Editions Des Regionalismes

  • Le terme « Uchronie » est composé des mots grecs « U » et « Chronos » signifiant respectivement « non » et « temps » ce qui peut se traduire par « un temps qui n'existe pas ». C'est le terme qu'inventa le philosophe Charles Renouvier, en 1857, avec son ouvrage précurseur : « Uchronie : l'utopie dans l'Histoire ».
    Il y entreprend rien moins que de réécrire l'Histoire en partant de l'hypothèse que le christianisme n'étant pas devenue religion d'état sous l'empereur Constantin, la face du monde s'en trouve changée dans la mesure où le monde s'évite les siècles d'obscurantisme, de répression et de tyrannie du catholicisme...
    ... Ou quand, au XIXe siècle, la philosophie flirte avec la sciencefiction pour donner naissance à un genre littéraire qui connaîtra son heure de gloire un siècle plus tard. Un ouvrage capital à redécouvrir absolument...
    Charles Renouvier (1815-1903), né à Montpellier, étudie à l'Ecole Polytechnique et participe au mouvement socialiste et républicain de l'époque. Auteur d'oeuvres philosophiques où le protestantisme, est le symbole du libre-penseur face à une société catholique corsetée dans ses conservatismes. Son ouvrage majeur, «Le Personnalisme», marque la prééminence des valeurs de Justice, de Morale et de Liberté de conscience face à tous les dogmatismes.

  • Paru en 1901 dans "La Vie illustrée" puis en version intégrale en 1902, "L Horloge des siècles" est une anticipation à rebours. Un cataclysme cosmique provoque la rotation en sens inverse de la Terre. Mais bien plus grave, il entraîne un dérèglement de la marche du temps qui, soudain, fonctionne « à l'envers » de ce que l'on en connaît ! Les vieillards redeviennent jeunes, les plus jeunes retombent en enfance et, pire, les morts ressuscitent, avant, eux aussi, de rajeunir inexorablement... Les situations, les carrières, les couples, bref la société, tout se trouve emporté dans ce maëlstrom du temps inversé. Entre cocasserie et sérieux de la réflexion sur le temps, sur l'histoire, sur la guerre, sur la question sociale ou sur l'humanité en général, Robida nous entraîne dans un roman échevelé, loin des sentiers balisés de la connaissance. Et le livre s'arrête lorsque s'annonce le retour prévisible du « dernier coup de canon de Waterloo », pour ne pas dire de la bête noire de Robida : Napoléon Ier. Qu'il croque d ailleurs, dans un de ses 55 dessins, chevauchant en compagnie de la Mort pour le nouveau malheur de l'humanité... Albert Robida (1848-1926) est plus connu aujourd'hui comme un très grand illustrateur ; pourtant ses romans d'anticipation sont à redécouvrir. Il y déploie une prémonition stupéfiante dans ses inventions futuristes plus vraies que la réalité.

  • Dans la veine des « rocambolesques » romans-feuilletons du XIXe siècle, Jean d'Agraives (en 1926) imagine qu'un noble breton émigré vient d'inventer en 1796 le "Vélivole", véritable prototype de l'avion moderne. Mais en 1796, on est en pleine campagne d'Italie au cours de laquelle un certain général Bonaparte va s'illustrer particulièrement ! Nous voilà lancer dans une aventure « uchronique » (en fait, il s'agit plutôt d une « histoire secrète ») jubilatoire dans laquelle vont s'affronter les forces du Bien et du Mal. Dans ce troisième et dernier livre, de la fin de la campagne d'Italie (qui voit la victoire définitive de Bonaparte sur les Autrichiens, grâce au "Vélivole") jusqu'en Corse, vont se jouer les dernières aventures du chevalier de Trelern et de son mécanicien, le jeune Antoine Clou, plus que jamais à la poursuite de "l'As de Pique"... Jean d'Agraives (1892-1951) fut, dans l'Entre-deux-Guerres, un prolixe auteur de romans d'aventures pour la jeunesse et de quelques « uchronies ».

  • Paru en 1915, en pleine première guerre mondiale, avant l'entrée en guerre des Etats-Unis (1917), cette uchronie se veut, en tout premier lieu, un manifeste pour que les Américains ne soient pas dupes des manoeuvres allemandes visant à les maintenir dans leur pacifisme et qu'ils réarment leur pays au plus tôt pour faire face à la guerre inéluctable. Aussi l'auteur part du postulat que la guerre est gagnée en Europe par les Alliés, lesquels imposent à l'Allemagne vaincue de payer une énorme indemnité de guerre. Le kaiser Guillaume II d Allemagne échafaude alors un plan machiavélique pour échapper à la ruine : il décide de mener une guerre-éclair contre l'Amérique du Nord en envoyant en secret sa marine couler la flotte US, bombarder massivement ses villes de la côte est puis débarquer ses troupes sur le sol américain. Ainsi il compte obtenir rapidement une énorme rançon de la part des Etats-Unis, pays riche mais mal préparé militairement à une invasion aussi soudaine... Conçu sur le même type de scénario-catastrophe que la "Bataille de Dorking", l'ouvrage connaîtra un immense succès et sera traduit en français dès 1916 !

