Bruno Doucey

  • Le pas d'isis

    Jeanne Benameur

    • Bruno doucey
    • 6 Janvier 2022

    Elle est seule et avance d'un pas léger. Elle ne laisse aucune empreinte dans le sable, mais sa pensée « recoud les fragments du monde ». Elle chemine d'un mot à l'autre et trace des signes dans la poussière des lendemains. Pour tous, cette reine mythique porte le nom d'Isis, déesse funéraire de l'Égypte antique qui rassemble les morceaux épars d'un amour défunt ; mais pour Jeanne Benameur, elle est aussi une soeur qui marche sur la Terre, en bordure d'océan, sur un étroit chemin ou sur « le sable humide encore de la dernière marée ». Avec elle, elle répond à l'appel de la vie, là où le bleu du ciel se mêle à celui de la mer. Isis ou le temps à l'oeuvre dans nos vies. Comme ces mots dont nous sommes « le logis éphémère ». Comme un rêve éveillé, une pensée qui apaise. Isis ou la vraie vie.

  • Et le ciel m'est rendu

    René-Guy Cadou

    • Bruno doucey
    • 3 Mars 2022

    "Les hommes lui donnèrent le prénom d'Hélène Aujourd'hui C'est le sillage de ses bras qui m'entraîne Avec douceur vers des hameaux perdus Sa main sur mon visage Et le ciel m'est rendu Qui dira les jardins où nous dormons ensemble Ces greniers vagabonds où nous avons vécu L'un et l'autre À des kilomètres de distance"

  • Les épiphaniques

    Yvon Le Men

    • Bruno doucey
    • 3 Février 2022

    Ils se nomment Cathy, Tiego, Louna, Asma...
    Leurs noms ne nous disent rien, mais sans eux ce livre n'aurait pas vu le jour. Les Épiphaniques, ce sont eux, des hommes et des femmes qu'Yvon Le Men a rencontrés dans les marges de notre société, faisant poème de leurs vies et de leurs histoires. Ils se croyaient invisibles et les voici mis en lumière dans des poèmes.
    « Nous ne sommes pas que des cicatrices », dit l'une. Si j'étais une image, je serais « la montagne de Cézanne qui me rapproche du ciel », répond l'autre. Et de mot en mot, une chaîne de fraternité traverse le recueil. D'un pont, d'un foyer, de la rue, d'une caravane, du froid, du bruit. Ils connaissent ce que nous évitons de voir. Ils se nomment Cathy, Tiego, Louna, Asma et ont des choses à nous dire. Sur eux, autant que sur nous.

  • J'ai le soleil à vivre

    Hélène Cadou

    • Bruno doucey
    • 3 Mars 2022

    « J'ai le soleil a` vivre » écrit-elle dans un souffle. Vivre l'herbe et les fleurs, la pluie, le goût des rues et des matins, le silence au bord de l'eau, le souvenir d'une enfance heureuse. Vivre « les grandes marées du coeur ». Car l'écriture simple et limpide d'Hélène Cadou est traversée par une lumière, celle de l'amour qu'elle a voue´ durant toute sa vie a` René dont elle partagea la brève existence. Un amour qui conjure l'absence et transcende le temps, qui déplace les lignes d'horizon et « peint le monde en bleu ». Les poèmes inédits que rassemble ce recueil n'en finissent pas de chanter « l'invisible compagnon » d'une vie vouée a` la mémoire et a` la poésie. Même lorsque « l'obscur me gagne » et que « j'assiste a` la montée sévère de la nuit », dit-elle encore dans le même souffle.

  • 22 bureau des longitudes

    Bruno Doucey

    • Bruno doucey
    • 6 Janvier 2022

    Je suis resté 22 ans sans voir la femme qui partage mon existence, et quand je l'ai retrouvée, je suis entré dans un autre alphabet. Ce livre est composé de poèmes écrits pour elle ou dans la proximité heureuse de sa vie, mais que je destine aux autres, qui les emporteront comme le vent emporte le pollen des fleurs.
    Après l'année de séparation des corps que nous venons de vivre et son lot de désirs encabanés, avant celle qui vient dans le risque de voir les valeurs que nous défendons battues en brèche, je veux ouvrir une fenêtre pour y faire entrer plus de lumière qu'en produisent tous nos éclats de rire. J'ajoute une strophe atomique au long poème que nous écrivons ensemble. Je fais droit à l'instance amoureuse qui m'habite pour donner sa raison et sa douceur au grand élan de notre vie.

