L'herne

  • L'épreuve pandémique que nous traversons a révélé l'incapacité des villes à prendre soin de leurs habitants. À partir de ce constat, cet essai interroge le rôle prépondérant qu'a pris la technique dans nos vies métropolitaines, et envisage la crise sanitaire comme une occasion de remettre l'humain au centre du projet urbain. Des transports de masse à la climatisation, des appareils ménagers aux outils informatiques, des réseaux d'énergie à ceux de communication, rien ne semble plus possible sans la technique. En accompagnant l'urbanisation planétaire, de servante, elle est devenue maîtresse. La ville a fini par se confondre avec une gigantesque infrastructure. On aurait pu attendre d'elle, en contrepartie, qu'elle soit protectrice. Or, il n'en est rien. Il faut remettre en jeu le corps dans la ville, prendre la question des sens - des cinq sens - au sérieux et placer le vécu de l'habitant au coeur du design urbain. La crise a montré que la relation est la valeur fondamentale de la ville résiliente. Cet essai souligne l'urgence de concevoir la ville autrement, de créer une architecture de la résonance ; résonance avec la planète, avec le contexte, avec l'habitant.

  • C'est dans un passionnant périple géopolitique et historique que nous entraîne le général Jean-Yves Lauzier qui signe ici un essai ambitieux sur l'avenir de l'Europe. Retraçant l'histoire européenne depuis l'Empire romain à nos jours, il met en lumière les problèmes profonds que traverse notre époque afin d'évoquer de nouvelles perspectives de sortie des conflits. Depuis des siècles l'Europe occidentale se déchire entre les partisans d'une entité impériale, politique ou commerciale, et ceux de l'idée nationale, fondée sur le sentiment identitaire ou culturel et religieux.
    Les tentatives nombreuses d'une restauration d'un équilibre politique supranational, synonyme pour beaucoup de prospérité et de paix, n'ont jamais duré, mises à mal tantôt par les soubresauts politiques des circonstances, tantôt par l'opposition des partisans de la nation identitaire. Ainsi s'opposent deux visions radicalement différentes d'organisation politique, entre disciples " de l'Empire " et disciples " de la Nation ".
    Ces antagonismes s'inscrivent dans le temps long de l'histoire, et les manifestations d'hostilité à un monde sans frontière et la perte de l'identité nationale s'expriment à la fois dans les urnes, comme lors du BREXIT, ou dans la rue, comme lors des manifestations des Gilets Jaunes qui rejettent le modèle supranational pour tenter de retrouver le sens de la solidarité identitaire

  • Ezra Pound en enfer

    Pierre Rival

    De 1940 à 1945, le poète américain d'avant-garde Ezra Pound a participé de manière active à la propagande du régime de Mussolini et des forces de l'Axe. Ses émissions de propagande à la radio italienne empreintes d'un antisémitisme radical - dont certaines sont traduites ici pour la première fois - lui valurent une inculpation pour haute trahison ; il évita de justesse la peine de mort en étant déclaré inapte mentalement à être jugé, et fut interné durant treize ans dans un asile psychiatrique aux États-Unis.
    Ezra Pound en enfer retrace l'itinéraire politique et intellectuel du premier écrivain moderniste de la littérature anglo-saxonne dont il est aussi l'un des éditeurs les plus avisés, découvreur, notamment, de T.S. Eliot et de James Joyce. Ce récit tente de comprendre comment l'auteur des célèbres Cantos a pu adhérer à la cause du fascisme. Pierre Rival interroge ici le lien entre la radicalité politique et la radicalité esthétique. À travers l'exemple de Pound, il montre comment les attitudes de rupture, dans la littérature et les arts, lorsqu'elles sont déplacées dans le champ du politique, conduisent presque inéluctablement au choix du totalitarisme.

  • Déclaration d'amour de Marguerite Duras à la cité de Deauville, accompagnée de textes rares, parmi lesquels Les petits pieds de la Chine, La route Paris-Rouen ou encore Théodora.

  • Florilège de courts articles publiés entre 1914 et 1940, dans lesquels Colette croque la vie à Paris d'un regard amusé et acerbe.

