Bruno Doucey

  • J'ai ferme mes maisons

    Marianne Catzaras

    • Bruno doucey
    • 19 Août 2021

    Le bleu du ciel et de la mer. L'oiseau dans l'évidence de l'espace. Une île, puis une autre île très éloignée de la première. Des bateaux à quai. Le silence des pierres. Des maisons aux lèvres closes. Ces silhouettes au carrefour des routes. La polyphonie des langues. Des valises vides. La main qui ne peut attraper le nuage. Ce passager qui regarde passer les bus sans pouvoir y monter... Marianne Catzaras n'a pas besoin de nommer les pays, les lieux, les êtres, les alphabets ou les époques, pour que l'on sente ce qui vit en elle, comme l'eau sommeille sous les pierres. Elle n'a pas besoin de nommer l'absence pour faire chanter l'absence. Pas besoin de désigner le poème pour qu'il soit poème. Elle écrit pour faire entendre ce que les mots ne disent pas : un murmure, une histoire, à peine.

  • Danser sur tes braises ; six décennies

    Ananda Devi

    • Bruno doucey
    • 6 Février 2020

    Deux textes forts et incandescents. Deux textes pour dire la femme, la fille, la mère... Dans le premier, qu'elle dédie à sa propre mère, Ananda Devi évoque l'exil auquel chaque être se trouve confronté : celui du ventre maternel. "Tout commence par la perte des eaux", écrit-elle, avant de nous livrer ce constat amer : "L'enfant s'en va et ne cessera plus de s'en aller." Dès lors, la vie s'apparente à une longue exploration de la perte.
    Dans le second, qu'elle intitule Six décennies, c'est à son propre corps qu'elle s'adresse, sans complaisance ni faux-semblants, débusquant ses changements, cartographiant sa géographie incertaine et mouvante. Avec le temps va... Non, pas seulement car le regard de l'autre réinscrit le ravissement dans le sillon des jours. "Le désir n'est jamais dompté."

  • Cantique du balbutiement

    Louis-Philippe Dalembert

    • Bruno doucey
    • 3 Septembre 2020

    « Un jour j'ai poussé les portes de l'aube... » Dès les premières pages de Cantique du balbutiement, le poète haïtien affirme, avec des mots de grand vent, qu'il est du pays de son enfance. Les bégaiements du petit jour et le profond de la nuit, la saison des cyclones, les veillées de prières et les prophéties, le corbillard qui passe en fin d'après-midi, « l'eau boueuse du quotidien » et la « migraine carabinée des questionnements », cette grand-mère opiniâtre qui a le don de rafistoler la vie...
    Louis-Philippe Dalembert n'en finit pas de dérouler le film haut en couleurs d'une enfance haïtienne. Mais en creux, sur la ligne d'ombre du partage, le poème fait entendre ce que les mots ne disent pas : le départ, la perte, l'absence -, cette « grande muette défiant le monde entier des choses ».

  • Je franchis les barbelés

    Souad Labbize

    • Bruno doucey
    • 5 Septembre 2019

    « Mon baluchon d'exil » et « Berceuse pour le dieu de la guerre » : les textes qui composent le livre de Souad Labbize donnent le ton d'une poésie écrite par une femme celle qui a fait le choix de l'exil pour échapper aux diktats imposés par les hommes et par la religion. Femme libre, femme livre... Qu'elle évoque ceux que nous nommons aujourd'hui migrants, ou raille le retour du divin dans le quotidien, elle affirme son droit à l'insoumission et à la liberté. Avec des mots simples, des images concrètes, l'espace du rêve à portée de main, elle dit non au « dieu douteux, père démissionnaire » qui s'en sort « avec un casier judiciaire vierge ». Et l'on se plaît à rêver d'un monde où l'exil s'écrirait en deux mots, EX-IL, tant l'avenir de l'humanité semble passer par la libération des femmes.

