en tant que catégorie autonome dans le paysage social et politique de la fin du Moyen Âge. En observant les nombreuses manifestations rhétoriques et gestuelles de l'idée médiévale d'honneur, l'auteur s'attache à décrire la formation d'une identité professionnelle propre aux maîtres, écoliers et officiers de l'Université de Paris jusqu'à la fin du XVe siècle. Cet examen de conscience de l'Université médiévale permet ainsi de mettre en évidence quelques-uns des principes fondateurs de cette institution pluriséculaire.

  • La collection est dirigée par Lucien Bély, professeur d'histoire moderne à l'Université de Paris IV - Sorbonne, Claude Gauvard, professeur d'histoire du Moyen Age à l'Université de Paris I - Sorbonne, Jean-François Sirinelli, professeur d'histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris. Les ouvrages publiés veulent montrer que l'Histoire n'existe pas sans les questions posées par les historiens et les lecteurs.

  • On assiste de toutes parts au " retour " de l'événement.
    Aux notions de structure, d'invariant, de longue durée, d'histoire immobile, se sont substituées les notions de chaos organisateur, de fractale, de théorie des catastrophes, d'émergence, de mutation, de rupture... Ce basculement n'affecte pas seulement l'histoire. Il est général à l'ensemble des sciences humaines et atteste une préoccupation nouvelle d'attention à ce qui advient de nouveau dans une interrogation renouvelée sur l'événement.
    François Dosse, dont les travaux en historiographie sont connus, met dans cet ouvrage la notion d'événement à l'épreuve du regard de diverses disciplines pour en mesurer la fécondité potentielle. Comme l'a dit Michel de Certeau, l'événement est ce qu'il devient, ce qui induit un déplacement majeur de l'approche de l'événement, de ses causes à ses traces. Telle est la grande nouveauté que perçoit l'auteur et qui change radicalement notre rapport à l'événement en le défatalisant.
    On ne peut donc parler d'un simple " retour " de l'événement au sens ancien du terme. Après la longue éclipse de l'événement dans les sciences humaines, le " retour " spectaculaire de l'événement que l'on connaît n'a, en effet, pas grand-chose à voir avec la conception restrictive qui était celle de l'école historique des méthodiques du XIXe siècle. L'objet de cette investigation est de rechercher les clés de compréhension de l'ère que nous traversons, celle d'un rapport à l'historicité marqué par une événementialisation du sens dans tous les domaines.
    Plus qu'un " retour ", nous vivons donc une renaissance ou un retour de la différence. Que revient-il de l'événement ? Assiste-t-on à un simple retour d'une événementialité factuelle ou à la naissance d'un nouveau regard sur l'événement ? Et surtout, s'est-on posé la question de savoir ce qu'est un événement ?

  • Les enquêtes menées par Louis IX entre 1247 et 1270 sur son administration furent très tôt considérées comme un monument de l'histoire de France, sans que les dix mille doléances conservées aient été étudiées. Cet ouvrage en livre la première histoire intégrale. En privilégiant les sources quotidiennes du gouvernement, il donne une lecture critique du règne de saint Louis, trop souvent décrit grâce aux récits destinés à le faire canoniser. Il donne à voir le roi, et non le saint.
    Envoyés pour la première fois dans le royaume tout entier, les enquêteurs devaient recenser les exactions commises par le roi et ses officiers ; ils établissaient la véracité des griefs, puis réparaient financièrement les dommages attestés. À la veille d'un départ à la croisade long et peut-être définitif, les enquêtes attestent une volonté de pacifier le royaume et de racheter l'âme du roi. Elles sont aussi une entreprise de communication politique inédite : les enquêteurs diffusèrent l'idée que le roi était juste et bon et le firent connaître et reconnaître.
    À l'heure de la démocratie participative, les enquêtes de Louis IX montrent que pour se construire, l'État français usa tour à tour de contrainte et de consentement et qu'il fut conçu, dès l'origine, comme un État de droit.

  • Ce livre s'inscrit dans un héritage historiographique déjà riche, en particulier celui des études portant sur des périodes plus éloignées. Ici, il ne s'agit pas d'étudier "la jeunesse" en général mais certains groupes de jeunes socialement identifiés, des étapes institutionnelles ritualisées délimitant des seuils d'âge. Les contributions réunies, fruit d'un séminaire de deux ans, forment une analyse socio-historique assez nouvelle en France, à laquelle ont contribué de jeunes chercheurs américains apportant les méthodes et l'esprit de l'école anglosaxonne dont les travaux sur la jeunesse, "invention moderne" née de l'industrialisation et de l'urbanisation, selon l'un de ces historiens (John R. Gillis), remontent aux années 1970.