  • Circé : poèmes d'argile

    Margaret Atwood

    • Bruno doucey
    • 21 Mai 2021

    "C'est l'histoire qui compte. Ce n'est pas la peine de me dire que ce n'est pas une histoire, ou que ce n'est pas la même histoire. Je sais que tu as tenu toutes tes promesses, tu m'aimes, nous dormons jusqu'à midi et nous passons le reste de la journée à manger, la nourriture est superbe, je ne dis pas le contraire. Mais je me fais du souci pour l'avenir. Dans l'histoire un jour le bateau disparaît derrière l'horizon, il disparaît simplement, et on ne dit pas ce qui arrive ensuite.
    Je veux dire, sur l'île. Ce sont les animaux dont j'ai peur, ils ne faisaient pas partie du plan, ils pourraient à nouveau se transformer en hommes. Suis-je vraiment immortelle, le soleil s'en inquiète-t-il, lorsque tu partiras me rendras-tu les mots ? Ne te dérobe pas, ne me fais pas croire que tu ne partiras pas : dans l'histoire, tu pars, et l'histoire est sans pitié".

  • Les hirondelles se sont envolées avant nous

    Hala Mohammad

    • Bruno doucey
    • 2 Septembre 2021

    Elle ne dit pas l'effroi des bombardements, les corps démembrés, la route boueuse de l'exil ; elle dit l'arbre et l'oiseau, le chagrin des maisons, le miroir de l'absence. Elle ne filme pas les colonnes de soldats en route pour la guerre, ne fait pas le procès des monstres, ne pleure ni Alep ni Damas ; elle dit simplement que « l'aube n'abandonne pas la terre », que les hirondelles font leur nid « avec la paille du silence », que l'amour demeure le premier alphabet. Bien sûr, le fleuve de la vie ne sait plus ce qui lui arrive, les chansons roulent sur les chemins, la lune est la maison de l'exilé. Mais une femme, assise sur la rive de la poésie, fait entendre sa voix. « Elle chante une chanson et la chanson est sauvée ». Comme le seront les naufragés qu'elle aide à fouler la terre ferme.

  • Une colombe si cruelle ; poèmes en prose et autres textes

    Federico García Lorca

    • Bruno doucey
    • 3 Septembre 2020

    Une colombe cruelle au coeur d'éléphant... Un coq qui perd son âme à mesure qu'une brodeuse emprisonne son chant dans le métier à tisser... Un homme qui verdit au gré des paysages qu'il traverse....
    La mère de Charlie Chaplin dont on emporte le corps dans une chaussette fine... Des amants assassinés par une perdrix... Cinq dames amoureuses d'un jeune homme soudain changé en papillon... Des étoiles qui clignent des yeux au rythme du télégraphe... Les proses que rassemble cet ouvrage composé de nombreux inédits révèlent un Federico García Lorca que peu de lecteurs connaissent : surréaliste et grinçant, cruel et facétieux, subtilement iconoclaste. Poèmes en prose, contes, nouvelles -, peu importe les classifications. Le poète se joue des traditions et des codes avec la virtuosité d'un toréador des mots.

  • Drive

    Hettie Jones

    • Bruno doucey
    • 22 Avril 2021

    « La femme à la voiture verte ne / sait pas où elle va / donc elle y va à fond... » Dès les premiers poèmes le ton est donné : Drive est un hymne à la route, à l'évasion et à la liberté des femmes. Liberté de dire. De vivre. D'aimer. De traverser la vie comme les Beatniks traversaient les États-Unis, l'imagination en point de mire. Ce courage d'être soi, Hettie Jones en fait le mot d'ordre d'un féminisme joyeux, intrépide et assumé.
    Qu'elle dénonce le sort fait aux femmes en Afghanistan ou en Turquie, au nom du patriarcat et de la religion, qu'elle parle d'amitié ou d'amour, qu'elle évoque les règles des femmes, la ménopause ou l'influence de la lune, elle reste cette femme vive et indépendante que la route de la Beat Generation a conduit jusqu'à nous. À toute vitesse, cheveux au vent.

