Bruno Doucey

  • Le cri des femmes afghanes Nouv.

    Le cri des femmes afghanes

    Collectif

    • Bruno doucey
    • 19 Mai 2022

    Il existe « un cri du silence » comme il existe des silhouettes sans visages et des visages sans voix. En Afghanistan, depuis longtemps déjà, l'oiseau noir de la peur paraît s'être juché sur l'épaule des femmes. Du monde libre qui est le nôtre, nous les imaginons invisibles et muettes sous la burqa, condamnées à la misogynie aveugle, recluses dans le poing d'une domination archaïque. Pourtant en Afghanistan, comme ici, des femmes lisent et écrivent. Des vers. Des chants. De la poésie. Des mots qui ouvrent en elles, et autour d'elles, un espace de liberté où ce qui est interdit, tabou, vient sourdre comme une eau à la surface de la terre. Les langues se délient. Les corps parlent. L'âme trouve une voix. Et l'eau de leurs poèmes irrigue le monde d'une espérance que l'on n'attendait plus.

  • L'éphémère, 88 plaisirs fugaces

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    • Bruno doucey
    • 3 Février 2022

    L' comme L'instant, E comme Envol, P comme Passion... C'est sur le mode d'un acrostiche que les Éditions Bruno Doucey ont conçu l'anthologie de la 24° édition du Printemps des Poètes. L'éphémère et son unique voyelle invoquée quatre fois, l'inachevé, le fugace, le passager... Sans omettre ces insectes qui ne vivent qu'un jour, l'enfance et ses changements incessants, la brièveté de la vie humaine au regard des temps géologiques, la mémoire en lutte contre l'effacement, le rêve plus insaisissable que l'oiseau, la neige qui renvoie le monde à son impermanence. Bien sûr il y a l'envers de toute chose : l'éternité et le "dur désir de durer" dont parle Eluard, la mort seule immortelle. Mais reconnaissons-le, l'éphémère est une invitation à vivre pleinement. Ici et maintenant. Et sans attendre.

  • Le pas d'isis

    Jeanne Benameur

    • Bruno doucey
    • 6 Janvier 2022

    Elle est seule et avance d'un pas léger. Elle ne laisse aucune empreinte dans le sable, mais sa pensée « recoud les fragments du monde ». Elle chemine d'un mot à l'autre et trace des signes dans la poussière des lendemains. Pour tous, cette reine mythique porte le nom d'Isis, déesse funéraire de l'Égypte antique qui rassemble les morceaux épars d'un amour défunt ; mais pour Jeanne Benameur, elle est aussi une soeur qui marche sur la Terre, en bordure d'océan, sur un étroit chemin ou sur « le sable humide encore de la dernière marée ». Avec elle, elle répond à l'appel de la vie, là où le bleu du ciel se mêle à celui de la mer. Isis ou le temps à l'oeuvre dans nos vies. Comme ces mots dont nous sommes « le logis éphémère ». Comme un rêve éveillé, une pensée qui apaise. Isis ou la vraie vie.

  • Et le ciel m'est rendu

    René-Guy Cadou

    • Bruno doucey
    • 3 Mars 2022

    "Les hommes lui donnèrent le prénom d'Hélène Aujourd'hui C'est le sillage de ses bras qui m'entraîne Avec douceur vers des hameaux perdus Sa main sur mon visage Et le ciel m'est rendu Qui dira les jardins où nous dormons ensemble Ces greniers vagabonds où nous avons vécu L'un et l'autre À des kilomètres de distance"

  • Les épiphaniques

    Yvon Le Men

    • Bruno doucey
    • 3 Février 2022

    Ils se nomment Cathy, Tiego, Louna, Asma...
    Leurs noms ne nous disent rien, mais sans eux ce livre n'aurait pas vu le jour. Les Épiphaniques, ce sont eux, des hommes et des femmes qu'Yvon Le Men a rencontrés dans les marges de notre société, faisant poème de leurs vies et de leurs histoires. Ils se croyaient invisibles et les voici mis en lumière dans des poèmes.
    « Nous ne sommes pas que des cicatrices », dit l'une. Si j'étais une image, je serais « la montagne de Cézanne qui me rapproche du ciel », répond l'autre. Et de mot en mot, une chaîne de fraternité traverse le recueil. D'un pont, d'un foyer, de la rue, d'une caravane, du froid, du bruit. Ils connaissent ce que nous évitons de voir. Ils se nomment Cathy, Tiego, Louna, Asma et ont des choses à nous dire. Sur eux, autant que sur nous.