  • La collection est dirigée par Lucien Bély, professeur d'histoire moderne à l'Université de Paris IV - Sorbonne, Claude Gauvard, professeur d'histoire du Moyen Age à l'Université de Paris I - Sorbonne, Jean-François Sirinelli, professeur d'histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris. Les ouvrages publiés veulent montrer que l'Histoire n'existe pas sans les questions posées par les historiens et les lecteurs.

  • De la Renaissance au temps des Révolutions, l'Europe apparaît d'abord comme le champ de guerres incessantes qui permettent aux États (souvent incarnés par des princes) de s'affirmer. Cette réalité dramatique conduit l'Europe à inventer la diplomatie - le mot ne s'impose qu'à la fin du XVIIIe siècle - en perfectionnant et en rationalisant l'art de la négociation. Aussi, à partir du XVIe siècle, l'Europe adopte-t-elle des règles en matière diplomatique qui s'imposent peu à peu à tous les États. Parallèlement, s'élabore une réflexion politique sur la manière de prévenir les conflits et d'y mettre fin.
    Cet ouvrage montre que la recherche de la paix marque la vie de l'Europe, tout autant, et peut-être plus, que l'art de la guerre, et qu'elle donne naissance à un monde original et coloré d'ambassadeurs, d'agents et d'informateurs. Si aucune instance supranationale ne se crée avant le XXe siècle, l'action diplomatique offre néanmoins un arsenal d'idées pour soutenir la négociation, transformer les rivalités entre les rois et dynamiser l'Europe. Des méthodes, des structures et des lois favorisent le dialogue entre les souverains : des départements ministériels spécialisés se créent, des immunités s'élaborent pour protéger les négociateurs, des ambassades permanentes s'établissent, des pratiques de plus en plus savantes se forgent, un cérémonial impressionnant se fixe. Des penseurs s'efforcent aussi de trouver les moyens d'assurer la paix perpétuelle par une construction d'organisations internationales. Enfin, de larges congrès de paix, ainsi ceux de Westphalie et d'Utrecht, permettent de remodeler la carte politique après de longs conflits.
    On trouve donc dans cette synthèse remarquable une réflexion sur l'art de la paix, élaboré dans le monde singulier des diplomates, abordé ici sur trois siècles et considéré comme une dynamique de l'Europe et comme une part essentielle de son identité. En suivant cette genèse, ce livre offre des clefs pour mieux connaître la diplomatie dont nous avons besoin aujourd'hui.

  • La collection est dirigée par Lucien Bély, professeur d'histoire moderne à l'Université de Paris IV - Sorbonne, Claude Gauvard, professeur d'histoire du Moyen Age à l'Université de Paris I - Sorbonne, Jean-François Sirinelli, professeur d'histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris. Les ouvrages publiés veulent montrer que l'Histoire n'existe pas sans les questions posées par les historiens et les lecteurs.


  • Ourdi au Mexique en 1565, le complot de Martin Cortés (fils d'Hernan Cortés) s'avère paradigmatique des nombreuses rébellions contre la couronne de Castille. Loin de se réduire à un face-à-face entre Espagnols et Indiens, la conquête brouille tous les clivages et sécrète précocement une conscience politique créole. Pour comprendre ces Espagnols des Indes, le livre révèle l'ampleur des désobéissances coloniales depuis les années 1540.
    Il nous fait revivre le déroulement des grands procès politiques conservés dans les archives américaines et péninsulaires. Les personnages extraordinaires et les histoires de vies les plus rocambolesques abondent dans cette radiographie méticuleuse du monde colonial et de ses relations avec la péninsule Ibérique. On y découvre la misère des émigrés, les convergences d'intérêts entre indigènes et colons, la corruption des magistrats, les faiblesses de l'appareil administratif et le mélange détonnant d'une société conservatrice avec des formes innovantes de culture politique et judiciaire.
    La Castille parvient péniblement à faire la reconquête des Indes contre les fils de conquistadors. En sorte qu'on ne saurait parler ni de pacification, ni d'enracinement de la colonisation, durant la seconde moitié du XVIe siècle

  • Synthèse sur l'évolution de l'histoire des relations internationales depuis les années 1960, ses relations avec les autres sciences sociales, et la spécificité de ses méthodes, approches et objets.