  • Mes forêts

    Hélène Dorion

    • Bruno doucey
    • 14 Octobre 2021

    Son nom la relie à une constellation, mais sa présence au monde la rend indissociable des paysages qu'elle traverse : Hélène Dorion vit environnée de lacs et de forêts, de fleuves et de rivages, de brumes de mémoire et de vastes estuaires où la pensée s'évase.
    Dans ce recueil voué aux forêts, elle fait entendre le chant de l'arbre, comme il existe un chant d'amour et des voix de plain-chant. « Mes forêts... », dit-elle dans un souffle qui se densifie de poème en poème. Et l'on entre à pas de loup dans une forêt de signes où l'on déchiffre la partition de la vie sur fond de ciel, sur fond de terre, sur fond de neige, de feuillages persistants et de flammes qu'emporte le vent, de bourgeons sertis dans l'écorce et de renouvellement. Un chemin « qui donne sens à ce qu'on appelle humanité. »

  • Laisse-moi te dire... ; poèmes 1964-1974

    Margaret Atwood

    • Bruno doucey
    • 18 Juin 2020

    Laisse-moi te dire... Le titre de cette anthologie personnelle de Margaret Atwood paraît d'abord se donner dans un murmure : celui que l'on adresse "à l'indicatif présent" au "compagnon de route" ;
    Celui de l'intimité amoureuse, du foyer, de la cabane ou de l'igloo, motifs récurrents d'une poésie qui croit au possible bonheur des petites communautés humaines.
    Mais ce murmure ne saurait faire oublier la mise en garde qui vient sourdre dans les recueils que la romancière livre, dix années durant, de The Circle Game (1964) à We Are Happy (1974). Catastrophes provoquées par l'homme, fonte des glaces, oppression des petits par les puissants, destruction des espaces naturels... Les poèmes d'Atwood ne sont pas seulement visionnaires.
    En chantant la beauté du monde, ils font acte de résistance.

  • La baie vitrée

    Yvon Le Men

    • Bruno doucey
    • 4 Février 2021

    N'avoir nulle part où aller sauf à l'intérieur de soi... Être assigné à résidence avec des livres pour seuls compagnons... Regarder le monde à travers une vitre en se demandant si le temps ne s'est pas arrêté... Telle est la situation évoquée par Yvon Le Men dans La baie vitrée. Le poète est enfermé à son domicile, seul et relié aux autres, à l'écoute des mauvaises nouvelles du monde et des chants d'oiseau qui l'apaisent. Il lit et écrit. Écoute et observe. Des poèmes naissent de ce quotidien empêché. Les mots de l'écrivain découpent alors des morceaux de ciel pour les oiseaux en cage. Des mots qui ouvrent portes et fenêtres, conjurent l'absence et invitent des hôtes essentiels à sa table de silence. Avec La baie vitrée, le poète a écrit le livre du réenchantement dont nous avons besoin. Jamais la poésie ne lui est apparue si nécessaire.

  • Feux

    Perrine Le Querrec

    • Bruno doucey
    • 4 Mars 2021

    Feux de voitures feux des confins feux de révolte feux d'injustice feux de colère feux d'abandon feux résistance feux déclaration feux d'indignés feux d'oubliés feux de sursaut feux consommés feux ciblés feux de consommation feux de vengeance feux d'impossibles feux de plaisir feux de joie feux ensemble feux d'unité feux de puissance feux d'impuissance feux d'urgence 14-Juillet Liberté-égalité-fraternité Nouvel An Liberté-égalité-fraternité feux des mensonges feux des promesses feux des mépris les nuits de feux Feux, des signaux

  • L'exil n'a pas d'ombre

    Jeanne Benameur

    • Bruno doucey
    • 7 Février 2019

    Une femme. Un homme. Ils marchent l'un derrière l'autre. Ils ont quitté leur village et traversent le désert sans savoir qu'ils finiront par atteindre la mer.
    Pourquoi sont-ils partis ? Nous n'en saurons pas beaucoup plus mais l'essentiel nous est donné : nous savons que la femme est partie parce que le livre de son enfance a été déchiré et qu'elle est entrée dans le langage. Son exil est celui de toutes les femmes qui tentent dans le monde d'aller vers la liberté, à travers la lecture et l'écriture. Quant à l'homme... Lui ne sait pas lire les signes écrits sur une page. Son univers est celui des signes du ciel, du vent, des herbes, des traces d'animaux. L'homme et la femme ne se rejoindront que devant la mer. "Nous sommes sous le soleil. / Nos corps n'ont plus d'ombre", disent-ils enfin.