  • Cerise rouge sur un carrelage blanc

    Maram Al-Masri

    • Bruno doucey
    • 18 Octobre 2018

    Cerise rouge sur un carrelage blanc... Le titre que Maram al-Masri a donné au livre qui l'a révélée au grand public ressemble à celui d'une nature-morte. Des lèvres peintes abandonnées à la froideur du quotidien.
    Une tache de sang que rien n'efface. Un fruit dans la neige. Une blessure. Les cent poèmes que rassemble ce recueil, publié pour la première fois en édition bilingue, ne disent pas autre chose. « Ma douleur sera /rouge /comme une cerise mûre écrasée /sur un carrelage /blanc ». Qu'elle rêve d'amours ardentes ou déplore sa solitude, une femme aspire à la liberté. Son cri étouffé porte une promesse. Et l'on comprend lisant ces vers d'une simplicité aussi désarmante que ceux d'Emily Dickinson, que l'érotisme est souvent le premier mode de libération des femmes. Un prélude à la poésie.

  • Métro-poèmes

    Maram Al-Masri

    • Bruno doucey
    • 5 Mars 2020

    Ligne 5, République, Bobigny... Ligne 9, Jasmin, La Muette, Charonne... Chaque jour des millions de femmes et d'hommes se croisent dans le métro parisien, les yeux rivés à l'écran de leur téléphone mobile, pressés d'arriver à destination. Et pourtant, il y a tant à voir et tant à vivre dans ce monde souterrain. Tant de livres à déchiffrer sur les visages que l'on côtoie. Tant de scènes à filmer avec la caméra de l'empathie. Tant de jeunes et de vieux, de malades et de bien-portants, de riches et de pauvres "emportés dans le même voyage". Il fallait un regard de poète pour mettre au jour l'inépuisable richesse de ces transports en commun. Ce regard, c'est une femme venue de Syrie qui nous l'offre, dans ces "métropoèmes" écrits directement en français.
    La poésie aussi est un service public.

  • Naître ici

    Nassuf Djailani

    • Bruno doucey
    • 5 Septembre 2019

    « Naître ici / N'être rien / qu'un pépiement d'oiseau / en cage. » Ces vers par lesquels débute l'un des premiers poèmes du recueil de Nassuf Djailani nous rappellent qu'aucun être humain ne choisit le lieu où il naît sur la terre. Un pays pour les uns. Une île pour les autres. Une prison pour les moins chanceux... Mais la vie rebat les cartes : l'île de l'enfance se met en marche, l'arbre que l'on croyait enraciné voyage, « la mer promet l'ailleurs avec ses horizons tachés d'orange ». Avec le temps, l'enfant que l'on croyait voué à l'insularité et aux grands vents de l'Océan indien devient un citoyen du monde, fier des valeurs métisses qu'il porte en lui et des horizons qu'il déplace par la parole. « 26 lettres pour un sourire » et le poème de la vie, en ligne de mire.

  • Elle va nue, la liberté

    Maram Al-Masri

    • Bruno doucey
    • 2 Mai 2013

    LE MOT DE L'ÉDITRICE:

    Maram al-Masri est l'exilée d'un pays-blessure qui saigne en elle. Petite mère d'orphelins. Funambule toujours sur le fil entre tristesse et espérance. Je l'ai vue se vêtir du drapeau de son pays, incarnant la Syrie martyrisée ; glisser son portable sous son oreiller, ne plus respirer, ensevelie sous ses morts. Depuis que la révolution syrienne a éclaté, Maram guette chaque jour les vidéos sur Facebook ou YouTube.
    Ainsi sont nés les poèmes de ce recueil. Ils ne cherchent pas à apprivoiser les images de l'horreur, ils nous les donnent à voir. Là, une mère porte en terre son enfant. Ici, un enfant figé près du cadavre de ses parents. Et ces caisses de bois nu qui dansent, dansent... La journaliste que je suis s'incline devant cette incomparable puissance d'évocation. Ce carnet intime d'une douleur n'a pas fini de nous hanter.

