Littérature traduite

  • Le cri des femmes afghanes Nouv.

    Le cri des femmes afghanes

    Collectif

    • Bruno doucey
    • 19 Mai 2022

    Il existe « un cri du silence » comme il existe des silhouettes sans visages et des visages sans voix. En Afghanistan, depuis longtemps déjà, l'oiseau noir de la peur paraît s'être juché sur l'épaule des femmes. Du monde libre qui est le nôtre, nous les imaginons invisibles et muettes sous la burqa, condamnées à la misogynie aveugle, recluses dans le poing d'une domination archaïque. Pourtant en Afghanistan, comme ici, des femmes lisent et écrivent. Des vers. Des chants. De la poésie. Des mots qui ouvrent en elles, et autour d'elles, un espace de liberté où ce qui est interdit, tabou, vient sourdre comme une eau à la surface de la terre. Les langues se délient. Les corps parlent. L'âme trouve une voix. Et l'eau de leurs poèmes irrigue le monde d'une espérance que l'on n'attendait plus.

  • Circé : poèmes d'argile

    Margaret Atwood

    • Bruno doucey
    • 21 Mai 2021

    "C'est l'histoire qui compte. Ce n'est pas la peine de me dire que ce n'est pas une histoire, ou que ce n'est pas la même histoire. Je sais que tu as tenu toutes tes promesses, tu m'aimes, nous dormons jusqu'à midi et nous passons le reste de la journée à manger, la nourriture est superbe, je ne dis pas le contraire. Mais je me fais du souci pour l'avenir. Dans l'histoire un jour le bateau disparaît derrière l'horizon, il disparaît simplement, et on ne dit pas ce qui arrive ensuite.
    Je veux dire, sur l'île. Ce sont les animaux dont j'ai peur, ils ne faisaient pas partie du plan, ils pourraient à nouveau se transformer en hommes. Suis-je vraiment immortelle, le soleil s'en inquiète-t-il, lorsque tu partiras me rendras-tu les mots ? Ne te dérobe pas, ne me fais pas croire que tu ne partiras pas : dans l'histoire, tu pars, et l'histoire est sans pitié".

  • Les hirondelles se sont envolées avant nous

    Hala Mohammad

    • Bruno doucey
    • 2 Septembre 2021

    Elle ne dit pas l'effroi des bombardements, les corps démembrés, la route boueuse de l'exil ; elle dit l'arbre et l'oiseau, le chagrin des maisons, le miroir de l'absence. Elle ne filme pas les colonnes de soldats en route pour la guerre, ne fait pas le procès des monstres, ne pleure ni Alep ni Damas ; elle dit simplement que « l'aube n'abandonne pas la terre », que les hirondelles font leur nid « avec la paille du silence », que l'amour demeure le premier alphabet. Bien sûr, le fleuve de la vie ne sait plus ce qui lui arrive, les chansons roulent sur les chemins, la lune est la maison de l'exilé. Mais une femme, assise sur la rive de la poésie, fait entendre sa voix. « Elle chante une chanson et la chanson est sauvée ». Comme le seront les naufragés qu'elle aide à fouler la terre ferme.

  • Une colombe si cruelle ; poèmes en prose et autres textes

    Federico García Lorca

    • Bruno doucey
    • 3 Septembre 2020

    Une colombe cruelle au coeur d'éléphant... Un coq qui perd son âme à mesure qu'une brodeuse emprisonne son chant dans le métier à tisser... Un homme qui verdit au gré des paysages qu'il traverse....
    La mère de Charlie Chaplin dont on emporte le corps dans une chaussette fine... Des amants assassinés par une perdrix... Cinq dames amoureuses d'un jeune homme soudain changé en papillon... Des étoiles qui clignent des yeux au rythme du télégraphe... Les proses que rassemble cet ouvrage composé de nombreux inédits révèlent un Federico García Lorca que peu de lecteurs connaissent : surréaliste et grinçant, cruel et facétieux, subtilement iconoclaste. Poèmes en prose, contes, nouvelles -, peu importe les classifications. Le poète se joue des traditions et des codes avec la virtuosité d'un toréador des mots.

