Presses Universitaires Du Septentrion

  • Nous sommes, avons e´te´, serons tous un jour confronte´s a` l'e´preuve du deuil, a` sa de´chirure, a` sa violence aussi. Le deuil est une e´preuve car il impose un effort, un « travail », qui puise dans nos ressources, nous e´puise, tout en maintenant l'espoir d'un soulagement, d'une e´claircie, voire d'une forme de « relation » apaise´e avec l'autre disparu, ou tout du moins avec son souvenir. Le deuil interroge nos rapports à l'autre qui n'est plus et dont persiste l'image, mais également les autres qui nous entourent, nous contraignent ou nous soutiennent.

  • La règle de droit doit être à la fois contraignante et inspirée par le bien comme le suggèrent le glaive et la balance qui la symbolisent. Des critères précis permettent de distinguer la règle obligatoire de celle qui ne l'est pas et c'est le mérite de l'ouvrage que de les énoncer. Le bien, c'est ce qui est juste. Cette notion est symbolisée par la balance, instrument de mesure qui évoque la pondération, la justesse, l'équilibre, l'égalité et la vérité. La bonne règle de droit est tout entière gouvernée par le mot juste. Elle doit être appliquée avec rigueur. D'où un autre symbole, le glaive, affirmant l'obligation, la sanction de l'état.

    En fait le juriste assume une double fonction, une double mission. Il conseille, oriente les législateurs. Par ses conseils, par ses avis, il montre le chemin du droit, le droit chemin. Mais aussi il sait allier le coeur à la raison. Il laisse ouvert des domaines importants à la libre appréciation du juge, les domaines de l'équité, de la bonne foi, de la loyauté, de la grâce.

    Dans un territoire nouveau, conséquence des progrès de la médecine, celui de la bioéthique, la jurisprudence doit parfois être préférée aux lois, plus exactement l'espace et le temps interviennent. L'espace : le nombre de lois doit, dans ce domaine, être limité. Le temps : la situation est évolutive. Les lois peuvent parfaitement être modifiées en fonction des progrès de la science.

    À la rigueur du droit doivent constamment être alliées la chaleur de la vie, la profondeur de la réflexion. Par son approche éthique de la notion de droit, Xavier Labbée explique à l'étudiant la finalité de la règle, et l'invite à comprendre qu'il faut aimer le droit comme on aime la vie. Aimer le droit, c'est aimer la vérité et c'est vouloir que règne l'harmonie entre les hommes dans la justice et l'équité.

    Professeur Jean Bernard de l'Académie française.

  • Plus que jamais d'actualité, en ces temps de tensions parfois entre les élus locaux et l'exécutif national d'un côté, et d'élections municipales de l'autre, cet ouvrage sur Pierre Mauroy se situe résolument dans ce que Michael Keatin appelait le "retour du territoire". Quelle part peut-on attribuer à ce grand élu socialiste dans le changement de statut du local, désormais érigé en vecteur d'innovation, d'impulsion, d'expérimentation et d'efficacité ?

    La singularité de cet ouvrage hybride tient dans le choix assumé de restituer des contributions de nature variée, individuelles ou collectives, écrites et orales pour prendre ainsi la mesure des différentes facettes du personnage et mieux comprendre ses principes d'action et ses réalisations. Par les apports qu'il contient, cet ouvrage permet d'analyser l'élu Mauroy, aux multiples mandats cumulés, à la fois comme un entrepreneur de temps, de territoire(s) (la région, la métropole transfrontalière) et de politiques publiques, dont il cherche à s'imputer les résultats mais aussi leur mise en récit.