  • L'individualisme, que les technologies de la globalisation contribuent à rendre plus puissant et plus universel, a fait naître de nouvelles expressions de la liberté économique et politique à travers le monde. Il provoque aussi des peurs et des rejets devant l'inachèvement du « soi » et la déliaison sociale qui annoncent de nouveaux antihumanismes. Une violence diffuse (perte de confiance en l'avenir, sentiment de trahison des élites, accroissement des inégalités économiques, menaces climatiques, etc.) trouve une expression visible dans le fanatisme et le terrorisme depuis les attentats du 11 septembre 2001. Et si l'on écoutait davantage la petite voix qui recommande de considérer que la clé d'une globalisation plus humaine réside dans une philosophie et une spiritualité de l'échange des dons ?

  • Cadeau de Noël

    Colette

    Noël et le jour de l'An sont l'occasion pour Colette de retrouver ses réveillons d'autrefois. De ressusciter par l'écriture l'attente de la dernière heure de l'année ou l'avènement de sa première aube, son enfance villageoise, sa maison heureuse et, bien sûr, celle qui en est l'âme, Sido, sa mère. De 1909 à l'automne 1948, c'est presque toute la carrière littéraire de Colette qui est jalonnée d'évocations de ces moments privilégiés. En femme qui sait et a compris la vie, elle se livre à une vraie méditation sur le monde de l'enfance et invite ses lecteurs à retrouver les « vraies fleurs de décembre que sont Noël et le premier Janvier ».

    Temps arrêté, rythme immuable, cycle des saisons. Dans ses textes sur les fêtes de fin d'année, Colette exprime sinon une philosophie de la vie, du moins une conduite de vie : recommencer et non répéter. Renaître à soi-même. Se transformer. En 1952, à 79 ans, deux ans avant de mourir, Colette confiait dans une note conservée à la Bibliothèque national de France : « Je voudrais : 1° recommencer 2° recommencer 3° recommencer... ». Ultime confidence d'une femme et d'un écrivain - impossible dans son cas de séparer les deux existences - qui voulut sans cesse éclore et qui trouva dans son enfance la source d'une éternelle re-création : « Plus que sur toute autre manifestation vitale, je me suis penchée, toute mon existence, sur les éclosions. C'est là pour moi que réside le drame essentiel, mieux que dans la mort qui n'est qu'une banale défaite... L'heure de la fin des découvertes ne sonne jamais. Le monde m'est nouveau à mon réveil chaque matin, et je ne cesserai d'éclore que pour cesser de vivre. »

  • Cet essai sur les courses de taureaux entend «penser» tout à la fois la corrida et notre comportement vis-à-vis du monde animal à la lumière de la pensée philosophique et de l'éthique.
    Démontant les arguments des écologistes et des animalistes, il démontre qu'on ne saurait, sans tomber dans un anthropomorphisme dépassé, mettre sur le même plan la conscience humaine et la condition animale.
    Le prétexte à cette réflexion est le débat parlementaire au sein du gouvernement autonome de Catalogne sur les corridas, qui a abouti à leur interdiction sur tout le territoire catalan.
    Il dénonce, à ce sujet, la collusion entre le politique et l'animalisme, et pose, en philosophe, le problème de notre attitude morale envers les animaux.
    Avec science et aussi beaucoup de verve et d'humour, Fernando Savater nous livre ici un essai à la fois savant et savoureux qui, dans une époque de fluctuation, voire de confusion des valeurs, ne manquera pas d'avoir un sérieux impact, sans nuire à notre plaisir de lire.

  • L'erreur tragique que commit Heidegger en 1933, en croyant sincèrement que le chef du parti national-socialiste ouvrier allemand, Adolf Hitler, pouvait sauver l'Allemagne de sa misère et de sa détresse, a fait l'objet de nombreuses polémiques aveugles.

    Par un examen rigoureux des documents et des archives nazies, cet ouvrage s'efforce de dissiper les malentendus habituels et d'établir le sens réel de ce «rectorat de 1933», et la place qu'il occupe dans l'ensemble du «chemin de pensée de Heidegger. Suivant pas à pas la formation de cette pensée, il est montré que seule une interrogation sur le stade ultime de la métaphysique occidentale et son achèvement dans la technique mondiale, rend compréhensible le sens que ce philosophe crut reconnaître au mouvement national-socialiste allemand. L'erreur politique de Heidegger, dont il n'est pas question de nier la gravité, ne nous apparaît en pleine lumière qu'avec l'élucidation des figures qui traversent l'horizon de cet achêvement, celle de Nietzsche, de Rainer Maria Rilke, de Trakl qui, tous tentèrent un même passage hors des déserts et de la nuit métaphysique de l'Occident.