  • Drive

    Hettie Jones

    • Bruno doucey
    • 22 Avril 2021

    « La femme à la voiture verte ne / sait pas où elle va / donc elle y va à fond... » Dès les premiers poèmes le ton est donné : Drive est un hymne à la route, à l'évasion et à la liberté des femmes. Liberté de dire. De vivre. D'aimer. De traverser la vie comme les Beatniks traversaient les États-Unis, l'imagination en point de mire. Ce courage d'être soi, Hettie Jones en fait le mot d'ordre d'un féminisme joyeux, intrépide et assumé.
    Qu'elle dénonce le sort fait aux femmes en Afghanistan ou en Turquie, au nom du patriarcat et de la religion, qu'elle parle d'amitié ou d'amour, qu'elle évoque les règles des femmes, la ménopause ou l'influence de la lune, elle reste cette femme vive et indépendante que la route de la Beat Generation a conduit jusqu'à nous. À toute vitesse, cheveux au vent.

  • Laisse-moi te dire... ; poèmes 1964-1974

    Margaret Atwood

    • Bruno doucey
    • 18 Juin 2020

    Laisse-moi te dire... Le titre de cette anthologie personnelle de Margaret Atwood paraît d'abord se donner dans un murmure : celui que l'on adresse "à l'indicatif présent" au "compagnon de route" ;
    Celui de l'intimité amoureuse, du foyer, de la cabane ou de l'igloo, motifs récurrents d'une poésie qui croit au possible bonheur des petites communautés humaines.
    Mais ce murmure ne saurait faire oublier la mise en garde qui vient sourdre dans les recueils que la romancière livre, dix années durant, de The Circle Game (1964) à We Are Happy (1974). Catastrophes provoquées par l'homme, fonte des glaces, oppression des petits par les puissants, destruction des espaces naturels... Les poèmes d'Atwood ne sont pas seulement visionnaires.
    En chantant la beauté du monde, ils font acte de résistance.

  • Ils n'ont pas eu à se battre pour l'avènement de la démocratie ; n'ont pas vécu la guerre fratricide entre les deux Corée ; n'ont pas connu le temps du repli dans la forteresse naturelle d'un pays entouré de mers et hérissés de montagnes. Ils, ce sont les poètes de cette anthologie, hommes et femmes nés entre 1960 et le milieu des années 1980, tous originaires de cette Corée du Sud qui s'est construite en opposition à sa soeur jumelle barricadée. Tous contemporains du miracle économique et d'une société ultra-compétitive. Tous habités par une formidable énergie créatrice. Pour autant les points de convergence s'arrêtent là, tant sont diverses les voix qui se font entendre dans ce livre. Des voix qui cherchent moins à déchiffrer le monde qu'à l'agrandir pour nous permettre d'y vivre mieux.

  • Dire « Beat Generation », c'est penser Allen Ginsberg, Jack Kerouac, William S. Burroughs. En un mot, une histoire d'hommes écrite par les hommes, pour les hommes. Mais voilà que l'histoire littéraire s'ouvre aujourd'hui à deux battants : qu'on le veuille ou non, il y avait aussi des femmes poètes dans le mouvement beat.
    Des femmes comme Hettie Jones, Lenore Kandel, Denise Levertov, Anne Waldman, Ruth Weiss... Des femmes qui furent tout à la fois « soeurs, saintes et sibylles ». Des femmes qui ont dû arracher leur liberté au diktat des familles, à la domination masculine et aux carcans sociaux. Sexe, drogue, avortements et rock n'roll ? Oui, à condition de bien comprendre que le droit d'être rebelle était un privilège masculin dans les années 1950.
    Un livre choc, indispensable à notre temps.

  • Le tournesol est la fleur du Rom

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    • Bruno doucey
    • 10 Novembre 2020

    Une farandole tsigane pour dire le jaune du soleil, le noir des camps nazis et le rouge de la vie Ceija Stojka disait : "Nous sommes un peuple qui dans le désespoir sait danser et chanter." Et c'est bien dans un tourbillon de couleurs, de lumière et de rires que commence cette histoire. Avec le goût de la pluie sur les lèvres, le vent dans les cheveux et les herbes folles en farandole tsigane. Mais vient la nuit des camps, celle des barbelés et du pouvoir d'un tout petit homme raciste.
    Après Auschwitz, après la peur, resurgit le soleil pour dire oui à la vie. Respirer profondément, tendre les poings vers le ciel et rester unis, parce qu'on est plus forts quand on chante tous ensemble. Jouer à cloche-pied avec des listes de mots, pour conjurer le malheur et s'ouvrir au bonheur. La petite-fille est devenue arrière-arrière-grand-mère, mais chez les Roms, le voyage n'est jamais fini.