  • Tant les thèmes abordés par Pierre Michon que sa manière d'écrire se caractérisent par un refus de la ligne droite, de l'approche directe. Il faut détourner le regard du centre pour s'intéresser à la périphérie : petites gens, province, gestes de l'écriture qu'on aurait de prime abord jugés inintéressants. Si Michon décline l'obliquité sous ses formes les plus variées, c'est afin d'en proposer, d'une façon elle-même oblique, une théorie.
    Les grands thèmes, les enjeux véritables ne peuvent s'appréhender qu'en partant du détail, de la périphérie, de la digression. Obliquement, Michon nous dit le monde de façon bien plus percutante qu'une approche frontale ne saurait le faire. Mieux, Michon nous invite à cette gymnastique de l'esprit. Il s'agira donc de débusquer, dans la rigueur de ses phrases, les effets obliques du dire, de dépasser l'imposture de l'écrit pour atteindre la constellation essentielle de la vie même.

  • Cet ouvrage collectif veut montrer que, contrairement à l'idée reçue, Mai 68 a exercé une influence à la fois rapide, profonde et durable sur la littérature. Non seulement les écrivains se sont engagés dans l'action à l'instar de Blanchot ou Duras, mais le mouvement a inspiré aux romanciers, poètes et dramaturges, témoins ou acteurs de Mai, une écriture contemporaine ou quasi contemporaine de l'événement, ainsi que le prouvent les exemples de Merle, Lainé, Gary, Heidsieck, etc.

    Dans ce livre sont analysés en outre la place prise par Mai 68 dans l'imaginaire littéraire des générations antérieures (Leiris, Aragon, Malraux) et postérieures (Quintane, le collectif Inculte) ainsi que le rôle joué par Mai 68 dans une série de mutations littéraires, telles que l'émergence d'une écriture féminine revendiquant sa spécificité (Duras, Rochefort), ou la structuration institutionnelle de genres jusque-là réputés mineurs comme la science-fiction ou le roman noir.

    Contributeurs : Nathalie Barberger, Jean-Marc Baud, Simon Bréan, Geneviève Brisac, Stéphane Chaudier, Maxime Decout, François Dussart, Jean-Louis Jeannelle, Matthieu Rémy, GaëlleThéval, Anne Wattel, Nelly Wolf.

  • Filmer l'écrivain, est-ce filmer une vie, un statut institutionnel, une parole ? L'émission littéraire ou la critique filmée sur internet ont-elles pour but de rapprocher le public de littérature ? La dimension patrimoniale et didactique du film sur la littérature, la starisation liée à l'incarnation des auteurs semblent dominer les discours cinématographiques et télévisuels. Peut-on alors parler de critique ? Ou avons-nous affaire à la constitution d'un pur objet de culture ? Les études ici rassemblées témoignent qu'un discours critique est en jeu dès lors que le cinéma ou la télévision engagent un geste de mythification ou de démystification. L'ouvrage mettra également en avant les ressources propres dont le film dispose pour explorer ce qui apparaît comme au coeur de l'expérience littéraire : la production d'effets qui dépassent le fonctionnement linguistique et relèvent de la matérialité de l'écrit, du corps, de la naissance des images, des rythmes et des sons et par-dessus tout sans doute, comme le cinéma, d'une méditation sur le temps et la mémoire.

  • La nostalgie est devenue une ressource fondamentale de la culture médiatique contemporaine. Les séries télévisées au look rétro, l'amour du vintage et des meubles patinés, le déferlement du rétro-gaming ou encore les commémorations (muséales) d'un passé souvent idéalisé peuplent désormais notre quotidien. La nostalgie est pourtant bien plus qu'une simple rétrogradation temporelle, et c'est ce que les auteur-e-s de cet ouvrage entendent démontrer à travers des réflexions critiques et des cas d'études originaux et inédits. Comment comprendre la passion pour les photographies de maisons en ruines ? Qu'est ce qui nous pousse à regarder en boucle nos séries préférées ou celles de notre enfance ? Pourquoi écrire aujourd'hui une carte postale qui sera reçue en 2042 ? Voici quelques-unes des nombreuses questions auxquelles cet ouvrage collectif transdisciplinaire - le premier en langue française - propose d'offrir des pistes de réponse.

