Arts et spectacles

  • Peindre les mots, gestes d'artiste, voix de poètes Nouv.

    Peindre les mots, gestes d'artiste, voix de poètes

    Robert Lobet

    • Bruno doucey
    • 5 Mai 2022

    L'atelier de Robert Lobet ressemble à un bateau. Des papiers de création reposent sur des séchoirs à claies comme les cartes des navigateurs. Le bras d'une presse typographique paraît un gouvernail. Un lingotier empli de cales en plomb sommeille dans la soute. Une console d'encrage attend son heure comme un navire au mouillage. Dans le carré, des estampes et des livres d'artiste, signés avec Michel Butor, Andrée Chedid et maints autres poètes contemporains... Cette aventure inédite, vouée au dialogue entre les arts, méritait d'être racontée et mise en images. C'est chose faite. Peindre les mots est une invitation au voyage: dans la topographie organique des territoires qu'esquisse l'artiste, au gré des espaces qu'il invente, sur les surfaces libres qu'il explore par le trait et la couleur.

  • Tu aurais pu vivre encore un peu...

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    • Bruno doucey
    • 10 Novembre 2020

    Mars 2010. Après Brassens, Brel et Ferré, disparaissait le quatrième mousquetaire de la chanson française : Jean Ferrat, né Tenenbaum huit décennies plus tôt. Mars 2020 : deux artistes associent leurs talents pour conjurer l'absence de celui « qui aurai[t] pu vivre encore un peu. » L'un est peintre, l'autre écrivain.
    Ensemble ils redonnent vie à l'homme qui détestait les interdits et chantait les poètes. Celui qui dénonçait "la grande injustice" et "la force imbécile" sans jamais cesser de dire « Que c'est beau la vie ! » L'un twiste les mots, l'autre peint les êtres que Ferrat aimait « à en perdre la raison » : Aragon, Desnos, Lorca, Maïakovski, Neruda... Mais aussi Brassens, Vian, Elsa Triolet, Van Gogh ou le vieil Hugo. Comme autant d'étoiles d'une constellation fraternelle et engagée.

  • Blanc

    Sapho

    • Bruno doucey
    • 21 Août 2014

    De Sapho, artiste singulière et plurielle, nous connaissons la voix chaude et envoûtante, l'arc-en-ciel des musiques du monde, la « fureur rouge de juive arabe ». Avec Blanc, Sapho nous livre un seul et même poème, traversé de silence, troué de non-dit. Un texte dont le sens est caché, dissimulé comme un corps sous les draps. Des mots en dévoilent pourtant les contours : Blanc cherche les lieux de l'origine, il s'attache aux silences de la musique et de la page, convoque le vide empli d'incantations, invite le poète à réveiller la langue avec fracas. Blanc n'est ni l'absence de couleurs ni l'opposé du noir : parce qu'il est la synthèse des trois couleurs primaires, il confirme à la femme arabe, juive et française qu'est Sapho que toute vie s'embellit du tissage des cultures et des langues.

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