  • J'ai le soleil à vivre

    Hélène Cadou

    • Bruno doucey
    • 3 Mars 2022

    « J'ai le soleil a` vivre » écrit-elle dans un souffle. Vivre l'herbe et les fleurs, la pluie, le goût des rues et des matins, le silence au bord de l'eau, le souvenir d'une enfance heureuse. Vivre « les grandes marées du coeur ». Car l'écriture simple et limpide d'Hélène Cadou est traversée par une lumière, celle de l'amour qu'elle a voue´ durant toute sa vie a` René dont elle partagea la brève existence. Un amour qui conjure l'absence et transcende le temps, qui déplace les lignes d'horizon et « peint le monde en bleu ». Les poèmes inédits que rassemble ce recueil n'en finissent pas de chanter « l'invisible compagnon » d'une vie vouée a` la mémoire et a` la poésie. Même lorsque « l'obscur me gagne » et que « j'assiste a` la montée sévère de la nuit », dit-elle encore dans le même souffle.

  • Au bord du bord

    Laura Lutard

    • Bruno doucey
    • 7 Avril 2022

    "La jeunesse se fracasse de n'avoir pas de place Les boules de sincérité bringuebalées Sous les semelles de refus Et les chemises en lin Quelques parasols servent de refuge éphémère La pierre des piliers a beau être malade La jeunesse se fracasse De n'avoir pas de placeC'est sa tâche"

  • Peindre les mots, gestes d'artiste, voix de poètes Nouv.

    Peindre les mots, gestes d'artiste, voix de poètes

    Robert Lobet

    • Bruno doucey
    • 5 Mai 2022

    L'atelier de Robert Lobet ressemble à un bateau. Des papiers de création reposent sur des séchoirs à claies comme les cartes des navigateurs. Le bras d'une presse typographique paraît un gouvernail. Un lingotier empli de cales en plomb sommeille dans la soute. Une console d'encrage attend son heure comme un navire au mouillage. Dans le carré, des estampes et des livres d'artiste, signés avec Michel Butor, Andrée Chedid et maints autres poètes contemporains... Cette aventure inédite, vouée au dialogue entre les arts, méritait d'être racontée et mise en images. C'est chose faite. Peindre les mots est une invitation au voyage: dans la topographie organique des territoires qu'esquisse l'artiste, au gré des espaces qu'il invente, sur les surfaces libres qu'il explore par le trait et la couleur.

  • 22 bureau des longitudes

    Bruno Doucey

    • Bruno doucey
    • 6 Janvier 2022

    Je suis resté 22 ans sans voir la femme qui partage mon existence, et quand je l'ai retrouvée, je suis entré dans un autre alphabet. Ce livre est composé de poèmes écrits pour elle ou dans la proximité heureuse de sa vie, mais que je destine aux autres, qui les emporteront comme le vent emporte le pollen des fleurs.
    Après l'année de séparation des corps que nous venons de vivre et son lot de désirs encabanés, avant celle qui vient dans le risque de voir les valeurs que nous défendons battues en brèche, je veux ouvrir une fenêtre pour y faire entrer plus de lumière qu'en produisent tous nos éclats de rire. J'ajoute une strophe atomique au long poème que nous écrivons ensemble. Je fais droit à l'instance amoureuse qui m'habite pour donner sa raison et sa douceur au grand élan de notre vie.

  • Circé : poèmes d'argile

    Margaret Atwood

    • Bruno doucey
    • 21 Mai 2021

    "C'est l'histoire qui compte. Ce n'est pas la peine de me dire que ce n'est pas une histoire, ou que ce n'est pas la même histoire. Je sais que tu as tenu toutes tes promesses, tu m'aimes, nous dormons jusqu'à midi et nous passons le reste de la journée à manger, la nourriture est superbe, je ne dis pas le contraire. Mais je me fais du souci pour l'avenir. Dans l'histoire un jour le bateau disparaît derrière l'horizon, il disparaît simplement, et on ne dit pas ce qui arrive ensuite.
    Je veux dire, sur l'île. Ce sont les animaux dont j'ai peur, ils ne faisaient pas partie du plan, ils pourraient à nouveau se transformer en hommes. Suis-je vraiment immortelle, le soleil s'en inquiète-t-il, lorsque tu partiras me rendras-tu les mots ? Ne te dérobe pas, ne me fais pas croire que tu ne partiras pas : dans l'histoire, tu pars, et l'histoire est sans pitié".

