Langue française

  • L'éphémère, 88 plaisirs fugaces

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    • Bruno doucey
    • 3 Février 2022

    L' comme L'instant, E comme Envol, P comme Passion... C'est sur le mode d'un acrostiche que les Éditions Bruno Doucey ont conçu l'anthologie de la 24° édition du Printemps des Poètes. L'éphémère et son unique voyelle invoquée quatre fois, l'inachevé, le fugace, le passager... Sans omettre ces insectes qui ne vivent qu'un jour, l'enfance et ses changements incessants, la brièveté de la vie humaine au regard des temps géologiques, la mémoire en lutte contre l'effacement, le rêve plus insaisissable que l'oiseau, la neige qui renvoie le monde à son impermanence. Bien sûr il y a l'envers de toute chose : l'éternité et le "dur désir de durer" dont parle Eluard, la mort seule immortelle. Mais reconnaissons-le, l'éphémère est une invitation à vivre pleinement. Ici et maintenant. Et sans attendre.

  • Le pas d'isis

    Jeanne Benameur

    • Bruno doucey
    • 6 Janvier 2022

    Elle est seule et avance d'un pas léger. Elle ne laisse aucune empreinte dans le sable, mais sa pensée « recoud les fragments du monde ». Elle chemine d'un mot à l'autre et trace des signes dans la poussière des lendemains. Pour tous, cette reine mythique porte le nom d'Isis, déesse funéraire de l'Égypte antique qui rassemble les morceaux épars d'un amour défunt ; mais pour Jeanne Benameur, elle est aussi une soeur qui marche sur la Terre, en bordure d'océan, sur un étroit chemin ou sur « le sable humide encore de la dernière marée ». Avec elle, elle répond à l'appel de la vie, là où le bleu du ciel se mêle à celui de la mer. Isis ou le temps à l'oeuvre dans nos vies. Comme ces mots dont nous sommes « le logis éphémère ». Comme un rêve éveillé, une pensée qui apaise. Isis ou la vraie vie.

  • Et le ciel m'est rendu

    René-Guy Cadou

    • Bruno doucey
    • 3 Mars 2022

    "Les hommes lui donnèrent le prénom d'Hélène Aujourd'hui C'est le sillage de ses bras qui m'entraîne Avec douceur vers des hameaux perdus Sa main sur mon visage Et le ciel m'est rendu Qui dira les jardins où nous dormons ensemble Ces greniers vagabonds où nous avons vécu L'un et l'autre À des kilomètres de distance"

  • Les épiphaniques

    Yvon Le Men

    • Bruno doucey
    • 3 Février 2022

    Ils se nomment Cathy, Tiego, Louna, Asma...
    Leurs noms ne nous disent rien, mais sans eux ce livre n'aurait pas vu le jour. Les Épiphaniques, ce sont eux, des hommes et des femmes qu'Yvon Le Men a rencontrés dans les marges de notre société, faisant poème de leurs vies et de leurs histoires. Ils se croyaient invisibles et les voici mis en lumière dans des poèmes.
    « Nous ne sommes pas que des cicatrices », dit l'une. Si j'étais une image, je serais « la montagne de Cézanne qui me rapproche du ciel », répond l'autre. Et de mot en mot, une chaîne de fraternité traverse le recueil. D'un pont, d'un foyer, de la rue, d'une caravane, du froid, du bruit. Ils connaissent ce que nous évitons de voir. Ils se nomment Cathy, Tiego, Louna, Asma et ont des choses à nous dire. Sur eux, autant que sur nous.

  • J'ai le soleil à vivre

    Hélène Cadou

    • Bruno doucey
    • 3 Mars 2022

    « J'ai le soleil a` vivre » écrit-elle dans un souffle. Vivre l'herbe et les fleurs, la pluie, le goût des rues et des matins, le silence au bord de l'eau, le souvenir d'une enfance heureuse. Vivre « les grandes marées du coeur ». Car l'écriture simple et limpide d'Hélène Cadou est traversée par une lumière, celle de l'amour qu'elle a voue´ durant toute sa vie a` René dont elle partagea la brève existence. Un amour qui conjure l'absence et transcende le temps, qui déplace les lignes d'horizon et « peint le monde en bleu ». Les poèmes inédits que rassemble ce recueil n'en finissent pas de chanter « l'invisible compagnon » d'une vie vouée a` la mémoire et a` la poésie. Même lorsque « l'obscur me gagne » et que « j'assiste a` la montée sévère de la nuit », dit-elle encore dans le même souffle.