  • En 1885, paraît à Londres l'ouvrage The Siege of London.
    Livre de fiction politico-militaire où l'auteur, partant de la situation politique de l'Angleterre sous le gouvernement libéral de Gladstone, et en particulier de sa politique extérieure (guerre des Boers, guerre en Egypte, en Afghanistan), imagine que les tensions internationales amènent une guerre entre la France et le Royaume-Uni. Un conflit court mais intense qui voit les armées françaises débarquer et envahir en quelques mois l'Angleterre, - avec l'appui de l'Irlande qui aspire à son indépendance -, et, après un meurtrier siège de Londres, obtenir la capitulation de la "perfide Albion".
    Un étonnant kriegspiel tel qu'en connut beaucoup la fin du XIXe siècle où l'on joua à se faire peur, sur le papier, avant de passer, finalement, aux "travaux pratiques" de la Première guerre mondiale.

  • 537 après Jésus-Christ, à Camlann. Artus Ier, fils d'Uther Pendragon, écrase les Saxons. Bientôt la Bretagne insulaire sera unie et deviendra un puissant état romano-celtique. Elle échappera au chaos régnant sur le continent suite aux Grandes Invasions et à la chute de Rome. Ses successeurs consolideront ses conquêtes et franchiront la Manche. 651 après J.-C., à Rome. Artus VII a conquis la Gaule, l'Espagne et l Italie. Maître de la Ville, il ne borne là pas ses ambitions. Il a des vues sur l Afrique du Nord dont l Exarque révolté est son allié. Il s oppose en cela aux Byzantins qui reculent constamment devant l offensive des Arabes et des peuples qu ils entraînent avec eux. Plus tard, un de ses successeurs anéantira leurs armées. Il fondera un empire qui s étendra de l Atlantique aux frontières de la Chine et de l'Inde auxquelles il empruntera de nombreux éléments. Il n'y aura pratiquement pas de Moyen-Âge. La Renaissance arrivera avec six ou sept siècles d'avance, ainsi que la Révolution Industrielle. L'Histoire telle que nous la connaissons n'existe pas !.. L'auteur de ce roman, Jean-Pierre Laigle, est un spécialiste de la science fiction : collectionneur, chercheur, traducteur, éditeur, rédacteur en chef et enfin romancier. Ses études thématiques et ses nouvelles ont été publiés au Canada, en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, en Roumanie et en Suède.

  • Paru en mai 1871 en Angleterre, l'ouvrage "The battle of Dorking " connut un retentissement remarquable et donna lieu à l'édition de nombreuses brochures qui le réfutaient, le complétaient ou le critiquaient. Dès août 1871, il est traduit en français et longuement préfacé par Charles Yriarte. Signe de l'intérêt que l'Europe toute entière prend à cette fable qui, après la foudroyante victoire allemande sur la France, en 1870, trouve toute sa raison d être. Cette courte nouvelle d'uchronie se présente sous la forme d un récit : en 1921, un ancien volontaire anglais raconte à ses enfants comment, 50 ans auparavant, après l'annexion du Danemark et de la Hollande par le Reich allemand, la flotte anglaise a été défaite sur mer par la flotte prussienne. Puis comment l'Angleterre envahie est définitivement battue lors de la bataille de Dorking, malgré le courage et la détermination des miliciens et des volontaires, par les armées prussiennes. Et simultanément le monde se recompose : les Etats-Unis absorbent le Canada ; l'Espagne, Gibraltar... A la fois récit d'anticipation, texte politique et prémonitoire, destiné à faire prendre conscience à tous du danger que représente, à terme, l'émergence de la puissance allemande en Europe, voilà bien un texte à découvrir....