  • Caché dans la maison des fous

    Didier Daeninckx

    • Bruno doucey
    • 21 Mai 2015

    1943, asile de fous de Saint-Alban en Lozère. Deux psychiatres organisent la résistance à l'embrigadement des fous et à leur négation. L'un, Tosquelles, a fui l'Espagne franquiste ; l'autre, Bonnafé, communiste, est un ami des surréalistes. Ils cachent les résistants blessés de la région. Ils y accueillent une jeune fille juive résistante, Denise Glaser, en même temps que le poète Paul Éluard et sa compagne Nusch. Éluard y passe huit mois, avec cette double menace de l'enfermement des êtres et de l'enfermement du monde dans la barbarie, cette double résistance à la normalité et à la folie. Dans cet hôpital, où l'on favorise le surgissement de ce que l'on nommera plus tard l'art brut, le poète-résistant découvre, sous le regard fasciné de Denise, comment la parole des « fous » garantit la parole des poètes. Une plongée vertigineuse à laquelle nous convie Didier Daeninckx.

  • Les hirondelles se sont envolées avant nous

    Hala Mohammad

    • Bruno doucey
    • 2 Septembre 2021

    Elle ne dit pas l'effroi des bombardements, les corps démembrés, la route boueuse de l'exil ; elle dit l'arbre et l'oiseau, le chagrin des maisons, le miroir de l'absence. Elle ne filme pas les colonnes de soldats en route pour la guerre, ne fait pas le procès des monstres, ne pleure ni Alep ni Damas ; elle dit simplement que « l'aube n'abandonne pas la terre », que les hirondelles font leur nid « avec la paille du silence », que l'amour demeure le premier alphabet. Bien sûr, le fleuve de la vie ne sait plus ce qui lui arrive, les chansons roulent sur les chemins, la lune est la maison de l'exilé. Mais une femme, assise sur la rive de la poésie, fait entendre sa voix. « Elle chante une chanson et la chanson est sauvée ». Comme le seront les naufragés qu'elle aide à fouler la terre ferme.

  • Une colombe si cruelle ; poèmes en prose et autres textes

    Federico García Lorca

    • Bruno doucey
    • 3 Septembre 2020

    Une colombe cruelle au coeur d'éléphant... Un coq qui perd son âme à mesure qu'une brodeuse emprisonne son chant dans le métier à tisser... Un homme qui verdit au gré des paysages qu'il traverse....
    La mère de Charlie Chaplin dont on emporte le corps dans une chaussette fine... Des amants assassinés par une perdrix... Cinq dames amoureuses d'un jeune homme soudain changé en papillon... Des étoiles qui clignent des yeux au rythme du télégraphe... Les proses que rassemble cet ouvrage composé de nombreux inédits révèlent un Federico García Lorca que peu de lecteurs connaissent : surréaliste et grinçant, cruel et facétieux, subtilement iconoclaste. Poèmes en prose, contes, nouvelles -, peu importe les classifications. Le poète se joue des traditions et des codes avec la virtuosité d'un toréador des mots.

  • Drive

    Hettie Jones

    • Bruno doucey
    • 22 Avril 2021

    « La femme à la voiture verte ne / sait pas où elle va / donc elle y va à fond... » Dès les premiers poèmes le ton est donné : Drive est un hymne à la route, à l'évasion et à la liberté des femmes. Liberté de dire. De vivre. D'aimer. De traverser la vie comme les Beatniks traversaient les États-Unis, l'imagination en point de mire. Ce courage d'être soi, Hettie Jones en fait le mot d'ordre d'un féminisme joyeux, intrépide et assumé.
    Qu'elle dénonce le sort fait aux femmes en Afghanistan ou en Turquie, au nom du patriarcat et de la religion, qu'elle parle d'amitié ou d'amour, qu'elle évoque les règles des femmes, la ménopause ou l'influence de la lune, elle reste cette femme vive et indépendante que la route de la Beat Generation a conduit jusqu'à nous. À toute vitesse, cheveux au vent.