  • Au bord du bord

    Laura Lutard

    • Bruno doucey
    • 7 Avril 2022

    "La jeunesse se fracasse de n'avoir pas de place Les boules de sincérité bringuebalées Sous les semelles de refus Et les chemises en lin Quelques parasols servent de refuge éphémère La pierre des piliers a beau être malade La jeunesse se fracasse De n'avoir pas de placeC'est sa tâche"

  • Peindre les mots, gestes d'artiste, voix de poètes Nouv.

    Peindre les mots, gestes d'artiste, voix de poètes

    Robert Lobet

    • Bruno doucey
    • 5 Mai 2022

    L'atelier de Robert Lobet ressemble à un bateau. Des papiers de création reposent sur des séchoirs à claies comme les cartes des navigateurs. Le bras d'une presse typographique paraît un gouvernail. Un lingotier empli de cales en plomb sommeille dans la soute. Une console d'encrage attend son heure comme un navire au mouillage. Dans le carré, des estampes et des livres d'artiste, signés avec Michel Butor, Andrée Chedid et maints autres poètes contemporains... Cette aventure inédite, vouée au dialogue entre les arts, méritait d'être racontée et mise en images. C'est chose faite. Peindre les mots est une invitation au voyage: dans la topographie organique des territoires qu'esquisse l'artiste, au gré des espaces qu'il invente, sur les surfaces libres qu'il explore par le trait et la couleur.

  • 22 bureau des longitudes

    Bruno Doucey

    • Bruno doucey
    • 6 Janvier 2022

    Je suis resté 22 ans sans voir la femme qui partage mon existence, et quand je l'ai retrouvée, je suis entré dans un autre alphabet. Ce livre est composé de poèmes écrits pour elle ou dans la proximité heureuse de sa vie, mais que je destine aux autres, qui les emporteront comme le vent emporte le pollen des fleurs.
    Après l'année de séparation des corps que nous venons de vivre et son lot de désirs encabanés, avant celle qui vient dans le risque de voir les valeurs que nous défendons battues en brèche, je veux ouvrir une fenêtre pour y faire entrer plus de lumière qu'en produisent tous nos éclats de rire. J'ajoute une strophe atomique au long poème que nous écrivons ensemble. Je fais droit à l'instance amoureuse qui m'habite pour donner sa raison et sa douceur au grand élan de notre vie.

  • Caché dans la maison des fous

    Didier Daeninckx

    • Bruno doucey
    • 21 Mai 2015

    1943, asile de fous de Saint-Alban en Lozère. Deux psychiatres organisent la résistance à l'embrigadement des fous et à leur négation. L'un, Tosquelles, a fui l'Espagne franquiste ; l'autre, Bonnafé, communiste, est un ami des surréalistes. Ils cachent les résistants blessés de la région. Ils y accueillent une jeune fille juive résistante, Denise Glaser, en même temps que le poète Paul Éluard et sa compagne Nusch. Éluard y passe huit mois, avec cette double menace de l'enfermement des êtres et de l'enfermement du monde dans la barbarie, cette double résistance à la normalité et à la folie. Dans cet hôpital, où l'on favorise le surgissement de ce que l'on nommera plus tard l'art brut, le poète-résistant découvre, sous le regard fasciné de Denise, comment la parole des « fous » garantit la parole des poètes. Une plongée vertigineuse à laquelle nous convie Didier Daeninckx.

  • Immenses sont leurs ailes

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    • Bruno doucey
    • 2 Septembre 2021

    Parce qu'un enfant ça doit jouer Parce qu'un enfant ça doit rêver Parce qu'un enfant peut s'envoler Parce qu'un enfant doit être aimé sait sourire sait respirer sait fleurir c'est liberté.