  • Aujourd'hui ; journal de bord

    Sapho

    • Bruno doucey
    • 7 Mars 2019

    Le mot de l'éditeur : Aujourd'hui débute de façon contemplative. Sapho est à Rome, en résidence à la Villa Médicis. Elle découvre la ville derrière « les pins parasols à coiffure romantique ». Mais tandis que « filent les nuages couleur de vent », le monde bruisse à sa porte. « Mon aujourd'hui n'est pas ton aujourd'hui », écrit-elle. Et l'on comprend que les « dizaines de milliers de secondes » qui s'égrènent génèrent autant d'aujourd'hui qu'il y a d'êtres humains occupés à vivre en même temps. La quiétude des lieux est alors troublée par le bruit de fond de la télé et le télescopage des pensées, avant que l'évocation des attentats perpétrés à Paris le vendredi 13 novembre ne fasse exploser le présent dans un fracas. Devant son clavier, Sapho tente de figer les 24 heures d'une vie en prise avec le temps. Un texte électrique, halluciné, qui secoue la langue de sa torpeur.

  • En marche sur la terre

    Louis-Philippe Dalembert

    • Bruno doucey
    • 6 Avril 2017

    Recueil de poésie évoquant l'enfance, puis le départ et l'errance d'un homme contraint de marcher.

  • Par la fontaine de ma bouche

    Maram Al-Masri

    • Bruno doucey
    • 24 Mars 2011

    On se retrouve poitrine contre poitrine, ventre contre ventre. On s'approche, on se mélange, on transpire, jusqu'à la délivrance. Au premier abord, les poèmes sensuels de Maram al-Masri semblent évoquer la valse qui entraîne deux êtres épris l'un de l'autre, la frénésie qui s'empare des sens, l'ivresse du désir. Mais rapidement une interrogation s'empare du lecteur : Et si la poétesse parlait d'autre chose ? Si ce corps à corps amoureux et douloureux était celui qu'elle entretient avec le texte. Si la poésie permettait à la femme qui " dénude son âme " d'enfanter d'une autre manière. Par la fontaine de ma bouche rappelle cette idée de René Daumal : " Il faut être deux pour faire un poème. Celui qui parle est le père, celui qui écoute est la mère, le poème est leur enfant. " Au fond, un poème qui ne rencontre pas son lecteur est une semence perdue.

  • Sur les berges du Chari, district nord de la beauté

    Nimrod

    • Bruno doucey
    • 31 Mars 2016

    Pour la première fois, Nimrod affiche sur une couverture un nom qui le relie à son pays. Sur les berges du Chari nous entraîne sur les rives du fleuve qui se jette dans le lac T chad. L'occasion nous est alors donnée de découvrir des paysages, des ciels, des oiseaux, une terre « qui renoue avec l'eau » ; sans omettre ces êtres qui tirent leur subsistance du fleuve, où se déploient leurs éperviers, et qui connaissent les violents soubresauts de l'Histoire en marche.
    Nimrod ne passe sous silence ni « la honte noire » des concessions négrières ni la répression qui menace le pays dont il est aujourd'hui un lointain exilé. Et parce que tout cours d'eau scinde en deux le paysage qu'il traverse, le poète s'attache au « district nord de la beauté » qui tient lieu, pour lui, de boussole et de cap.

  • Des poings chauffés à blanc

    James Noël

    • Bruno doucey
    • 25 Octobre 2010

    "Toutes les îles du monde rassemblées côte à côte forment une plaque tectonique plus vaste que la terre entière"

  • Le rapt

    Maram Al-Masri

    • Bruno doucey
    • 1 Octobre 2015

    « Neuf mois pour qu'un coeur palpite... ». Le recueil de Maram al-Masri débute par l'évocation d'une vie à naître. La naissance, les premiers mots, les premiers pas. D'un poème à l'autre, l'auteure esquisse une histoire sentimentale de la maternité. Mais soudain, le texte bascule :
    L'enfant lui est enlevé, le bonheur d'aimer cède la place à une déchirure, son corps de mère entre dans la guerre. Avec une simplicité désarmante, Maram raconte un épisode douloureux de sa propre histoire, faisant de l'enlèvement de son fi ls en Syrie l'acte fondateur de sa vie de poète. Un second texte, intitulé Le Semainier, témoigne de sa lutte pour conquérir le droit d'écrire et de se donner à elle-même une seconde chance de vivre. Un livre écrit avec le sel des larmes et le ventre noué des grandes émotions.