  • Le désir ; aux couleurs du poème

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    • Bruno doucey
    • 4 Février 2021

    "A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu :
    Voyelles..." Pour le 23° Printemps des poètes, les Éditions Bruno Doucey ont suivi la voie ouverte par Rimbaud parce que le désir donne des couleurs à la vie.
    Dans cette anthologie qui rassemble des poètes français et étrangers, contemporains pour la plupart : un blanc désir de silence, d'absence et de neige ; un désir jaune de fraîcheur et de lumière ; le rouge désir des lèvres qui s'unissent et du sang qui pulse dans nos coeurs ; un désir bleu d'évasion et de voyage... sans omettre ces orangers qui font aimer la pulpe de la vie ou le désir obscur, "soleil noir de la mélancolie", que tant de poètes ont approché dans une brûlure. 80 poètes... Et la main verte de Thierry Renard et Bruno Doucey lorsqu'il s'agit de satisfaire notre désir de poèmes.

  • Des voix pour la terre

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    • Bruno doucey
    • 25 Novembre 2021

    « N'enlève pas à la Terre son dernier souffle/Permets à notre mère de respirer Et de voir ses enfants courir/ Dans la nature qui est ma protégée » Cette exhortation de la poète innue Rita Mestokosho trace le fil conducteur d'un ouvrage dédié au sauvetage poétique de notre planète. Ce livre, qui rassemble plus d'une cinquantaine de voix du monde entier (la canadienne Margaret Atwood, la kanake Déwé Gorodé, l'Haïtien René Depestre, l'indienne Aravind Shesh, des chanteurs tel Mickey 3D...), se répartit en huit chapitres autour des lettres qui forment le mot écologie. Du É de Écosystème, au C de Climat en passant par le O de Océans, le L de Locataire, le O de Oiseaux, le G de Gaspillage pour aboutir au I de Idiotie et finir sur le E de Engagement. Les mots se révoltent pour notre Terre.

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  • J'ai ferme mes maisons

    Marianne Catzaras

    • Bruno doucey
    • 19 Août 2021

    Le bleu du ciel et de la mer. L'oiseau dans l'évidence de l'espace. Une île, puis une autre île très éloignée de la première. Des bateaux à quai. Le silence des pierres. Des maisons aux lèvres closes. Ces silhouettes au carrefour des routes. La polyphonie des langues. Des valises vides. La main qui ne peut attraper le nuage. Ce passager qui regarde passer les bus sans pouvoir y monter... Marianne Catzaras n'a pas besoin de nommer les pays, les lieux, les êtres, les alphabets ou les époques, pour que l'on sente ce qui vit en elle, comme l'eau sommeille sous les pierres. Elle n'a pas besoin de nommer l'absence pour faire chanter l'absence. Pas besoin de désigner le poème pour qu'il soit poème. Elle écrit pour faire entendre ce que les mots ne disent pas : un murmure, une histoire, à peine.

  • Mes forêts

    Hélène Dorion

    • Bruno doucey
    • 14 Octobre 2021

    Son nom la relie à une constellation, mais sa présence au monde la rend indissociable des paysages qu'elle traverse : Hélène Dorion vit environnée de lacs et de forêts, de fleuves et de rivages, de brumes de mémoire et de vastes estuaires où la pensée s'évase.
    Dans ce recueil voué aux forêts, elle fait entendre le chant de l'arbre, comme il existe un chant d'amour et des voix de plain-chant. « Mes forêts... », dit-elle dans un souffle qui se densifie de poème en poème. Et l'on entre à pas de loup dans une forêt de signes où l'on déchiffre la partition de la vie sur fond de ciel, sur fond de terre, sur fond de neige, de feuillages persistants et de flammes qu'emporte le vent, de bourgeons sertis dans l'écorce et de renouvellement. Un chemin « qui donne sens à ce qu'on appelle humanité. »

  • Laisse-moi te dire... ; poèmes 1964-1974

    Margaret Atwood

    • Bruno doucey
    • 18 Juin 2020

    Laisse-moi te dire... Le titre de cette anthologie personnelle de Margaret Atwood paraît d'abord se donner dans un murmure : celui que l'on adresse "à l'indicatif présent" au "compagnon de route" ;
    Celui de l'intimité amoureuse, du foyer, de la cabane ou de l'igloo, motifs récurrents d'une poésie qui croit au possible bonheur des petites communautés humaines.
    Mais ce murmure ne saurait faire oublier la mise en garde qui vient sourdre dans les recueils que la romancière livre, dix années durant, de The Circle Game (1964) à We Are Happy (1974). Catastrophes provoquées par l'homme, fonte des glaces, oppression des petits par les puissants, destruction des espaces naturels... Les poèmes d'Atwood ne sont pas seulement visionnaires.
    En chantant la beauté du monde, ils font acte de résistance.