  • Le désir ; aux couleurs du poème

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    • Bruno doucey
    • 4 Février 2021

    "A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu :
    Voyelles..." Pour le 23° Printemps des poètes, les Éditions Bruno Doucey ont suivi la voie ouverte par Rimbaud parce que le désir donne des couleurs à la vie.
    Dans cette anthologie qui rassemble des poètes français et étrangers, contemporains pour la plupart : un blanc désir de silence, d'absence et de neige ; un désir jaune de fraîcheur et de lumière ; le rouge désir des lèvres qui s'unissent et du sang qui pulse dans nos coeurs ; un désir bleu d'évasion et de voyage... sans omettre ces orangers qui font aimer la pulpe de la vie ou le désir obscur, "soleil noir de la mélancolie", que tant de poètes ont approché dans une brûlure. 80 poètes... Et la main verte de Thierry Renard et Bruno Doucey lorsqu'il s'agit de satisfaire notre désir de poèmes.

  • Des voix pour la terre

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    • Bruno doucey
    • 25 Novembre 2021

    « N'enlève pas à la Terre son dernier souffle/Permets à notre mère de respirer Et de voir ses enfants courir/ Dans la nature qui est ma protégée » Cette exhortation de la poète innue Rita Mestokosho trace le fil conducteur d'un ouvrage dédié au sauvetage poétique de notre planète. Ce livre, qui rassemble plus d'une cinquantaine de voix du monde entier (la canadienne Margaret Atwood, la kanake Déwé Gorodé, l'Haïtien René Depestre, l'indienne Aravind Shesh, des chanteurs tel Mickey 3D...), se répartit en huit chapitres autour des lettres qui forment le mot écologie. Du É de Écosystème, au C de Climat en passant par le O de Océans, le L de Locataire, le O de Oiseaux, le G de Gaspillage pour aboutir au I de Idiotie et finir sur le E de Engagement. Les mots se révoltent pour notre Terre.

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  • J'ai ferme mes maisons

    Marianne Catzaras

    • Bruno doucey
    • 19 Août 2021

    Le bleu du ciel et de la mer. L'oiseau dans l'évidence de l'espace. Une île, puis une autre île très éloignée de la première. Des bateaux à quai. Le silence des pierres. Des maisons aux lèvres closes. Ces silhouettes au carrefour des routes. La polyphonie des langues. Des valises vides. La main qui ne peut attraper le nuage. Ce passager qui regarde passer les bus sans pouvoir y monter... Marianne Catzaras n'a pas besoin de nommer les pays, les lieux, les êtres, les alphabets ou les époques, pour que l'on sente ce qui vit en elle, comme l'eau sommeille sous les pierres. Elle n'a pas besoin de nommer l'absence pour faire chanter l'absence. Pas besoin de désigner le poème pour qu'il soit poème. Elle écrit pour faire entendre ce que les mots ne disent pas : un murmure, une histoire, à peine.

  • Mes forêts

    Hélène Dorion

    • Bruno doucey
    • 14 Octobre 2021

    Son nom la relie à une constellation, mais sa présence au monde la rend indissociable des paysages qu'elle traverse : Hélène Dorion vit environnée de lacs et de forêts, de fleuves et de rivages, de brumes de mémoire et de vastes estuaires où la pensée s'évase.
    Dans ce recueil voué aux forêts, elle fait entendre le chant de l'arbre, comme il existe un chant d'amour et des voix de plain-chant. « Mes forêts... », dit-elle dans un souffle qui se densifie de poème en poème. Et l'on entre à pas de loup dans une forêt de signes où l'on déchiffre la partition de la vie sur fond de ciel, sur fond de terre, sur fond de neige, de feuillages persistants et de flammes qu'emporte le vent, de bourgeons sertis dans l'écorce et de renouvellement. Un chemin « qui donne sens à ce qu'on appelle humanité. »

  • La baie vitrée

    Yvon Le Men

    • Bruno doucey
    • 4 Février 2021

    N'avoir nulle part où aller sauf à l'intérieur de soi... Être assigné à résidence avec des livres pour seuls compagnons... Regarder le monde à travers une vitre en se demandant si le temps ne s'est pas arrêté... Telle est la situation évoquée par Yvon Le Men dans La baie vitrée. Le poète est enfermé à son domicile, seul et relié aux autres, à l'écoute des mauvaises nouvelles du monde et des chants d'oiseau qui l'apaisent. Il lit et écrit. Écoute et observe. Des poèmes naissent de ce quotidien empêché. Les mots de l'écrivain découpent alors des morceaux de ciel pour les oiseaux en cage. Des mots qui ouvrent portes et fenêtres, conjurent l'absence et invitent des hôtes essentiels à sa table de silence. Avec La baie vitrée, le poète a écrit le livre du réenchantement dont nous avons besoin. Jamais la poésie ne lui est apparue si nécessaire.