  • Les transformations culturelles, territoriales, sociales et économiques de l'Europe entre 1914 et 1945 furent le résultat de deux guerres mondiales se superposant à la modernisation et à la course au pouvoir mondial. Global dans son approche, d'une lecture facile, L'Europe d'une guerre à l'autre : 1914-1945 étudie de façon systématique les décisions prises par les dirigeants ainsi que les tendances développées par les sociétés sur un territoire allant de l'Irlande à la Sibérie, sans oublier les pays scandinaves, ibériques, baltes et balkaniques.

    En plus des sujets habituellement traités - la guerre, la Révolution russe, la Shoah, les dictateurs, les traités de paix et la Grande Dépression -, l'ouvrage apporte des lumières sur un vaste éventail de questions, telles que les colonies, la religion, l'aide humanitaire, les mouvements féministes transnationaux, la propagande, les changements démographiques, l'européisme, le rôle des États-Unis et les marchés du travail. Pris ensemble, ces développements forment la base de l'Europe d'aujourd'hui.

  • L'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris en avril 2019 a fait renaître les polémiques sur la conservation du patrimoine architectural. Le débat avait déjà fait rage, à la suite du romantisme, au XIXe siècle, ainsi qu'après les deux guerres mondiales, y compris parmi les écrivains. L'inscription de l'architecture dans le discours littéraire est l'un des domaines de recherche privilégiés de Joëlle Prungnaud, où elle a renouvelé le regard de la critique sur la modernité fin-de-siècle. Cet intérêt pour le rapport qu'entretiennent architecture et littérature est né de son travail sur le genre gothique et la décadence. Les contributions contenues dans ce volume rendent ainsi hommage aux travaux et réflexions de Joëlle Prungnaud en s'intéressant, à travers des exemples précis du début du XIXe à la fin du XXe siècle, aux fonctions que peuvent avoir des éléments architecturaux dans des oeuvres littéraires provenant des différentes cultures européennes.

  • En mai 1920, à l'occasion de la tenue à Lille d'une Exposition internationale pour la renaissance des régions libérées, Georges Lyon, recteur de l'académie de Lille demande aux enseignants de répondre à un questionnaire, à leurs élèves de rédiger une composition française sur le thème de leurs souvenirs de la guerre et de faire le récit d'un épisode dramatique dont ils auraient été le témoin ou l'acteur. Ce sont les 152 compositions produites par les élèves des six arrondissements du département du Nord aux deux tiers occupés par les Allemands qui sont ici publiés. Conservées dans les fonds de La Contemporaine (Nanterre), elles n'ont jamais été exploitées systématiquement faute d'une publication, accompagnée d'un appareil critique.
    Témoignages directs d'enfants pour certains, d'adolescents pour d'autres, elles ne sont pas une vision de la Première Guerre mondiale « par le petit bout de la lorgnette ». Elles rassemblent les souvenirs de jeunes témoins qui ont connu la mobilisation de membres de leurs familles. Le choc de l'invasion allemande avec ses pillages et ses exactions, le froid, la faim, les représailles les bombardements aériens... C'est ce qui fait de ces textes des documents attachants et surtout précieux pour saisir l'expérience de la guerre par de jeunes enfants. En même temps, ils mettent en lumière le rôle de l'École dans la construction de la mémoire de la Première Guerre Mondiale.En mai 1920, à l'occasion de la tenue à Lille d'une Exposition internationale pour la renaissance des régions libérées, Georges Lyon, recteur de l'académie de Lille demande aux enseignants de répondre à un questionnaire, à leurs élèves de rédiger une composition française sur le thème de leurs souvenirs de la guerre et de faire le récit d'un épisode dramatique dont ils auraient été le témoin ou l'acteur. Ce sont les 152 compositions produites par les élèves des six arrondissements du département du Nord aux deux tiers occupés par les Allemands qui sont ici publiés. Conservées dans les fonds de La Contemporaine (Nanterre), elles n'ont jamais été exploitées systématiquement faute d'une publication, accompagnée d'un appareil critique.
    Témoignages directs d'enfants pour certains, d'adolescents pour d'autres, elles ne sont pas une vision de la Première Guerre mondiale « par le petit bout de la lorgnette ». Elles rassemblent les souvenirs de jeunes témoins qui ont connu la mobilisation de membres de leurs familles. Le choc de l'invasion allemande avec ses pillages et ses exactions, le froid, la faim, les représailles les bombardements aériens... C'est ce qui fait de ces textes des documents attachants et surtout précieux pour saisir l'expérience de la guerre par de jeunes enfants. En même temps, ils mettent en lumière le rôle de l'École dans la construction de la mémoire de la Première Guerre Mondiale.