  • Dans la veine des « rocambolesques » romans-feuilletons du XIXe siècle, Jean d'Agraives (en 1926) imagine qu'un noble breton émigré vient d'inventer en 1796 le "Vélivole", véritable prototype de l'avion moderne. Mais en 1796, on est en pleine campagne d'Italie au cours de laquelle un certain général Bonaparte va s'illustrer particulièrement ! Nous voilà lancer dans une aventure « uchronique » jubilatoire dans laquelle vont s'affronter les forces du Bien et du Mal. Dans ce deuxième livre, de Venise à Lodi, dans cette Europe en plein bouleversement, le chevalier de Trelern et son mécanicien, le jeune Antoine Clou vont découvrir qu'il n'est pas aisé de mener à bien leurs expériences aéronautiques au service de la République française une et indivisible...
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  • Dans la veine des « rocambolesques » romans-feuilletons du XIXe siècle, Jean d'Agraives (en 1926) imagine qu'un noble breton émigré vient d'inventer en 1796 le Vélivole, véritable prototype de l'avion moderne. Mais en 1796, on est en pleine campagne d'Italie au cours de laquelle un certain général Bonaparte va s'illustrer particulièrement ! Nous voilà lancés dans une aventure « uchronique » jubilatoire dans laquelle vont s'affronter les forces du Bien et du Mal. Dans ce premier livre, de Nice à Venise, dans cette Europe en plein bouleversement, le chevalier de Trelern et son mécanicien, le jeune Antoine Clou vont découvrir qu'il n'est pas aisé de mener à bien leurs expériences aéronautiques au service de la République française une et indivisible...
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  • Ce fut, au départ, un Kriegspiel (jeu de guerre) écrit par Spiridion Gopcevic et traduit en français en 1891. Le but était de démontrer la suprématie de la torpille par rapport au cuirassage des vaisseaux de guerre et aux manoeuvres d'éperonnage. Il en résulte cette uchronie militaire où la France républicaine, après l'annexion de l'Egypte par l'Angleterre, décide de déclarer la guerre à la perfide Albion. Cette guerre de 1888, essentiellement maritime, se joue en quelques combats navals où la suprématie anglaise est mise à mal et les flottes anglaises anéanties ne peuvent empêcher le débarquement puis la victoire des armées françaises en Angleterre sans compter le soulèvement de l'Irlande devenue protectorat français... Il y a bien quelque plaisir « revanchard » à prendre sur la marine anglaise : on connaît trop la désespérante manie des Anglais à battre les Français dans les combats navals depuis la bataille de L'Ecluse, au moyen-âge, jusqu'à Aboukir, Trafalgar ou même Mers-el-Kébir... En voilà une occasion toute trouvée !

  • "Il n'existe pas du grand homme un portrait absolument ressemblant..." (Bourienne). L'on connaît, effectivement, fort peu de portraits de Napoléon Ier reproduisant les traits véridiques de l'Empereur des Français. De ce postulat, Jean Deincourt imagine donc, dans cet ouvrage initialement paru en 1932, que Napoléon Ier a un sosie le sosie de l Aigle ! Roman uchronique acide où dominent la figure inquiétante et comploteuse du ministre de la police Fouché, celle fidèle du maréchal Duroc et celle tout sauf sympathique d'un Napoléon Ier hagard et tyrannique. Et, en contrepoint, nous sommes en présence du savoureux fantassin Robeaud, de la Garde impériale, originaire de Lorraine, qui, au fil du temps, va se trouver façonné en alter ego de l Empereur... Mais que faire d'un sosie quand on s'appelle Napoléon Ier ? Faut-il s'en servir ? faut-il s'en méfier ? le mettre en avant ? le mettre en retrait ? Loin de la légende dorée napoléonienne, mais se basant toujours sur les témoignages des proches de l'Empereur, Jean Deincourt nous livre un féroce portrait à charge de Napoléon Ier et de sa mégalomanie. Ouvrage surprenant, hors des sentiers battus, aux limites de l'histoire et de la fiction, qui se poursuit avec "Napoléon avait raison" épilogue de « l'épopée ».

  • Années 193**, l'Allemagne revancharde de la guerre de 1914-18 prépare dans le plus grand secret une guerre éclair qui doit permettre l'invasion complète de la France. Le projet prévoit de foncer sur Orléans, puis sur le Val de Loire, et s'engouffrer en Bretagne afin d'établir dans le port de Brest, une base marine, solide tête de pont pour mener une invasion de la Grande-Bretagne. La Belgique est donc envahie ; les Allemands se ruent sur Paris, qui par prudence a été évacué, ce qui n'empêche pas les envahisseurs de noyer la capitale désertée sous les bombes incendiaires et chimiques (Londres non-évacuée le sera avec 300.000 morts en sus). Les armées allemandes déferlent sur le Val de Loire comme prévu. Mais la résistance acharnée des Français rend la « Blitzkrieg » prévue Outre-Rhin moins rapide que prévue. La bataille décisive se déroule à Ancenis près de Nantes où les Allemands connaîtront les affres de Waterloo et de la Bérézina.
    Six ans avant la véritable Blitzkrieg de Hitler en 1940, voilà un roman d'anticipation prémonitoire sur ce que pouvait être la prochaine guerre totale... A redécouvrir !

  • Campagne de Russie. 1812. Le mystérieux et obscur général baron Beaudouin découvre que l'on vient de kidnapper peut-être même assassiner l'empereur Napoléon Ier. Que faire ? Avant de se lancer, avec le maréchal Murat, sur la piste des ravisseurs : Russes, royalistes ?, il faut maintenir la continuité de l'Empire, assurer la déjà calamiteuse retraite de Russie et donc remplacer l'Empereur par un sosie, un Napoléon bis ! L'intrigue est lancée ! Un petit roman uchronique trépidant à souhait, initialement publié en 1932, où s'entremêlent réalité et fiction. Et au final bien malin qui saura dire la part de l'une et de l'autre.

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