  • Un cri fendu en mille ; les continents sont des radeaux perdus, 3

    Yvon Le Men

    • Bruno doucey
    • 6 Septembre 2018

    Après la publication des recueils Une île en terre (2016) et Le poids d'un nuage (2017), Yvon Le Men nous offre le troisième volume de sa trilogie Les continents sont des radeaux perdus. Avec Un cri fendu en mille, l'heure n'est plus aux paysages de l'enfance ni aux oeuvres qui ont fait naître une conscience au monde. C'est de la découverte physique, sensible, amoureuse de ce monde dont nous parle ici le poète. Les premières destinations nous entraînent en Europe. Puis viennent les voyages au long cours, autour du mont Liban, à Bamako, en Afrique noire, en Chine, à Port-au-Prince ou au Brésil. D'un pays à l'autre, un même désir d'étreindre le monde, une même soif de découvertes, une même propension à se penser soi-même comme un autre. Un carnet de voyages, au coeur du monde, à travers soi.

  • Une femme en crue

    Caroline Boidé

    • Bruno doucey
    • 4 Mars 2021

    Une femme en crue, débordante de désir, sa faim de louve hantant la nuit... Un homme de la taille du torrent qui "fait la sourde oreille au jour", happé par le souvenir d'une autre femme... Le sommeil de celle qui s'est noyée... L'ombre de la morte au fond de l'océan... Et puis, la force des liens, les corps inassouvis, l'absence qui "imprègne d'iode le sexe de la femme en crue", la brûlure des doigts, leur tracé de neige des chevilles jusqu'aux seins, la cambrure du dos, ce tremblement où vivre...
    Les personnages du long poème narratif que livre Caroline Boidé porte en eux tous les débordements de la chair et de l'âme. Avec un sens inné de la suggestion, ses fulgurances déliant la prose de la vie, elle dégrafe l'imaginaire du lecteur "jusqu'à la meurtrissure". Hypnotique et saisissant.

  • La main qui chante

    Breyten Breytenbach

    • Bruno doucey
    • 8 Octobre 2020

    "Après un long voyage on est revenus un jour dans la région où se cache Breytenbach" .

  • Cité perdue

    ,

    • Bruno doucey
    • 7 Mars 2019

    Le mot de l'éditeur : « Il est dit dans le conte que partout s'étendirent la haine et le mensonge. » Les mots par lesquels s'ouvre Cité perdue semblent convier le lecteur à une bien triste aventure humaine : celle où règnent l'égoïsme et la dissimulation, la peur de l'autre et les rapports de domination. Et pourtant chacun rêve de l'exact contraire : l'amour et l'égalité entre les êtres, le goût des portes qui s'ouvrent et des mains qui se tendent, ce « jour d'épaule nue où les gens s'aimeront », comme le chante un vers d'Aragon. Avec un sens aigu du tendre et du faillible, deux poètes chantent ensemble « la beauté des recommencements » et tracent un chemin d'espérance. Celui du « chant élevé à hauteur d'idéal », là où le tremblement de sens du poème fonde notre liberté et notre goût de vivre. Un livre écrit à quatre mains, auxquelles se joignent, fabuleuses, celles d'Ernest Pignon-Ernest.

  • Loups et brebis

    Manuel Silva Acevedo

    • Bruno doucey
    • 18 Juin 2020

    À quoi s'attendre en ouvrant un livre intitulé Loups et Brebis ? À un conte pour enfants ? Une fable sur « la raison du plus fort » ? Une parabole à forte charge symbolique sur la férocité et la violence des rapports de domination ? Avec ce livre du poète Manuel Silva Acevedo, devenu un des jalons de la littérature chilienne, rien de tel. Ou plus exactement, rien d'aussi simple, nulle pensée binaire sur la victime et son bourreau, nulle lecture univoque possible. Ce texte étonnant, qui aura attendu près d'un demi siècle avant d'être traduit en langue française, se donne dans une ambiguïté permanente, déjouant nos représentations et résistant à l'analyse. Et si loups et brebis se trouvaient en chacun de nous ? Peut-être... Le poème sonderait alors le clairobscur de notre âme.