  • Les oeuvres de réalisateurs tels que Hou Hsiao-hsien, Tsai Ming-liang, Ang Lee ou Edward Yang ont d'ores et déjà acquis leur place dans l'histoire du septième art. Mais au-delà d'elles, que sait-on du cinéma taiwanais ?
    Quelles ont été les principales étapes de son développement ? De quel contexte historique, social, culturel et politique est-il le produit ? Que nous apprend-il sur le pays qui l'a vu naître et grandir ?
    C'est à ces questions que ce livre se propose de répondre. Offrant la première synthèse large en français sur ce sujet, ses pages présentent l'évolution du cinéma taiwanais, des débuts aux dernières sorties, éclairant au passage les tensions historiques qui en traversent à tout moment le développement.
    Les présentations en fin d'ouvrage de vingt-cinq réalisateurs viennent compléter cette traversée historique, invitant le lecteur à la découverte de classiques incontournables, mais aussi d'oeuvres méconnues de ce cinéma d'une richesse étonnante.

  • Édifice religieux monumental, la cathédrale représente un symbole spirituel, patrimonial, culturel et politique. C'est pourquoi elle est confrontée, en temps de guerre, aux effets et à la violence de celle-ci : sa taille la désigne comme un objectif repérable de loin ; sa fonction religieuse en fait un symbole pour rassembler la population ; elle peut susciter au contraire une volonté de destruction, notamment iconoclaste, de la part de l'adversaire ; les cérémonies qui s'y déroulent pendant ou après les conflits implorent la protection divine, demandent la victoire, honorent les morts. Les enjeux politiques se mêlent aux dimensions spirituelles pour élever certaines cathédrales en symboles nationaux. Enfin, l'édifice est un lieu de mémoire des guerres, par ses cicatrices, ses mémoriaux, ses cérémonies du souvenir, voire de réconciliation. La situation des cathédrales en Europe occidentale des guerres de Religion jusqu'à nos jours - une période marquée par de nombreux et amples conflits - en témoigne.

  • L'habitat participatif est traité dans cet ouvrage par une articulation d'approches avec l'objectif d'inscrire l'analyse dans un cadre à même de nourrir la réflexion sur l'urbanité. De la sorte, il est appréhendé autant par une sociologie de la ville, en tant que rapport à l'espace et à autrui, que par une prise en compte de l'action publique et des aspirations à limiter les processus d'individualisation propres à nos sociétés contemporaines. Il est le fruit d'une équipe constituée en 2013 pour répondre à un appel à projet Recherche-citoyen qui associe le CLERSÉ (UMR 8019-Université de Lille-CNRS), Éco Habitat Groupé et le CEREMA dans un dispositif soutenu par la Région portant sur le thème de L'habitat participatif, essor de nouvelles formes de rapport à la ville. La dynamique des trois partenaires repose sur l'ambition d'aborder à nouveaux frais, et par une analyse distanciée, les questions fondamentales attachées à cette forme d'habitat que bon nombre de ses usagers définissent par l'aspiration à participer ainsi pleinement à la vie de la cité. Partant de la volonté de combiner recherche, engagement militant et expertise, sans confondre les registres de réflexivité, il est écrit à plusieurs mains pour traiter de ces différentes dimensions.