  • Tu aurais pu vivre encore un peu...

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    • Bruno doucey
    • 10 Novembre 2020

    Mars 2010. Après Brassens, Brel et Ferré, disparaissait le quatrième mousquetaire de la chanson française : Jean Ferrat, né Tenenbaum huit décennies plus tôt. Mars 2020 : deux artistes associent leurs talents pour conjurer l'absence de celui « qui aurai[t] pu vivre encore un peu. » L'un est peintre, l'autre écrivain.
    Ensemble ils redonnent vie à l'homme qui détestait les interdits et chantait les poètes. Celui qui dénonçait "la grande injustice" et "la force imbécile" sans jamais cesser de dire « Que c'est beau la vie ! » L'un twiste les mots, l'autre peint les êtres que Ferrat aimait « à en perdre la raison » : Aragon, Desnos, Lorca, Maïakovski, Neruda... Mais aussi Brassens, Vian, Elsa Triolet, Van Gogh ou le vieil Hugo. Comme autant d'étoiles d'une constellation fraternelle et engagée.

  • Feux

    Perrine Le Querrec

    • Bruno doucey
    • 4 Mars 2021

    Feux de voitures feux des confins feux de révolte feux d'injustice feux de colère feux d'abandon feux résistance feux déclaration feux d'indignés feux d'oubliés feux de sursaut feux consommés feux ciblés feux de consommation feux de vengeance feux d'impossibles feux de plaisir feux de joie feux ensemble feux d'unité feux de puissance feux d'impuissance feux d'urgence 14-Juillet Liberté-égalité-fraternité Nouvel An Liberté-égalité-fraternité feux des mensonges feux des promesses feux des mépris les nuits de feux Feux, des signaux

  • L'exil n'a pas d'ombre

    Jeanne Benameur

    • Bruno doucey
    • 7 Février 2019

    Une femme. Un homme. Ils marchent l'un derrière l'autre. Ils ont quitté leur village et traversent le désert sans savoir qu'ils finiront par atteindre la mer.
    Pourquoi sont-ils partis ? Nous n'en saurons pas beaucoup plus mais l'essentiel nous est donné : nous savons que la femme est partie parce que le livre de son enfance a été déchiré et qu'elle est entrée dans le langage. Son exil est celui de toutes les femmes qui tentent dans le monde d'aller vers la liberté, à travers la lecture et l'écriture. Quant à l'homme... Lui ne sait pas lire les signes écrits sur une page. Son univers est celui des signes du ciel, du vent, des herbes, des traces d'animaux. L'homme et la femme ne se rejoindront que devant la mer. "Nous sommes sous le soleil. / Nos corps n'ont plus d'ombre", disent-ils enfin.

  • Un cri fendu en mille ; les continents sont des radeaux perdus, 3

    Yvon Le Men

    • Bruno doucey
    • 6 Septembre 2018

    Après la publication des recueils Une île en terre (2016) et Le poids d'un nuage (2017), Yvon Le Men nous offre le troisième volume de sa trilogie Les continents sont des radeaux perdus. Avec Un cri fendu en mille, l'heure n'est plus aux paysages de l'enfance ni aux oeuvres qui ont fait naître une conscience au monde. C'est de la découverte physique, sensible, amoureuse de ce monde dont nous parle ici le poète. Les premières destinations nous entraînent en Europe. Puis viennent les voyages au long cours, autour du mont Liban, à Bamako, en Afrique noire, en Chine, à Port-au-Prince ou au Brésil. D'un pays à l'autre, un même désir d'étreindre le monde, une même soif de découvertes, une même propension à se penser soi-même comme un autre. Un carnet de voyages, au coeur du monde, à travers soi.