  • La main qui chante

    Breyten Breytenbach

    • Bruno doucey
    • 8 Octobre 2020

    "Après un long voyage on est revenus un jour dans la région où se cache Breytenbach" .

  • Auschwitz est mon manteau et autres chats tsiganes

    Ceija Stojka

    • Bruno doucey
    • 1 Février 2018

    Elle dit que « le tournesol est la fleur du Rom », qu'elle est une tzigane qui aime « la pluie, le vent et l'éclair, quand les nuages couvrent le ciel ». Elle dit qu'Auschwitz est son manteau, et qu'elle ne connaît pas la peur car sa peur « s'est arrêtée dans les camps. » Elle dit que les notes de ses chansons en romani « sont encore toutes en désordre », et qu'elle voudrait mourir de beauté. ELLE, c'est Ceija Stojka, la première femme rom rescapée des camps de la mort à témoigner par l'art et la poésie. Les poèmes de cette autodidacte ont été arrachés aux carnets où se mêlaient dessins, souvenirs de l'horreur, notes journalières et listes de mots allemands dont elle voulait apprendre l'orthographe. Publiés pour la première fois en France, ils révèlent une artiste majeure de notre temps.

  • C'en est trop ; poèmes 1892-1962

    Hermann Hesse

    • Bruno doucey
    • 17 Janvier 2019

    Hermann Hesse n'est pas seulement l'auteur de romans mondialement connus. Il a aussi livré une oeuvre poétique majeure que cette publication nous invite à (re)découvrir. Les textes de jeunesse témoignent de sa difficulté à vivre et de sa révolte contre un milieu familial piétiste. Puis viennent la dénonciation des ravages de la Première Guerre mondiale et l'évocation du mal fait aux hommes. En fait, l'existence entière entre dans les poèmes de cet homme : les crises personnelles et le suivi psychothérapique, la peinture et la beauté du monde, l'exil et le rejet du nazisme, les voyages en Inde, l'amour et ses déchirements... En 70 ans d'écriture, le poète s'est mis à nu pour montrer le quotidien d'un homme, ses joies et ses peines, ses révoltes, son désir profond d'un monde meilleur.

  • Pour une poignée de ciel ; poèmes au nom des femmes dalit

    Jiliane Cardey

    • Bruno doucey
    • 20 Février 2020

    Des jeunes filles terrifiées qui perçoivent la date du mariage comme "un noeud sur la corde", des femmes considérées comme du bétail, le travail incessant dans la maison en terre battue, le sel des larmes, des corps que l'on malmène comme on malmène la terre... cette anthologie de la poésie dalit donne la parole aux laissées-pour-compte d'une société divisée en castes ; et l'on comprend, lisant ces pages, qu'être femme et intouchable c'est subir une double peine.
    Jusqu'au jour où... Pour une poignée de ciel raconte la façon dont la femme dalit se saisit d'un crayon. Pour crier sa révolte. Pour en appeler à la liberté. Pour réclamer l'égalité. Qu'elle devienne quelqu'un en étudiant ou confie à la poésie le soin de son émancipation, elle fait irruption dans l'Histoire de l'Inde poscoloniale.

  • Cerise rouge sur un carrelage blanc

    Maram Al-Masri

    • Bruno doucey
    • 18 Octobre 2018

    Cerise rouge sur un carrelage blanc... Le titre que Maram al-Masri a donné au livre qui l'a révélée au grand public ressemble à celui d'une nature-morte. Des lèvres peintes abandonnées à la froideur du quotidien.
    Une tache de sang que rien n'efface. Un fruit dans la neige. Une blessure. Les cent poèmes que rassemble ce recueil, publié pour la première fois en édition bilingue, ne disent pas autre chose. « Ma douleur sera /rouge /comme une cerise mûre écrasée /sur un carrelage /blanc ». Qu'elle rêve d'amours ardentes ou déplore sa solitude, une femme aspire à la liberté. Son cri étouffé porte une promesse. Et l'on comprend lisant ces vers d'une simplicité aussi désarmante que ceux d'Emily Dickinson, que l'érotisme est souvent le premier mode de libération des femmes. Un prélude à la poésie.