  • Dans la perspective du cinquantenaire de Mai 68, nous publions un ouvrage collectif centré sur la place occupée par les femmes dans ce mouvement. Ce livre souhaite donner la parole aux femmes tout en faisant revivre les enjeux et les défis qu'elles ont eu à relever. Il cherche aussi à rendre compte de l'héritage de Mai 68 tant sur les plans sociétal, politique, culturel que sur ceux de l'éducation et de l'enseignement et nous proposons d'offrir une réflexion sur la place, la représentation des femmes et l'évolution de leur statut dans l'Histoire contemporaine.
    Philosophes, romancières, artistes, actrices, historiennes, scientifique, chacune a eu son Mai 68 et partage avec nous le souvenir de ce vent de liberté, en mots et en images.

  • Dans ce petit volume, divers textes inédits - essais, entretiens, nouvelle - qui jalonnent le parcours critique de George Steiner, révèlent sur quelles bases théoriques et métaphysiques il a déployé son art. Ses options fondamentales y sont clairement exposées, notamment : sa conception de l'art ; ses allégeances " cratyliennes " ; son rapport au livre avec ce qu'il doit aux " religions du Livre " ; sa dette envers Boutang et ses thèses philosophiques " Le logocrate souscrit soit intuitivement, soit en vertu d'une réflexion, aux mots et aux sens [... ]. Les mots ne sont pas les jetons arbitraires de Saussure. Ils désignent et donc définissent la quiddité des êtres...

  • Explique ces deux concepts propres à la culture malgache. Le tsiny est la culpabilité pour celui qui offense son entourage et le tody qualifie les représailles auxquelles on peut s'attendre après une mauvaise action.

  • Réunis peu de temps avant sa mort par Luigi Aurigemma lui-même, ces textes centrés sur des interrogations philosophiques fondamentales offrent une approche concise et limpide de sa pensée, de sa réflexion et de sa méthodologie.

  • Le coeur battant. Je retenais mon souffle. Ici, j'étais enfermé dans le monde de la matière. L'enfant qui se tient derrière la portière devient lui-même quelque chose de flottant et de blanc, il devient un fantôme. La table à manger derrière laquelle il s'est accroupi, il la transforme en une idole de bois, et les pieds sculptés sont les quatre piliers du temple qui l'abrite.
    Derrière une porte, il est lui même porte ; il s'en revêt comme d'un lourd masque et devient le prêtre magicien qui ensorcellera tous ceux qui entrent sans se douter de rien. Il ne doit à aucun prix être découvert. Quand il fait des grimaces, on lui dit que si l'horloge sonne à ce moment-là, il restera toujours comme ça. Ce qu'il y a de vrai là-dedans, je l'ai découvert en jouant à cache-cache. Qui me découvrait pouvait me pétrifier comme une idole sous la table, faire de moi un fantôme pour toujours cousu dans les rideaux, m'enfermer à vie dans la lourde porte.
    C'est pourquoi, lorsqu'on m'attrapait dans ma cachette, je chassais d'un grand cri le démon qui voulait ainsi me métamorphoser. "

  • Plus que tout autre chose ce livre est un bilan de la vie de Strindberg, un examen de conscience, une sorte d'autobiographie, très moderne quant à sa forme, fascinante quant à son contenu. [...] Des épisodes de l'enfance, les différentes étapes de la vie adulte, les rapports avec des amis, les femmes, les enfants, des lectures, des anecdotes de la vie courante, des réflexions sur l'âge, le suicide - ensemble formant une narration d'une richesse éblouissante, à la fois drôle et tragique, puérile
    par endroits, mais le plus souvent empreinte de perspicacité et de sagesse. Sans hésitation, Strindberg mélange les détails du quotidien avec des considérations de haute spiritualité, d'autant plus facilement que pour lui les deux sont intimement liés : les détails les plus insignifiants du quotidien possèdent une signification profonde, traduisant les réalités immanentes du plan astral.
    (Elena Balzamo et Pierre Morizet)

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