  • En 1480, les principaux officiers du duc de Bourbon, au premier rang desquels se trouve le chancelier, sont mis en accusation pour avoir attenté aux droits du roi. Après une enquête sur le terrain, un procès s'ouvre devant le parlement de Paris. Il donne lieu en juillet 1480 à de riches plaidoiries où sont détaillés tous les excès, usurpations de cas royaux et autres " exploits " de juridiction souveraine censés avoir été commis par les hommes de Jean de Bourbon. C'est autour de cette procédure qu'a été écrit le présent livre.
    Pour en comprendre les enjeux, l'étude a repris à nouveaux frais la politique de Jean II de Bourbon dans ses territoires pour en comprendre la portée et saisir les fondements des accusations royales. Elle montre que le projet politique de Jean II, mis sur pied dans les années 1470, a été axé sur la réforme de la justice, dont les fondements divins et les implications souveraines ont pu être jugés attentatoires aux intérêts de la couronne par les agents royaux. Ainsi, le procès de 1480, qui a été pensé comme l'occasion de donner une leçon de souveraineté au duc de Bourbon, doit être lu comme la confrontation non seulement de deux pouvoirs, mais aussi de deux conceptions du pouvoir.
    Le livre s'avère une contribution de premier plan à la question essentielle des rapports politiques entre Louis XI et les princes.

  • L'histoire du Moyen ge n'est pas seulement celle de la domination : on change, on dbat, on critique, on proteste. Mais s'agit-il pour autant d'un espace public au sens que le philosophe allemand Jrgen Habermas a donn ce terme ? Telle est la question que posent les diffrentes contributions rassembles dans ce livre, proposant d'abord une rflexion sur les intentions et les implications de la thorie habermassienne, explorant notamment les usages qu'en firent historiens et spcialistes des sciences sociales. Mais c'est l'enqute empirique qu'il appartient de dfinir les lieux et les moments, les formes et les acteurs de cet change politique au Moyen ge, de la place publique la cour du roi en passant par l'universit et les conseils de ville. travers diffrentes tudes de cas, on tente ainsi de saisir la manire dont se dploie une sphre o les hommes du Moyen ge ont pu prouver un usage politique de la raison.
    Ouvrage publi sous la direction de Patrick Boucheron et Nicolas Offenstadt, qui sont historiens et enseignent l'Universit Paris I Panthon-Sorbonne. Ils s'intressent tous les deux, chacun leur manire, aux usages contemporains du pass mdival.

  • Au cours de l'été 1325, une commission d'enquête est envoyée par le pape jean xxii dans cinq villes de la marche d'ancône.
    Pendant trois mois, elle recueille les témoignages d'hommes et de femmes sur les qualités extraordinaires et les miracles qu'aurait accomplis un ermite de saint-augustin, nicolas de tolentino (mort en 1305), en vue de sa canonisation. 371 dépositions ont été consignées dans un long procès-verbal dont nous avons conservé deux manuscrits. cette " trace de l'histoire " est au centre de ce livre. l'objet n'est pas le saint, ni la sainteté, ni le culte, ni les croyances, mais une société produite par une source et par un historien.
    Afin de saisir cette réalité dynamique et mouvante, est adoptée ici une démarche pragmatique qui tente de concilier approche macro-historique et micro-historique. elargissant d'abord la focale pour ne rien perdre du contexte de production, l'auteur montre comment on obtient une bulle autorisant l'ouverture d'un procès de canonisation et comment on fabrique un saint. puis, se dirigeant progressivement vers la source, il s'interroge pour savoir comment elle a été produite et de quoi elle est composée.
    Enfin, la focale resserrée sur la seule réalité dont on dispose, il étudie minutieusement cette " société du procès " à partir de témoignages oraux consignés par écrit, en montrant comment les rapports sociaux s'inscrivent dans un espace donné et en dévoilant les procédés par lesquels s'exprime la domination sociale.

  • Comment Rome de cité-Etat devient-elle capitale d'Empire ? Que signifient les entrées solennelles, les funérailles publiques des empereurs et leur divinisation, les triomphes et les jubilés ? C'est ce qu'explique ce livre passionnant sur une longue période historique, il permet de comprendre comment la légitimité de l'empereur dépend de sa capacité à conjuguer son destin et celui de la cité impériale. Le souverain incarne un passé qui l'assimile à Romulus et devient le garant de l'éternité de la ville, cité où réside le prince.