  • Les obus jouaient à pigeon-vole

    Raphaël Jerusalmy

    • Bruno doucey
    • 18 Février 2016

    17 mars 1916, 16 h 00 : le sous-lieutenant Apollinaire est atteint à la tempe par un éclat d'obus alors qu'il lit une revue littéraire, dans une tranchée de première ligne. La revue qu'il tenait au moment de l'impact, annotée de sa main, vient d'être retrouvée en Bavière.
    C'est du moins ce que prétend l'auteur de ce récit. Les 24 h qui précèdent l'impact, sont relatées heure par heure en un cruel compte-à-rebours qui condense au fond de cette tranchée l'immense drame humain qui s'y joue et le bouleversement qu'il entraîne dans l'âme d'Apollinaire. A travers les moments intenses, souvent tragi-comiques qu'il vit avec ses hommes et le regard singulier qu'il pose sur la guerre, Apollinaire nous guide sur le chemin qui va le mener du prosaïque au sublime, de la destruction à la création.

  • J'abrite un secret

    Nawel Ben Kraïem

    • Bruno doucey
    • 6 Mai 2021

    N (pro Non) N comme NON N comme haine Non se lit Non Non reste Non Non à l'endroit Non à l'envers Non Qui nous sonne Et qui nous donne Le son du nom Je retourne le NON il reste le NON Un Nom pour Nous Un Non profond Pro Non Pro Nous Pro Non pour Nous

  • La vie est belle

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    • Bruno doucey
    • 17 Octobre 2019

    Tout commence dans un ruisseau de montagne, un paysage de roches moussues et de cascades sauvages. Cette eau vive, surgie d'une enfance à l'ombre des talus, court de pages en pages, dévale les pentes et enjambe les océans. L'eau nous emporte dans son voyage imaginaire, gravit les volcans, fait danser pirogues et caravelles, caresse chevelures perlées de rosée et feuillages bruissants, pour finir en une vague qui fait danser l'aurore. À chaque pas, l'oiseau calligraphe, rouge, débusque la lumière. Les mots du poète et les images de l'artiste vibrent dans une résonnance intime.
    Ils se marient pour raconter la même tendre histoire :
    Celle des enfants de grand vent qui jouent avec le soleil et écoutent le murmure des étoiles. Une chanson de la vie, que les lecteurs entendront longtemps.

  • Danser sur tes braises ; six décennies

    Ananda Devi

    • Bruno doucey
    • 6 Février 2020

    Deux textes forts et incandescents. Deux textes pour dire la femme, la fille, la mère... Dans le premier, qu'elle dédie à sa propre mère, Ananda Devi évoque l'exil auquel chaque être se trouve confronté : celui du ventre maternel. "Tout commence par la perte des eaux", écrit-elle, avant de nous livrer ce constat amer : "L'enfant s'en va et ne cessera plus de s'en aller." Dès lors, la vie s'apparente à une longue exploration de la perte.
    Dans le second, qu'elle intitule Six décennies, c'est à son propre corps qu'elle s'adresse, sans complaisance ni faux-semblants, débusquant ses changements, cartographiant sa géographie incertaine et mouvante. Avec le temps va... Non, pas seulement car le regard de l'autre réinscrit le ravissement dans le sillon des jours. "Le désir n'est jamais dompté."

  • Une femme en crue

    Caroline Boidé

    • Bruno doucey
    • 4 Mars 2021

    Une femme en crue, débordante de désir, sa faim de louve hantant la nuit... Un homme de la taille du torrent qui "fait la sourde oreille au jour", happé par le souvenir d'une autre femme... Le sommeil de celle qui s'est noyée... L'ombre de la morte au fond de l'océan... Et puis, la force des liens, les corps inassouvis, l'absence qui "imprègne d'iode le sexe de la femme en crue", la brûlure des doigts, leur tracé de neige des chevilles jusqu'aux seins, la cambrure du dos, ce tremblement où vivre...
    Les personnages du long poème narratif que livre Caroline Boidé porte en eux tous les débordements de la chair et de l'âme. Avec un sens inné de la suggestion, ses fulgurances déliant la prose de la vie, elle dégrafe l'imaginaire du lecteur "jusqu'à la meurtrissure". Hypnotique et saisissant.

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