  • Ceux du large

    Ananda Devi

    • Bruno doucey
    • 2 Mars 2017

    Ceux du large... Qui Ananda Devi désigne-telle par ce titre ? La réponse nous est suggérée dès les premiers vers du recueil : « Dans des barques de feuilles mortes / Ils portent à bout de fatigue / Les enfants de leur faim », avant d'être assénée comme une gifle dans le dernier poème : « Ceux que la vie éventre / De son coutelas ». Entre ces deux poèmes, elle suit l'errance des réfugiés, de tous ces êtres qui ont fui la terre où ils vivaient pour tenter d'atteindre une autre rive. Malgré la « terreur de l'eau », malgré la mort en embuscade. Et si l'auteure s'est donnée la peine d'écrire ce texte en trois langues - français, anglais, créole - c'est pour se prouver à elle-même qu'elle n'est pas restée « Tête baissée bras ballants » devant « Le film catastrophe » qui se déroule sous nos yeux.

  • En quête d'un visage

    Aurélia Lassaque

    • Bruno doucey
    • 4 Mai 2017

    Une femme attend un homme depuis longtemps. Et cet homme, parti au loin, espère que la femme ne l'oublie pas. Histoire banale et universelle des amants séparés par le destin ? Oui et non, car l'histoire de cet homme est chantée depuis la nuit des temps, puisqu'il s'appelle Ulysse. Et voilà qu'Aurélia Lassaque nous entraîne derrière « son » Ulysse, l'homme qui dialogue avec « Elle », l'amoureuse qui n'a pas de nom.
    Dans ces longs chants poétiques entrelacés, composés en deux langues, l'occitan et le français, l'auteure donne vie à deux personnages qui peuplent son imaginaire depuis toujours. Et surgit l'évidence première de la poésie : l'amour tire sa force de la mort qui suspend le dialogue des amants. Le temps enlise nos saisons mais nos joies sont tenaces et tiennent tête au néant.

  • Pour que chantent les salamandres

    Aurélia Lassaque

    • Bruno doucey
    • 28 Mars 2013

    Pour que chantent les salamandres. Dans ce recueil, Aurélia Lassaque s'exprime en deux langues, le français et l'occitan, sans que l'on sache toujours, dans le cours limpide de son écriture, quelle est la part de l'affluent et celle du confluent. Son univers poétique est libre, fantaisiste, singulier. L'auteur nous convie d'abord à une fête païenne lors de la journée la plus longue de l'année, celle du solstice d'été. L'atmosphère y est envoûtante, presque primitive. Les textes suivants prolongent cette prégnance des fantasmagories agrestes. La figure du Phénix, celle d'un faune, la présence d'Orphée et Eurydice, confèrent une dimension mythologique à ces poèmes qui renouent avec les visions oniriques de l'enfance, sans jamais omettre la vitalité joyeuse de l'amour.

  • Ma Mor est morte

    Paul Brancion

    • Bruno doucey
    • 2 Juin 2011

    Dans le titre, un mot déroutant : Mor. Puis une clef pour entrer dans la chambre noire où ce livre fut écrit : « En danois, Mor = Maman, mord = meurtre ». Ainsi l'auteur nous parle de sa mère, femme puissante qui dévore ses propres enfants. Le livre s'ouvre sur une perte - « Ma Mor est morte » - et se poursuit par la volonté d'achever, aux deux sens du terme, des « souvenirs déchus ». Paul de Brancion a eu besoin de plusieurs langues pour y parvenir. Comme si sa langue maternelle ne suffisait pas, comme si Mor était la tour de Babel d'une humanité rendue étrangère à elle-même. Restent les questions qui me poussent à publier ce livre d'amour et de haine : Comment peut-on détruire ce que l'on aime ? Pourquoi pleure-t-on la disparition de ceux qui nous ont fait souffrir ?