  • Loups et brebis

    Manuel Silva Acevedo

    • Bruno doucey
    • 18 Juin 2020

    À quoi s'attendre en ouvrant un livre intitulé Loups et Brebis ? À un conte pour enfants ? Une fable sur « la raison du plus fort » ? Une parabole à forte charge symbolique sur la férocité et la violence des rapports de domination ? Avec ce livre du poète Manuel Silva Acevedo, devenu un des jalons de la littérature chilienne, rien de tel. Ou plus exactement, rien d'aussi simple, nulle pensée binaire sur la victime et son bourreau, nulle lecture univoque possible. Ce texte étonnant, qui aura attendu près d'un demi siècle avant d'être traduit en langue française, se donne dans une ambiguïté permanente, déjouant nos représentations et résistant à l'analyse. Et si loups et brebis se trouvaient en chacun de nous ? Peut-être... Le poème sonderait alors le clairobscur de notre âme.

  • Par la fontaine de ma bouche

    Maram Al-Masri

    • Bruno doucey
    • 24 Mars 2011

    On se retrouve poitrine contre poitrine, ventre contre ventre. On s'approche, on se mélange, on transpire, jusqu'à la délivrance. Au premier abord, les poèmes sensuels de Maram al-Masri semblent évoquer la valse qui entraîne deux êtres épris l'un de l'autre, la frénésie qui s'empare des sens, l'ivresse du désir. Mais rapidement une interrogation s'empare du lecteur : Et si la poétesse parlait d'autre chose ? Si ce corps à corps amoureux et douloureux était celui qu'elle entretient avec le texte. Si la poésie permettait à la femme qui " dénude son âme " d'enfanter d'une autre manière. Par la fontaine de ma bouche rappelle cette idée de René Daumal : " Il faut être deux pour faire un poème. Celui qui parle est le père, celui qui écoute est la mère, le poème est leur enfant. " Au fond, un poème qui ne rencontre pas son lecteur est une semence perdue.

  • Grécité ; après l'épreuve

    Yannis Ritsos

    • Bruno doucey
    • 22 Mai 2014

    Recueil de poèmes lyriques et engagés, célébrant l'insoumission et la fierté de la Grèce, alors en proie à la guerre civile opposant les communistes au gouvernement monarchiste.

  • Le rapt

    Maram Al-Masri

    • Bruno doucey
    • 1 Octobre 2015

    « Neuf mois pour qu'un coeur palpite... ». Le recueil de Maram al-Masri débute par l'évocation d'une vie à naître. La naissance, les premiers mots, les premiers pas. D'un poème à l'autre, l'auteure esquisse une histoire sentimentale de la maternité. Mais soudain, le texte bascule :
    L'enfant lui est enlevé, le bonheur d'aimer cède la place à une déchirure, son corps de mère entre dans la guerre. Avec une simplicité désarmante, Maram raconte un épisode douloureux de sa propre histoire, faisant de l'enlèvement de son fi ls en Syrie l'acte fondateur de sa vie de poète. Un second texte, intitulé Le Semainier, témoigne de sa lutte pour conquérir le droit d'écrire et de se donner à elle-même une seconde chance de vivre. Un livre écrit avec le sel des larmes et le ventre noué des grandes émotions.

  • Même pour des milliers d'années

    Dahlia Ravikovitch

    • Bruno doucey
    • 19 Avril 2018

    « Ces étincelles de lumière dans l'obscure matière... » A-t-on jamais vu femme poète évoquer avec tant d'ardeur le clair-obscur de la vie ? L'enfance brisée et l'espérance vibrante. Les drames de la guerre et le désir de paix. L'effondrement personnel et la joie.
    L'intime et l'universel. Le goût de l'atemporalité biblique et le caractère fugace du vivant.
    Pour autant, la poésie de Dahlia Ravikovitch ne repose pas sur une contradiction : elle habille de clarté l'obscurité fondamentale de l'existence humaine, cherche l'or dans la boue, et tente de dompter la violence du monde par la douceur du poème. Ses mots touchent parce qu'ils s'enracinent dans une fragilité. Et s'ils portent au loin c'est que leur auteure, féministe et militante, a su les faire glisser sur le fil de rasoir de l'Histoire.