  • Comment habite-t-on à l'ombre des cathédrales et des châteaux ? Une vingtaine de chercheurs apportent des réponses originales à cette question en montrant, exemples à l'appui, comment on conçoit, construit, occupe, transforme une maison en ville et à la campagne, du XIIe au XXe siècle, dans le nord de la France. Terres d'échanges mais aussi de conflits souvent fatals au bâti ancien domestique, ces régions qui furent à la pointe de l'innovation architecturale retrouvent ici la place qu'elles méritent dans un panorama de la recherche sur la maison ancienne, en particulier médiévale, en plein renouvellement. Ce livre y contribue grâce à la diversité de ses approches qui empruntent à l'histoire, l'histoire de l'art et l'archéologie autant qu'à la littérature et aux cultures visuelles. Il offre au passage, sous la plume des meilleurs spécialistes, un bilan et des perspectives de découverte d'un patrimoine d'une étonnante diversité et adaptabilité à son environnement naturel et humain.

  • Quand, comment et sur quoi se fonde l'engagement de la puissance publique dans le choix du recours et de la justification de la démolition dans un contexte de crise du logement en France ? Quels arguments sont mis en avant, quelles stratégies les acteurs déploient-ils pour quels résultats attendus ? L'objectif de ce travail de recherche collectif est de contribuer, à partir de l'étude d'un vaste corpus textuel, à expliciter ce qui fonde l'action locale et ses discours. Cet ouvrage questionne les discours des acteurs décisionnaires et les formes des opérations de rénovation urbaine. Il analyse d'une part les conceptions de l'espace portées par ces opérations et interroge d'autre part les logiques de l'action sur lesquelles elles reposent. La rénovation urbaine marque ainsi le retour de l'espace comme outil stratégique de et en politique. En s'attaquant à des questions urbaines et sociales fortes, l'ouvrage contribue notamment à redéfinir les contours et les relations entre les réseaux d'acteurs (élus, praticiens, bailleurs) aux différentes échelles territoriales.

  • Dans leur grande majorité, les hommes qui, en France et en Europe, combattirent l'occupant et ses auxiliaires pendant la Seconde Guerre mondiale ne furent pas des soldats de métier. Le respect de l'ordre et des traditions, l'obéissance stricte à la hiérarchie, la subordination au pouvoir politique dessinaient a priori tout un ensemble d'obstacles à l'entrée en résistance des professionnels du métier des armes. Cependant, le sens du sacrifice, le patriotisme, le courage et la formation militaire furent de possibles raisons de s'engager autant qu'ils constituèrent des ressources inestimables dans la lutte armée, qu'elle se déployât au grand jour ou qu'elle s'organisât dans la nuit de la clandestinité.

    Cet ouvrage part de ce paradoxe pour examiner au plus près le parcours des militaires qui avaient opté pour le combat en résistance, depuis leur rébellion - spectaculaire ou à bas bruit - jusqu'à leur sortie de guerre. Il entend démontrer en quoi la résistance fut pour ces militaires une expérience hors du commun et exposer à quel degré les armées en furent affectées.

  • Anthony Mann. Arpenter l'image est le premier ouvrage en français qui propose une analyse des films majeurs de l'un des plus importants réalisateurs hollywoodiens classiques, Anthony Mann (1906-1967). Celui-ci s'est investi dans les genres les plus importants de l'art cinématographique: film noir, western, film de guerre, péplum. Les auteurs visent, à travers ces analyses, à réfléchir l'image cinématographique et à contribuer à une philosophie de l'image.
    C'est que l'ambition de Mann est bien réelle: il s'obstine, tout au long de sa carrière, à comprendre ce qu'est l'image et l'action qu'elle donne à voir. Mann raconte et s'efforce de comprendre en même temps, à même ses images, ce que c'est que de narrer en image, ce qu'est une action qui est de part en part image. Mann arpente les images qu'il compose.