  • Là où il fait si clair en moi

    Tanella S. Boni

    • Bruno doucey
    • 2 Mars 2017

    Que faire lorsqu'on a connu la guerre et l'exil, un « premier départ / en pays étranger », puis d'autres guerres, d'autres départs ? Que dire à ces « vies précaires », ces « vies fauchées pour rien », ces « visages de femmes / enveloppés d'un voile de contraintes » ?
    Comment lutter contre barbares et fous de dieu ? Où trouver la force de sonder les abysses de la mémoire négrière ? Quelle prière offrir au corps de l'enfant mort, ce « visage de l'innocence » échoué sur la plage ? La réponse à ces questions tient en une phrase prononcée dès le premier des sept poèmes du recueil de Tanella Boni : « Tu n'as pas d'autres armes que les mots ». Et l'auteure de nous rappeler que les mots aiment le dialogue, la tolérance et la paix ; et que la poésie possède la capacité, rare, de ré-enchanter la vie.

  • Au vent de la piroguière ; tifaifai

    Flora Aurima Devatine

    • Bruno doucey
    • 15 Septembre 2016

    Un recueil de poèmes dont le sujet d'inspiration est l'enfance polynésienne, partagée entre le respect des mystères d'autrefois et l'ouverture à d'autres horizons.

  • La robe froissée

    Maram Al-Masri

    • Bruno doucey
    • 8 Mars 2012

    D'où vient-elle ? D'un pays de soleil, sur les rives orientales de la Méditerranée, là où furent trouvées les tablettes des premiers alphabets.
    Ses souvenirs ont la couleur des jardins suspendus, l'odeur du cumin et de la menthe, la transparence du verre soufflé. Maram al-Masri est née à Lattaquié, en Syrie. Ce n'est pas dans son pays que je l'ai rencontrée, mais à Paris où les pas de l'exil l'ont portée. En 2009, une résidence d'écriture l'entraîne dans le nord de la France : Maram découvre les villes noyées de brume, les maisons qui se serrent les unes contre les autres comme pour se tenir chaud, une région aux antipodes de sa terre natale.
    Et pourtant, pourtant, lorsque se mêlent rires d'enfants et fragilités sociales, crises économiques et ambiance de fêtes foraines, le regard du poète ne connaît plus de frontières.

  • Le balayeur du désert

    Salah Al Hamdani

    • Bruno doucey
    • 25 Octobre 2010
  • Fragments de la maison

    Habiba Djahnine

    • Bruno doucey
    • 6 Mars 2015

    Après un premier recueil, publié en Algérie en 2003, Habiba Djahnine revient à la poésie en femme apaisée, combative et lucide. Dans ce livre écrit directement en français, ce n'est pas la guerre civile qui est évoquée mais le temps d'après la guerre, le corps sorti des décombres de l'histoire, l'amour retrouvé, dans un monde voué à la reconstruction des autres et de soi. « J'éloignerai la guerre et l'identité / Je construirai les fragments de la maison », écrit-elle. Et d'ajouter, quand l'exil devient voyage : « Tu m'attends sur l'autre versant de mon crépuscule ». D'Alger la belle aux sables du désert, Habiba Djahnine écrit de la poésie comme on construit une maison : avec ses nerfs, avec ses rêves, pour refuser « l'alphabet de la peur », le regard constamment rivé à la ligne d'horizon.

  • 136

    Georges Lory

    • Bruno doucey
    • 18 Mai 2017

    « Cet accent qui traîne / sur le papier / est un cil abandonné / j'aime les accents / étrangers.» Jamais livre publié en France n'aura été si bref : 136 ne compte que ce court poème de Georges-Marie Lory en français, mais ce texte est traduit et publié en 136 langues. Parmi elles, les langues les plus parlées au monde - l'anglais, l'espagnol, le chinois, l'arabe - et ces langues minoritaires, méconnues, improbables, que certains poètes des Éditions Bruno Doucey ont côtoyées ou pratiquées : le Kim, langue non alphabétisée qui est parlée au Tchad ; l'innu-aimun d'un peuple amérindien de l'est canadien; le Drehu, langue kanak parlée sur l'île de Lifou ; le Khwedam, que pratiquent certains aborigènes d'Afrique australe. Oui, 136 est bien le livre qui aurait pu rendre Babel heureuse !

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