  • Beat attitude ; femmes poètes de la Beat Génération

    Collectif

    • Bruno doucey
    • 7 Juin 2018

    Dire « Beat Generation », c'est penser Allen Ginsberg, Jack Kerouac, William S.
    Burroughs. En un mot, une histoire d'hommes écrite par les hommes, pour les hommes.
    Mais voilà que l'histoire littéraire s'ouvre aujourd'hui à deux battants : qu'on le veuille ou non, il y avait aussi des femmes poètes dans le mouvement beat. Des femmes comme Hettie Jones, Lenore Kandel, Denise Levertov, Anne Waldman, ruth weiss... Des femmes qui furent tout à la fois « soeurs, saintes et sibylles ». Des femmes qui ont dû arracher leur liberté au diktat des familles, à la domination masculine et aux carcans sociaux. Sexe, drogue, avortements et rock n'roll ? Oui, à condition de bien comprendre que le droit d'être rebelle était un privilège masculin dans les années 1950. Un livre choc, indispensable à notre temps.

  • Bagdad-Jérusalem, à la lisère de l'incendie

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    • Bruno doucey
    • 14 Juin 2012

    C'est par une poignée de mains qu'est né le projet de ce livre¦: celle qu'ont échangée Ronny Someck et Salah Al Hamdani au festival de poésie de Sète en juillet 2010. Poignée de mains entre deux hommes - l'un arabe, l'autre juif - nés la même année, 1951, dans la même ville, Bagdad. Par ce recueil écrit à quatre mains, c'est toute la poésie qui révèle sa capacité à tisser des liens entre les êtres et les cultures.
    Ouvrage trilingue : hébreu, français, arabe.

  • Le journal de Susanna Moodie

    Margaret Atwood

    • Bruno doucey
    • 20 Janvier 2011

    Dans ce recueil, publié au Canada en 1970, Margaret Atwood évoque la vie d'une pionnière venue d'Angleterre au XIXème siècle. Susanna Moodie n'est pas un personnage fictif, mais une figure historique qui a fait l'expérience de la pauvreté et de la solitude, avant d'imposer sa personnalité et ses oeuvres romanesques. La première partie du Journal de Susanna Moodie relate l'arrivée au Québec de cette étrangère sans ressources. La seconde nous fait entrer dans la vie onirique du personnage, évoquant les frayeurs que suscite la vie sauvage. Dans la troisième, l'auteur accompagne Susanna jusqu'à la lisière du temps puisqu'elle traverse la mort et se réincarne sur la terre qu'elle avait autrefois détestée. Une méditation poétique sur la vie, la part du rêve et la condition de vie des émigrants.

  • La marche de l'océan

    Yannis Ritsos

    • Bruno doucey
    • 20 Novembre 2014

    En 1939, tandis qu'éclate la Seconde Guerre mondiale et que résonnent les marches militaires de l'armée allemande, Yannis Ritsos écrit un long texte composée de 39 chants : La Marche de l'océan . Le poète grec répond à la déferlante nazie par la houle continue de la mer. Celle que « les enfants restés seuls » regardaient hier « devant la fenêtre du soir » ; celle du capitaine qui hisse les voiles, du marin qui s'est depuis longtemps perdu, de ces mâts « qui s'obstinent à mesurer les étoiles ». Plus encore peut-être, celle des coeurs qui ne connaissent pas de frontières. Face aux horreurs de la guerre, devant les hommes qui « préparent des échelles / avec des os humains / pour monter », Yannis Ritsos fait entendre un chant de résistance et d'espoir. Une tentative de libération par la poésie.

  • La femme dans le soleil

    Breyten Breytenbach

    • Bruno doucey
    • 2 Avril 2015

    La Femme dans le soleil est l'autobiographie poétique d'un oiseau migrateur nommé Breyten Breytenbach. Tout y est, sa survie sous le régime d'apartheid, son goût des terres fauves, la vitalité charnelle de l'amour, l'état d'insurrection dans lequel l'ont laissé des années d'injustice. Sans oublier ces lieux que le poète arpente avec une énergie créatrice :
    L'île de Gorée où l'harmattan « pousse une silhouette grise et voilée » ; Paris, sa ville de coeur ; les paysages de l'Eastern Cap que le couchant transforme en « une coulée d'or ». Si les frontières lui sont étrangères, c'est que l'exilé est aussi un « oiseau constructeur » qui n'a jamais lâché le cap de l'espérance. Avec la force magique du verbe et un sens inné de la résistance, le poète tend vers l'horizon son rêve immense de liberté.

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