  • Migrer, émigrer, immigrer : trois termes pour désigner un mouvement qui comprend des allers et retours mais jusqu'à présent un flux des champs vers les villes et plus récemment une mobilité des cadres, du Nord vers le Sud. Mais l'accueil envers ceux qui arrivent reste toujours marqué d'ambiguïtés sinon d'hostilité. La façon de penser ces mouvements se concentre aujourd'hui davantage sur les frottements interculturels voire interreligieux.

    La pensée sur les migrations gagne à être comparative. Chaque période ré-interprète le mouvement à l'aune de ses propres débats.

  • La collection est dirigée par Lucien Bély, professeur d'histoire moderne à l'Université de Paris IV - Sorbonne, Claude Gauvard, professeur d'histoire du Moyen Age à l'Université de Paris I - Sorbonne, Jean-François Sirinelli, professeur d'histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris. Les ouvrages publiés veulent montrer que l'Histoire n'existe pas sans les questions posées par les historiens et les lecteurs.

  • Serge LUSIGNAN est professeur d'histoire du Moyen Âge à l'Université de Montréal et chercheur associé au Laboratoire de médiévistique occidentale - CNRS Université de Paris I.

    A partir du XIIIe siècle, l'écrit se développe dans les administrations publiques. Mais comment choisir entre le latin et la langue vernaculaire ? La question d'une langue officielle se posa en même temps en France et en Angleterre, où le français fut la langue maternelle de nombreux rois. Certains monarques adoptèrent alors une véritable politique linguistique. Ce livre, original quant à son thème, renouvelle l'histoire de la langue française au Moyen Âge en montrant le lien indissociable entre l'histoire linguistique et l'histoire politique.

    Ce livre explique la première étape de la naissance du français moderne et décrit les premières interventions des autorités publiques en matière linguistique pour que le français devienne langue nationale du royaume de France. Il renouvelle l'histoire de la langue française au Moyen Âge en montrant le lien indissociable entre histoire linguistique et histoire politique, car le choix du roi donna naissance au français moderne. En France les juristes de la chancellerie et du Parlement privilégiaient la langue savante, le latin, alors que la population et les pouvoirs féodaux utilisaient le français. La tension entre les deux langues persista jusqu'à l'ordonnance de Villers-Cotterêts de François Ier (1539) interdisant définitivement l'usage du latin. En Angleterre, les rois étaient de langue maternelle française depuis la conquête normande jusqu'à Richard II (1399) et le français continua à être utilisé durant le XIVe siècle et le début du XVe. L'usage du français persista dans le droit anglais jusqu'à l'interdiction officielle de 1731. L'anglais de la fin du Moyen Âge emprunta d'ailleurs un grand nombre de mots et d'expressions au français moderne. Une étude passionnante et originale sur les origines de notre langue et l'explication de la persistance d'expressions françaises chez nos voisins.

  • Les expériences de rapprochement apparaissent comme des anomalies dans l'Europe des princes tant leurs relations semblent d'essence guerrière. La plus longue alliance entre les deux Grands du XVIe siècle, les rois de France et d'Espagne, consécutive à la paix de Cateau-Cambrésis (1559), va de pair avec le déclenchement de troubles religieux. Dans ce contexte instable se révèle tout autant un rapport de force nettement favorable à Philippe II qu'une volonté mutuelle d'entretenir leur amitié. Lien politique et social plus qu'affectif, elle est alors fondée sur l'entraide. Une association dynastique, des efforts conjoints contre la Réforme et le choix de régler les conflits à l'amiable en ont été les piliers. Si elle doit s'accorder avec l'intérêt de chacun, l'amitié incarne dans tous les actes de la diplomatique l'idéal des relations entre princes chrétiens, voués à s'unir et à s'aimer.

  • La collection est dirigée par Lucien Bély, professeur d'histoire moderne à l'Université de Paris IV - Sorbonne, Claude Gauvard, professeur d'histoire du Moyen Age à l'Université de Paris I - Sorbonne, Jean-François Sirinelli, professeur d'histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris. Les ouvrages publiés veulent montrer que l'Histoire n'existe pas sans les questions posées par les historiens et les lecteurs.

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