  • J'ai vu Sisyphe heureux

    Katerina Apostolopoulou

    • Bruno doucey
    • 28 Mai 2020

    Une famille de pêcheurs dont le père disparaît en mer, un couple de gens modestes que la mort vient séparer, un homme seul qui abandonne maison, papiers d'identité et biens matériels pour vivre en vagabond sous les étoiles... Trois poèmes narratifs.
    Trois destins aux prises avec la vie. Trois histoires simples pour dire la fierté du peuple grec. Ce ne sont pas les héros des batailles homériques que chante Katerina Apostolopoulou dans ce premier recueil écrit en deux langues, le grec et le français, mais le courage des êtres qui placent l'hospitalité et la liberté au-dessus de tout, qui se battent avec les armes de l'amour et de la dignité, qui ont peu mais donnent tout. À l'heure de la crise économique et du concept de décroissance, une voix venue de Grèce nous invite à voir Sisyphe heureux.

  • La baie vitrée

    Yvon Le Men

    • Bruno doucey
    • 4 Février 2021

    N'avoir nulle part où aller sauf à l'intérieur de soi... Être assigné à résidence avec des livres pour seuls compagnons... Regarder le monde à travers une vitre en se demandant si le temps ne s'est pas arrêté... Telle est la situation évoquée par Yvon Le Men dans La baie vitrée. Le poète est enfermé à son domicile, seul et relié aux autres, à l'écoute des mauvaises nouvelles du monde et des chants d'oiseau qui l'apaisent. Il lit et écrit. Écoute et observe. Des poèmes naissent de ce quotidien empêché. Les mots de l'écrivain découpent alors des morceaux de ciel pour les oiseaux en cage. Des mots qui ouvrent portes et fenêtres, conjurent l'absence et invitent des hôtes essentiels à sa table de silence. Avec La baie vitrée, le poète a écrit le livre du réenchantement dont nous avons besoin. Jamais la poésie ne lui est apparue si nécessaire.

  • Feux

    Perrine Le Querrec

    • Bruno doucey
    • 4 Mars 2021

    Feux de voitures feux des confins feux de révolte feux d'injustice feux de colère feux d'abandon feux résistance feux déclaration feux d'indignés feux d'oubliés feux de sursaut feux consommés feux ciblés feux de consommation feux de vengeance feux d'impossibles feux de plaisir feux de joie feux ensemble feux d'unité feux de puissance feux d'impuissance feux d'urgence 14-Juillet Liberté-égalité-fraternité Nouvel An Liberté-égalité-fraternité feux des mensonges feux des promesses feux des mépris les nuits de feux Feux, des signaux

  • Ils n'ont pas eu à se battre pour l'avènement de la démocratie ; n'ont pas vécu la guerre fratricide entre les deux Corée ; n'ont pas connu le temps du repli dans la forteresse naturelle d'un pays entouré de mers et hérissés de montagnes. Ils, ce sont les poètes de cette anthologie, hommes et femmes nés entre 1960 et le milieu des années 1980, tous originaires de cette Corée du Sud qui s'est construite en opposition à sa soeur jumelle barricadée. Tous contemporains du miracle économique et d'une société ultra-compétitive. Tous habités par une formidable énergie créatrice. Pour autant les points de convergence s'arrêtent là, tant sont diverses les voix qui se font entendre dans ce livre. Des voix qui cherchent moins à déchiffrer le monde qu'à l'agrandir pour nous permettre d'y vivre mieux.

  • L'exil n'a pas d'ombre

    Jeanne Benameur

    • Bruno doucey
    • 7 Février 2019

    Une femme. Un homme. Ils marchent l'un derrière l'autre. Ils ont quitté leur village et traversent le désert sans savoir qu'ils finiront par atteindre la mer.
    Pourquoi sont-ils partis ? Nous n'en saurons pas beaucoup plus mais l'essentiel nous est donné : nous savons que la femme est partie parce que le livre de son enfance a été déchiré et qu'elle est entrée dans le langage. Son exil est celui de toutes les femmes qui tentent dans le monde d'aller vers la liberté, à travers la lecture et l'écriture. Quant à l'homme... Lui ne sait pas lire les signes écrits sur une page. Son univers est celui des signes du ciel, du vent, des herbes, des traces d'animaux. L'homme et la femme ne se rejoindront que devant la mer. "Nous sommes sous le soleil. / Nos corps n'ont plus d'ombre", disent-ils enfin.

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