  • Herméneutique ; pour une logique du discours individuel Nouv.

    Parmi les oeuvres qui inaugurent le "tournant linguistique" de la pensée contemporaine, l'Herméneutique de Schleiermacher (1768-1834), théologien, philosophe, philologue, selon les catégories de l'époque, tient une place essentielle. Conçue en pleine expansion de l'idéalisme allemand, mais pour une large part contre lui, elle développe la première théorie du discours individuel et définit les méthodes de compréhension qui lui sont appropriées. L'observation minutieuse des mécanismes du langage y va de pair avec une analyse étonnamment actuelle de leurs incidences sur le processus de formation de la formation subjective.
    Entièrement revue et augmentée de deux textes sur la critique philologique, cette traduction intègre les corrections philologiques et chronologiques de l'édition critique.

  • Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils « adoptif », prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.

  • Les États-Unis représentent aujourd'hui environ 5 % de la population mondiale mais emprisonnent à eux seuls près de 25 % de tous les détenus au monde. Pour une nation qui a toujours érigé la liberté au coeur de son système de valeurs, en venir à afficher le plus fort taux d'incarcération de la planète soulève bien des interrogations.
    En adoptant une approche à la fois politique, sociologique, historique et culturelle, cet ouvrage offre une analyse rigoureuse mais claire et accessible d'un phénomène encore méconnu et mal compris. En s'appuyant sur de nombreux travaux de recherche, l'auteur apporte ici les clefs de compréhension de l'exception américaine et dresse un bilan de cette grande expérimentation aux conséquences inattendues.
    Cette étude est riche d'enseignements pour tous ceux qui s'intéressent aux politiques de lutte contre la criminalité mais révèle aussi beaucoup sur le fonctionnement de la société américaine et les défis auxquels elle se trouve aujourd'hui confrontée.

  • En prenant pour objet «le vote au village» au XXe et au XXIe siècle, ce livre s'attache à construire une sociologie et une histoire «au ras du sol» des pratiques politiques locales.À rebours des grands paradigmes interprétatifs qui voient des idéologies partout, et qui déduisent ce que font les acteurs d'une simple adhésion à des idées politiques, les contributeurs - historiens, sociologues et politistes - s'inspirent d'une approche écologique du vote soucieuse de saisir l'électeur en contexte.Si le principe de l'élection est loin de résumer l'ensemble des rapports au politique et des occasions au gré desquelles ces rapports se nouent, il constitue en la matière un observatoire particulièrement fertile pour analyser les pratiques, la manière changeante dont elles s'organisent, les répertoires d'appréciation que mobilisent les acteurs et les circonstances dans lesquelles ils les mobilisent dès lors qu'ils votent.

  • Ce qu'incorporer veut dire Nouv.

    La notion d'incorporation vise à échapper à une série de fausses alternatives telles que celle de l'individuel et du collectif. Elle se réfère à l'idée d'une inscription du social dans les corps. Bien qu'introduisant une rupture fondamentale avec les théories classiques de l'action, elle a paradoxalement été peu discutée dans ses soubassements philosophiques, comme dans ses implications méthodologiques et empiriques. Cet ouvrage à plusieurs voix entend explorer ce qu'incorporer veut dire en envisageant la question à différentes échelles d'analyse et d'instanciation. Il s'agit d'abord de revenir sur la genèse du concept d'incorporation en le situant dans l'espace des théories de l'action, avec et contre lesquelles il s'est construit. Il s'agit ensuite d'avancer dans la saisie des contextes et médiations qui conduisent concrètement à incorporer le monde social. C'est en tenant ensemble ce double mouvement de réflexion que l'ouvrage propose un horizon d'investigation permettant de mieux appréhender la façon dont le social habite les corps, s'incarne en eux.

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