  • Kaddish pour l'enfant à naître

    ,

    • Bruno doucey
    • 16 Novembre 2017

    Caroline Boidé et Vénus Khoury-Ghata : deux femmes pour un recueil à quatre mains... Quatre mains courant sur le clavier des corps jusqu'au vertige de la jouissance. Quatre mains vouées aux caresses qui accueillent l'enfant, assurent ses premiers pas, tressant pour lui un chemin de vie. Quatre mains croisées devant la mort, qui s'invite trop souvent à notre table. Car le « kaddish pour l'enfant à naître » que nous propose Caroline Boidé dans la partie centrale du recueil s'adresse à l'enfant qu'elle portait au moment des attentats de novembre 2015. Entouré, protégé, par les poèmes sensuels, souvent érotiques, de Vénus Khoury-Ghata, il n'est plus la prière des endeuillés, mais réponse à la barbarie, « odyssée », hymne au miracle de la vie. Quatre mains... Et tant d'autres déjà posées sur ce livre que nous aimons.

  • Par le sextant du soleil

    Frédéric-Jacques Temple

    • Bruno doucey
    • 20 Août 2020

    Le vent dans les arbres centenaires, de folles escapades dans la garrigue, le souvenir des compagnons de route, la rémanence lumineuse du monde amérindien, cette mygale à l'affût sous les manguiers, le rire d'une rivière, un roulis de caravane dans le Grand Erg Occidental, les architectures musicales d'Arthur Honegger... Et puis ce « sirventès » que le troubadour moderne déroule sous nos yeux avec une énergie tour à tour tendre et caustique... Les poèmes de Frédéric Jacques Temple n'en finissent pas de sillonner le monde. Ils chantent la vie, disent la force des liens, rendant hommage au "grand amour qui [le] tient en éveil". Lisons-le pour nous arrimer à notre tour à la beauté des choses. Lisons-le comme on se tourne vers la lumière en hiver : pour "ne pas éteindre [en soi] le soleil."

  • Le bonheur du jour ; cantate des nuits intérieures

    Hélène Cadou

    • Bruno doucey
    • 20 Novembre 2012

    Le livre d'Hélène Cadou que font paraître les Editions Bruno Doucey rassemble ses deux premiers recueils publiés aux Editions Seghers au cours des années 1950 : Le Bonheur du jour (1956) et Cantate des nuits intérieures (1958). Celle qui a perdu l'homme de sa vie, disparu prématurément à l'âge de 31 ans, n'entre pas dans le lamento d'une vie brisée par le chagrin, mais dans un dialogue fertile, souvent solaire, avec la poésie de l'absent. D'un texte à l'autre, Hélène Cadou s'attache à faire revivre les heures passées en présence de celui qui savait mieux qui quiconque enchanter le réel. Elle évoque cette seconde naissance que provoque l'amour et « salue le bonheur / pour tous ceux qui n'en ont pas ».

  • Toujours un mot dans ma poche

    Pef

    • Bruno doucey
    • 1 Mars 2018

    Si le fleuve coule c'est qu'il ne sait pas encore nager. Le cheval noir fume mais ce n'est pas la pipe. Sur le parvis, un homme est couché en chien de fusil le long de sa chienne de vie. Qui a bu aboiera... On l'aura compris, Pef aime jouer avec les mots, mettre à jour leurs incongruités, dévoiler leurs sens cachés, les détourner de l'usage journalier qui finit toujours par ternir leurs couleurs. Tout simplement, les mettre en

  • Le poids d'un nuage ; les continents sont des radeaux perdus, 2

    Yvon Le Men

    • Bruno doucey
    • 5 Janvier 2017

    Un an après la publication d'Une île en terre, Yvon Le Men nous offre le second volume de sa trilogie, Le poids d'un nuage. L'heure n'est plus à l'espace clos de l'enfance, aux parents, aux voisins, mais aux fenêtres que l'on ouvre, aux portes que l'on pousse. L'oiseau ne chante plus sur son arbre généalogique, il vole désormais à la rencontre du monde. « On grandit...On s'ouvre au dehors », écrit le poète dans les premières lignes du livre. Et de raconter cette ouverture qui passe par les paysages : ceux que dessinent le ciel et la mer de Bretagne, les rivières, les visages ; plus encore peut-être, ceux que les peintres ont imagés ou rêvés, que les écrivains ont nommés et animés. « Comme si notre oeil pressentait que regarder c'est toujours regarder une première fois, pour la dernière fois.»

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